Isaac Asimov : Immense monsieur de la SF

La Science-fiction au cinéma, en littérature, voire en BD : sagas futuristes, space opera, etc...
phoenlx
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Isaac Asimov : Immense monsieur de la SF

Messagepar phoenlx » mar. mai 29, 2007 2:28 pm

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Comme je m'aperçois qu'il n'y avait jusqu'ici de topic consacrés à cet immense écrivain de SF qu'est Isaac Asimov (à part le topic sur les 3 lois de la robotique et quelques topics de la rubrique Saint Seiya où j'avais évoqué des parallélismes) je décide de réparer très vite cette erreur :mrgreen: C'est quand même un sacré pilier de la SF. Même si ma dernière lecture d'un roman de son cycle immense remonte maintenant à pas mal d'années je voudrais faire profiter un peu les autres membres de cette passion pour ceux qui ne le connaissent pas trop (je pensais impossible d'ailleurs qu'on ne connaisse pas Asimov mais je suis parfois surpris de rencontrer encore des gens, qui semblent pourtant fans de SF, et qui ne connaissent pas cet auteur culte) C'est un des monstres sacrés du genre pourtant. Ce petit topic vise donc à réparer tout ça, je vais essayer de présenter ses romans et aussi quelques éléments biographiques, tout en abordant un peu les thèmes de ses livres.

Si pour beaucoup (pas moi d'ailleurs mais je peux comprendre vu l'impact de ces films ) : La science fiction, c'est Star wars, pour moi, en littérature je dirais presque que la SF, C'EST Asimov !!! ( Loriquet serait là il m'engueulerait d'ailleurs en rétorquant qu'un peu comme la fantasy ne se résume pas qu'à Tolkien la SF ne se résume pas qu'à Asimov et il aurait bien sûr raison, ce n'est pas ce que je sous-entend !) en revanche son impact a été tellement grand (et notamment me concernant) que je voulais à tout prix lui consacrer un petit topic et j'espère à travers lui montrer aussi en quoi il a pu influencer d'autres auteurs et en quoi il ne faut pas, je pense, le résumer à cet auteur que décrivent certains avec un style assez plat - car oui son style peut paraître un peu plat parfois mais c'est réducteur - il y a bien d'autres facettes à creuser dans ses bouquins, des réflexions sur la robotique, le transhumanisme, sur le panthéisme avec l'évocation de la théorie Gaïa notamment dans Fondation, des réflexions géopolitique et sociétales, ainsi que sur l'effet papillon, l'apparition des crises et bien d'autres choses !!! De plus, puisque j'évoquais Star wars, il me semble que pas mal d'aspects de Star Wars doivent beaucoup à Asimov notamment la planète Coruscant qui rappelle énormément Trantor et d'autres choses. Outre cela, ses romans sont multiples, certains prennent l'allure de belles enquêtes policières futuristes quand d'autres sont à visée plus épique et large, avec en filigrane la grande toile de fond de l'empire galactique et cette humanité qui essaimé dans toute la galaxie, peuplant diverses planètes, se faisant parfois la guerre, et finissant - désolé pour le mini spoiler - par oublier la planète même de ses origines, la Terre, autre aspect qui m'a marqué dans ses romans. Bref, entre ceci et bien d'autres choses encore, Asimov est un auteur très intéressant, qu'on peut certes éventuellement aussi critiquer pour certaines choses, mais c'est un pilier de la SF, qui DOIT être connu.

On parlera donc ici de ses oeuvres, notamment le cycle des robots, le cycle de l'Empire, le cycle Fondation !!!

On va peut-être commencer par la question qui s'impose au préalable : Qui connait ses bouquins ? Comment les avez-vous perçu ? :mrgreen:
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Messagepar phoenlx » mar. mai 29, 2007 2:56 pm

Une petite bio sommaire pour commencer !!

