La Grande Encyclopédie des Fées

Les univers médiévaux-fantastiques et de fantasy hors récits de Tolkien :
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Náin
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » jeu. janv. 16, 2014 1:00 pm

J'ai essayé d'en trouvé mais j'ai pas réussi :mrgreen: de toute manière c’est toujours les moins connus qui sont les moins représentés ( logique ), malheureusement internet ne connait pas les légendes folkloriques
Oyez Elfes, vous tous, oyez ! Qu'on ne dise plus jamais des Nains qu'ils sont cupides et désobligeants ! Galadriel
Puisqu'ils ne sont pas blancs, ils sont forcément méchants ! Pocahontas
Et savez-vous ce que le nain réponds à cela ? : Ishkhaqwi ai durugnul !
I am a dwarf and i'm digging a hole, diggy diggy hole, diggy diggy hole !

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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » jeu. janv. 16, 2014 1:04 pm

Bon puis les prochains c’est des chats alors je ne te dis pas pour trouver une illustration correcte...
Oyez Elfes, vous tous, oyez ! Qu'on ne dise plus jamais des Nains qu'ils sont cupides et désobligeants ! Galadriel
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar phoenlx » jeu. janv. 16, 2014 2:50 pm

On trouve foison de choses sur internet mais je suis parfois surpris de trouver très peu d'images sur des thèmes précis qui semblent pourtant pas totalement inconnus ; quand on voit tous les délires qu'il y a et parfois, les bonnes choses manquent
Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains (Albert Einstein)
Qu'importe la destination c'est le voyage qui compte
Notre histoire deviendra légende
Force et honneur !

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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » ven. janv. 17, 2014 5:55 pm

Chats Foireaux, Chats Courtauds, Chattes Margotines...
C'est toi chat ? Que tu es grand et terrible. Tu parles aussi sans doute.
( Colette, l'Enfant et les sortilèges )

Image

Taille :
Celle d'un chat ordinaire, sauf les Chats Courtauds deux fois plus grands qu'un homme de haute stature.

Aspect :
Il n'y a pas de différence physique entre un Chat Fé et un minet ordinaire, sauf l'absence de queue chez le Chat Courtaud. C'est pour cette raison que l'on peut adopter l'un d'eux sans le savoir et mettre toute sa famille en péril. Le seul moyen de l'identifier est de trouver le seul poil blanc dissimulé dans son pelage de nuit. Celui qui parvient d'ailleurs à l'arracher obtiendra tout ce qu'il désire des Alfs noirs et des démons. C'est seulement lorsqu'il se rend au sabbat ou à la chasse que son apparence se met à changer : les pattes, le corps, les dents s'allongent, le poil s'ébouriffe, les oreilles se dressent et les yeux deviennent aussi rouges et brillants que des charbons ardents.

Vêtements :
Il leur arrive de s'harnacher des vestiges d'une armure volée à leurs ennemis, les Chats Matagots.

Habitat :
Partout où il y a des chats. Ils sont très connus en Bretagne, dans le Finistère, en Ile-et-Vilaine.
Ils pullulent en Ardennes, en Bigorre, dans le Maine. Ils menaient grandes fêtes au Manoir de la Gaillardière car c'était une "maison à chats noirs". Les sauvages vivent dans les forêts, les caves, les ruines, les égouts ; les "apprivoisés" dans les maisons.

Nourriture :
Les chairs délicates : les souris, les lapins, les oiseaux, mais aussi les jeunes enfants, les Lutins, les Elfines et petites Fées.

Mœurs :
Méchants, cruels, hypocrites, destructeurs, sadiques. Heureusement leur champ d'action est limité. Barbygère les classe en troisième position parmi les créatures prédatrices après l'Homme et le Léviathan.

Activités :
Toutes sortes de monstruosités. Ils portent en enfer les âmes qu'ils parviennent à attraper. On dit que leur sang versé dans un verre de vin rouge guérit les pneumonies. Si on échange son œil avec celui d'un Chat Foireau on pourra voir ce qu'il se passe derrière les murs, et découvrir les trésors enfouis sous la terre.
Pour passer un pacte avec eux, il faut le signer avec le sang de son petit doigt gauche. Il est alors possible de leur demander de voler et d'assassiner, mais il ne faut jamais oublier de les nourrir de bonnes viandes de boucherie.

Pour empêcher son chat d'aller courir le sabbat, il est recommandé de lui tailler un bout de queue ou un coin d'oreille, car s'il s'y rend ainsi il ne seras pas admis. Ceux portant sur le pelage quelques tâches de brûlures s'en trouvent également exclus. Il est prudent de le savoir si l'on veut que son matou ne tombe pas sous l'emprise des Chats Foireaux et "s'envenime".
On n'est jamais trop précautionneux avec un chat, dit-on, même avec un minet câlin, un minet ordinaire. Quand Dieu voulut le crée, le diable lui dit : "Tu feras le chat si tu veux, mais sa tête sera à moi." C'est pour cette raison que son corps est doux, gracieux, aimable à la caresse, mais que sa pensée le pousse à la désobéissance, et à certaines sauvageries et jeux cruels envers les inoffensives créatures et les oiseaux du ciel. Mais ces petits travers du chat domestique ne sont que broutilles auprès des horreurs commises par les Chats Foireaux.
Si quelques reines Fées amoureuses de Chats Bottés ont mis au monde de jolies Chattes blanches Margotines, les Marcaou de la nuit sont nés des accouplements de Fées déchues avec des Alfs noirs.
Ce sont "mal-bêtes hardyes en incessantes courses". Ils vont et viennent partout en quête de détruire les jeunes portées, l’œuf au nid, et l’enfançon qu'ils étouffent au berceau. Ils connaissent les sentes lutines, les tertres jolis où dansent les Elfines qu'ils croquent, déchirent et démembrent, laissant après leur chasse en ces lieux de féeriques Frairies le lamentable spectacle de bouillie de chairs mastiquées et d'ailes brisées. Ils entrent par les chatières dans les maisons prendre la place du minet familier, attendant le moment propice pour cracher dans la soupe et empoisonner toute la famille ; si quelqu'un est en train d'y mourir, ils rôdent autour du lit guettant l'envol de l'âme afin de l'emporter en enfer où ils vont paresser au chaud des brasiers.
Les soirs de Mardi Gras, à la mi-août et durant toute l'époque de l'avent, on peut les voir sortir des forêts, remonter des caves, des égouts et appeler au sabbat. Du haut des cheminées, des arbres, des gouttières, ils miaulent et rallient la troupe foireaude et les mistigris corrompus. Chacun quitte son antre ou son logis d'emprunt et va rejoindre le Maître Marcaou au grand rassemblement. A des croisements de chemins, dans des endroits déserts, au voisinage des calvaires, des grosses pierres, ils se regroupent et tiennent cercle. Bientôt des cris s'élèvent, ils se provoquent, se jettent les uns sur les autres. "Et ceux qui peuvent les entendre sont surpris de les ouïr proférer d'épouvantables blasphèmes dans la langue des chrétiens." Mais il faut être muni d'une patte de chat coupée si l'on veut comprendre l'interminable inventaire des méfaits et des crimes dont la ban,de se congratule en poussant de sinistres clameurs. Enfin, après avoir sacrifié et dévoré l'un d'eux, ils se mettent à danser, à sauter en braillant la "chanson des joueurs de la semaine".

Une fois, un moissonneur rentrant tard du travail, et passant par la lande de la Grande Croix, tomba en plein sabbat. Tout aussitôt se précipitèrent pour lui crever les yeux. Le malheureux, grâce au tranchant de sa faux toute neuve, y échappa de justesse.
D'un habile moulinet il décapita le plus gros qui semblait être le chef et mit fin ainsi au combat.
On rapporte cependant qu'un chat affectueux, averti d'un sabbat, serait allé rejoindre son maître aux champs, l'empêchant de courir au danger en lui barrant le chemin.
Les gracieuses Margotines au pelage blanc et soyeux n'étaient pas si méchantes. Quelques-unes accompagnaient les Fées ou se mettaient au service de princesses charmantes à qui elles rapportaient des secrets ou de petits potins glanés par-ci, par-là en se faufilant dans les couloirs, les boudoirs des châteaux et les maisons alentour. De temps à autre elles laissaient leur maîtresse revêtir leur apparence pour courir la campagne ou surprendre les agissements d'un amant volage. Toutefois, si celle-ci se faisait blesser pendant la "métamorphose", elle était condamnée à demeurer à jamais prisonnières de la peau d'emprunt. D'autres Margotines plus coquines montaient sur les genoux de beaux jouvenceaux, se pelotonnaient auprès d'eux dans le lit, prenant la forme de jeunes filles lorsqu'ils se trouvaient endormis. Mais certaines étaient sorcières et, les nuits cornées, rejoignaient les Chats Foireaux afin de partager leurs danses et leurs orgies.
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Somewhere » ven. janv. 17, 2014 7:12 pm

Naïn a écrit :Image


J'aime bien l'image, y a un ptit côté kawai.

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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » ven. janv. 17, 2014 7:56 pm

C'est dans un bouquin
Oyez Elfes, vous tous, oyez ! Qu'on ne dise plus jamais des Nains qu'ils sont cupides et désobligeants ! Galadriel
Puisqu'ils ne sont pas blancs, ils sont forcément méchants ! Pocahontas
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » sam. janv. 18, 2014 5:39 pm

III Les Reines d'or du Monde du Milieu

Les Fées marraines

Les Moires, les Parques, les Normes, Mires, Matres et les bonnes Dames...
Elle vit alors trois vieilles femmes : la première avec un pied plat, la seconde avec une lèvre qui lui tombait sur le menton, et la troisième avec un pouce comme une palette. La première tirait l'étoupe et faisait tourner le rouet, la seconde mouillait le fil et la troisième le retordait et l'égalisait avec le pouce.
( Grimm, Contes )

Image

Taille :
Grandes.

Aspect :
On les a vues élancées et nobles d'aspect, puis vieilles, cassées, déformées par les années de travail : un pied plat à trop pousser la pédale du rouet, la lèvre pendante à tant mouiller le fil, le pouce écrasé à force d'étirer le fil de la vie.
Aujourd'hui l'imagerie des contes décrit l'une en Fée bleue des rêves d'enfants et des vœux exaucés : gracieuse, au visage doux et rayonnant, encadré de cheveux blonds, le corps svelte et ailé enveloppé de voiles d'azur ; la seconde en Dame Tartine replète et gourmande, volubile et écervelée, ange gardienne gaffeuse ; la troisième a gardé l'aspect de la Parque inflexible coupant de ses ciseaux le fil de la vie : noire et maigre, le nez crochu, le menton pointu, la serre crochue, c'est Carabosse.

