The Tree of Life

Le forum Les Ailes Immortelles a choisi de mettre à l'honneur ce très grand cinéaste qu'est Terrence Malick en lui consacrant une petite rubrique à part. J'invite le maximum de fans de son cinéma à discuter ici pour enrichir les débats le plus possible, et les autres bien sûr à découvrir cet artiste incroyable, véritable génie de la caméra.
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The Tree of Life

Messagepar phoenlx » jeu. déc. 16, 2010 10:34 am

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Synopsis : Texas, fin des années 60, Jack l'aîné d'une fratrie de trois, vient de perdre son frère cadet, RL. Devant cette fatalité de la vie, Jack se souvient de son enfance, des doux moments où il était encore le seul fils, grandissant dans la félicité procurée par l'amour inconditionnel de sa mère. La travée de la mémoire s'ouvre... et tout lui revient... les petits frères qui mobilisent l'attention de la mère, la discipline d'un père absent et autoritaire. Jack se laisse envahir par les souvenirs du passé et c'est ainsi qu'au gré de ses expériences, de son parcours initiatique, et au rythme de la perte progressive de ses illusions et de son innocence, nous explorons le cycle de la vie qui n'en finit plus de tourner autour de nous et qui nous précipite tantôt vers le bonheur tantôt vers le drame. The Tree of Life nous propose une profonde réflexion sur le sens de l'aventure humaine.



Le synopsis exact du film est enfin révélé ainsi que le trailer !!

http://trailers.apple.com/trailers/fox_searchlight/thetreeoflife/

J'en ai déjà parlé dans le topic de Malick , c'est vraiment un film que j'attend énormément pour l'année qui vient ( mais comme beaucoup de films de Malick je pense pas qu'il plaira à tous .. )
Modifié en dernier par phoenlx le jeu. déc. 16, 2010 10:38 am, modifié 1 fois.
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Messagepar phoenlx » jeu. déc. 16, 2010 10:35 am

C'est marrant la petite musique au début de la bande annonce c'est un air célèbre de Smetana ( la Moldau) qui a inspiré l'hymne israelien ( Hatikva)
Je suis toujours ému d'entendre ce thème :mrgreen:
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Messagepar Heathcliff » jeu. déc. 16, 2010 10:24 pm

Je n'en peux plus d'attendre :x :lol: ils vont finir par nous totalement marteau à force d'attendre. En tout cas j'ai vu le second trailer hier, il est juste à tomber par terre, des plans et une musique magnifique, une très belle photos et des images intrigantes...ça va être la fête :danse: :hihi:

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Messagepar phoenlx » jeu. déc. 16, 2010 10:27 pm

Le second trailer ? :shock:

celui que j'ai découvert aujourd'hui je pensais que c'était le premier moi :shock: yen a un autre ?
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Messagepar Heathcliff » jeu. déc. 16, 2010 10:34 pm

bah j'ai vu un truc avant moi :D

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Messagepar phoenlx » jeu. déc. 16, 2010 10:41 pm

Bizarre ça a du m'échapper, à part l'affiche je ne connaissais rien de ce film, il faut dire qu'on a lanterné pas mal j'ai cru qu'il sortirait jamais :lol:

J'avais quelques craintes au début par rapport au casting, je ne voyais pas trop Brad Pitt dans un film de Malick mais je pense qu'il sera sublimé par l'histoire , peut-être un rôle à oscar en vue ..

dans la bande annonce il me fait bonne impression, tout comme Sean Penn .. J'espère qu'ils seront à la hauteur de l'évênement , ce sont de grands acteurs mais c'est la première fois à priori que des vedettes tiennent les premiers rôles dans un malick. Dans les moissons du ciel Richard Gere n'était pas connu ( c'est le film qui l'a révélé) et dans la ligne rouge les vedettes ont les rôles secondaires, alors que les rôles plus en avant ( comme celui de Caviezel ) sont tenus par des acteurs un peu moins renommés ( à l'époque de la sortie .. )
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Messagepar Heathcliff » jeu. déc. 16, 2010 10:53 pm

Sean Penn j'ai toute confiance et concernant Brad Pitt, on va le voir comme jamais j'en ai le sentiment, et puis il est dans une phase ascendante par rapport à son jeu d'acteur et il a toujours été bons avec de grands réals, des artistes au talent singulier.

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Messagepar phoenlx » jeu. déc. 16, 2010 10:55 pm

Espérons
sinon il est vrai que Malick prend aussi parfois des acteurs renommés pour ses premiers rôles ( comme dans Le nouveau monde avec Colin Farell / Christian Bale .. ) encore que l'indienne était une illustre inconnue et qui a pourtant fait sensation par son jeu d'actrice 8-)
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Messagepar Heathcliff » jeu. déc. 16, 2010 11:03 pm

phoenlx a écrit :Espérons


c'est tout vu :fete: :lol:

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Messagepar phoenlx » jeu. déc. 16, 2010 11:11 pm

sinon tu as lu le petit texte que j'ai posté dans le topic sur Malick ? ( repris d'allociné d'ailleurs) Il explique bien tout ce qu'il a fait entre la période des moissons du ciel et la sortie de la ligne rouge, son passage à vide de 20 ans , on apprend des choses sur sa personnalité et ses passages en France notamment c'est plutôt sympa
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Messagepar phoenlx » jeu. déc. 16, 2010 11:11 pm

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Messagepar Heathcliff » jeu. déc. 16, 2010 11:19 pm

Non je n'ai pas vu, mais j'avais lu pas mal de trucs à l'époque de la sortie de La Ligne Rouge, vu que c'était son premier film au bout de 20 ans il y'avait de gros dossiers partout dans la presse spécialisée qui parlaient de tout ça justement.

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Messagepar phoenlx » jeu. déc. 16, 2010 11:20 pm

Si tu as de la documentation virtuelle ça m'intéresse j'aime bien lire tout ce qui touche ce réalisateur ça me passionne .. :o
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Messagepar Heathcliff » jeu. déc. 16, 2010 11:22 pm

nan c'est du papier, j'avais tout conservé à l'époque

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Re: Tree of life ( le prochain film de Terrence Mallick )

Messagepar phoenlx » jeu. févr. 24, 2011 11:50 pm

L'affiche officielle

Image
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Re: Tree of life ( le prochain film de Terrence Mallick )

Messagepar phoenlx » jeu. févr. 24, 2011 11:58 pm

D'après quelqu'un sur allociné il y aurait deux versions du film, un final cut de 142 minutes sans les crédits ( donc à priori dans les 147 à 150 minutes avec) qui a été montré aux distributeurs,
et une version plus longue de 160 minutes ( avec ou sans les crédits) Malick tendrait à pousser pour que la version de 160 minutes soit celle qui sorte en salle mais les distributeurs ne seraient pas très chauds ; affaire à suivre.

Certains parlent d'une sortie française le 18 Mai mais ça pourrait bouger, en fonction du festival de Cannes et d'une sortie simultanée en salle et à Cannes. Sur la fiche allociné en tout cas est indiqué le 18 mai ..

Voici aussi une partie de la bande son

http://www.filefactory.com/file/b4b7gbh ... -score.mp3
ou
http://www.mediafire.com/file/53h3hfgp9 ... -score.mp3
( posté sur allociné par inderweltsein )
j'aime beaucoup ..



