Orphée et Eurydice

Vous qui entrez ici, laissez toute espérance !!! Rubrique pour parler des ultimes chapitres Saint Seiya : la saga Hadès (Junikyu/Meikai/Elision). Discussions sur les mangas, news sur les nouveaux OAV ; tous les sujets sur le revival post-2003.

Orphée et Eurydice

Messagepar phoenlx » Lun Mai 09, 2005 11:42 am

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Dans une région de Grèce appelée la Thrace vivait, il y a très longtemps, un fameux aède : Orphée. Il s'accompagnait avec une lyre et chantait si merveilleusement que personne ne pouvait résister à sa musique. Les oiseaux eux-mêmes l'écoutaient en silence et les animaux quittaient la forêt pour le suivre. Le loup trottait à côté de l'agneau, le renard suivait le lièvre, sans qu'aucun animal cherchât querelle à un autre. Même les serpents quittaient leurs trous et les pierres s'écartaient pour faire un chemin devant Orphée. Ses chansons arrêtaient le cours des rivières et les poissons sortaient de l'eau pour l'écouter. Les hommes riaient ou pleuraient, selon que son chant était gai ou triste. Ils oubliaient tous leurs soucis. Les dieux, attirés eux aussi par la voix d'Orphée, se rendaient en suivant la Voie Lactée aux endroits où il chantait.

Ainsi commence la célèbre légende d'orphée et Eurydice, sans doute l'une des plus belles histoires d'amour jamais contées, que vous pouvez retrouver en détail dans le livre d'Eduard Petiska "Mythes et légendes de la Grèce antique" , aux éditions Gründ (les quelques lignes d'introduction ci-dessus en sont extraites !) Kurumada nous reprend cette légende dans Saint Seiya, en la modifiant un peu pour la fondre dans le scénario , à travers ces 2 personnages que rencontrent Seiya et Shun dans le fameux champ de fleur du Meikai. Je m'en vais maintenant vous raconter ce mythe dans le détail. Nous verront d'abord la version mythelogique officielle avant de voir les petits changements effectués dans notre manga favori ..

On raconte qu'Orphée était le plus grand musicien ayant jamais existé et que son talent faisait de l'ombre à Apollon lui-même (autre grand joueur de lyre et dieu de la musique c'est bien connu). Les versions diffèrent sur son origine, certains l'affirment être le fils de la muse Calliope. Il est possible aussi qu'il soit inspiré d'un personnage ayant réellement existé. Il fut chanté par bien des poètes , notamment Pindare, Ovide et Virgile. Il prit part à l'expédition des argonautes en Colchide avec bien d'autres héros comme Jason, Argos, Héraklès, les dioscures Castor et Pollux, leurs cousins Idas et Lyncée et bien d'autres. Sa musique permit de triompher de nombreux périls, notamment du serpent gardien de la toison d'or. Lors du voyage de retour du navire Argo, il permit à ses compagnons d'échapper aux terribles sirènes en leur faisant entendre un chant encore plus beau !!

Il était si doué que même les naïades tombèrent sous l'emprise de sa musique et Eurydice, une très belle jeune fille, était l'une d'elle. Tous deux tombèrent amoureux et Orphée l'épousa. Ils vécurent alors des jours heureux.

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Mais un jour, alors qu'Orphée s'était absenté, Eurydice voulut marcher vers les prairies ou elle avait grandit en compagnie des autres naïades qui lui manquaient et elle fut piquée par un serpent. Elle mourut .. Selon une autre version , celle du poète Virgile, elle se serait fait piquer en courant pour échapper aux avances d'Aristée, un fils d'Apollon, qui la harcelait. La douleur d'orphée fut si profonde qu'il ne chanta plus que des chants tristes qui émurent même les arbres et les animaux. Depuis ce jour il ne put plus se résoudre à vivre sans son Eurydice et se décida un jour à tenter de la ramener des enfers. Il se dirigea vers l'ouest , vers Ténare en Laconie, où était censée se trouver l'entrée du royaume des morts, les arbres et les animaux lui montrèrent le chemin, émus par son chant et sa musique. Arrivé sur place il parvint même à émouvoir le chien tricéphale Cerbère, qui ne l'attaqua pas, et le nocher Charon, le passeur du Styx, qui l'autorisa à passer le fleuve des morts en compagnie des ombres s'apprêtant à être jugées.. Orphée traversa ainsi les différentes zones des enfers, parvenant à apaiser l'espace d'un temps grâce à son chant les nombreux suppliciés condamnés à des sorts affreux pour les crimes commis de leurs vivants, comme Tentale ou Sisyphe.