Vêtements :
Autrefois robes sombres et austères. Portaient le rouet, la quenouille, les ciseaux, aujourd'hui une baguette magique.
Vêtues de longues robes et ayant comme coiffures, tantôt des torsades de cheveux retenues en arrière par un bandeau et un voile, tantôt des boucles séparées par une raie médiane.

Habitat :
Moires et Mires vivent dans les cieux de Grèce. Les Fati ou Femmes de Rica dans ceux d'Albanie, les Witte Wjen au fond des immenses infinis de Flandres et de Hollande, Rojenice en Yougoslavie, les Trois Mères en Suisse, les Trois Taupes se montrent dans les vergers d'Autreppes. On les appelle aussi Metten, Dame Abonde, Voelur Vola Spakonur, Femmes Sages, Weisen Fraüen, bonnes Dames, les Florissantes, etc.
Elles se promènent encore sous le hêtre de Pontus en Brocéliande.

Nourriture :
Pain, amandes, raisins, miel. Eau claire et pure.

Mœurs :
Au commencement il y avait les Fata ( de fatum, dont les racines renferment l'avenir et le destin ). On s'accorde en effet à voir dans les Trois Parques, appelées aussi Tria Fata et Fatae, les divinités qui ont donné aux Fées médiévales leurs noms et leurs attribution.

Activités :
Elles président aux naissances, aident les mères en travail d'enfantement et décident du destin du nouveau-né qu'elles suivront jusqu'à sa dernière demeure.
Dès qu'un homme voit le jour, Verpeja, la Parque lituanienne, commence aussitôt à filer dans le ciel de sa vie. Une étoile se trouve au bout de ce fil. Au moment où le destin veut que l'homme disparaisse, son fil se rompt, l'étoile tombe, s'éteint dans l'espace et l'homme meurt.

En ce jour de l’amphidromie, le cinquième après la naissance, on s'apprête à la visite des Mires, les Bonnes Demoiselles, celles qui emportent le fièvre de lait de l'accouchée et font mystérieusement briller le regard du nouveau-né. La petite maison de cette campagne grecque a pris de son air de fête. Depuis la veille au soir, la grand-mère s'y est employée. Sur la nappe blanche des dimanches, elle a déposée un repas composé de pain aux amandes, de miel et d'eau de source, et autour des couverts une monnaie d'argent et des fleurs fraîches attachées par un fil rouge. Devant la porte ouverte, après une courte invocation rimée, elle demande à voix basse : "Bonnes Moires, Bonnes Mires, Dames Saintes, pures, lumineuses, honnêtes, Dieu fasse que votre humeur soit aujourd'hui bonne comme du pain, douce comme le miel, lisse comme l'eau, belle comme les fleurs." Puis elle réclame pour l'enfant, qu'elle a aidée à mettre au monde, une vie chanceuse, beaucoup de biens en échange d'un peu de pierre, de grands salaires pour un petit travail, et dans toutes les circonstances plutôt du bonheur que du mérite. Voilà ce qu'elle demande aux Tria Fata, aux Trois Fées maîtresses des destinées individuelles et inéluctables de l'homme, que les Latins nomment Parques. La première, Clotho, la fileuse, personnifie la trame de l'existence : elle fait tourner le fil de laine. La seconde, Lachésis, offre "les dons" et la part de chance auxquels chaque homme a droit. La dernière, Atropos, est l'inflexible destinée contre laquelle nul ne peut rien, c'est elle qui coupe le film de la vie.
Il y a trois périodes dans le temps, le passé qui est déjà filé et dévidé dans le fuseau, le présent qui passe dans les doigts de la fileuse ; le futur c'est la laine enroulée sur la quenouille qui doit passer par les doigts de la fileuse sur le fuseau comme le présent doit devenir le passé.
Mais pour l'instant le fil n'est pas encore noué, dans la petite maison blanche et propre, près de Kastoria ; et l'âme de l'enfant nouveau-né brille, aussi claire et neuve que la bougie allumée pour la venue des Mires.
Beaucoup plus loin, plus haut, à l'abrupt des murailles septentrionales, on fête aussi une naissance. Sous les voûtes du château, la foule se presse autour du berceau aux quatre coins de la grande salle, les muffles des dragons sculptés aux croisements des poutres éclairent de leurs torchèrent les casques cornus, les cottes de mailles, les nasals d'acier des guerriers et seigneurs, les bijoux, les torques, les parures des dames à longues tresses. Le fils d'un roi est né. A côté de l'enfant brûle une chandelle. L'éclat de la mer est déjà dans son œil. Ce sera un chevaucheur de vagues. Le vin du bouleau, la cervoise coule à flots à sa santé. Un silence respectueux a éteint les clameurs lorsque les Normes sont entrées, se sont toutes les trois alignées devant le petit prince. La première, levant la voix, le dote des plus belles vertus. Et cent cris vibrent d'allégresse. Et la seconde annonce qu'il sera le plus aimé et le plus aimé des hommes de sa race. Une fois encore les cornes et les hanaps sont remplis et vidés, et la foule se presse davantage autour de l'enfant. Mais voilà que la troisième Norme, bousculée par la houle guerrière, vient de tomber à terre. Elle se révèle livide, la lèvre convulsée : "Je décide que l'enfant cessera de vivre à l'instant où la chandelle qui est à côté de lui cessera de brûler."
Plus rien ni personne ne peut plus le sauver. Toute l'assemblée semble pétrifiée comme des thyrses de givre. Alors la plus vieilles des trois Fées saisit la bougie et en éteint la flamme : "Rassure-toi, dit-elle à la mère, le sort est conjuré, mais cache bien cette chandelle, que jamais plus personne ne l'allume avant que soit venu le dernier jour de ton fils." C'est ainsi que les légendes scandinaves racontent la naissance du héro Normagest, dont le nom signifie : le protégé des Normes.
Beaucoup plus loin et encore et bien plus haut, ou peut-être beaucoup plus près encore et bien plus bas : au Royaume de Féerie, on fête également la venue au "Monde du Milieu" des jumeaux George et Aubéron, fils de Jules César et de la Fée Morgue. Sous le dôme du Dunn de cristal se presse la foule elfique autour du double berceau d'or : Sidhes, Sylfes, Seelies, Nymphes, Milloraines, Dames Blanches, Vertes et Bleues, Dracs et Sirènes cuirassées de coquillages, coiffés de hennins d'aurore, froufrouteux de gaze, de voiles et d'ailes d'éther, gazouillent, bruissent, papillonnent, s'extasient en attendant la venue des trois Marraines Fées. Elle sont des cieux descendues dans leur nacelle légère tirée par des cygnes blancs et, saluant la vassalerie de leurs sourires fleuris, épanouissant les flots à volant de leur pétales de robes, sont allées de pencher sur les radieux enfançons :
-George, le premier-né, sur le monde des humains régnera.
-Alors, Aubéron du Royaume Féerique sera roi.
Et comme il est d'usage, même en Eflirie, de privilégier le chouchou de son sang, la troisième l’inonde de bienfaits. Lui offre la beauté, le pouvoir de sonder le cœur des hommes, celui de se transporter à l'endroit de son choix par la seule force de sa volonté.Le dote de l'innocence de l'âme qui fait de lui le frère de tous les animaux et lui permet d'entendre le chant des anges. Elle lui offre encore un cor magnifique qui peut guérir les maladies, rassasier les affamés, remplir d’allégresse le cœur des malheureux, enfin faire sa voix à son propriétaire à quelque distance qu'on le fasse résonner, et rallier ainsi toute une armée de preux chevaliers.
Cette fois c'en est trop ; la première Fée, marraine de George, est tant agacée par cette profusion de dons à l’avantage de l'un, aux dépens de son sien filleul, qu'elle se courrouce et condamne Aubéron à demeurer petit toute sa vie.
Oyez Elfes, vous tous, oyez ! Qu'on ne dise plus jamais des Nains qu'ils sont cupides et désobligeants ! Galadriel
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » dim. janv. 19, 2014 2:49 pm

La Banshie
Il y a une ombre dans le vent
Je crois qu'une tragédie m'attend.

( Danny Elfman, La Complainte de Sally )

Image

Taille :
Grande. Il y en a maintenant des petites.

Aspect :
Elles furent belles et fières, le port à la fois noble et sauvage, le front pâle et âgé, le regard visionnaire tantôt vert et ardent, parfois rouge ou lactescent. Puis, avec la fin des clans, avec les temps aigris, elles devinrent échevelées, décharnées, livides, les membres aux veines et nerfs saillants, la gorge creuse, la mâchoire décrochée d'avoir trop hurlé, la face ravinée, et le menton tremblant. Elles se font sensuelles et félines les soirs de chasse.

Vêtements :
En France elles portent l'évanescente vêture des Dames Blanches, en Ecosse, la couleur du tartan de ceux qui vont mourir, ou un suaire ; en Angleterre, une robe et des jupons verts, chaussées de tissus rouges ; en Irlande, elles s'enveloppent d'un long châle brun.

Habitat :
De nombreux pays possèdent leurs Banshies mais on les trouve plus spécifiquement en France, en Angleterre, en Irlande, en Ecosse, surtout dans les Highlands. Certaines vivent dans les châteaux et leurs ruines, auprès des tors, des anciens champs de batailles, sur les landes désolées, les rivages marins.

Mœurs, Activités :
Les Banshies ont perdu leur aura de prophétesses et de protectrices divines pour devenir des messagères de mort, neutres et dépourvues de sentiments.
Leur cri était plus impressionnant encore que le lugubre hurlement du chien noir de l'enfer raillant sa meute à la curée sur les landes du Dartmoor. La voix de la Cyhyraeth galloise se décomposait en trois temps : d'abord on entendait un lointain glapissement douloureux et geignard qui semblait se rapprocher, mêlé à la plainte du vent, et on avait l'impression de sentir son corps se chiffonner d'effroi. Ensuite le cri devenait guttural, prenait une ampleur sauvage et gardait presque sans faiblir une interminable clameur ponctuée de douloureuses inflexions ; et l'on sentait toute sa force et son goût des choses se déchirer de soi. Enfin la lamentation se brisait en sanglots et soupirs, s’essoufflait par saccades et trémolos de plus en plus tristes et faibles, pour gargouiller de rauques regrets inarticulés avant de s'épuiser dans un râle de mourant - et c'était comme si l'on perdait son âme pour toujours.