Quelques images

Image

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Re: Tree of life ( le prochain film de Terrence Mallick )

Messagepar phoenlx » lun. avr. 04, 2011 7:22 pm

Interview Alexandre Desplat ( chargé de la musique du film )

http://www.allocine.fr/film/fichefilm-1 ... a=19194389
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Re: Tree of life ( le prochain film de Terrence Mallick )

Messagepar phoenlx » mar. avr. 26, 2011 10:44 am

J - 21 :D

plusieurs rumeurs courent sur le film dont on ne sait toujours presque rien ( comme pour tous les films de Malick avant qu'ils sortent, il y a un culte du secret énorme) D'après ce qui filtre, ce serait une sorte de film-somme pour Malick, résumant toutes les thématiques qu'il aime, la nature ( et les thèmes panthéistes) , la foi, l'humain. Certains évoquent le fait que le film serait une sorte de résurrection de son "projet Q" , une épopée mystique, projet que Malick porterait en lui depuis 35 ans, et pas mal autobiographique

Les rumeurs vont bon train, certains évoquent des scènes préhistoriques avec notamment des dinosaures ..

une image postée sur allociné
Image


Voici un article qui date du mois de Mars ( source : lepost.fr )
Tree of Life : des infos sur le film de Terrence Malick épaississent le mystère

Des dinosaures, de l'astrophysique, du microbiens, des étoiles... le magazine anglais Little White Lies vient de dévoiler quelques infos sur le film mystérieux de Terrence Malick


C'est le film le plus attendu de l'année. C'est aussi, sans doute, le plus secret. Tree of Life de Terrence Malick n'a toujours pas été montré, mais il a déjà fait couler beaucoup d'encre, et nourrit toutes les spéculations. Pour l'instant, rien n'a transpiré de ce film à part une ou deux photos et une bande-annonce. Aujourd'hui, un coin du voile vient d'être levé. Le magazine anglais Little White Lies vient en effet de publier quelques secrets jalousement gardés. LWL a pu interviewer toute l'équipe visuelle du film. Qui parle technique, caméra, SFX, mais pas seulement. A travers un processus de création atypique (4 équipes différentes se sont partagés le visuel du film), c'est une oeuvre hors du commun, un film monstre qui apparaît. Un peu.

Musique, émotion et 70's

Au coeur de cet article, on trouve Dan Glass, le responsable des effets visuels. Dans son domaine, Glass et une pointure. C'est lui qui a supervisé les effets de Matrix Revolution , du Dark Knight et de V pour Vendetta . C'est lui surtout qui a supervisé les effets de Tree of Life. Ses "discussions avec Terrence ont commencé il y a 4 ans et demi. Et elles furent très vague, pleines de fausses pistes. L'une des choses dont on a beaucoup parlé, c'était de trouver un langage et une approches communs. Je lui ai demandé : "est-ce que tu peux me lister la musique que tu imagines derrière ces séquences ? (...) Il m'a amené un CD avec des tonnes de musique qui correspondait à l'émotion qu'il voulait dégager". Evidemment, on ne saura jamais quelles musiques, ni quelles émotions ont nourri le film.
Mais plus l'article détaille le processus de création, plus la figure de Malick, génie torturé, autiste et maniaque, émerge. On sait le cinéaste secret, limite autiste, mais peu de gens connaissent vraiment ses méthodes. L'article de Little White Lies nous éclaire un peu. Glass qui a travaillé avec les plus grands dit dès le début que Malick "ne ressemble à personne avec qui (il a) travaillé ou travaillera". Cette profonde originalité commence dès le scénario : "le script, si on peut appeler ça comme ça, ressemblait en fait à un ensemble de notes qu'il a prises depuis 35 ans. Il travaille sur ce projet depuis les 70's. Des négatifs qu'il a tourné dans les 70's seront même incorporés au film". Alors qu'Hollywood formate de plus en plus les scripts et les scénarios, Malick, lui se contenterait donc de notes éparses...

Une oeuvre autobiographique mais pas seulement

Glass confirme au passage une rumeur qui court depuis maintenant quelques mois sur le net. Tree of Life (désormais ToL) serait le projet Q, le fameux film que Malick porte en lui depuis plus de 35 ans, une oeuvre autobiographique racontant l'histoire d'un garçon grandissant dans les 50's et qui reste hanté par sa relation avec son père très strict. Mais pas seulement. Si la bande-annonce vendait une chronique initiatique très "world", le film a une ampleur radicalement différente. Et dans ToL, il sera d'abord question de science. La cosmologie, la paléontologie et la philosophie sont au coeur même d'un projet qui évoque la création de l'univers et prétend dresser un panorama de l'histoire du monde. Glass explique que "la production a créé un département de Recherche qui devait rassembler des tonnes d'images et de données scientifiques. Il y avait un garage transformé en atelier dans lequel on filmait toutes les expériences scientifiques. Cela venait s'ajouter à ce qu'effectuait Doug Trumbull de son côté".
Douglas Trumbull ? Ce vieux copain de Malick, ce génie des effets spéciaux à qui l'on doit les effets de 2001 , de ET et de Blade Runner , sera en effet de la partie. Ce qui donne une idée de la tenue du film et surtout de son ambition - visuelle comme philosophique...
Car il sera visiblement question de philosophie. A ce stade, il est toujours impossible de savoir de quoi parlera vraiment ToL. Délire scientiste ? Fumisterie zen comme le disent ses détracteurs ? Quand on sait que Malick a enseigné la philosophie, traduit Heidegger (l'un des philosophes les plus hermétiques du XXème siècle), tout cela reste pourtant très logique... Pas clair, mais logique. Dan Glass explique ainsi comment quatre équipes se sont partagées les différents univers du film. Cette répartition du travail donne des indications précieuses sur la structure du film. Glass : "Double Negative à Londres s'est occupé (des effets) de tout ce qui concerne l'Astrophysique (...) Pour ce qui relève du règne microbien, on a engagé une compagnie londonienne, One of Us dirigée par Tom Debenham et Dominic Parker (...). Peter et Chris Parks (...) se sont occupés des flots de couleurs qui sont très difficiles à décrire et qui impliquaient toutes les échelles". Reste la dernière couche du film : "tout ce qui concerne l'histoire naturelle a été géré par Frantic Films". Confirmation donc de ce que tout le monde attend : OUI, "il y aura des dinosaures".
Toutes ces informations révèlent donc que ToL sera un film "scientifique". Ou plus exactement, porté par la science : "nous avons eu le concours de très grands scientifiques. Par exemple, Volker Bromm, spécialiste des étoiles de Population III, les premières étoiles à avoir pris forme dans l'univers. Il y aura une profondeur et une richesse inouie derrière chaque image".

Le sens de l'histoire

Avec une telle richesse, une telle densité, le problème sera de créer du sens, d'être intelligible et surtout cohérent. Comment unifier cette multitude de sources, d'imageries et de texture ? Glass est clair : "Terrence préfère l'idée du patchwork. Il peut filmer quelque chose en super 8, puis prendre sa caméra Imax, puis une caméra digitale (...). Chaque image aura son caractère propre. Ce qui pour lui amène l'authenticité. On n'essaie pas de lisser les choses, de les rendre conformes". Revers de la médaille, ce process parcellaire et diffus laisse ses collaborateurs (et les internautes) dans le flou : "Malick a besoin de voir les choses. le film prend vie au moment du montage. Je pense qu'il ne sait pas nécessairement où va son film. C'est une découverte progressive" constate l'un de ses collaborateurs, Hirota. Ce à quoi Glass répond : "Terrence... a une vision très forte. Il sait où il va. Mais comme son but est ésotérique, il est moins lié à des représentations littérales. Et c'est pour ça que le montage est l'étape critique (...). Il film de nombreux plans, qui peuvent s'intégrer dans des contextes différents".
Quand on lui demande de résumer cette expérience cinématographique, Dan Glass a cette phrase : "c'est un film puissant sur la mémoire, les émotions et notre place dans le monde (..) et la seule chose constante de cette expérience, c'est qu'il ne faut rien espérer. Il y a toujours le mystère au bout du chemin"
Hors genres, hors normes, hors catégories. Malick est un original, à tous les sens du terme. Un homme qui veut garder le contrôle de ses films et qui n'a qu'une seule arme : le secret.


