Adventure (1979) (Atari 2600)

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Adventure (1979) (Atari 2600)

Messagepar Maedhros » dim. mars 18, 2018 11:41 pm

Adventure pour Atari VCS 2600 est considéré comme le premier jeu d'action/aventure et est développé par Warren Robinet et éditer par Atari en 1979. le joueur incarne un aventurier qui part explorer le royaume. Pour cela, il doit collecter des clés lui permettant de se déplacer dans des château et des labyrinthes. Il doit également éliminer les monstres qu'il croisera sur sa route. Le scénario permet d'explorer des salles, des labyrinthes, le tout représenté graphiquement. Le joueur va devoir affronter trois dragons : le dragon vert, le dragon rouge et le dragon jaune. Il peut tuer un dragon en le touchant avec une épée. Pour progresser dans le jeu, le joueur doit récupérer des clés et des armes. Il existe un aimant qui permet de prendre plusieurs objets. Le but du jeu est de récupérer un calice.

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Au-delà du support vidéo, les origines du jeu d’aventure peuvent être retrouvées dès les années 1970, avec l’apparition du désormais très célèbre jeu de rôle Dungeons & Dragons, créé par Ernest Gary Gygax et Dave Arneson. À cette époque, les livrets d’origine fournis avec la boîte comprenaient déjà des modules de scénario, tels qu’ils sont dénommés dans le jargon. C’est dès lors que les principales composantes du genre aventure apparaissent, comprenant notamment l’exploration (avec un environnement ouvert ou à multiples embranchements), l’investigation (avec la collecte d’objets et d’indices en tout genre) et la résolution d’énigmes et autres casse-têtes.

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Quelques années plus tard, le monde numérique s’empare à son tour du genre, avec en 1976 la parution du premier jeu d’aventure textuel sur micro-ordinateur : Advent, développé durant l’année précédente par William Crowther, puis amélioré et enrichi par Don Woods en 1977. Porté sur la quasi-totalité des ordinateurs d’époque, le titre conserve les codes posés avant lui par l’émergence des rôlistes, tout en contribuant à les populariser sous le terme de fiction interactive, l’histoire vécue par le joueur étant désormais limitée par des scénarios préprogrammés. L’intégration de décors, notamment effectuée lors de la réédition du titre sous le nom de Colossal Cave Adventure, se fera malheureusement de manière assez tardive. De par sa nature, ce type de jeu restera totalement absent sur les consoles de première génération, tout comme sur les bornes des salles d’arcade, et ce jusqu’à la fin du phénomène.

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l faudra ainsi attendre 1979 et les consoles de deuxième génération pour voir apparaître le premier véritable jeu vidéo qui donnera son nom au genre : Adventure. Librement inspiré par ses prédécesseurs, Adventure est le premier titre vidéoludique à apporter une dimension visuelle à l’univers imaginé par son créateur, tout en respectant les codes transmis jusqu’à présent, les capacités techniques de la console apportant de nouveau des limites à la marge de manœuvre laissée au joueur. La nouvelle composante apportée par ce titre, à savoir l’apparition d’éléments d’action en temps réel, contribuera à séparer Adventure de ses prédécesseurs, ceux-ci se contentant jusqu’à présent d’actions au tour par tour pour les combats, orchestrés par le maître de jeu ou par les commandes à entrer sur ordinateur. Le genre action-aventure était enfin né. Les développeurs n'ayant pas à l'époque le droit de figurer dans un générique (seul le nom de la société Atari apparaissait), Warren Robinett a glissé l'inscription verticale « created by Warren Robinett » dans une salle du jeu ne pouvant être ouverte qu'avec une clé ne mesurant qu'un pixel. C'est le premier easter egg (clin d'œil dans un jeu) connu à ce jour.

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Le principe d’Adventure est somme toute assez simple, l’objectif étant de retrouver un calice qu’il faudra ramener à la demeure du héros. Pour cela, différents objets sont à notre disposition pendant l’exploration des lieux, tels des clés pour ouvrir des portes verrouillées, une épée pour terrasser des dragons et autres pontons pour se frayer un chemin dans des labyrinthes.