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Isaac Asimov est un écrivain né le 1er janvier 1920 à Petrovichi en Russie, dans une famille Juive qui dut plus tard émigrer aux Etats Unis pour des raisons économiques. Il grandira dans le quartier de Brooklyn et c'est aux States qu'il étudiera, enseignera de longues années en Université , écrira ses livres, avant de décéder à New York le 6 avril 1992 ...

Asimov a passé sa jeunesse à aider ses parents dans le magasin familial et c'est là d'après ses dires que sa passion pour la SF serait née, en lisant des magazines de science fiction , genre en germe à l'époque et qu'il fera exploser avec quelques uns de ses contemporains .. Très précoce, il commenca à écrire des nouvelles à l'âge de 11 ans. Lors de la Seconde Guerre mondiale, Asimov était déjà considéré comme un auteur de science-fiction majeur. Il est considéré par certains comme "l'empereur de la science fiction" .. ( En 1972, l'écrivain reçoit le prix Hugo, l'une des récompenses les plus prestigieuses dans le domaine de la science-fiction, pour son roman 'Les Dieux eux-mêmes'. )

Bien que de tradition familiale juive — écrivant par jeu un poème sur lui-même, il fait rimer Asimov avec mazeltov —, il se démarque comme athée et se positionne également comme rationaliste.

C'était un grand pacifiste et il refusa de participer aux essais pour la bombe atomique à Bikini. Comme le décrit très bien l'article de l'encyclopédie wikipédia qui lui est consacré , la personnalité du docteur Assimov était marquée par un égo surdéveloppé !!! Mais comme ce dernier était mêlé à un profond humanisme et et un grand sens de l'humour, l'expression de son ego en était finalement plus amusante qu'énervante et tous ceux qui ont lu certains de ses ouvrages s'en sont sans doute rendu compte !!!! Asimov joue au prétentieux mais on se demande toujours un peu où est véritablement la part de prétention et la part d'auto dérision dans l'affaire ^^ Un sacré personnage en tout cas !!

Il est connu en fait à la fois pour ses romans de Science fiction qui firent sa grande renommée, mais aussi pour ses travaux de vulgarisation scientifique (Asimov était docteur en Chimie et a versé dans l'enseignement de la biochimie à la faculté de médecine de Boston ; On lui doit aussi des ouvrages généraux sur la Science, je signale à ce titre un ouvrage que je possède qui s'appelle : L'univers de la science qui aborde de manière à la fois simple et précise tous les aspects de la recherche scientifique depuis l'astrophysique à la Chimie et la physique en passant par la météorologie, les sciences du vivant la médecine, la géologie et j'en passe. Un des plus passionnants ouvrages de vulgarisation scientifique de ma bibliothèque ^^

On lui doit également des essais sur la Bible, des recueils de poèmes comiques, des romans policiers ( par exemple Une bouffée de mort, que personnellement je ne connais pas .. ) des textes sur Shakespeare .. C'était quelqu'un de très éclectique , mais je vais tâcher ici pour cette rubrique de me concentrer sur son oeuvre de Science fiction qui est la principale raison de son grand succès ..

Asimov fut un ami proche de Roddenberry, le créateur de Star Trek et énormément de ses livres furent des best sellers qui lui permirent de vivre largement des fruits de son écriture. Il a publié son premier livre, Cailloux dans le ciel en 1950 ... J'aborderai sa bibliographie dans les posts suivants car tout cela mérite sans doute qu'on s'étende un peu !! Mais pour conclure sur lui-même je signale cette petite bio qui est parue en format poche : Moi, Asimov ; Je l'ai lu et c'est très agréable pour ceux qui aiment les biographie, on apprend vraiment bien à le connaître et elle apporte un éclairage à la fois sur la personne et son oeuvre.