( Source )
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Re: Tree of life ( le prochain film de Terrence Mallick )

Messagepar phoenlx » mar. avr. 26, 2011 11:07 am

Cannes 2011 - Tree of life au coeur d'un procès

Le distributeur Icon n'aurait aucun droit de diffuser Tree of life avant le Festival de Cannes, selon Summit Entertainment. Il semblerait que le studio soit obligé par la case procès pour que le long-métrage soit projeté à Cannes.

En début de semaine, Empire annonçait qu'Icon, société de distribution britannique, avait fixé la date de sortie de Tree of life , le nouveau film de Terrence Malick , au 4 mai en Angleterre. Problème, si le long-métrage tant attendu sort en Angleterre avant le festival de Cannes, il ne pourra être projeté sur la Croisette , et encore moins faire partie de la sélection officielle. Une nouvelle étonnante étant donné que Tree of life était déjà attendu à Cannes en mai 2010, puis à Venise, en septembre. Seulement, Malick n'avait pas complètement finalisé son film. Depuis, il était annoncé comme l'une des valeurs sûres du prochain festival, les organisateurs s'attendant déjà à recevoir Brad Pitt , Sean Penn et Terrence Malick sur la Croisette.

Le film sera-t-il finalement présenté lors du 64ème festival ? C'était la grande question de ce lundi, Icon restant sur sa position ("on sort Tree of life le 4 mai") et Summit Entertainment faisant savoir qu'il n'en serait rien. Selon IndieWire, la question devrait se régler devant les tribunaux. Ils postent un extrait de communiqué du studio, expliquant que l'information d'Icon est incorrecte, que cette boîte de distribution n'a aucun droit de diffuser le film en Angleterre quand bon leur semble et que cette affaire va se régler à Los Angeles dans un tribunal ! Il faudrait qu'elle se règle vite, d'ailleurs, si Terrence Malick veut monter les marches du palais du festival de Cannes pour présenter son film...
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Re: Tree of life ( le prochain film de Terrence Mallick )

Messagepar phoenlx » mer. mai 11, 2011 9:29 am

Extraits d'une interview de Brad Pitt qui évoque le film , et évoque par ailleurs son rapport au cinéma et à ses rôles
( je reprend un post d' Am Stram Gram sur allociné, source initiale : Studio Cine-Live. ) - Perso je lirai plus tard je préfère éviter les légers spoiler mais si yen a que ça intéresse :mrgreen: )
B.P :
"Avec Terrence, les thèmes sont divers mais toujours intimement liés. Quand la nature crée, l'homme détruit. Et quand l'homme détruit, un autre tente quand même de se construire. C'est aussi un film sur la tragédie et la violence de la mort. The Tree of Life évoque l'infiniment grand et l'infiniment petit, la splendeur suprême et la petite déviance. Quand Terrence offre dans le film sa "version", si je puis dire, de la création de l'univers, c'est sûrement aussi pour mieux illustrer l'inclinaison humaine pour l'autodestruction. Il y a, dans la majesté de la nature, toutes les racines du drame qui est en train de se nouer dans cette famille."
( .. )
"C'est un film que Terrence a toujours voulu faire. Il y travaille depuis trente ans. (...) Lorsque j'ai lu le scénario, la réflexion philosophique et ésotérique sur la création m'a vraiment marqué. Ce n'est pas tant qu'il s'agissait d'une suite de scènes, mais il s'agissait d'un texte réfléchi et global. Dans le scénario donc, Terrence évoquait très précisèment la notion du micro et du macro. Lorsque vous regardez dans un microscope, vous pouvez voir des cellules. Et lorsque vous regardez dans un télescope, vous voyez finalement exactement la même chose. Cela ouvre des champs à l'infini. Comment est-ce possible ? Et qu'est-ce que cela nous dit ?"


Comment définiriez-vous The Tree of Life, ce qui, pour une fois, n’est pas une question facile!

Brad Pitt: Et ce ne sera pas une réponse toute faite! Pour moi, les adultes que nous sommes sont la conséquence directe des enfants que nous étions. Dans ce sens, The Tree of Life suit le parcours de trois frères qui évoluent entre une mère aimante, qui représente la bonté la plus pure, et un père qui, lui, est un humain avec ses failles. Mon personnage est un homme oppressé par sa vie, qui ramène sa rancune chez lui, quitte à devenir violent par moments. C’est la première opposition du film.

Et ce n’est pas la seule...

Avec Terrence, en effet, les thèmes sont divers mais toujours intimement liés. Quand la nature crée, l’homme détruit. Et quand l’homme détruit, un autre tente quand même de se construire. C’est aussi un film sur la tragédie et la violence de la mort. The Tree of Life évoque l’infiniment grand et l’infiniment petit, la splendeur suprême et la petite déviance. Quand Terrence offre dans le film sa «version», si je puis dire, de la création de l’univers, c’est sûrement aussi pour mieux illustrer l’inclinaison humaine pour l’autodestruction. Il y a, dans la majesté de la nature, toutes les racines du drame qui est en train de se nouer dans cette famille.

► «Pour Terrence Malick, l’être humain est tellement faillible qu’il ne peut que vivre en tentant de se protéger des autres»


C’est aussi un film sur la religion, la foi et la croyance en un au-delà…

La religion est un autre sujet du film, que Malick situe d’ailleurs dans le sud des États-Unis, dans des terres qui sont encore très ferventes. La religion est aussi un combat permanent entre les règles établies et la liberté de choix.

Il y a deux scènes, dans le film, où votre personnage de père prend toute sa profondeur: celle où il quémande un câlin à son fils et l’autre où il explose lors du déjeuner.

Oui, tout à fait. Il a cette attitude étrange de donner l’ordre à son fils de l’embrasser et de le prendre dans ses bras. C’est un moment où j’ai essayé de montrer à quel point il est fragile. Il sait que ses fils préfèrent leur mère, il est jaloux de leur liberté alors qu’il est, lui, enchaîné à son travail. Mais, en même temps, il essaie d’aimer sans savoir vraiment comment faire. La scène du déjeuner où il explose de fureur montre, en revanche, ses limites, sa rancœur envers sa propre famille, ce qui est pour moi un sentiment terrible. Il semble irrémédiablement fermé de l’intérieur, incapable d’être heureux ou même malheureux par le deuil qui va le toucher directement.

Comment Terrence Malick vous a-t-il dirigé pour ce rôle?

Nous en avons parlé longuement. Il s’agissait de se plonger dans un personnage difficile mais aussi une époque pleine de rebondissements. Il nous a donné à lire un poème, «Nature et grâce», qui, je crois, l’a beaucoup inspiré pour The Tree of Life. Pour lui, l’être humain est tellement faillible qu’il ne peut que vivre en tentant de se protéger des autres. Tous les personnages du film sont dans cette logique, de la mère qui souffre des rapports qu’elle a avec son mari jusqu’aux enfants qui volent ou cassent une vitre pour affirmer leur présence et tester leur personnalité. Le film évoque aussi la société américaine, notamment les années 50, et l’essor économique qui a plongé notre société dans une certaine dureté.

Pour ma part, je considère The Tree of Life comme le 2001: l’odyssée de l’espace de Terrence Malick. Et vous?

Peut-être, oui... Vous savez, c’est un film qu’il a toujours voulu faire, il y travaille depuis plus de trente ans. D’après ce que je sais, le projet est passé par de nombreux stades, plusieurs acteurs... Je crois qu’il y a des dizaines et des dizaines de versions différentes du scénario.