Quatre jeunes gens s'ne étaient allés chasser le daim rouge dans les hautes terres d'Ecosse. A la nuit tombée ils s'étaient réfugiés dans une cabane à moutons. Le bon feu de tourbe lançant ses flammes rousses, la forte saveur de la venaison grillée les inspirèrent à danser. L'un soufflait dans les bag-pipes et les autres battaient les strathpeys si ardemment que le regret leur vint de ne pas avoir de partenaires. Leur désir fut si chaudement souhaité que le rôdeur de nuit les entendit et que presque aussitôt la porte s'ouvrit devant quatre belles femmes comme ils n'en avaient jamais vu de pareilles. Légèrement elles se joignirent aux trois garçons dans le cercle et la quatrième vint s’asseoir auprès du sonneur en frappant des mains et du talon.
Les airs succédaient aux airs et, de plu en plus vite, ils tournaient avec des gestes qui prenaient la taille de celles qui se laissaient faire. Et puis, tout en redoublant la fin du reel "Mhic Iarla Nam Bratach Bàna", le musicien avisa des gouttes de sang qui tombaient du jupon vert des danseuses. Il scruta attentivement leurs grandes prunelles vertes et leurs lèvres pleines et rouges qui se retroussaient sur des dents fort aiguës ; un frisson lui mangea de l'échine aux reins en reconnaissant là quatre Banshies. Sans s'arrêter de jouer il gagna la porte et se dépêcha loin dans la nuit, sitôt suivi par la quatrième qu'il entendait grogner derrière lui. Bientôt elle l’aperçut et il prit refuge au milieu des chevaux parqués non loin de là. La Banshie tourna ainsi autour de lui sans oser avancer jamais plus avant à cause du fer dont les sabots étaient garnis. Toute la nuit elle tourna, tantôt l'appelant de douce façon pour l'attirer à sa merci, puis l'injuriant et le menaçant de tant de tourments que ses cheveux se dressaient en blanchissant sur sa tête. Et au matin elle s'évanouit, absorbée par les bienfaits du jour.
Quand il courut au refuge, il trouva ses amis couchés au milieu des cendres, leur corps vidé de leur sang, raconte une vieille histoire des Highlands où les Banshies sont toujours aussi nombreuses...
En Ecosse, en Irlande, toute structure organisée de la tradition préchrétienne a disparu et, si l'atmosphère surnaturelle et irréelle a disparu, la Banshie est restée puissante et elle est devenue méchante mais elle n'est plus divine. On la craint mais on ne l'honore plus. Autrefois le privilège de posséder une Banshie, rapporte Walter Scott, n'était attribué qu'aux familles de pure origine. Elle venait annoncer les décès, les désastres, les épidémies et défaites aux chefs de clans. Il arrivait aussi qu'un grand laird obtienne d'elles d'autres services : détourner les coups de l'adversaire durant les combats, garder et protéger l'héritier de la famille pendant le temps de son enfance, intervenir même dans les amusements en désignant la meilleure pièce à déplacer aux échecs ou la bonne carte à jouer.
La Leanan Sidh - the Fairy Mistress - ou la Lhiannan-Shee de l'île de Man était, contrairement à l'Esprit de la mort, un Esprit de vie et inspirait les bardes et les poètes alliés aux grandes familles sacrées. Elle prédisait les décès mais aussi les naissances.
le Fear-Sidh est le Banshie masculin d'Irlande ; son compère le Far-Gorta, l'homme affamé, la figure émaciée, maigre pareillement au fil d'une faux, parcourait les campagnes moussantes de l'Irlande au temps de la grande famine.
En France, "des personnages qui ne sont pas de ce monde se montrent aux habitants des châteaux ou dans leur voisinage lorsqu'il doit se produire un événement funeste. On les appelle Banshie", disent les vieilles chroniques. C'était les âmes des Fées ou de châtelaines. La plus célèbre d'entre elles, la serpente Mélusine, avait choisi la famille des Lusignan au XIVe siècle.
La Merluisaine sortait aussi la nuit d'une cheminée du château de Piney, en Champagne ; quand ses cris aigus alertaient le village voisin, on pouvait être certain que l'un des châtelains décéderait dans l'année. Lorsqu'un malheur menaçait ceux de la famille du domaine du Mas, près de Brioude, que quelqu'un des parents devait mourir, leur Banshie, toute de pâle vêtue, rôdait plusieurs nuits de suite en poussant des sanglots autour des murs, puis pénétrait dans ma grande chambre où elle réveillait ceux qui dormaient en les giflant.
Et puis les temps ont changé, les blasons se sont ternis, sans doute entachés de quelque vilaine souillure, et le sang divin s'est abâtardi sous le fard trop blanc des courtisans sans légende. Une poignée de cœurs nobles ont gardé leur Banshies, les autres s'en sont allées à travers brumes pour devenir sorcières : les unes toujours animées de leur funèbre mission, les autres abandonnées, errantes, à la recherche de hagardes vocations.
Jadis la Banshie prenait toute la peine d'une famille, d'un clan terrassé par le deuil, ramassait toutes les douleurs, le désespoir, les pleurs qu'elle condensait et exprimait en un seul cri. Une lamentation extatique, sans fin, plus forte que la tempête, poussée à un tel paroxysme que la douleur en retombant semblait annihilée dans son râle.
Désormais solitaire, elle hurle au vent une angoisse anonyme que celui-ci lui renvoie.
Oyez Elfes, vous tous, oyez ! Qu'on ne dise plus jamais des Nains qu'ils sont cupides et désobligeants ! Galadriel
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SauronGorthaur
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar SauronGorthaur » dim. janv. 19, 2014 4:41 pm

je préfère écrire "Banshee" mais les deux orthographes sont justes :super:
j'aime bien sa représentation d'ailleurs
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » dim. janv. 19, 2014 4:48 pm

Elle est plus réussie dans le bouquin
Oyez Elfes, vous tous, oyez ! Qu'on ne dise plus jamais des Nains qu'ils sont cupides et désobligeants ! Galadriel
Puisqu'ils ne sont pas blancs, ils sont forcément méchants ! Pocahontas
Et savez-vous ce que le nain réponds à cela ? : Ishkhaqwi ai durugnul !
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar phoenlx » lun. janv. 20, 2014 11:19 am

il y a un clin d'oeil dans saint seiya a travers un spectre ; surprenantes créatures
ça correspond à quoi ce que tu as écrit au début sur Danny Elfman ?
Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains (Albert Einstein)
Qu'importe la destination c'est le voyage qui compte
Notre histoire deviendra légende
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » lun. janv. 20, 2014 8:05 pm

C'est une musique de l'étrange Noël de monsieur Jack
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar phoenlx » mar. janv. 21, 2014 10:35 am

Je ne l'ai pas vu celui-là .. Il faudrait que je complète ma filmographie Burton
Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains (Albert Einstein)
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » mar. janv. 21, 2014 6:19 pm

Fileuses et Demoiselles de pierre
Se tu veux faire oeuvre durable
Qui mult soit bel et convenable
Une mervillose oeuvre grande
De pierres en cerne assises
Les unes sur les altres mises.

( Robert Wace )

Image

Taille :
Une ou deux sont colossales, la plupart très menues. Malgré leur apparence fragile et aérienne, elles sont fabuleusement fortes.

Aspect :
Belles, blondes, au teint nacré, aux formes aussi fuselées que leurs fuseaux, aux cheveux aussi fins et souples que leurs fils. La nuit leur beauté est dans tout son éclat; le jour, on voit qu'elles ont les cheveux blancs, les yeux rouges et le visage ridé : aussi ne se montrent-elles que la nuit et haïssent-elles la lumière. On peut aussi les voir sous la forme de cercles de pierres lorsqu'un saint grognon les a pétrifiées d'une conjuration au beau milieu d'une ronde de mai, d'une bacchanale elfique.

Vêtements :
Voiles blancs, tabliers, devantiers, dornes de gaze et de dentelle. Quelquefois en costume et coiffe locaux, "retouchés" par quelque styliste céleste. Elles portent des menhirs dans leur tablier ou suspendus au bout de leur quenouille.

Habitat :
Les pierres levées, les dolmens, les cromlechs, les cairns. Elles en ont planté un peu partout dans le monde terrestre et dans celui des bonnes gens, en Elfirie, en Sylfirie, dans les îles voguantes et les îles célestes. Leurs demeures sont très nombreuses en France et en Angleterre.

Nourriture :
On dit que les fileuses de menhirs aiment le vin gris à cause de son bouquet de "pierre à fusil", ainsi que la cotignelle.

Mœurs, Activités :
Elles sont aussi maléfiques et bienfaisantes que ces pierres qu'elles ont plantées ; ce qui fait dire à certains elficologues que ce sont elles-mêmes qui se sont métamorphosées en pierres en attendant le retour des temps féeriques. Les Dames de pierre chantent, boivent, dansent, filent, sonnent, veillent, punissent, guérissent...
Elles sont les filles des Fées marraines et des Fées ventrières qui président aux naissances ; c'est pour cette raison que les femmes en mal d'enfants viennent glisser cul nu sur leurs pierres ou se frotter contre elles afin de devenir fécondes.