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Plus de détails sur l'homme et son oeuvre sur ce site web :
http://perso.orange.fr/monot.jc/divers/accueil.htm
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Messagepar phoenlx » mar. mai 29, 2007 3:53 pm

Attaquons maintenant son oeuvre de SF !! On peut la décomposer en deux grande catégorie de bouquins !!! Ceux qui appartiennent aux 3 cycles : Robots ; Empire ; Fondation (les 3 cycles se suivant chronologiquement) et ceux qui sont indépendants du cycle !!!

j'aborderai bien sûr en premier les romans se rattachant au cycle d'une part parceque ce sont eux qui me fascinent le plus (et ce sont ceux qui m'ont fait connaître l'écrivain et qui ont à mon sens le plus d'intérêt) d'autre part parceque son succès littéraire leur doit beaucoup.

Première partie :
LE CYCLE DES ROBOTS


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Dans ce cycle , comme son nom l'indique , Asimov décrit un futur de l'Humanité où des robots intelligents côtoient les hommes ! Le cerveau génial qui est à la source de ces machines est une femme, le professeur Susan Calvin (le terme exact de sa profession est "robopsychologue" ^^ )

Durant de nombreuses années ces robots intelligents, qui sont censés aider l'Homme (et n'ont jamais été conçus comme une menace .. ) vont exister pour aider ces derniers dans les tâches de leur vie quotidienne, par exemple ménagère, mais aussi dans l'industrie, dans l'espace et autre , et tout ceci va donner lieu à plusieurs romans qui vont se suivre chronologiquement, souvent bâtis comme des enquêtes ;

Le premier d'entre eux étant Les Robots qui pose bien les briques de cet univers et raconte la genèse et le concept des robots.

Les robots
( écrit en 1950 )


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Il s'agit de neuf nouvelles, d'abord parues dans les magazines de SF Super Science Stories et Astounding Science Fiction dans les années 1940, et réunies dans le tome i,robot plus tard.

Dans l'introduction de cette histoire, notre robopsychologue Susan Calvin, qui travaille pour le compte d'une grande fabrique de robots et qui est sur le point de prendre sa retraite, est interviewée par un journaliste qui lui demande de lui relater l'évolution des robots tout au long de sa carrière.

Le livre est formé de petites histoires racontées par Susan et mettant en scène des robots, entre lesquelles les dialogues entre Susan et le journaliste servent de transition. Ces nouvelles peuvent presque se lire de façon indépendante. Elles présentent des robots de plus en plus perfectionnés, au service des humaines sur terre ou dans l'espace.

Ces robots ont tous pour caractéristiques d'obéir à 3 fameuses lois parfaites et inviolables :

LES TROIS LOIS DE LA ROBOTIQUE :

Première Loi : Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger.

Deuxième Loi : Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi.

Troisième Loi : Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi.


Ces trois lois sont très importantes car ce sont elles qui entraînent les problèmes que vont rencontrer les humains avec leurs robots, et qui vont aussi permettre de les résoudre. En effet, chaque histoire se présente sous forme d'une enquête, d'une expérience scientifique et d'une démonstration mathématique : nous semblons rencontrer un problème de comportement avec un robot, or il est gouverné par les trois lois, donc il ne s'agit pas d'un problème mais d'une réponse logique à la situation présente.

Dans la troisième histoire par exemple, un robot télépathe Herbie dit à Susan ce qu'elle veut entendre pour ne pas lui faire de peine, sinon ce serait enfreindre la première loi. De ce fait le robot est amené à lui mentir.

Il y a également la très bonne histoire du politicien qu'on accuse d'être un robot. Il suffit qu'il fasse du mal à quelqu'un pour prouver qu'il n'en est pas un (car sinon il désobéirait à la première loi, ce qui est impossible). Mais si la personne à laquelle il a fait du mal en public était elle aussi un robot?

Dans chaque histoire, on semble donc être mis en présence d'une faille aux trois lois et de comportements étranges de robots qui semblent les enfreindre, alors qu'en réalité les robots ne font qu'agir conformément aux lois.