Il y a des similitudes avec 2001... dans l’interrogation sur le commencement de la vie et, plus généralement, sur le sens de la vie...

C’est vrai. Il y a ces références incessantes à l’infiniment grand et l’infiniment petit, cette réflexion philosophique et ésotérique sur la création. Cela m’a vraiment marqué lorsque j’ai lu le scénario. Les scripts de Terrence sont extrêmement riches et détaillés. Ce n’est pas tant une suite de scènes mais un texte réfléchi et global. Dans le scénario, donc, Terrence évoquait très précisément la notion du micro et du macro. Lorsque vous regardez dans un microscope, vous pouvez voir des cellules. Et lorsque vous regardez dans un télescope, vous voyez finalement exactement la même chose. Cela ouvre des champs à l’infini. Comment est-ce possible? Et qu’est- ce que cela nous dit?

Je crois comprendre votre intérêt pour le film en tant qu’acteur. Mais pourquoi vous y être également investi comme coproducteur?

Je ne vais pas vous faire le coup du producteur totalement désintéressé par les questions financières... même si je dois encore faire quelques progrès en la matière! Mon but est tout simplement d’aider des films à pouvoir se faire. Cette influence que l’on peut avoir, même si c’est une goutte d’eau dans un océan, est très gratifiante.

Au sein de Plan B, votre société de production, vous avez aidé des films comme Un cœur invaincu, de Michael Winterbottom, Les infiltrés, de Martin Scorsese, ou Kick-Ass, de Matthew Vaughn. Il est quand même étonnant qu’une superstar hollywoodienne comme vous devienne un producteur parmi les plus indépendants de la place, sur des films qui ne sont pas vraiment mainstream...

Ce sont des coups de cœur. Je ne vois pas comment j’aurais pu ne pas aider Un cœur invaincu à se faire. C’est tellement fort et sensible. Je suis là pour aider, pour clarifier les zones d’ombre, pour nettoyer le terrain et faire que tout se passe bien. Pour moi, un producteur doit laisser le metteur en scène se concentrer uniquement sur son art.


► «Les acteurs qui prennent des risques, les metteurs en scène qui trouvent de nouvelles choses, voilà ce qui m’attire au cinéma»

Et pourquoi ces choix assez opposés?

Parce qu’il doit y avoir de la place pour tout le monde. Pour un cinéma dur comme celui de Winterbottom, pour un cinéma distrayant mais irrévérencieux avec Kick-Ass (même si Matthew Vaughn, qui est aussi producteur, n’avait pas vraiment besoin d’aide). Pour Les infiltrés, en revanche, nous avons été à l’origine du projet, nous avons acheté les droits de remake. Puis, une fois que Martin Scorsese est entré dans la ronde, nous nous sommes retirés car le projet pouvait voler de ses propres ailes.

Plutôt que de passer en revue votre filmographie, je préfère vous soumettre quelques noms de réalisateurs et quelques films pour tenter de comprendre ce qui vous motive dans vos choix de carrière... On commence avec Guy Ritchie (Snatch).

J’essaie toujours de découvrir des univers. C’est ce qui m’enrichit. Et le sien m’avait vraiment attiré. Le cinéma de Guy ne ressemble à aucun autre. Je pense que je suis assez futé pour préférer travailler avec des metteurs en scène qui le sont beaucoup plus que moi... C’est peut-être là que réside ma différence.

Steven Soderbergh (la saga des Ocean)?

C’est la même chose. Tous ces gens ont développé leur propre langage de cinéma. Soderbergh est un type qui n’a de cesse de repousser ses limites, d’aller explorer des terrains qu’il ne connaît pas.

Quentin Tarantino (Inglourious Basterds)?

Ah! Je dis souvent que Tarantino est un dieu, que son plateau est un paradis. Et que tous les hérétiques y sont interdits d’accès! Y a-t-il quelqu’un de plus original que lui, de plus singulier? Il nourrit ses films de sa propre personnalité, de sa propre folie.

Vous aimeriez retravailler avec lui? Scalper encore quelques nazis?
J’adorerais! Je ne devrais peut-être pas vous le dire mais il a une idée hilarante pour une éventuelle suite d’Inglourious Basterds. C’est complètement dingue! C’est une sorte de buddy movie mais je n’en dirai pas plus. Je ne sais même pas s’il le fera un jour!

Et évidemment David Fincher (Seven, Fight Club, L’étrange histoire de Benjamin Button)?

C’est sûrement celui dont je suis le plus proche. Nous avons plus ou moins été révélés au même moment, nous avons suivi des parcours similaires, nous avons grandi ensemble. C’est un réalisateur à part, obsédé par la précision, les détails. Et c’est un esprit parmi les plus inventifs. Nous sommes vraiment proches et notre amitié ne se dément pas. À l’inverse, on peut s’étonner de ne pas retrouver dans cette liste des gens comme Steven Spielberg ou Tim Burton, ce qui serait logique. Pour quoi cela ne s’est jamais fait? C’est vrai, mais c’est juste parce que les choses ne se sont pas faites... Pour cela, il faut être dans le même état d’esprit. Et puis, après, il y a, dans nos carrières, des questions toutes bêtes de logistique, d’emploi du temps. Mais j’aimerais beaucoup travailler un jour avec eux. Ce sont deux réalisateurs que je respecte et qui sont des amis.

Dans le même ordre d’idée, choisissons quelques films que vous avez faits. Tout d’abord L’armée des 12 singes, de Terry Gilliam... C’est pour moi l’un de vos meilleurs rôles.

Je me souviens qu’à ce moment ce film était un challenge personnel, je voulais savoir si je pouvais aller au bout de ce personnage un peu dérangé. Terry m’a beaucoup aidé pour ce rôle. J’étais arrivé à un point dans ma carrière où je ne voulais plus être catalogué, même si, malheureusement, je le suis encore aujourd’hui! J’ai fait ce film en réaction à ce que je vivais à l’époque. Et surtout, je voulais tenter des expériences différentes au cinéma.

Babel, d’Alejandro Gonzáles Iñárritu?

Là encore, comment dire non à un tel metteur en scène? J’aime les réalisateurs qui ont leur propre univers, même si cela doit être radical. Babel est un film tellement complexe... Mais ce qui m’a attiré à la lecture du scénario, c’est que le film trouvait sa force dans cette myriade d’histoires qui s’entrechoquent.


► «Je pense que je suis assez futé pour préférer travailler avec des metteurs en scène qui le sont beaucoup plus que moi. C’est peut-être là que réside ma différence»


Ennemis rapprochés, d’Alan J. Pakula, qui n’est en revanche pas forcément un bon souvenir...

Effectivement, ce n’est pas un bon souvenir. Le film a été dur à faire et c’était un moment inconfortable pour moi. Je tentais, pour la première fois, un personnage étranger [un Irlandais de l’IRA, NDLR], j’ai dû apprendre à parler avec un accent et puis le film avait un contenu politique intéressant. Mais le tournage s’est mal passé, il y a eu de l’incompréhension de part et d’autre et j’ai perdu mes repères. J’ai appris, de cette expérience, à quel point le système hollywoodien pouvait corrompre un beau projet.

À l’inverse, quand vous acceptez Mr. & Mrs. Smith, c’est juste pour le fun?

J’aime les films distrayants et, tout simplement, le scénario m’a fait énormément rire. Ce couple qui n’a de cesse de vouloir se supprimer était une bonne idée et j’ai pensé que cela pouvait donner un bon film. Et puis bien sûr, désormais, c’est mon film préféré (rires)!

Je ne vois pas pourquoi (rires)! Quel cinéma préférez-vous en tant que spectateur?