Un jour, il y a bien longtemps, les Demoiselles Filandières ont construit de grands fuseaux de pierre on ne sais plus pourquoi. La mémoire magique, les Chroniques gargantuines leur ont brodé plein d'histoires, de contes, de légendes et de bonnes raisons. Elles ont planté là ces pierres :
- Pour signaler leurs endroits de "filerie" et appeler les jeunes apprenties à venir s'initier à l'art de filer.
- Pour marquer leur cercle de "danserie" et inviter les jeunes gens, les Elfes, les Féetauds, à venir rejoindre la frairie pour le meilleur et pour le pire.
- Pour désigner un lieu enfayté où elles tiennent salon.
- Pour ériger une flèche, une cheminée au sommet d'une colline enchantée, couronner un ancien fort elfique, un rath, une tombe de Fée.
- Pour marquer un passage au "pays des femmes solitaires", boucher l'entrée d'un trésor, interdire l'accès de Faërie.
- Par jeu, par caprice : s'improviser un mobilier de pique-nique, un coin de sieste, un parapluie.
Sans fin, les fuseaux de pierre dévident leurs inépuisables bobines de "raconteries".
Quelques-unes de ces monolithes ont grossi depuis le moment où ils ont été mis en place : le menhir de la Pierre à la Femme n'était qu'un petit caillou, de la grosseur d'une noix, qui grandit jusqu’à atteindre les proportions qu'il a de nos jours. Les Roches Piquées de la forêt de Haute-Sève ( en Ille-et-Vilaine ) poussent encore, mais lentement. Plusieurs de ces blocs tournent dans le sens d'un fuseau que l'on file. Le grand menhir de Quintin vire sur lui-même, comme celui de Saint-Martin-d'Arcé en Maine-et-Loire chaque fois que sonne minuit. D'autres se meuvent même en plein jour. La Pierre des Fées, dite aussi Pierre qui danse ou Pierre qui berce, danse lorsque sonne la cloche de Nailhac, et elle s'ébranle quand le tonnerre gronde. Dans les Landes, la Peyre-Lounque saute douze fois à midi. La Roche-Folle dans l'Avranchin tourne trois fois lorsque le coucou chante pour la première fois. La Pierre des Demoiselles du Mesnil-Hardray dans l'Eure se soulève chaque année pendant la messe de minuit pour laisser sortir une ronde de demoiselles vêtues de blanc. Les Demoiselles couchées du Langon se redressent tous les 15 mai sur le passage de la Fée Lalie. Certains menhirs vont se désaltérer pendant la nuit de Noël comme les pierres-Fées de Plouhinec : quand celles-ci vont boire à la rivière d'Intel, elles laissent à découvert des trésors ; mais elles reviennent si vite à leur place qu'il est presque impossible de les éviter, et qu'elles écrasent le chercheur, à moins qu'il n'ait sur lui une branche d'aubépine, entourée d'un lacs de trèfles à cinq feuilles.
Les menhirs-Fées ont le privilège d'être sonores. La plus grosse pierre du cromlech des Forges à Montguillon renferme une horloge qui sonne les heures.
On appelle quelquefois les menhirs des Fileuses les Pierres Trésorières, car de fabuleuses richesses sont enfouies dessous. Un vieux matelot confiait à qui voulait l'entendre qu'un des peulvens des alignements de Carnac recouvrait l'immense trésor des Fées, que pour le mieux cacher elles avaient dressé ces milliers de pierres, et qu'un calcul dont on ne trouverait la clé que dans la tour de Londres pouvait seul en indiquer la place. Mais ces richesses sont bien gardées par des gnomes griffus, des corricks, des monstres, des revenants et des loups ; seuls peuvent en bénéficier les protégés des Fées. Il est imprudent de les fouiller, de les renverser, de les déplacer, de s'en servir pour faire des travaux. On recommandait de ne pas labourer ni faucher autour, de peur de blesser malencontreusement la pierre. Il y a une centaine d'années, les villageois des environs de Vert disaient que si on déracinait la Pierre Piquée, il sortirait de la place qu'elle occupe un torrent qui ravagerait toute la Beauce. Lorsqu'on voulut diviser la grande dalle de Peyrolebado, dans l'Aveyron, du sang jaillit à chaque coup de marteau et les ouvriers furent rejetés au loin. Des jeunes gens qui avaient essayé de déplacer une roche debout d'Auvergne furent enveloppés dans une nuit profonde, et tous moururent dans l'année. Une maison construite à partir des pierres-Fées de la Grande Roque écrasa tous ses occupants le jour même où ils s'installèrent dedans.
Laissons les fuseaux de pierre à leur place, laissons les sages Filandières filer le fil du temps...
Oyez Elfes, vous tous, oyez ! Qu'on ne dise plus jamais des Nains qu'ils sont cupides et désobligeants ! Galadriel
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » dim. janv. 26, 2014 11:16 am

Les Filandières et Fileuses de nuit
Il n'y a pas de plus beau fil que celui des fileuses de lune. Au matin le soleil les ramasse sur les près humides pour tisser sa chevelure.
( A. Marville, Ariane et les Autres )

Taille :
Moyenne en général. Parfois petite, très petite.

Aspect :
Belles, blondes, pâles, fantomatiquement blanches ou éblouissantes. Elles se montrent aussi comme de simples paysannes, en petites vieilles cassées et ridées ou, lorsqu'elles sont en colère, en effrayantes sorcières.

Vêtements :
Robes de fines blancheur, ou en costume régional, avec un tablier dont les poches sont remplies de ciseaux, de fuseaux, de fils, d'aiguilles... et de grosses pierres. Leur quenouille leur sert parfois de lance ou de baguette magique. Dans le Beaujolais, Claudius Savoye rapporte que les fayettes, qui venaient filer jadis à une fontaine près de la Pierrefite de Dième, avaient, suivant le cas, des robes de couleurs différentes, blanches, rouges ou noires, et l'on tirait des pronostics du changement de leur toilette.
En Angleterre de petites Fileuses ont été vues en gris.

Habitat :
De coquets intérieurs au fond des grottes, de houles côtières, sous des dolmens et des collines creuses, dans les anciens forts des Fées : Dunn et Rath. On les trouve partout on l'a filé, partout où l'on trouve des mégalithes. En Livonie, Pschipolonya est une petite vieille femme hideuse et ridée qui effraie souvent les paysans des environs de Zittau. En Italie, la Nona tourne son rouet sur les chemins de Berbenno. Une foule de traditions rappellent ces mystérieuses ouvrières. Telle la légende de la jeune fille de Scherven, près de Cologne, qu'on voit la nuit filer un fil magique.

Nourriture :
Tout ce qu'il y a de bon à manger.

Mœurs, Activités :
Elles exercent à filer, encourageant les ouvrières laborieuses punissant les paresseuses, sous l'apparence d'une vieille femme aux vêtements blancs ; elles président à la naissance des enfants et prédisent leur destin. Toutes ces activités montrent bien leur étroite filiation avec les Normes, les grandes Tempestaires de Noël, et les Fées bienfaisantes.

Depuis un temps immémorial à Epfenbach, près de Sinzheim, tous les soirs, trois belles jeunes filles vêtues de blanc entraient dans la chambre du village où l'on se réunissait pour filer. Elles apportaient toujours de nouvelles chansons et de nouveaux airs ; elles connaissaient de beaux contes et des jeux amusants. Leurs quenouilles et leurs fuseaux avaient aussi quelque chose de particulier. Aucune fileuse ne savait tordre le fil avec autant de finesse et d'agilité qu'elles. Tous les soirs, à onze heures sonnantes, elles se levaient, faisaient un paquet de leurs quenouilles et se retiraient malgré toutes les supplications de l'assemblée. On ne savait ni d'où elles venaient, ni où elles allaient. Seulement, on les appelait les Filles ou les Sœurs du Lac. Les jeunes gens les voyaient avec plaisir et plusieurs s'éprirent d'elles, surtout les fils de l'instituteur. Celui-ci ne pouvait se rassasier de les entendre et de parler avec elles. Rien ne le chagrinait autant que de les voir partir le soir d'aussi bonne heure. Un jour, il eut une idée. Il monta dans le clocher du village retarder l'horloge d'une heure et, le soir, la conversation et la plaisanterie aidant, personne ne s’aperçut de l'heure réelle. Alors, lorsque l'horloge sonna onze heures, tandis qu'il était minuit, les trois jeunes filles se levèrent, réunirent leurs affaires et s'en allèrent... Le lendemain, quelques personnes, en longeant le lac, entendirent des gémissements et aperçurent à la surface traînées sanglantes. On ne revit plus jamais les trois sœurs. Le fils de l'instituteur, atteint d'une maladie de langueur, mourut peu de temps après, racontent les vieilles légendes allemandes.
Un jour, les Parques et les Normes abandonnèrent pouvoir et quenouilles enchantées à leurs filles. Celles-ci, après avoir longtemps présidé au destin des héros puis des simples mortels, léguèrent à leur tour les quenouilles magiques à leurs filles. Alors les Fées filandières continuèrent à filer des contes, des rêves au berceau des légendes. Le fil ne s'est jamais brisé ; s'il se casse parfois, comme la mémoire d'une voix, toujours l'évangile des quenouilles le rénove au fil du temps. La nuit, elles vont et viennent par les campagnes, aussi blanches et diaphanes que l'écheveau qu'elles dévident du halo de la lune ; ou au détour du jour, aussi éblouissantes que le peloton doré qu'elles débobinent du soleil. Elles filent entre l'ombre et la lumière, bonnes ou méchantes, aussi mystérieuses que ce fil qu'elles étirent entre leurs doigts, solide comme l'acier ou cassant comme les filandres qu'elles laissent derrière elles, au matin.
Quelquefois elles ne sont que fantômes. On raconte dans la vallée de la Semoy, en Ardennes, que la dernière châtelaine de Linchamps apparaissait toutes les nuits, s'asseyait dans l'une des anfractuosités de ce qui restait une tourelle du château, formant un siège naturel et que l'on appelait pour cela "chaise de la fileuse", car ce fantôme vêtu de blanc reposait là de longues heures. On pouvait voir tourner son rouet qui ne faisait aucun bruit. Et quand elle se levait, elle poussait du pied quelques caillasses qui tombaient dans la rivière, comme si elle eût voulu faire disparaître tout vestige de son ancienne demeure. Les mères disaient à leurs enfants : "Prends garde à la Fileuse ! Si tu n'es pas sage, elle t'écrasera en te jetant une grosse pierre."
Elles sont cependant généreuses. Dans les Hautes-Pyrénées, les filles du Lavedan croient en,core que si elles aperçoivent près d'une fontaine un fil gisant à terre, elles doivent le ramasser, l'enrouler vite : le fil s'allonge et forme sous leur doigt un peloton merveilleux d'où sort une Fée qui, ravie que l'on ait soustraite à cette incommode prison, fait à la libératrice quelque beau présent, on lui prête sa baguette magique, on lui donne un rouet au fil d'or. Mais la personne qui a négligé de ramasser le fil et de secourir par cet acte la Fileuse en péril peut s'attendre à un malheur prochain.
Aux Lucs-sur-Boulogne la Fée, qui habitait un souterrain, venait sans y être conviée, à la soirée, chez les métayers de la Giraudelière et s’asseyait sur un trépied pour filer sans prononcer une seule parole. Fatigués de ce manège, les gens de la ferme firent chauffer à blanc le trépied. Vers sept heures la Fée arrivé et, ayant pris son siège habituel, se brûla cruellement. Elle se sauva en criant : "File, file encore ! Dévide, dévide encore !" Elle revint trois nuits plus tard sous la forme d'une "garache" et tous moururent de frayeur.
A partir de ce regrettable événement, les relations entre les mortels et le peuple des Filandières se détérioraient de plus en plus. On brûla des bois qu'elles hantaient, on obstrua les ouvertures de leurs demeures souterraines, on démolit leurs dolmens ; des enfants furent enlevés, des vaches crevèrent, des récoltes gelèrent. A la fin elles disparurent. Certains les regrettèrent.
Oyez Elfes, vous tous, oyez ! Qu'on ne dise plus jamais des Nains qu'ils sont cupides et désobligeants ! Galadriel
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » mar. janv. 28, 2014 6:32 pm

Lavandières et Chanteuses de nuit
Tords la guenille
Tords
Le suaires des épouses des morts...

( Paul Féval, Les Dernières Fées )

Image

Taille :
Moyenne. Plus grandes sont les meneuses.

Aspect :
En Provence, les "Masques" qui viennent battre au bords du Var et du Gapeau sont très jolies filles ; au déclin du jour elles se rident, s'ébouriffent et, à minuit, ne sont plus que sorcières. Celles du Faouët, en Bretagne, les Kannerez-Noz sont maigres à faire peur, avec des cheveux blancs si longs qu'elle s'en servent pour tisser les draps qu'elles lessivent. Dans l'Indre, ce sont de grandes femmes de couleur rougeâtres. Elles s'élancent sans bruit sur le passant en l'entortillant de linges ensanglantés. Elles peuvent se rendre belles pour attirer les gens ; mais on les représente surtout avec un corps décharné, des bras musculeux, des doigts longs et crochus. Une paysanne des environs de Sizun-en-Léon, qui réussit à leur échapper, les a décrites "semblables à des squelettes, avec un tête de mort et des flaques d'eau à la place des yeux".
Parfois ce ne sont que des ombres ou même rien du tout.