Arrivé devant le sombre Hadès et sa femme Perséphone, habillée de noir, il manqua de céder à la peur mais son amour fut plus fort que tout et il chanta le sort tragique d'Eurydice et l'amour qu'il avait pour elle, suppliant le dieu de la laisser revenir parmi les vivants. Perséphone fut émue par sa peine profonde et conseilla à Hadès de laisser Eurydice partir. hadès accepta à une condition, qu'Orphée ne se retourne pas le long du chemin. S'il venait à le faire il perdrait Eurydice définitivement. L'ombre d'Eurydice apparut alors et tous deux se dirigèrent vers la sortie des enfers et la surface.

Les versions diffèrent un peu sur la manière et les raisons pour lesquelles Orphée se retourna , toujours est-il qu'il le fit malheureusement. Il résista longtemps à la tentation , Eurydice le suivant à distance et se lamentant de son indifférence forcée qu'elle ne comprenait pas. C'est alors qu'il se retourna pour lui témoigner sa tendresse et la perdit pour toujours. Eurydice disparut et retourna aux enfers pour l'éternité. Dans Saint Seiya son sort est un peu différent mais tout aussi tragique : elle est alors figée dans le sol , le bas de son corps étant transformé en pierre.

Je vous laise admirer Eurydice figée dans le sol dans Saint Seiya, dessin réalisé par le talentueux Rachius

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Orphée revint donc parmi les vivants tout seul... Sa peine fut si immense et ses chants si tristes que les arbres et la nature pleurèrent des torrents de larmes, le cours des rivières augmentant ..

On raconte qu'il mourut plus tard de la main des Ménades, les servantes ivres du dieu Dionysos du vin, car il aurait offensé le dieu en ne l'adorant plus. Selon une autre version il aurait mis en colère les ménades à cause de ses lamentations perpétuelles. Il fut massacré, mis en pièce, et sa tête jetée dans le fleuve Hébros. Elle suivit son cours et il est dit qu'elle chantait une chanson dont les eaux reprirent l'hymne en échos , c'est ainsi que depuis ce jour les rivières continuent à chanter pour garder le souvenir d'orphée. Sa tête traversa ensuite la mer, ainsi que sa lyre, et arriva à l'île de Lesbos, où elle fut enterrée dans le sanctuaire d'Apollon. On raconte que depuis ce jour des rossignols y chantent continuellement, et que l'île a vu naitre de grands aèdes, ainsi que la prêtresse Sapho. Le corps d'Orphée fut enterré respectueusement par les muses au pied de l'Olympe. Les hommes et la nature pleurèrent Orphée et tous furent en dueil. Orphée put ainsi retrouver son Eurydice aux enfers et rester avec elle pour toujours.


Le mythe d'Orphée et Eurydice, très émouvant, est l'un des plus connus aujourd'hui, et il inspire encore beaucoup les peintres, les poètes et les écrivains. Parmis les mythes des autres civilisations on peut penser que le mythe hindou de Savitri et Satyavan en soit l'échos. Plus récemment dans la littérature, difficile de ne pas émettre quelques rapprochements avec la très belle histoire de beren et Luthien chez Tolkien (le silmarillion), histoire d'amour impossible et tragique entre un homme et une elfe. Ici c'est plutôt Luthien qui joue le rôle de la musicienne par son chant qui était tellement émouvant qu'elle parvenait à émouvoir les éléments naturels (son surnom est d'ailleurs Lúthien Tinúviel, le rossignol). Comme pour le mythe d'Orphée et Eurydice , de manière inversée cette fois, Luthien ne chanta plus que des chants tristes à compter du jour où son père lui refusa l'amour de Beren et envoya ce dernier accomplir une mission impossible emplie de périls. Le romancier anglais s'est sans doute un peu inspiré du mythe greco romain.
Plus récemment, on peut citer aussi le romancier de fantasy Stephen Lawhead, qui dans son Cycle de Pendragon en 5 tomes nous décrit les amours du barde breton Taliesin et de l'ex princesse atlante Charis,la Dame du Lac, dont l'union donnera le magicien Merlin (Lawhead dans son cycle nous raconte les fameuses légendes bretonnes et les contes arthuriens en les adaptant à sa sauce , j'encourage tout le monde à lire ces merveilleux bouquins pour ceux qui connaissent pas ...) Il semble assez clair que l'histoire d'Orphée et Eurydice l'ait beaucoup inspiré.
En lisant ce cycle et notamment le tome 1 il m'est par ailleurs apparu certaines ressemblances troublantes entre Taliesin et son père (Elphin) d'une part, et le duo Mime et son père (Volkel) dans saint seiya , comme je le détaille sur la partie Mime de Benetnash de mon site (bientôt en ligne). Clin d'oeil peut etre !!! Mais revenons à Orphée et Eurydice et plus spécifiquement aux différences apportées par Kurumada.