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e joueur se voit propulsé en vue plongée dans un décor relativement abstrait. Le personnage principal, représenté par un simple carré, peut dès lors être déplacé sur les parcelles grises de l’écran en utilisant le joystick de la manette. Il est étonnant de constater que la mobilité du personnage, pouvant même être déplacé en diagonal. Les transitions d’écran en écran, qui se font de manière instantanée, contribuent également à rendre la jouabilité plus fluide.

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Dès le premier écran du jeu, le joueur est invité à s’emparer d’une clé lui permettant d’ouvrir la porte du château présent sur le même écran.

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À cause des limitations techniques de la console, aucun inventaire n’est cela dit présent dans Adventure. De fait, chaque objet doit être déplacé individuellement pour le faire interagir avec l’élément souhaité. Pour cela, il suffit de passer sur ledit objet, un jingle annonçant au joueur son obtention ; le jeu est par ailleurs dénué de toute bande sonore. Il n’y aura dès lors plus qu’à passer sur un autre objet pour s’en débarrasser, ou tout simplement appuyer sur l’unique bouton de la manette — qui révèle ici sa seule utilité — ce qui aura pour conséquence de déposer l’objet au sol.

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Le château déverrouillé, on découvre un nouveau type d’objet : une flèche faisant office d’épée, seule arme du jeu à notre disposition pour terrasser les quelques dragons éparpillés sur la carte. En temps normal, ces dragons poursuivront le personnage jusque dans les autres écrans pour l’avaler, ce qui aura pour conséquence de bloquer votre progression. Mais un coup d’épée pointé vers leur tête suffira finalement à les immobiliser pour le reste de la partie, un jingle se manifestant de nouveau pour témoigner de votre succès… ou de votre échec.

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Le reste de l’aventure proposée se révèle être un enchaînement de clés et de portes à débloquer afin d’arriver jusqu’au calice, chaque clé correspondant à une porte de la même couleur. En plus des dragons, votre progression sera ralentie par la présence de multiples dédales, dont la répétition des écrans et le champ de visibilité réduit contribueront à rendre votre exploration confuse, ainsi que par une chauve-souris dont le seul loisir consiste à chaparder divers objets. Pour faciliter votre progression, deux autres types d’objets seront à votre disposition, à savoir un ponton permettant de passer à travers les murs colorés, ou encore un aimant permettant d’attirer des objets hors de portée.

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Adventure révèle encore une fois sa nature de pionnier lorsqu’il s’agit d’évoquer les mécaniques générales qui réguleront la progression du joueur, mécaniques que l’on retrouve encore dans une grande majorité des jeux vidéo modernes.

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Adventure, puisque dans le cas où vous viendriez à vous faire avaler par un dragon, il vous suffit d’appuyer sur la touche « Game Reset » de la console pour réapparaître à l’entrée de votre château. Là encore, les ennemis seront entretemps réapparus, mais l’emplacement des objets sur la carte sera conservé dans l’état qui aura précédé votre mort. À défaut de constituer une véritable sauvegarde, ce système aura eu le mérite de dépeindre celui des checkpoints, utilisés dans la quasi-totalité des productions modernes.

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Adventure est également le premier de son genre à avoir introduit un système à difficulté multiple. En effet, avant de débuter sa partie, le joueur a le loisir de choisir son mode de jeu parmi trois niveaux de difficulté, en jonglant avec le bouton « Game Select » de la console. Ainsi, si le niveau 2 correspond au mode complet d’Adventure, le niveau 1 proposera au joueur une partie simplifiée dans laquelle différents décors et autres objets nécessaires à l’obtention du calice auront été tout simplement supprimés. C’est ainsi qu’Adventure introduit à sa manière la notion de modes « Facile », « Normal » et « Difficile ».