Vêtements :
Habillées quelquefois à la mode des pays, elles sont le plus souvent affublées de robes noires en ruines, de haillons blanchâtres aussi douteux que les linceuls qu'elles agitent. Les très belles mais cruelles Toulas et Gallières à Noz-de-Suisse et de la vallée du Rhône se montrent à demi-nues.

Habitat :
Les Chanteuses de nuit ne fréquentent que les eaux stagnantes., les mares et les anciens lavoirs. Le jour, elles se retirent dans une caverne située sous leur terrain de chasse.
La Ganipaute bat les lavoirs de Gironde. Jeanne la laveuse hante l'étang de Maillebois, près de Dreux ; les Terudons les environs de Dinan. Le 13 Janvier à minuit, la Beuffenie - la Laveuse démoniaque - attire et noie dans le lavoir de la Source d'Argeot, à l'Isle-sur-Serein, dans l'Yonne, ceux qui passent devant son domaine. Elles sont nombreuses en Bretagne, en Ecosse, dans les pays celtes.

Nourriture :
Se nourrissent de nuit et d'eau.

Mœurs, Activités :
Méchantes envers "l'outrageur nocturne", le passant ignorant ou irrespectueux des "harmonies de la nuit", elles se montrent généreuses aux âmes innocentes, aux rêveurs et promeneurs lunaires. Elles épargnent les âmes en paix et récompensent ceux dont le cœur n'a pas besoin de lessive.
les Laveuses expient les fautes aux heures impairs de la nuit et invitent le mortel en état de péché à venir blanchir son âme en un effrayant rituel nocturne.
En Berry, elles ne lavent ni des linceuls ni des draps mais une espèce de vapeur d'une couleur livide, d'une terne transparence. Cela semble prendre quelque apparence de forme humaine et l'on jurerait que cela pleure et vagit sous les coups furieux des battoirs. On pense que ce sont des enfants morts-nés ou des âmes damnées.

Perronnick rentre chez lui en passant par le bois. Il a bien profité de la soirée et chante en titubant, se cognant aux souches, aux arbres, à tous les pièges que la nuit parsème quand on la prends à rebours. Il grogne, jure, donne des coups de pied aux cailloux du chemin. Rit comme un baudet, se soulage contre un vénérable chêne, s'acharne sur toutes ces ombres trompeuses où il semble se perdre.
A travers les flous de sa tête chavirée parviennent des tap-tap et des voix mêlées à des éclaboussements.
"C'est-y pas qu'on ferait de la lessive à c't'heure, en plein mitant des bois !"
Au détour d'une allée il tombe dans une clairière où luit une mare laiteuse. Autour six formes de lavandières s'affairent à la tâche, et la plus grande le hèle : "Viens donc ici nous aider à tordre ce drap !"
Il a trop bu pour bien le distinguer. C'est assez singulier car il a l'impression de les voir tantôt belles avec des gestes gracieux d'invite, tantôt hideuses avec des gestes de menace. Le bougre aimerait faire demi-tour et filer au plus vite, mais trop tard, un linge humide lui colle déjà aux mains, un frisson glacé serpente le long de ses bras. Ses membres entravés refusent d'accomplir le signe de croix capable de le "désencharmer". Le chant des Lavandières lentement le fascine, "un chant sourd, monotone, triste comme un
De Profundis".
Maintenant il sait à qui il a affaire. Il aurait dû s'en douter. Mais aux veillées on racontait tellement de fariboles sur les Femmes Faramiques et sur les Dames Blanches, qu'il n'y avait jamais cru. Les vieux s'en méfiaient comme de la peste, si bien qu'ils préféraient pousser plusieurs lieues de détour que passer près d'un lavoir à la brume : "Retirons-nous, disaient-ils, c'est l'heure de la Laveuse."
Et si d'aventure ils entendaient au loin frapper les battoirs, ils s'ensauvaient. Il ne fallait jamais leur répondre, ni les approcher, encore moins les déranger. Le seul fait de les apercevoir était signe de trépas : "Car le linceul qu'elles préparent est celui dans lequel "l'averti" sera enseveli avant trois jours."
"Ton linceul t'attend, ton linceul t'attend", répète le chant.
On ne sait trop leur nature, certains disant qu'elles étaient Fées de purgatoire punies pour des méchants sorts qu'elles auraient lancés ; d'autres y voyant des Fées de nuit, aussi cruelles que celles du jour étaient bonnes. Ou encore des mères coupables d'infanticide : "Si on regardait de plus près le linge à tordre, on y découvrirait le cadavre d'un bébé. Et souvent il en coulait du sang. Elles auraient beau sans cesse le laver, frotter jusqu'à l'user, il ne deviendrait jamais blanc même au jugement dernier."
Il fallait un cœur pur ou en paix pour conjurer leur peine. Une fois, une femme qui revenait tardivement d'avoir prié ses morts à l'église fut obligée d'essorer parmi elles la lessive nocturne. Au bout d'un moment la plus âgée lui dit : "Tu es bien heureuse d'avoir honoré tes défunts ; sans cela je t'aurais si bien tordue, retordue, que jamais débrouilleur d’écheveaux n'aurait été capable de débrouiller ce que j'aurais fait de toi."
Perronnick devine qu'enfayté comme il l'est à présent, il n'a plus le choix. La vieille a commencé à faire tourner le linge entre ses mains... Il sait aussi qu'il a offensé la nuit tel le pire des goujats. Et il s'est "emmaudit". Il lui reste cependant une chance de s'en tirer en tordant toujours dans le sens opposé à celui de la "Lavou". S'il l'oubli un seul instant, le drap emprisonnera ses poignets, ligotera ses bras jusqu'à les briser...puis tout son corps sera broyé et entraîner sous l'eau. Il ne doit à aucun moment se laisser distraire. On a retrouvé des gars couchés, évanouis auprès des eaux croupies, les membres à moitié arrachés, mais qui vivaient encore. Il faut qu'il tienne ainsi jusqu'au matin, quand l'aube les chasse avec la brume. Dans les yeux de la vieille il y a deux lunes, deux lunes en train de danser, de danser à l'envers, à l'endroit, à l'envers...

Perronnick a été battu, tordu jusqu'à ce que dépouille et linceul se dissolvent parmi les autres jonchées d'âmes perdues, au fond des eaux hantées où veillent les Chanteuses de nuit.
Modifié en dernier par Náin le ven. mai 30, 2014 1:43 pm, modifié 1 fois.
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » ven. mai 30, 2014 9:32 pm

Les Ielles
La nuit tombée, la hantise du Moroï et des Ielles retirent l'habitant de Sighisoara ou de Fagaras derrière ses portes closes.
( T. Van Helksing, Du Vampirisme)

Image

Taille :
Floue, parfois grande, parfois pas plus haute qu'un champignon, ou invisible.

Aspect :
De rares témoignages les décrivent d'une grâce et d'une beauté surnaturelles", avec une peau dorée, des cheveux aussi chatoyants que l'arc-en-ciel ; aussi flamboyantes qu'un ciel au couchant. Mais il vaut mieux ne pas les contempler plus longtemps qu'un battement de paupières, car leur apparition frappe le cerveau à la façon d'une insolation. Elles peuvent se montrer sous l'aspect repoussant des Streghes ou au contraire sous celui de l'Ellodée ; parfois en chattes rousses. On kl'appelle aussi Aripa Satanei, reine des mauvais Esprits, Samca, Avestita, Baba Coaja, "l'aile de la diablesse". Elle revêt l'apparence d'un être mi-ours, mi-harpie, la gueule garnie des crocs d'une Moroaïca, et courant sur quatre pieds griffus.

Vêtements :
Nues ou voilées de suaire de brume, de vapeurs solaires ou lunaires.

Habitat :
Roumanie, Valachie, Transylvanie, au pied des Carpates. Nul ne sait où elles demeurent. Des bergers solitaires en auraient vu disparaître sous d'anciens tairtre sacrés, sous les vieilles tombes de cimetières isolés, réputés hantés par les Strigoï et Svircolac... ou par l'orifice de gros arbres creux menant à des mondes souterrains.

Nourriture :
On préfère ne pas y penser. Certains les appellent "les Dévoratrices" et beaucoup de paysans les tiennent pour vampires.

Mœurs, Activités :
Leur puissance réside dans leur mystère.
Les Ielles, Dînsele ( les Elles ), Frumoase ( les Belles ), Maiestre ( les Maîtresses ) ou Puternices ( les Fortes ) sont Fées bienfaisantes ou malfaisantes. Nombreux sont ceux qui les redoutent, mais les sages, les poètes et les humbles qui en demandent rien, reçoivent beaucoup d'elles. Elles influencent le temps, la journée des récoltes, la croissance du bétail ou leur dépérissement. Elles protègent les filles-Fées rêveuses, les enfants "différents", et les mélancoliques. Elles recueillent avec amour les âmes des suicidés.