Dans notre manga , Kurumada fait d'Orphée un saint d'argent ayant existé il y a fort longtemps et qui vit depuis son histoire d'amour tragique aux enfers pour rester auprès de son Eurydice figée dans la pierre. Il est associé à la constellation de la lyre, et son armure d'argent a d'ailleurs elle-même la forme de cet instrument (ci-dessous).

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Son histoire d'amour et ses talents de musiciens sont copiés sur l'Orphée de la mythologie grecque. Lorsqu'il tente de ramener son Eurydice des enfers, de même Hadès le laisse partir à la condition de ne pas se retourner. C'est là que Kurumada nous modifie le scénario à sa manière: Hadès aime en effet beaucoup la musique d'Orphée et souhaite le retenir, d'où le stratagème de Pandore, qui confie son miroir au spectre gardien de la 2ème prison : Pharao, afin de tromper Orphée. C'est la lumière reflétée par le miroir de Pandore qui induit en erreur le barde et provoque la tragédie. Si on considère que la Pandore de Saint Seiya est un peu un mix de la Pandore mythologique et de Perséphone (ça semble assez clair), on peut s'étonner un peu de cette différence par rapport au mythe initial, vu que Perséphone dans l'histoire originelle contribue surtout à attendrir Hadès pour qu'il cède au souhait du musicien prodige et le laisse partir. Ici c'est un peu l'inverse...
Eurydice est ainsi transformée en pierre, comme dans certaines versions mythologiques, et Orphée n'apprendra que bien plus tard les raisons du drame, lors du passage des chevaliers d'Athéna dans son champ de fleurs. Ce qui donne lieu à une belle histoire de vengeance assouvie lors du combat Pharao / Orphée.

Le lieu où Eurydice est figée se situe non loin de la deuxième prison des enfers (celle gardée par Pharao) et est une sorte d'immense champ de fleur, sorte de hâvre de paix rarissime perdu au milieu des enfers (le Meikai), comme si c'était un petit bout d'Elysion. Le symbole est évidement très fort, c'est ici la puissance de l'Amour, de la musique et de l'art qui sont magnifiés : L'Amour d'orphée pour sa bien-aimée lui permit non seulement de braver tous les dangers de l'enfer, lui donnant courage et ténacité, d'affronter le regard du terrible Hadès et même de l'émouvoir lui comme ses créatures maléfiques. Plus fort encore l'amour des 2 êtres et la musique d'orphée permettent de créer ce petit hâvre de paradis, cet ilot de lumière au milieu des ténèbres. Sorte de rayon d'espoir ténu subsistant au coeur de la désolation et du mal. Kurumada on le sait adore ce symbole, on peut le comparer à l'union de la puissance des chevaliers d'or pour ouvrir une brêche dans le mur des lamentations ( "rayon d'espoir dans ce pays noir" dira Seiya..) Orphée et Eurydice symbolisent ici un peu la même chose que les saints d'Athéna : pour triompher des dieux et du Mal le barde utilise la seule puissance de l'art et de l'Amour, un peu comme Seiya et ses compagnons. C'est un héros complètement pacifiste et l'"affrontement musical" Orphée / Pharao entre la musique divine du saint d'argent et la "mauvaise musique" du spectre est tout un symbole !!! Celui au coeur le plus pur triomphe grâce à la puissance évocatrice de son art qui devient son arme supprême. C'est simple , c'est tout simplement très beau.

Dans Saint Seiya Orphée se sacrifiera, et sacrifiera du même coup la possibilité de vivre pour toujours auprès de sa bien-aimée, afin d'aider les saints d'Athéna dans leur quête. Il fait passer le bien commun (celui de l'Humanité incarné par Athéna) AVANT MEME son amour pour Eurydice, c'est encore une fois un geste très fort et tellement marquant. Quelle plus belle réponse Seiya aurait il pu apporter à ce sacrifice tragique que la phrase qu'il prononce au Gyudeca, Orphée venant de mourir dans ses bras :

"Orphée maintenant tu vas devenir une étoile qui ne jouera plus que des chansons d'amour ... Et en tendant l'oreille vers la constellation de la lyre nous entendrons ta musique"