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Le niveau 3, quant à lui, se révèle identique dans son contenu au niveau 2, à l’exception près que les objets nécessaires à votre progression sont répartis de manière aléatoire au sein des décors. Cette composante de l’aléatoire, qui contribue drastiquement à casser la routine des parties, se révèle là encore globalement nouveau pour l’époque, puisqu’il faudra attendre 1980, soit un an après la sortie d’Adventure, pour voir apparaître le véritable représentant du genre : Rogue, développé par Michael Toy, Glenn Wichman et Ken Arnold à destination des ordinateurs personnels d’époque. Prenant la forme d’une fiction interactive illustrée, Rogue est tout aussi inspiré que ne l’a été Adventure par ses prédécesseurs, à savoir Advent et Dungeons & Dragons. Rogue poussera néanmoins le concept encore plus loin, en proposant à chaque partie des niveaux ainsi que des affrontements générés entièrement de manière aléatoire.

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À sa sortie, Adventure fut globalement bien accueilli par la presse comme par les joueurs. Il s’en est ainsi écoulé plus d’un million d’exemplaires, ce qui en fait le septième plus grand succès commercial de l’Atari 2600.

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À l’heure actuelle, force est de constater que la rétrocompatibilité de ce titre a, comme pour l’ensemble du catalogue des consoles Atari, pris un sacré coup de vieux. Dans les faits, Adventure est particulièrement court, le niveau 1 se terminant en moins de dix minutes pour un néophyte, en un peu moins d’une minute pour un joueur confirmé. Le niveau 2 souffre quant à lui de terribles problèmes de programmation, qui rendent certains écrans injouables pour ne pas dire à la limite de l’épileptique lorsque trop d’éléments dynamiques y sont présents. Enfin, il arrive que la configuration aléatoire des objets rende le niveau 3 impossible à terminer, ce dont on se rend compte parfois très tard durant l’exploration.

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En 1982, Atari annonça le développement d’Adventure II, n’étant dès lors plus sous la tutelle de Warren Robinett. Cette suite ne fut toutefois jamais publiée, et il est aujourd’hui supposé que son développement ait aboutit à la publication de la tristement célèbre série Swordquest, à l’origine de l’une des plus grandes épopées mais également l’un des plus grands scandales vidéoludiques ayant précédé le krach de l’industrie du jeu vidéo en 1983.

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Après avoir essuyé plusieurs faillites financières, Atari Interactive publia entre 2004 et 2012 une série de consoles dénommées « Atari Flashback », sur lesquelles pouvait être retrouvée une grande partie du catalogue de l’Atari 2600 ainsi que d’autres modèles, dont Adventure. En 2005, Curt Vendel, vétéran de la maison d’édition, développe la suite officielle Adventure II, destinée à l’Atari Flashback 2. Construit sur la base du code du volet d’origine, cette suite se révèle dans sa forme très similaire, offrant simplement une nouvelle configuration de ses niveaux.

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Outre cette réédition de consoles, Atari a également publié à de maintes reprises, et ce depuis le début des années 2000, différents packs comprenant les plus grands hits de son catalogue d’antan, aussi bien sur les consoles de dernière génération que sur Windows, ou encore sur l’AppStore. Différents émulateurs, en application comme sur navigateur, permettent aujourd’hui de redécouvrir Adventure, Atari publiant eux-mêmes le titre gratuitement sur leur site officiel.

http://chrome.atari.com/adventure

Adventure connaît également une communauté très active depuis la fin du xxe siècle et l’émergence d’Internet. De nombreux remakes non officiels ont ainsi vu le jour, permettant à tout un chacun de profiter du jeu avec un habillage graphique correspondant à leurs goûts si ce n’est à la vision qu’ils peuvent se faire de cet univers. En 2007, le site communautaire AtariAge, successeur spirituel du magazine homonyme édité autrefois par la maison mère, entreprend de développer sa propre version d’Adventure II. Le développement est un succès, et le titre sera même distribué sous format physique à destination de l’Atari 5200, et ce avec l’aval d’Atari Interactive.

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Plus qu’une simple errance dans le domaine vidéoludique, Adventure fut en son temps une véritable étape transitoire dans l’établissement de ce qui deviendra plus tard le genre action-aventure.
Les siècles de pluie que ce chant appelle ne sont autre que mes larmes...Et le tonnerre qui frappe la terre n'est autre que ma colère ancestrale!

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