"Quelque redoutable et malfaisante que soit la puissance des Esprits, la folle impudence ou la témérité de l'homme l'est plus encore. (...) Il les appelle à son aide, parce qu'il espère obtenir d'eux quelque satisfaction à son ardente curiosité ; parce qu'il pense les plier au rôle d'instrument docile de ses lâches ou coupables désirs", déplore le fanatique chevalier Gougenot des Mousseaux dans son consternant réquisitoire contre les Fées : Mœurs et pratiques des Démons ou des Esprits visiteurs ( H. Vrayet de Surcy, Paris, 1854 ).
Il a cependant pour une fois raison d'avertir du danger auquel on s'expose en appelant les démons et les Fées malfaisantes par leur nom. En Roumanie, Valachie et Transylvanie on le savait si bien qu'on ne les nommait pas. "Les Ièles ou Ielles sont trop dangereuses pour être appelées par leur vrai nom" ( T. Van Helsing ). "L'homme est le jouet de leur puissance" ( Marie Holban, Chants de vie et de mort transposés du roumain ). Les plus puissantes de ces créatures sont les plus mystérieuses, car les plus insaisissables. Ombre des Erinnyes, on ne sait d'où elles viennent, ni où elles vont. A peine connaît-on leur nom et même, de celui-ci, elles ne veulent plus. Car leur appellation de Iélé, ou Elé, se confond avec le pronom "Elles" et c'est sous cette forme vague qu'on les désigne prudemment. On les appelle les Bonnes, les Douces, les Blanches, les Travailleuses, les Courageuses, les Vaillantes, les Avenantes, les Puissantes, les Saintes. N'ayant aucune forme, toutes les apparences leurs conviennent. On les nomme aussi les Jolies, les Radieuses, les Orageuses. Combien sont-elles ? On les appelle parfois ainsi, mais c'est pour les rendre telles. Ainsi flattées, il leur arrive d'offrir bonheur et richesse, mais le plus souvent il faut s'attendre au pire.
On raconte qu'une jeune mère aussi vaniteuse qu'écervelée voulut attirer sur son nourrisson les bienfaits des Ielles. Elle se rendit, un soir, au pied d'un gros arbre autour duquel elles aimaient s'attarder et y déposa un bébé emmailloté de fines dentelles, couché dans un riche berceau sculpté, décoré de rubans d'or. Elle accrocha aux branches quelques colliers à leur intention dans l'espoir d'en recevoir au centuple. Puis, appelant à vois haute Catelina, Marina et Zalina, les plus puissantes des Ielles, elle leur énuméra la liste de tout ce qu'elle désirait de mieux pour l'enfant : qu'il devienne beau, riche, chanceux : que tout lui réussisse, qu'il soit toujours vainqueur et épouse plus tard une princesse fortunée et docile, et que toujours il couvre sa mère d'attentions, de tendresse et de présents. Quand, au matin, elle revint, impatiente de découvrir les cadeaux des Fées, elle trouva avec horreur des nœuds de serpents se tortillant à la place des colliers, et en dessous, dans un berceau de ronces et d'orties, de menus ossements blancs enfouis dans dans langes de lichen.
Un chasseur, qui réclamait aux Ielles de l'aider à tuer un vieux cerf qu'il pourchassait depuis des années, fut retrouvé, le corps piétiné "comme par des centaines de sabots et déchiqueté par les andouillers de cornes gigantesques".
Un riche fermier, qui leur demandait plus de récolte qu'il n'avait planté, vit toute son exploitation brûler en une minute sous les effets d'un éclair jaillit du sol. Car les Ielles pratiquent l'art fulgural pareillement aux Tempestaires.
Ici et là, elles frappent cruellement ceux ou celles qui ne leur plaisent pas ou dont les actes les offensent. On a vu ainsi des gens brusquement transformé en chien, en crapaud, en monstres venimeux à sept têtes ; de fastueuses demeures tomber en ruines et poussières l'espace d'une nuit, et tant de rêves de pouvoir s'évanouir en fumée sombre.
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar SauronGorthaur » ven. mai 30, 2014 9:53 pm

tu as repris l'Encyclopédie? cool :super: :super: en plus tu recommences avec des Fées que je connais :heureux: le folklore roumain perso, je le trouve très riche, et je regrette de pas très bien le connaître
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » ven. mai 30, 2014 10:04 pm

SauronGorthaur a écrit :tu as repris l'Encyclopédie? cool :super: :super: en plus tu recommences avec des Fées que je connais :heureux: le folklore roumain perso, je le trouve très riche, et je regrette de pas très bien le connaître

Idem, en plus d'être riche il est pas spécialement simple, beaucoup de légendes se chevauchent les unes sur les autres ( encore pire depuis le dracula de Stocker ). Heureux que ca te rende heureux au fait :mrgreen:
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar SauronGorthaur » ven. mai 30, 2014 10:24 pm

je relis Dracula justement la :lol: :lol:
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » ven. mai 30, 2014 10:31 pm

SauronGorthaur a écrit :je relis Dracula justement la :lol: :lol:

Parfait ! En plein dans le thème :super:
Oyez Elfes, vous tous, oyez ! Qu'on ne dise plus jamais des Nains qu'ils sont cupides et désobligeants ! Galadriel
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » mer. juin 04, 2014 10:06 pm

Les Dames Blanches
Dans la solitude nocturne, vous voyez passer les mêmes fantômes. Comme la nuit s'agrandit quand les rêves se fiancent.
( Gaston Bachelard )

Image

Taille :
Souvent grande et élancée, fuselée. "Li P'tite Blanque Femme" de Liège est très menue et voûtée. La Blanche Louisette, les Doucelettes et Blanches Sœurettes sont naines.

Aspect :
"Elle est belle et gracieuse, dit Marnier, mince et légère comme une tige de bouleau, les épaules blanches comme la neige des montagnes et les yeux bleus comme la source des rochers." "La peau est diaphane, le corps de structure mercuriale, car le sang, la masse vulgaire des organes et tous autres viscères s'en sont retirés, n'y laissant que la matière de l'âme" ( Dambruserus ).
La Dame Blanche de Montaigu se promène sans tête.

Vêtements :
Quel que soit l'habit, le tissu est toujours d'une blancheur éblouissante "comme tissé de rayons de lune".

Habitat :
Les Dames Blanches éparpillent leurs apparition par toute la France. Les Grandes Pucelles se baignent dans la Moselle, les Vierges Sœurs de Parameix se rendent mutuellement visite en suivant toujours le même chemin aérien à travers les frondaisons de la forêt. La trace de leur passage se distingue aisément dans les cimes des arbres penchées les unes à droite et les autres à gauche. Elles se montrent surtout à proximité des fontaines, des sources, des étangs, des grottes, de très vieux arbres, de dolmens, d'anciens lieux de culte, auprès de calvaires, de cimetières, errant parmi les vestiges ronceux de châteaux ruinés, au bord de routes où se sont produits des accidents.

Nourriture :
Longtemps l'influence diabolisante du christianisme a véhiculé une fausse image ogresse de la Dame Blanche qui, en réalité, se contente des parfums du chèvrefeuille et de la rosée du liseron.

Mœurs :
Tantôt Fées, tantôt fantômes, les Dames Blanches errent sur la fine lisière où viennent se faufiler, s'étirer et se confondre les nuées féeriques aux rives floues de l'au-delà ; entre l'ombre de la lumière, dans le clair-obscur d'une éternelle éclipse. Ces Dames Blanches symbolisent la pureté menacée.

Activités :
Les Blanches châtelaines errent et se lamentent sur les lieux de leur trépas en jouant et rejouant sans cesse le drame qui les a précipitées dans la damnation. Les Blanches aigries cherchent par les chemins un compagnon de hantise en entraînant le voyageur dans la mort. Les Blanches chasseresses conduisent des meutes fantômes. D'autres, simplement taquines, se contentent de faire tournoyer et d'étourdir leurs victimes. Elles annoncent peines et deuils.
Mais leurs activités ne sont pas toujours aussi tragiques. On les voit danser, batifoler, offrir des branches, des cailloux, des feuilles qui se transforment en or. Elles nourrissent les promeneurs égarés, les préviennent des dangers, les guident sur le bon chemin.