Même si plus j’avance, plus je connais les trucs et les astuces du cinéma, je veux qu’un film me surprenne. Les acteurs qui prennent des risques, les metteurs en scène qui trouvent de nouvelles choses, voilà ce qui m’attire au cinéma. Quand je pense à There Will Be Blood, j’ai été fasciné par l’histoire de cet homme qui ne vit que par la haine. Je ne sais pas quelles étaient vraiment les intentions de Paul Thomas Anderson mais je trouve que c’est une merveille. C’est toujours la même chose, j’aime les gens qui repoussent les limites... Mais bon, vous allez finir par me faire passer pour un intello alors que j’aime toute sorte de films!

Mais en vous écoutant parler de cinéma, j’ai l’impression de voir un gosse dans un magasin de bonbons!

C’est vrai. Je suis fasciné par les metteurs en scène. Et les acteurs. Et les directeurs photo. J’adore tout ce côté créatif du cinéma. J’ai toujours été comme ça. Vous pourrez faire ce que vous voulez, mais si un film de Stanley Kubrick est projeté quelque part, j’y cours, toute affaire cessante! Parfois, je regarde même des films moyens ou ratés pour espérer y trouver quelque chose!

C’est aussi pour cela que vous aimez faire des voix dans les films d’animation. Bientôt dans Happy Feet 2?

On a fait les voix il y a un an déjà avec Matt Damon, et c’était un pur plaisir. Déjà, vous n’avez pas besoin d’être maquillé! Et puis c’est un exercice où l’on apprend beaucoup tout en étant en totale liberté. Surtout avec quelqu’un comme George Miller qui est quand même un grand monsieur.

Vous avez tourné avec Jean-Jacques Annaud dans Sept ans au Tibet. Il y a d’autres réalisateurs européens qui vous intéressent?

Le problème est qu’en tant que père de famille je ne vois plus trop autre chose que des films d’animation pour enfants! On essaie, de temps en temps, de découvrir des choses. D’ailleurs, j’ai vu Le ruban blanc, de Michael Haneke, qui m’a retourné. Ce film m’a poursuivi longtemps, et encore aujourd’hui...

Finalement, êtes-vous fier de votre parcours dans le cinéma?

Oh que oui! Je pense qu’en devenant père de famille, je suis en train d’évoluer dans mes choix. J’ai sûrement accepté certains rôles que je n’aurais pas dû accepter. Et la notion de qualité, de point de vue, est désormais vraiment mon moteur. Mais je suis heureux d’avoir vécu de telles expériences, de David Fincher à Terrence Malick qui ont un point de vue tellement brillant et original sur le cinéma. Cela change des effets spéciaux à outrance! Mais franchement, je me considère comme très chanceux et ce serait vraiment déplacé de me plaindre, vous ne trouvez pas?

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Re: Tree of life ( le prochain film de Terrence Malick )

Messagepar phoenlx » lun. mai 16, 2011 10:40 am

La Croisette retient son souffle : les festivaliers devaient découvrir lundi matin le nouveau film très attendu de l'américain Terrence Malik, "The Tree of life", son cinquième long métrage depuis 1973, avec un duo de rêve : Brad Pitt et Sean Penn. Le synopsis tient en quelques mots : un père de famille obsédé par la réussite de ses enfants.

Terrence Malick refuse habituellement les séances photos et se montre toujours très agacé par la promotion qu'il s'est déjà autorisé à snober. Sa présence à la conférence de presse, passage obligé pour les films en compétition à Cannes, n'était pas garantie. Dimanche soir, on ne savait toujours pas si le réalisateur était arrivé à Cannes. Brad Pitt sera, lui, sur les marches, sans doute accompagné d'Angélina Jolie.


Je sens que Malick va nous faire le coup de même pas venir à Cannes :lol:
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Re: Tree of life ( le prochain film de Terrence Malick )

Messagepar phoenlx » lun. mai 16, 2011 8:41 pm

Ce soir ils ont montré des personnes l'ayant vu à cannes au JT, des personnes apparemment plutôt mécontentes , certains disant s'être fait méga c**** , que Malick était surestimé etc

j'espère qu'on ne s'achemine pas vers une grosse déception. Mais en même temps ça ne me surprend pas trop même ses autres films sont très diversement appréciés
J - 2 ( tain dommage que je peux pas être aux avant première ce soir )
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Re: Tree of life ( le prochain film de Terrence Malick )

Messagepar phoenlx » mar. mai 17, 2011 1:04 am

Tain je suis jaloux après tous ceux d'allociné ils ont vu le film ce soir yen a plein
je savais pas que la sortie nationale était demain je pensais mercredi ( en même temps j'aurais du m'en douter avec l'avant première ce soir, ça me semblait bizarre :lol: )

C'est cool du coup ben ba j'y vais demain :mrgreen: Mais apparemment il est un peu décevant ( je ne sens pas de gros enthousiasme même chez ceux qui l'ont aimé et qui adorent Malick, mais des commentaires certes intéressants mais plus mesurés qu'attendus. Ca me refroidit un peu :(

Bon verdict demain !!!
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Re: Tree of life ( le prochain film de Terrence Malick )

Messagepar phoenlx » mar. mai 17, 2011 5:10 pm

Je reviens du film et j'aurais bien du mal à donner un avis clair ( je me réserve pour plus tard ) A chaud je dirais que c'est une déception énorme, d'autant plus énorme que j'adore d'habitude le cinéma de ce réalisateur, là je ne comprend pas , celui-ci n'a pas fonctionné sur moi ou très peu, c'était sans doute trop beau jusque là, je le vénérais trop
( et je ne crois pas qu'une deuxième vision change grand chose d'ailleurs je pensais le voir plusieurs fois, mais ce ne sera pas le cas, je me suis ennuyé sec - malgré les images parfois magnifiques - jamais j'aurais pensé que ça m'arriverait avec un Malick et je comprend un peu certaines des critiques préliminaires. C'est une impression un peu bizarre , comme un mythe qui s'écroule (en même temps je crois que j'avais trop de vénération pour ce cinéaste , d'habitude je suis en osmose devant ses films là honnêtement et objectivement, je suis passé complètement à côté et dès les premières minutes j'ai ressenti de l'ennui. J'attendais que le film décolle et gagne de l'intérêt,
je suivais les scènes cosmiques avec un mélange de fascination et de sentiment amer - car je trouvais que c'était un peu maladroitement amené -
mais au final, jamais le film n'a réussi vraiment à me capter comme les autres , même la ballade sauvage

La dernière fois que j'ai ressenti une déception aussi énorme à la mesure de l'attente, c'était quand j'ai visionné les derniers OAV Saint Seiya du Meikai, autant dire que c'est dur ; et ça vérifie malheureusement ma théorie ces temps-ci : tous mes réalisateurs cultes ont tendance à faire des films qui me décoivent ( cf Cameron avec son Avatar devant lequel je suis complètement passé à côté aussi )


:( :( :( Terriblement déçu mais bon pas grave , je reverrai les anciens en boucle ^^ Bon j'essairai de faire une critique plus constructive plus tard mais je serai obligé de mettre plein de spoilers, difficile de parler du film sans dévoiler des choses
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Re: Tree of life ( le prochain film de Terrence Malick )

Messagepar phoenlx » mar. mai 17, 2011 6:39 pm

Je serais curieux de lire l'avis d'Heathcliff quand elle l'aura vu , elle qui est une grande fane :mrgreen: ( et de Fullstorm et Melian aussi, mine de rien, c'est suite à une de leurs interventions ici que j'ai découvert ce cinéaste à travers Le nouveau monde en DVD et que j'en suis plus tard tombé amoureux ! )