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Vous pouvez retrouver tout ça sur mon site web sur la page sur Orphée et Eurydice dans les Dossiers ! (surfez dessus avec Internet explorer et les haut parleur allumés , c'est mieux (pour la petite musique en écoute !) , sinon le ptit texte introductif ne s'affiche pas , il faut que je corrige ça
lien direct vers la page hors frameset :
http://perso.wanadoo.fr/phoenlx/sitecdz/enfer/champ.html
Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains (Albert Einstein)
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Messagepar phoenlx » Lun Mai 09, 2005 11:49 am

Petit aperçu de la constellation de la lyre en astronomie (je fais un copier coller d'un post que j'avais fais il y a qq jours dans la partie astronomie du forum, lui-même synthèse de qq sites web

la constellation de la lyre

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C'est une toute petite constellation en forme de parallélogramme presque parfait, et située à côté de celle du cygne. Son étoile principale est Vega qui fait partie du triangle d'été (Véga / Deneb/ Altaïr, cf post plus haut) Véga brille dans le ciel tout l'été en début de nuit et c'est l'étoile la plus brillante du ciel d'été. Son éclat est blanc - bleuté, elle est située a 26000 années lumières de nous et son diamètre est 3 fois celui du soleil.

Beta Lyrae est une étoile binaire à éclipse dont l'éclat chute de 3,4 à 4,3 pour quelques heures tous les 13 jours.

Epsilon Lyrae est un système quadruple dont seules les deux étoiles les plus brillantes sont visibles à l'oeil nu. Une trés bonne vue est nécessaire pour réussir à les distinguer séparement; sinon, des jumelles permettent d'y arriver facilement

La principale curiosité à connaître pour l'astronome amateur dans cette petite constellation est la nébuleuse planétaire M57 ( NGC 6720), ci-dessous. Les conclusions d'une récente recherche confirment qu'il s'agit très probablement d'un véritable anneau (un tore) de matière brillant par émission de lumière, entourant son étoile centrale, et non d'une coquille sphérique (ou ellipsoïdale):
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Parlons maintenant de la signification mythologique

La lyre est le premier instrument à cordes connu dans l'Antiquité. Selon la légende ce serait le dieu Hermès (Mercure) qui l'aurait inventé et fabriqué en premier , sur le mont Cyllène en Arcadie, à partir d'une carapace de tortue. Il y avait mis sept cordes, d'après le nombre des filles d'Atlas, parce que parmi elles se trouvait Maia, la mère d'Hermès. Ensuite, après avoir dérobé les bœufs d'Apollon, il fut découvert et, pour obtenir plus aisément son pardon vis à vis du dieu, il céda à la demande d'Apollon, qui voulait se faire proclamer l'inventeur de la lyre et dont il reçu en récompense une baguette sacrée. Apollon reçu donc la lyre et l'enseigna à un de ses fils, Orphée, puis après avoir lui-même inventé la cithare, il lui céda la lyre...

Orphée devint si habile que tous les oiseaux se taisaient et que toutes les bêtes féroces venaient se coucher à ses pieds pour l'écouter jouer de la lyre. Lorsque sa bien aimée Eurydice mourut, mordue par un serpent, Orphée descendit aux enfers pour essayer de la délivrer. Grâce à sa lyre, Orphée réussit à charmer Cerbère, le chien à 3 têtes qui gardait la porte de l'enfer, ainsi que son maître, le terrible dieu Hadès (Pluton). Ce dernier accepta de lui rendre Eurydice, à condition qu'à aucun moment il ne tourne ses yeux vers elle tant qu'ils ne seraient pas tous deux remontés et sortis des enfers. Malheureusement, à un moment, Eurydice trébucha sur une pierre et Orphée se retourna pour la secourir : leurs regards se croisèrent alors et un gigantesque rocher s'abattit entre eux, les séparant à jamais. Inconsolable, Orphée erra alors toute sa vie dans les bois pour jouer des chansons mélancoliques sur sa lyre. Toutes les jeunes filles étaient amoureuses de ce beau joueur de lyre,, jusqu'au jour où des nymphes, vexées de voir qu'Orphée restait insensible à leurs efforts de séduction, le tuèrent et jetèrent sa lyre dans la rivière. Pris de pitié, Zeus (Jupiter), le dieu des dieux, envoya un vautour plonger dans la rivière pour récupérer la lyre, dont il fit une constellation dans le ciel. Quant au vautour, il eût aussi sa place dans le ciel : Véga signifie "l'oiseau qui tombe"
On représente ainsi souvent la constellation de la lyre avec un vautour portant une lyre :
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