Le familier des bois retourne à l'éther. Chaque brin d'herbe est un monde, tout sentier un moyen d'accès aux cités miragineuses. Il cherche la Parisette, l'herbe d'oubli, le chant d'un cor l'appelant au sommeil des Elfes. Une fois le temps cueilli, rangé sous son mouchoir, il peut s'installer et attendre. Lentement le ciel bleuissant qui le coiffe se fait plus automnal. La précision des feuilles s'efface au profit des essences, ne laissant sur l'orée qu'une idée de forêt. Les bruits crépusculaires sont devenus des messages. "L'être rêvant dans la nuit trouve le merveilleux tissu du temps qui se repose." Il abandonne son livre et se confie aux songes efflorescents. Une étoile posée sur la cime d'un arbre capte sa raison, l'isole de la terre, l'évapore, tirant vers elle les ramures de lierre d'une filiation aérienne. l'astre brillant s'entoure d'un peu de larmes. "On entendra la musique des sphères quand l'imagination sera établie dans son rôle vivant comme guide de la vie humaine." Le rituel est simple, l'ombre régnante a dématérialisé tout repère pour accueillir l'Invité aux dimensions de l'âme. L'aura d'une luciole, d'un papillon de nuit, de prunelles de bête allume la voie lactée des mousses. Dessus l'étang s'élèvent des mouvements d'air qui ont vécu jadis, un lambeau de brume se détache et s'envole pour vêtir une âme. Une Dame Blanche se forme en suspens, puis glisse sur un reflet en se multipliant...
Ce sont les créatures alchimiques de la matière imaginaire et de l'esprit imaginant. Comme le martin-pêcheur est la fulgurante fusion du ciel, de l'eau et d'un éclat solaire, elles sont les alliances subtiles des émanations de la forêt, des soupirs de l'eau et des vapeurs humaines. Saluées par le chant des grenouilles, elles remontent le long des autels creux des chênes séculaires, des fontaines sacrées où bruissent encore les échos d'anciennes prières. Accrochées aux fuseaux des rayons, elles s’étirent des limbes de pénitence, d'une roche sanglante, d'un songe. A la garde-robe des Fées, elles empruntent des voiles de peine ou des souliers dansants et, l'espace d'un minuit, font et refont les gestes d'une histoire secrète et enfouie dont se souvient la mémoire d'un hibou.
Lorsque la nuit est sombre, la Blanche Belle d'Elven se promène sur les landes et dans la plaine aux environs du château ; de nombreuses taches de sang souillent sa robe. Souvent on aperçoit aussi un fantôme drapé dans un suaire en lambeaux qui vient à sa rencontre. Tous deux échangent des paroles d'amour et l'on se garde bien de les troubler. Ce sont les âmes de la dame d'Elven et d'un chevalier qui périt en la défendant ; quand il fut mort, elle l'embrassa, puis s’enfonça un poignard dans le cœur.
L'Ombre Blanche de Midone, frappée par son père un jour qu'elle s'interposait entre lui et son époux, revient chaque nuit prier et pleurer sur les vestiges du château de Montaigle. Elle erre en silence en le cherchant désespérément ; mais tous les dix ans, au coup de minuit, elle l'appelle en poussant un seul cri : "Gilles !"
Les habitants de Pouancé voient régulièrement une femme vêtue de blanc qui s'élève comme une vapeur légère, un doigt posé sur les lèvres. Elle soupire et plane au-dessus des remparts ruinés du château. C'est le spectre d'une noble dame séquestrée et emmurée par un mari jaloux dans une des salles souterraines de la forteresse. On y a mis au jour une chambre secrète où se trouvait la dépouille desséchée d'une femme assise devant une table garnie d'une assiette et d'un couvert d'argent. Dans la bouche grande ouverte du cadavre encore lié à son fauteuil, étincelait une pièce d'or.
Depuis sept siècles, la Dame Blanche du Pflixbourg hante la forteresse dominant la basse vallée de la Fecht. Elle glisse à ras du sol dans sa longue robe neigeuse dont les voiles flottent au vent ; et pleure en cherchant ses enfants enlevés dans le jardin, en plein midi, par un aigle qui les a ensuite laissés tomber sur les rochers de la montagne du lac blanc.
Certaines de ces pâles créatures gardent des trésors comme des pénitences.
Une femme blanche se penche, la nuit, au-dessus des créneaux du château de Montafilant, près de Corseul, en haute Bretagne, avant de disparaître dans les souterrains d'où on l'entend compter des pièces d'or et pleurer. Cette ombre diaphane est celle d'une dame de la maison de Dinan que son écuyer vendit pour une forte récompense "sonnante et trébuchante", et elle revient ainsi réclamer à ce serviteur félon le prix qu'il a reçu pour sa trahison.
Il y a de cela bien longtemps, des nonnes enfouirent un énorme coffre rempli d'or et d'objets précieux dans une caverne près du village de Haselbourg. Depuis, leurs âmes errent la nuit dans la campagne jusqu'au jour où un humain découvrira le trésor et en prendra possession. De temps à autre, elles apparaissent à des promeneurs solitaires. Une fois, un jeune homme vit dans un verger une dame vêtue de blanc. Elle tenait en main un trousseau de clefs et le lui tendait avec insistance. Mais le garçon s'enfuit, épouvanté, poursuivit par les cris désespérés de la "conjurée". Elle se montra ensuite à une jeune fille qui refusa aussi les clefs. La religieuse alors fondit en larmes et disparut.
La Balselweibchen du Baselwald propose également au passant de le guider jusqu'à un trésor qu'il est préférable de ne pas posséder. Tous les cent ans une Dame Blanche se montre au bord de l'étang d'Offémont. Elle tient, serrée entre les dents, une clef de feu. Si on acceptait de s'en servir, elle serait délivrée de sa damnation.
Au pays de Galles, dans la vallée d'Ogmore, les nuits de pleine lune, on entend des chants lugubres venir des ruines du château voisin. C'est la voix de la Dame Blanche, Y Lady Wen, qui veille un "noir trésor". On s'enferme, on se terre, on éteint de peur qu'elle ne vienne frapper à la porte pour en proposer l'accès. Hélas, toujours le passant demeure sourd à ses supplications. Une fois encore il s'enfuit, dédaignant la caresse d'un corps astral sous une robe de lune ; refusant l'or des Fées - car toutes leurs actions, lorsqu'elles se montrent aux hommes, n'ont d'autre but que de se libérer de la malédiction qui les condamne à la hantise, et les empêche d'accéder au repos ; aussi, à tant mendier vainement, les "Blanches Dames de Revirement" sont devenues dangereuses.
La Demoiselle Blanche de Tonneville règne sur les landes depuis qu'elle s'était écriée ; "Si après ma mort j'avais un pied dans le ciel et l'autre en enfer, je retirerais le premier pour avoir toute la lande à moi." Un homme qui traversait son lieu de hantise à cheval entendit une voix féminine très douce qui demandait : "Où coucherai-je cette nuit ?" Le cavalier, apercevant une belle demoiselle en blanc, répondit : "Avec moi." Aussitôt la jeune fille sauta en croupe derrière lui. Mais quand il voulut l'embrasser, elle lui montra des dents d'une longueur démesurée et s'évanouit. Il s’aperçut alors qu'elle l'avait conduit au milieu des marais pour le voir s'y noyer.
Dans la forêt de Serre, et les bois de la Fau, près de Dole, en Jura, les Dames Blanches attirent les garçons par des chants mélodieux et des gestes amoureux, puis se transforment en Goules pour les dévorer. Au tertre de Hogues, elles les précipitent dans un bourbier, les Blanquettes de Dauphiné dans un précipice. La Dame Blanche de la cathédrale de Strasbourg conduit vers les hauteurs de visiteur imprudent jusqu'à ce que le vertige le pousse dans le vide. La Demoiselle Blanche au miroir étourdit et fait tournoyer sa victime dans les airs avant de la laisser retomber sans mémoire.
Comme les Banshies, les Dames Blanches sont aussi messagères de mort et de catastrophe : il y avait autrefois à Mortagne-sur-Sèvre une fontaine qui inspirait la terreur. Après avoir fait cinq fois le tour du dallage, on voyait apparaître une forme blanche ressemblant à une statue de neige qui soupirait et s'agitait. Les formes se précisaient alors et l'on pouvait voir une grande femme aux cheveux clairs, vêtue d'une robe blanche. Rempli d'effroi, on voulait s'enfuir. Mais sans cesse l'ombre rattrapait le fuyard et ne retournait à ses fumées qu'après lui avoir prédit peines et deuils qui toujours se réalisaient.
Mais la Dame Blanche n'est pas seulement une hantise gothique un tantinet sanglante. L'arbre des Fées de Jeanne la Pucelle lui offre aussi son abri. C'est à travers ce feuillage que de-ci, de-là, par-ci, par-là, des voyants éblouis vont l'harmoniser aux apparitions de la vierge blanche sainte Marie des grottes et fontaines. Des jeunes gens témoignent l'avoir rencontrée le vendredi 14 septembre 1984 à 22h 30, à Montpinchon dans la Manche : "A travers les arbres, une lueur qualifiée de froide, au départ comme un morceau de glace bleutée, prends forme et apparaît une grande femme portant un voile blanc lui retombant en plis jusqu'aux pieds, comme la cornette d'une bonne sœur, sur ses cheveux blonds très lumineux. Elle ne bougeait pas et avait les mains jointes comme dans une prière. Elle n'a pas de visage, ni de nez, ni de bouche, ni d'yeux. " "Dame Blanche ou Sainte Vierge ?" s'interroge le journal local. La confusion prend sa source dans la mémoire collective. La Dame Blanche est une des rares Fées qui ne s'est jamais fanée, qui s'est toujours adaptée aux modes du temps jusqu'à troubler de ses voiles brumeux les techniques de l'audiovisuel. La petite Blanquette des fontaines fait régulièrement la une des journaux aux et inscrit sa légère silhouette dans notre mythologie contemporaine. On a filmé son "passage" au château de Veaucé ; des automobilistes l'ont prise en stop aux quatre coins de la nuit. Un peu partout la même histoire se répète : il fait nuit, il pleut, les phares de la voiture éclairent brusquement au coin d'un carrefour de campagne la forme mince d'une jeune fille vêtue de blanc. Elle fait signe de la main et le conducteur s'arrête pour la conduire plus loin. Elle paraît si fragile dans sa robe trempée qu'il lui propose son manteau posé sur la banquette arrière. Après quelques kilomètres, d'une main pâle et tremblante, elle lui montre où l'arrêter ; et avant même qu'il ne ralentisse et se gare, elle disparaît comme ça, tout à coup, sans bruit, sans ouvrir la portière. Abasourdi, il descend de la voiture, l'appelle, mais la rue est déserte. Peut-être s'est-elle engouffrée dans cette maison en face sans qu'il s'en rende compte. Il aimerait récupérer son manteau que, dans sa hâte, elle a emporté. La porte s'est ouverte. Une dame le fait entrer et se trouble à son récit, sanglote à la description de l'inconnue dont il reconnaît les traits sur la photographie qu'elle lui tend : c'est celle de sa fille, tuée dans un accident il y a cinq ans. Une voiture l'a renversée justement à ce carrefour où il l'a prise en charge. Ce n'est pas la première fois qu'elle revient ; d'autres automobilistes sont déjà venus lui raconter leur étrange aventure. A chaque fois, "la blanche passagère" s’évanouit devant son ancienne demeure et regagne la cimetière.
Sur la pierre tombale de la jeune défunte, qu'il est allé visiter sans trop y croire, son manteau est posé.
Modifié en dernier par Náin le dim. juin 08, 2014 4:43 pm, modifié 1 fois.
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar SauronGorthaur » mer. juin 04, 2014 10:12 pm

cool les Dames Blanches! l'image d'illustration est originale, j'aime :super:
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » mer. juin 04, 2014 10:29 pm

SauronGorthaur a écrit :cool les Dames Blanches! l'image d'illustration est originale, j'aime :super:

Moi aussi, la plupart des images étaient des photos ca me gonflait
Oyez Elfes, vous tous, oyez ! Qu'on ne dise plus jamais des Nains qu'ils sont cupides et désobligeants ! Galadriel
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » jeu. juin 05, 2014 5:19 pm

Dames Noires et Dames Rouges
Je remplace, pour qui me voie nue et sans voiles.
La lune, le soleil, le ciel et les étoiles.

( Charles Baudelaire )

Taille :
Plutôt grande et droite.

Aspect :
Les Noires et Rouges se ressemblent très fort. Si les Noires se montrent certaines nuits "hideuses et affreusement dentues", elle est le plus souvent, pareillement à la Rouge, "d'une irrésistible beauté", offrant les appâts sournois d'une "daymone et louve de luxure". L’œil brillant et velouté se retourne sous la paupière révélant une livide laitance au moment du coït précédant l'inévitable morsure. "Si blanche de corps que le bleu des veines en ressort", dit Dom Anselme ( Incubes et Succubes de nos campagnes ). On peut la comparer aux Stiga de Hongrie.

Vêtements :
Élégants. Collerette en calice qui encadre un visage anguleux. Elles portent de longues robes de cour aux couleurs de nuit et de sang.

Nourriture :
Ce sont d'insatiables ogresses.

Habitat :
Afin de garder leur beauté intacte et l'éclat lunaire de leur peau, elles se réfugient l'une contre l'autre dans la chambre la plus froide d'inaccessibles manoirs.

Mœurs, Activités :
Monstres de perversité, elles s'ingénient au mal. Volent et dévorent les enfants, obligent leurs amants d'une nuit à se soumettre aux plus démoniaques débauches. Elles jalousent cependant les performances sexuelles des Martes. Elles redoutent les miroirs et ne supportent la vue de leur image que dans le reflet des eaux corrompues.

Image

Les Dames Noires sont des Dames Blanches qui ont mal tourné, et sont devenues méchantes le jour où elles ont troqué leurs belles vêtures de lumière contre des robes aux couleurs des ténèbres.
A Chateaugay ( Puy-de-Dôme ), des Dames habillées en noir, dont la vue est très redoutée, dansent en rond au clair de lune sur un monticule. Dans le Beaujolais, des Dames Noirs et hideuses frôlent par les nuits obscures ceux qui se trouvent dans le voisinage des mares. La châtelaine de Montanges apparaît en Dame Noire au Rieu d'Enfer. Elle précipitait dans le torrent ses amants dont elle avait épuisé les charmes.
La Demoiselle Noire de Gruchy était magicienne et connaissait le moyen de se transformer en toute sortes d'animaux. Insatiable maîtresse, elle faisait entrer les jeunes gens dans sa tour, puis, quand elle en était lassée, les changeait en bêtes ou en plantes. Ceux qui osaient lui résister étaient éventrés, leurs intestins mis à sécher sur les haies d'aubépines. des bandes de pies toujours l'accompagnaient.
Margot la Noire mangeait les enfants. Les mères avaient bien soin de les garder cachés car, dès qu'elle en connaissait un gras à point, l'ogresse envoyait ses gardes le quérir. Un jour son cuisinier, pris de remords, accommoda de la même manière qu'un petit enfant un veau nouvellement né et le servit en blanquette à sa maîtresse. La goulue n'avait pas encore achevé son festin que de lamentables gémissements se firent entendre dans la cour du château. Elle envoya un valet s'en informer, qui rapporta qu'une vache à laquelle on avait enlevé son petit s'était détachée des liens qui la retenaient à l'étable pour le chercher. La comtesse, émue de ce récit, plaignit la pauvre bête et ordonna qu'on lui rendît son veau. Hélas, lui répondit-on, c'est désormais chose impossible puisqu'on vient de vous le servir à la place d'un marmot. Folle de colère, Margot l'ogresse fit mander le maître queux à qui elle reprocha durement sa tromperie et sa cruauté. "Vous plaigniez aujourd'hui une pauvre vache dont on a pris le veau, parce que vous avez vu sa douleur, dit-il, mais n'éprouvent-elles rien, ces pauvres malheureuses mères dont vous faites enlever les enfants ?"
A ces reproches, la comtesse creva de douleur. Depuis, enveloppée de vêtements de deuil, Margot la Noire revient chaque nuit pleurer ses crimes autour du château englouti par les eaux. Derrière elle suit une procession funèbre d'ogresses repentantes. C'est parce qu'elles ont tant et tant erré sur les rives liquides, que les fanges de l'étang ont absorbé la couleur de leurs ombres pourrissantes.