Sur allociné c'est vraiment partagé mais beaucoup parmi les fans fervents comme moi semblent avoir été aussi perplexes et ressenti l'ennui + l'impression de fil décousu, sans but ..
Il y a aussi certains qui adorent et qui parlent de film qui marquera une date dans l'histoire du cinéma. Un peu comme 2001 l'Odyssée de l'espace de Kubrick. Je pense que Malick a un peu fait son 2001 et comme ce dernier, le film va sans doute énormément diviser. A titre perso je me sens déboussolé autant par l'un que par l'autre (et je n'adore aucun)
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Re: Tree of life ( le prochain film de Terrence Malick )

Messagepar phoenlx » mar. mai 17, 2011 11:46 pm

une critique assez proche de ma vision :

Enfin présenté au Festival de Cannes 2011 après des années d'attente et de spéculations, The Tree of Life de Terrence Malick est une immense déception, à la hauteur de l'attente.
Tout ce qu'on redoutait se trouve dans cette longue méditation de plus de deux heures sur la vie et la mort, le rapport entre Dieu et la nature. Inscrit sous le signe de Job, dès le panneau en exergue, ce 2001 malickien mêle visions cosmiques et prières soufflées en voix-off par les personnages. Brad Pitt incarne un père autoritaire. Il est la voix de la nature, de l'individualisme, le représentant de la loi du plus fort, tandis que son épouse, jouée par la magnifique Jessica Chastain, n'est qu'amour, tendresse, grâce. Entre ces deux pôles régissant l'univers, leur fils Jack tente de se construire, alors qu'un drame touche la famille. Pour dire cette quête de pardon et de transcendance, filmée du point de vue de Dieu, Malick fait alterner les strates spatio-temporelles, dans un mouvement de caméra perpétuel, étourdissant dans les 20 premières minutes du film, passant du Big-Bang aux dinosaures, des années 1950 aux buildings vitrifiés d'aujourd'hui.

L'épopée cosmogonique selon Malick donne lieu à des images souvent sidérantes, où les spermatozoïdes côtoient les méduses, les planètes se superposent aux vagues. Mais cet intimidant hymne à la nature et à la communion avec les éléments, semble bizarrement fermé sur lui-même. Nulle tension tragique ou métaphysique ne vient en effet traverser cette chronique familiale privée d'humanité, la caméra errant parmi les hommes et la nature en fantôme légèrement autiste. Malick n'atteint pas le sublime des Moissons du ciel, ou du Nouveau monde, offrant à la vision son flanc le plus caricatural, entre Yann Arthus-Bertrand et un panthéisme pesant, limite New Age. Cruelle vision que cet Arbre de vie inanimé.


( source )
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Re: Tree of life ( le prochain film de Terrence Malick )

Messagepar phoenlx » mer. mai 18, 2011 1:48 am

Le poster du film

Image
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Re: Tree of life ( le prochain film de Terrence Malick )

Messagepar phoenlx » mer. mai 18, 2011 11:29 am

Avec le recul d'une journée je vais faire plus en détail ma petite critique sur ce film ma foi fort étrange et très déstabilisant.
Avant de commencer inutile de rappeler à tout le monde que je suis un très grand fan du cinéma de Malick d'habitude , aucun de ses films ne m'a véritablement déçu, même si j'aurais tendance à aimer un peu moins La ballade sauvage que les 3 autres précédents ( reste que c'est quand même selon moi un très bon film, et très maîtrisé sur la forme )

Autant dire - et ça s'est ressenti dans ce topic - que hier en entrant dans mon cinéma, je bouillonnais d'impatience malgré les rumeurs de film ennuyeux de la part de certains spectateurs et de déception ( rumeurs qui d'ailleurs si on regarde les réactions une journée après n'étaient pas forcément significatives, beaucoup aiment le film aussi )
Chose amusante pour commencer, en attendant la séance ( je suis arrivé une demi heure avant ) je constate la présence de personnes du troisième âge, aucun jeune, je souriais intérieurement en me disant que malick ne doit pas trop plaire aux "djeuns" :lol: Mais c'est sans doute un cliché quand on voit le grand nombre de ses admirateurs sur certains forums.

Bon un peu plus tard, la séance, le film commence, silence dans la salle. Contrairement à beaucoup de réactions que j'ai lu, j'ai eu la chance de le voir dans une salle qui était respectueuse ( même si au vu des réactions à la fin je pense que pas mal de personnes ont plutôt ressenti de l'ennui ) Mais pas de pouffements de rires ridicules ou de personnes qui se lèvent pour sortir et choses de ce genre. Apparemment ailleurs, c'était plutôt la règle notamment la veille aux avant premières.

Finalement donc, le film commence et là je m'attendais sans doute à vivre une espèce d'expérience presque "religieuse", ou mystique , comme souvent avec les films de ce réa ( Mon attente était-elle trop grande ? Peut-être ) Attention par la suite je spoile.

Le film commence par une citation de Job de la Bible qui donne le ton et annonce les thématiques ; puis, nous sommes alors plongés dans cette petite ville américaine des années 50-60 où une grosse partie de l'action va ensuite se dérouler ; les images sont magnifiques et l'histoire commence sur un drâme alors que nous faisons la connaissance d'une famille ( le père incarné par Brad Pitt et la mère par Jessica Chastain ) Ils viennent de perdre l'un de leurs enfants et leur douleur est énorme ; La raison du décès n'est pas donnée et restera un mystère tout le film , mais l'important est ailleurs et dans ce que provoque cet évênement dramatique. Comment affronter l'avenir après une telle perte ? Comme souvent dans les films malickiens, l'un des personnages nous dévoile ses pensées à travers une voix off, ici Jessica Chastain qui explique tout au début du film la problématique : Il y sera question d'une opposition entre la voie de la grâce , et la voie de la nature ..

La nature parfois violente et dure, qui sera ici incarnée par le père ( Brad Pitt ) et la grâce incarnée par la mère aimante.
Ensuite, l'introduction du film déboussole le spectateur en opérant un changement spatio-temporel de plusieurs années, nous voyons Sean Penn ( dont nous comprenons qu'il est probablement l'un des enfants survivants de cette famille, bien des années plus tard ) L'action se déroule à New York là où il travaille dans des sortes de grands bureaux sans âme, non loin du chantier de reconstruction du 11 Septembre. Son personnage semble complètement perdu, dans ses pensées, dans les réflexions sur sa vie, paummé, sa vie professionnelle l'oppresse ( impression renforcée par les décors filmés de main de maître, des grandes tours etc )

Ensuite Sean Penn va réfléchir à sa vie, et nous ne le reverrons quasiment plus jusqu'à la fin du film ; Nous l'apercevons une dernière fois avant que le film démarre véritablement , en train d'errer dans une sorte de désert , ce qui constitue déjà un sacré déboussolement pour le spectateur complètement pris au dépourvu, mais ce n'est que le début !

Le film part ensuite dans un trip cosmique complètement inattendu avec des images ( dont la beauté est à couper le souffle ) du Big Bang et de la création de toute chose, des images astronomiques, nébuleuses, galaxies, formation des étoiles, des planètes, de la Terre, images de la terre primitive bombardée de météorites, parcourue de volcans en éruption. L'image et la forme à ce moment du film ( comme d'ailleurs du début à la fin mais ce n'est guère étonnant chez Malick ) est très soignée, on assiste pendant de longues minutes à un trip qui n'est pas sans rappeler certaines scènes de 2001 l'Odyssée de l'espace de Kubrick ( mélangé à une petite atmosphère de documentaire sur la nature ou l'astronomie , c'est d'ailleurs ce qui m'a un peu gêné, pourtant l'astronomie me passionne mais il y a un petit côté La Terre vue du ciel ou Ocean de Jacques Perrin dans ces scènes , L'importance de l'eau est d'ailleurs très grande, on peut être énervé , ya un petit côté Yann Arthus Bertrand qui me gêne .. ) Malick pour moi est toujours un cinéaste très subtile, c'est ce que j'aime en lui, mais là j'avais un peu l'impression que son ambition le dépassait ... Vouloir traiter de tant de thèmes, de la vie, de la mort, de la nature, de l'univers, de l'Homme et son destin, de la religion, de thèmes métaphysiques , de l'histoire d'une famille, dans un seul film, et montrer toute l'histoire de l'Univers , c'était vraiment osé ; ca pourrait paraître ridicile s'il n'y avait pas un gros gros talent de cinéaste derrière.