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La robe des Dames Rouges est aussi rouge que leur peau est blanche. Elles sont "comme le sang sur la neige", et ce contraste évoque parfaitement leur appétit de luxure et de chair vive. Le regard possède l'éclat des tisons, la bouche celui d'un coquelicot dissimulant des dents de chat. Elles capturent les hommes en ouvrant leur manteau écarlate, offrant à la vue "un corps que nulle autre Fée ne peut égaler non par perfection de beauté mais par le sortilège érotique qui l'anime" ( Fleury ).
Celui qui tombe entre leurs griffes au milieu de la nuit n'est plus qu'une peau vide et rêche au matin, tant les belles l'ont vidé" de toute vie, jusqu'aux os que leur souffle de feu a réduits en cendres. Elles collectionnent les âmes piquées sur des aiguilles à chapeau. Très bien adaptées au monde moderne, beaucoup ont fait, sous d'alléchants sobriquets, de profitables carrières dans le cinéma pornographique.
"Lorsque les noyés que la Princesse Rouge retenait dans son étang magique de Tréguier eurent été délivrés par une sainte mendiante qui en ouvrit les écluses, celle-ci les vit se lever, comme ressuscités, marcher vers elle sur le flot."
Modifié en dernier par Náin le jeu. juin 05, 2014 7:16 pm, modifié 1 fois.
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar SauronGorthaur » jeu. juin 05, 2014 5:37 pm

c'est bien d'aborder les Dames Noires et Rouges, ce sont celles que je vois le moins être abordées dans les livres sur les fées et autres esprits.
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Náin
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » jeu. juin 05, 2014 7:15 pm

Dames Grises et Dames de Puits
Quel puits surprenants, dit-elle, où je me vois dans l'obscurité.
Une Dame du puits grimpe d'un e poutre à l'autre.

( jean Paulhan, Lalie )

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Taille :
Douce.

Aspect :
Vêtues de robes couleur de lichen, de brume et de poussière. Les Dames de Puits ont des bras maigres, presque triangulaires.

Habitat :
Elles habitent les greniers, les bibliothèques, les chemins creux.

Mœurs, Activités :
Elles jouent avec les enfants en cachette des parents, dans les maisons abandonnées et les y préservent des accidents.
Les activités des Dames de Puits restent très mystérieuses.

"On utilisa souventes fois le nom des Dames Grises en terme de générique pour désigner les Fays, les Elfes, et tous les gens de Féerie. Ainsi les Dames de Puits, les Vierges Bienheureuses, les Huldres et la Vassalerie des collines sont appelées "Gris" ou "Grises" par le commun qui n'entends pas leur chant" ( Barbygère ).
Les Grises vivent dans le voisinage des âmes regrettées, des fantômes attendus. Elles gardent certains trésors et "reposoirs des Fées".
Elles hantent les vieux lieux, veillent sur les souvenirs des temps féeriques, visitent les jardins secrets, les tombes d'enfants, les charmilles d'hiver. Souvent les chats qui les surprennent quittent mystérieusement une activité et vont en ronronnant s'offrir à leurs caresses.

D'après Jean Paulhan, les Dames de Puits, ces dames "gracieuses", sont les compagnes du jeu de Lalie, à qui elle empruntent le visage lorsqu'elles se promènent en se tenant par la main. Toutes se ressemblent. Elles remontent des vieux puits lorsqu'on les appelle, qu'on joue à faire de l'écho au fond du long trou noir où brille un œil de lune, si on y jette un caillou. Elles vivent sans qu'on sache comment dans des eaux trop vieilles pour être tirées et bues ; si on en arrosait le jardin ou le sol de la maison, il y pousserait des forêts pour Dracs et poissons, pour les Codrilles et la Groac'h qui envahiraient tout. Elles sont en même temps noires, vertes, rouges grises et bleues. Parce qu'elles ont la peau noire et luisante aussi mouchetée de rouge qu'une truite, la tignasse verdie au talc vert des poutres et des pierres, le jupon gris souris et les yeux bleus avec des paillettes noires, vertes, rouges et grises qui dansent dans le regarde de Lalie, lorsque toutes font la chaîne autour des mares "couleur de lune et de lait", en "rondes silencieuses et lentes, qui froissent à peine l'ombre des arbres et des joncs" ; leur chant "semble sortir de la brume tant il est doux et indistinct". Après elles bondissent comme des grenouilles sans se lâcher la main et retournent à leurs puits. Il n'y a que Lalie pour comprendre à quoi elles servent, mais elle n'en a jamais rien dit. Plus tard peut-être.
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar phoenlx » jeu. juin 05, 2014 7:58 pm

tiens je vois que tu as parlé de Danny Elfman et d'un de ses morceaux dans ton article sur la banshie ; il fait référence à quoi ? un film en particulier ?
Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains (Albert Einstein)
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » jeu. juin 05, 2014 8:43 pm

phoenlx a écrit :tiens je vois que tu as parlé de Danny Elfman et d'un de ses morceaux dans ton article sur la banshie ; il fait référence à quoi ? un film en particulier ?

:shock: :shock: :shock:
phoenlx a écrit :ça correspond à quoi ce que tu as écrit au début sur Danny Elfman ?

Naïn a écrit :C'est une musique de l'étrange Noël de monsieur Jack

:penseur: :penseur: :penseur: :penseur:
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Re: La Grande Encyclopédie des Fées

Messagepar Náin » sam. juin 07, 2014 10:52 am

Dames Bleues, Vierge de glace et Fées des montagnes
Lorsqu'au printemps le pâtre rêve aux fleurs d'or de l'alpage, la Schneefraülein change sa garde robe...
( Eugène Genoux, Le Chant des Clarines )

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Taille :
Der guêpe.

Aspect :
Resplendissante de beauté. Corps de glace, chevelure givrée. Les Filles des rayons du soleil portent de jolies ailes chatoyantes.

Vêtements :
Toutes vêtues des ombres bleues des neiges.

Habitat :
Les plus hautes montagnes des Alpes.

Mœurs, Activités :
Elles ne supportent pas qu'un humain leur touche les cheveux et sont alors capables de les abandonner aux caprices des Fées de l'écho qui ne manqueront pas de les égarer, ou à ceux des F&es du vertige toujours prêtes à attirer l'intrus dans l'abîme.
Elles portent des fleures sur les pentes, rentrent le chamois le soir dans de vastes cavernes, abritent les chalets des avalanches déclenchées par les colères printanières des mugissants Wilde Männer et autres Trolles des alpes, font croître l'herbe et parfument le lait des troupeaux, enseignent aux jeunes bergères l'art des simples et les dons de l'amour.

Il ne faut pas confondre les "Madame la Fée Bleue" des beaux contes, qui exaucent les vœux sincères et tiennent au propre les carnets de bonne conduite des enfants... avec les Dames Bleues, les Vierges Bienheureuses ou Vierges Sauvages, les Selingen Fraülen et Wilden Jungfraüen qui règnent sur les montagnes.
"Elles apparaissent à l'entrée des cavernes rocheuses. D'une voix claire et retentissante, elles chantent des lieder qui résonnent bien loin dans les vallées. Le berger, là-haut, sur les pentes herbeuses, entend ce chant lui parvenant comme un écho suave. Il sait que cela signifie : prends garde à toi !" ( Karl Grün,
les Esprits élémentaires ). "Elles" le protègent, le suivent pas à pas, l'empêchent de se perdre quand les nuées sont basses, de tomber a fond d'invisibles dangers où le mène sa quête, aux confins des territoires terrestres, là où l'âme se substitue au savoir.
Épouses fidèles de farouches Waldzergen, Nörggen et Lörggen, les Vierges Bleues s'attachent aux hommes des alpages comme à des êtres fragiles, des enfants perdus au milieu d'une nature dont ils ignorent la "pensée". Lorsque l'un d'eux tombe, elles le reçoivent dans leurs voiles tendus au-dessus du vide.
La brunette Dive est leur sœur de versant italien, la Fhrön celle du versant suisse ; les Daliens aux pieds de chèvre gambadent du côté de l'Autriche.

La Vierge de glace, Reine des Neiges ou Schneefraülen est aussi toute de bleu vêtue. Andersen la décrit superbe entre toutes, les cheveux blancs comme neige, solitaire au milieu des glaces éternelles, cherchant à entraîner les braves visiteurs dans son empire lumineux mais si froid que nul homme ne peut y tenir. Afin de les garder auprès d'elle, la belle leur plante au cœur un éclat de cristal ouvrant les portes de l'oubli et des ravissements infinis. Hélas, toujours l'éclat de gel fond, l'endormi se réveille et s'enfuit. A la fois aérienne et aquatique, elle prend alors toutes les formes pour le poursuivre : en aigle le survole, en saumon de cascade en cascade s'élance, en hermine de branche en branche le rejoint, en souffle de vent le jette dans le vide. Puis la demoiselle s'agenouille près de lui, dépose un froid baiser de mort, qui le transforme en gisant de glace.

Grün évoque avec ravissement les Demoiselles Bleutées, Filles des rayons du soleil, folâtrant au soleil couchant de Lucerne : quand elle chantent en cœur, on croirait entendre le son lointain des cloches d'église. Le soir elles se groupent en cercle au sommet des montagnes. Elles étendent leurs ailes d'or et de roses. Alors le faîte des glaciers s'illumine de teintes inexprimables et les hommes disent que "les Alpes sont en feu". La nuit, ces aimables Elfines dorment au sein de la neige, attendant l'aurore. Elles partagent leur affection entre les fleurs, les papillons et les bergers.
Oyez Elfes, vous tous, oyez ! Qu'on ne dise plus jamais des Nains qu'ils sont cupides et désobligeants ! Galadriel
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