Que signifie tout ceci ? Tous ceux qui connaissent le cinéma de Malick le "sentent" déjà un peu, du fait de l'importance de la nature dans tous ses films, de ses thèmes souvent panthéistes mis en avant, et du montage de ses films souvent audacieux , mais là pour le coup il faut avouer que ça prend le spectateur totalement au dépourvu.

On ne sait qu'en penser. A titre personnel je ne savais qu'en penser. Mon esprit se laissait bercer par les images , les sons , en espérant et en imaginant que tout prendrait son sens par la suite.. Nous assistons ensuite à la naissance de la vie dans l'océan primitif, à des images de protozoaires, de vie aquatique puis à une scène troublante avec deux dinosaures - avec le recul par la suite on comprendra qu'elle fait sans doute échos à une autre scène du film entre Brad Pitt et son fils - puis à la chute de la météorite qui met fin au règne des grands sauriens à la fin du Crétacé etc. De manière subtile, le film replonge ensuite harmonieusement sur des images de foetus et la naissance d'un enfant , celui de la famille de Brad Pitt, que nous allons ensuite voir faire ses premiers pas, grandir, évoluer , découvrir la vie, ses plaisirs et par la suite ses peines. Le film s'attache alors après cette très vaste introduction cosmique à cette petite famille américaine dominée par un père autoritaire et très pieux ( Brad Pitt ) faisant appliquer une morale religieuse rigide aux siens, et cherchant à endurcir ses garçons en leur faisant comprendre que la vie est dure, qu'il faut s'endurcir, et ne pas hésiter à être individualiste pour s'en sortir. Personnalité très différente de la mère au contraire douce et aimante.

Au niveau du jeu d'acteurs ce qu'on peut dire immédiatement c'est que c'est très bien joué, notamment par les acteurs enfants. Au niveau de la forme maintenant, c'est la que viendra ma critique du film - jusque là je n'en ai fais quasiment que des éloges : éloges des images : magnifiques mais pouvait-on attendre autre chose d'un Malick ? éloge du jeu d'acteur, du montage audacieux - Malick j'en suis encore persuadé après ce film même si je ne l'ai pas vraiment aimé comme les autres - est un vrai cinéaste qui ne prend pas les spectateurs pour des idiots, on adhère à ses films ou on déteste, mais c'est du vrai cinéma au sens noble du terme , pas comme tous ces films formatés qui sortent chaque semaine remplis de FX de cascades et où l'action s'enchaine à 100 à l'heure. Ici l'action est lente, tout est prétexte à l'émerveillement, les arbres, la lumière du soleil à travers les arbres, les fleurs, même les objets dans les maisons, la naissance d'un enfant, ses premiers pas, son regard émerveillé sur ce monde - et on sent bien à force que c'est du propre regard de Malick cet amoureux de la nature et des oiseaux , et profond humaniste, dont il est question.

Maintenant je peux vraiment comprendre les personnes qui se sont ennuyés car pour la première fois avec ce réalisateur, c'était aussi mon sentiment ; Il ne se passe pour ainsi dire rien, nous voyons cette famille dans son quotidien, les enfants jouer entre eux, marcher, s'amuser, durant une grosse partie du film ( Bon je suis sans doute sévère car ceux qui ont adoré le film diront et ils auront raison que chaque scène même la moindre a évidemment son importance symbolique, en plus de nous faire renouer avec une idée de la simplicité, autre thème bien malickien, c'est souvent plein de tendresse, d'humanité, ça rappèle des souvenirs d'enfance , ça rappèle forcément un âge de l'innocence qu'on a tous connu, et dont on sent bien que Malick est un nostalgique , certains diront un optimiste naïf mais comment ne pas l'être quand on voit où conduit souvent la folie humaine et le monde des adultes). Mais je trouve que le film manque de liant, et ressemble souvent à une succession de plans surajoutés ; je me demande d'ailleurs si c'est le vrai montage qu'il aurait voulu, j'ai parfois eu l'impression que monté différemment, le film aurait vraiment pu être un chef d'oeuvre ( à mes yeux ! )
De plus, je trouve que la caméra bouge souvent trop vite, et ça m'a surpris car dans ses autres films, on a souvent certains plans fixes .. Plutôt bizarre

Difficile d'extraire une morale à ce film, comme souvent dans les films du même réalisateur, je pense qu'il n'y en a pas vraiment, et c'est ce que j'aime aussi. On peut les ressentir sans doute un peu différemment selon nos personnalités. j'ai participé à une partie d'un débat sur allociné hier, et l'une des personnes faisait une remarque très juste ( mais à mon sens aussi nuençable ) à propos des critiques de film. Elle, les voulait objectives, laissant de côté la subjectivité qu'on peut ressentir car une critique subjective ne pourra à jamais qu'être incomplète, ne parlant finalement pas du film mais DE SOI.

C'est bien sûr juste, mais en ce qui me concerne, vous l'aurez sans doute compris ceux qui me lisent depuis que ce forum existe, je ne sais pas faire. Je n'ai pas fais d'études de cinéma ou d'études littéraires. Les paraboles et comparaisons avec les grands auteurs russes et autre, ce n'est pas mon fort. Les films et surtout ceux que j'aime comme les films malickiens, je les ressens avant tout. Ils me parlent ou ils ne me parlent pas, et en ce qui concerne Malick, il est particulièrement difficile d'en parler avec des mots objectifs car le plus souvent ces films parlent au coeur plutôt qu'à la raison, je trouve. On est très loin de Matrix ^^ Et pourtant je suis persuadé qu'on pourrait brosser des parallèles thématiques (emprunte panthéiste ou pensée holistique .. Mais je ne m'étendrai pas là-dessus je l'ai fais ailleurs dans le forum )

Demander si j'ai aimé l'arbre de vie, est une question très compliquée à laquelle je ne me risquerai pas à répondre ; c'est encore beaucoup trop tôt. J'ai ressenti un certain ennui, rare avec ce cinéaste et ça me rend un peu triste, mais j'ai ressenti aussi constamment du début à la fin du film une impression de sublime ; c'est donc un sentiment complexe à analyser, et je préfère laisser ça de côté pour le moment. Je pense qu'il faut apprécier le film d'abord comme une ôde à la vie, à la nature, comme une symphonie de la musique classique. D'ailleurs comme dans tous ses films, la place de la musique est très importante, Brad Pitt (enfin, son personnage ..) étant lui-même un être qui rêvait de faire de la musique, et que les aléas de la vie ont détourné de son rêve. Ca évoque forcément quelque chose pour chacun d'entre nous. Combien sommes nous qui rêvions d'avoir d'autres destins dans l'enfance, avant que la réalité nous rattrape.
Nous assistons notamment à une scène prenante du film où Brad Pitt se met à jouer la Toccata et fugue en Ré Mineur de Jean Sébastien Bach ( beaucoup ici savent que c'est l'un des morceaux de la musique tous styles confondus que j'aime le plus :mrgreen: C'est marrant car bien avant que l'arbre de vie ne sorte, je me disais qu'il apparaîtrait peut-être, je dois avoir des dons de visionnaire :lol: ) Entendre ce thème en tout cas m'émeut toujours.
Nous pouvons aussi bien sûr entendre ce fameux thème de Smetana, ce compositeur tchèque qu'on retrouve aussi dans la bande annonce du film ( au passage magnifique ), thème que moi je trouve sublime aussi d'autant plus qu'il a inspiré l'hymne israelien. L'entendre dans ce film ne pouvait évidemment pas me laisser de marbre, même si je ne pense pas que Malick ait pensé à la même chose en l'utilisant ^^

Un petit bémol cependant, c'est peut-être sévère et encore une fois subjectif ce que je vais dire mais je trouve la BO de ce film globalement moins prenante que dans d'autres de ses films ( Les moissons du ciel et ces thèmes de Camille Saint Saëns mélangés à Enio Morricone, personnellement ça me transcende carrément, surtout avec les images sublimes des grands espaces champêtres américains. Dans le nouveau monde , difficile de passer à côté des thèmes de Mozart et surtout de Wagner ( l'or du Rhin ) , thèmes qui n'auraient pas dépareillé d'ailleurs dans Tree of life notamment pour illustrer les scènes cosmiques aux connotations démiurgiques. Mais en comparaison, j'aime moins le reste de la BO de ce dernier film..

Je ne commenterai pas non plus la dernière partie du film, elle est vraiment très spéciale ( certains ont parlé de délire New Age fumeux ) je vous laisse la découvrir, mais je n'ai pas adhéré vraiment, il s'agit de scènes où l'on retrouve à nouveau Sean Penn ( dont le rôle est vraiment minimaliste ) et qui évoque l'au-delà .. Certains disent du film qu'il est baigné par un parfum chrétien ( on sait que malick est un fervent chrétien méthodiste ) mais je pense que c'est nuançable du fait justement de l'attitude de Brad Pitt , difficile de ne pas y voir une critique du puritanisme et de certaines attitudes parfois absurdes de certains religieux, qui perdent leur temps en délires de toute sorte en oubliant que la vie est éphémère et qu'il faut en profiter, et ne jamais cesser de s'émerveiller par elle.

C'est le message que je préfère retenir ( il y en a sans doute bien d'autres, on pourrait parler des heures de ce film - de même que ceux qui ne l'ont pas aimé pourraient le résumer en une phrase : " chiant et lourdingue !!" A chacun sa vision :lol:
La mienne est certes celle d'un spectateur déçu car j'attendais plus de liant entre les scènes, j'avais plus l'impression d'assister à une succession d'images sublimes, de plans, souvent décousus, mais il faut peut-être que je le revois. Pour autant, je ne veux pas le critiquer, c'est une oeuvre d'art , une vraie, et le fait que je n'y accroche pas comme à d'autres de ses films, ne me fera pas changer d'avis sur les autres qui furent pour moi parmi les plus grands moments de cinéma que j'ai connu. MERCI MERCI monsieur Malick d'avoir l'audace de nous apporter autre chose que du Fast and furious ou du Avatar ...

Peut-être qu'avec le temps, j'aimerai ce film, pour l'instant, je bloque un peu mais je souhaite que d'autres le découvrent et l'aiment ( notamment pour Malick qui a du mettre énormément de lui dedans, c'est pratiquement d'une oeuvre testament dont il est question, et celà faisait des années que le scénario mûrissait dans sa tête, depuis les années 70.. ) Je le conseille à tous les cinéphiles, quoiqu'il en soit.

Même si vous vous ennuyez un peu beaucoup comme moi, c'est un truc à voir, après vous pourrez dire : Je connais l'arbre de vie, je l'ai vu, et pourrez donner un avis objectif. C'est un peu dans cet esprit que j'avais vu 2001 , de Kubrick, que je n'ai pas vraiment aimé non plus, mais je ne regrette pas, c'est des oeuvres qu'il faut avoir vu pour la culture, je pense.

J'aurais adoré adorer ici car c'est un Malick, j'aurais adoré ressentir beaucoup plus que ça ( une simple impression d'oeuvre d'art à côté de laquelle j'ai du passer ) mais tant pis. Pour en revenir au message que j'évoquais précédemment, l'incitation à croquer la vie et s'émerveiller, c'est de toute manière une vision qui me touche toujours et il y a quelque chose que j'aime particulièrement dans tous ses films c'est cette manière de replacer l'Homme dans ce grand tout naturel, dans cette perspective cosmique, je me reconnais dans cette approche , et même si là je trouve que le film est maladroit dans sa forme, l'intention est très louable.

D'ailleurs à ce propos le film est troublant. Contrairement à ses précédents films notamment La ligne rouge et Le nouveau monde où l'emprunte panthéiste est manifeste , dans The tree of life on pourrait être tenté de croire que le film porte plutôt un message chrétien ( je reviens à cet aspect car c'est ce qu'il me semble lire et ressortir de certaines critiques) En bref, et du fait notamment de la dernière scène , des prières et des interrogations des personnages, de leur tentative de dialoguer avec Dieu, le film serait comme emprunt d'une vision chrétienne , Dieu transcendant et tout ça, mais je ne le pense pas et j'y vois plutôt une espèce d'ironie un peu cynique ( je me trompe peut-être ) Pour moi c'est l'inverse et comme dans les films précédents, la place de la nature et de la vision panthéiste est centrale ( sinon pourquoi ces scènes cosmiques ? ) mais le film veut sans doute montrer que l'Homme cherche à se raccrocher à toute sorte de délires religieux, car incapable d'encaisser la dureté de la vie en tant que telle. Les personnages se trompent donc en s'adressant à un Dieu qui ne se manifestera pas à eux , en tout cas, pas comme ils s'y attendent, et passent à côté de quelque chose d'essentiel, et en ce sens ils sont profondément tragiques. Ceci a quelque chose évidemment d'émouvant et qui me parle ; c'est ma vision du trip après.

Poussières d'étoiles nous sommes, poussières d'étoiles nous redeviendrons ( ces fameux mots qui ne sont pas sans évoquer un livre célèbre d'Hubert Reeves sur l'histoire du cosmos collent parfaitement avec Tree of life )
Et si je voulais poursuivre avec d'autres paraboles à des oeuvres que j'aime, notamment de l'animation japonaise, je pourrais aussi évoquer cette très belle scène où l'on voit Shaka de la Vierge dans Saint Seiya regarder le ciel d'un air béat , avant de mourir ( dans le pré des saules jumeaux ) , et prononcant une réplique très belle sur l'aspect éphémère de la vie par rapport au grand cycle cosmique ( "comparée à la vie, la mort des étoiles, de l'univers, notre existence est aussi éphémère qu'un battement de cil" ) Oui, je sais, mes références moi ce sont plutôt Saint Seiya que la littérature russe ou Tarkovski mais je ne pense pas que ça fasse de moi pour autant un sombre débile sans culture 8-) Et je suis justement fier de toutes ces oeuvres qui me parlent, depuis certaines oeuvres très connotées geek comme Matrix, jusqu'à certains films d'auteur magnifiques comme les Malick en passant par certains dessins animés ou livres de vulgarisation astronomiques très poétiques comme ceux d'Hubert Reeves, ou encore le philosophe Spinoza , Tolkien et j'en passe :o
Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains (Albert Einstein)
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Re: Tree of life ( le prochain film de Terrence Malick )

Messagepar phoenlx » ven. mai 20, 2011 12:16 am

Quelques critiques de Tree of life

Tree of Life, l'un des plus beaux films au monde





ces critiques négatives et positives résument vraiment bien le film ( si on les mélange :lol: )
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Re: Tree of life ( le prochain film de Terrence Malick )

Messagepar phoenlx » ven. mai 20, 2011 12:18 am

oups apparemment le lien de la dernière marche pas

http://www.youtube.com/watch?v=nCZ5baEQBGc
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