:arrow: Quelques mots sur Susan Calvin , la "mère" des Robots asimoviens :

Susan est robopsychologue au sein de US Robots, la principale entreprise de fabrication de robots du XXIe siècle. Son personnage est récurrent dans de nombreux ouvrages de nouvelles, tels que I, Robot.

Susan Calvin est née en 1982, l'année de la fondation de US Robots (coïncidence ?). En 1998 elle se rend à New York ; au Musée de la Science et de l'Industrie, elle y étudie le premier Robot Parlant (un robot occupant vingt-cinq mètres carrés de surface, capable de répondre à des questions posées par les humains), lui posant diverses questions et prenant des notes ; ces notes lui fournissent assez de matériau pour son article Les Aspects pratiques des robots, le premier d'une longue série d'articles publiés sur le même sujet. En 2002, elle assiste à un séminaire de psychomathématiques donné par le docteur Lanning, dont elle était l'étudiante ; Lanning y présente le premier robot mobile équipé d'un organe vocal.

Elle obtient son doctorat en 2007, et est alors engagée par l'US Robots comme robopsychologue (la première practicienne de cette science nouvelle), au moment où la compagnie doit réorienter son activité sur le marché extraterrestre, les robots ayant été interdits sur Terre par des fondamentaux religieux.

Toute sa vie fut consacrée à la recherche et au progrès des robots : certaines rumeurs la soupçonnaient même d'être un robot ! Elle fut confrontée dans sa vie à plusieurs cas problématiques, qui sont racontés dans quelques nouvelles du recueil I, Robot.

Susan Calvin meurt en 2064, à l'âge de 82 ans.


Le roman Les robots a inspiré le film américain du cinéaste Alex Proyas : i, robots avec Will Smith , mais comme je l'aborderai un peu plus loin ce film s'inspire aussi beaucoup d'un roman ultérieur du cycle des robots d'Asimov : les cavernes d'Acier ..

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Dans ce film l'actrice qui incarne Susan Calvin est Bridget Moynahan
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Asimov laissa un jour un de ses amis, Lester Del Rey, écrire lui aussi une histoire utilisant les trois lois de la robotique : Une Morale pour Sam. Cette histoire constitue une moquerie gentille sur la viabilité réelle des trois lois.

En apparence, le film I, Robot s'oppose à l'esprit d'Asimov, qui pestait contre toutes les histoires de « créatures se rebellant contre leur créateur », depuis le Golem jusqu'à Karel Čapek en passant par Mary Shelley, avant qu'il ne change la tendance. Néanmoins, il reprend l'idée de la nouvelle de Del Rey citée plus haut, selon laquelle l'application des trois lois peut conduire, si on va jusqu'au bout de leur logique, à des catastrophes résultant de leur « rigidité ».

Je précise d'ailleurs pour avoir vu le film (qui est sympathique à voir malgré la présence de Will Smith mais sans plus, ça reste un film moyen ) que ce dernier est très librement adapté ; Il ressemble au bouquin sans y ressembler en fait et on est assez loin de l'"esprit Asimov" (le cinéaste lui-même le reconnait d'ailleurs et avoue n'avoir pas voulu faire le film comme tel .. ) J'en suis toujours personnellement à me demander si ce film était une bonne idée ou pas , en tout cas il est très "bluckbusterisé" avec pas mal d'ajouts et de changements ...


L'intention d'Asimov :

Asimov fait allusion à Mary Shelley et ce livre a clairement été écrit en réaction à Frankenstein. Contrairement à la créature de Frankenstein, les robots d'Asimov sont infaillibles en ce sens qu'ils ne peuvent pas se rebeller contre leur créateur. C'est donc en réaction à tous ces récits qui veulent mettre en garde l'humanité contre les créations qui se retournent contre elle qu'Asimov a imaginé des robots obéissants, logiques et raisonnables, des machines programmées pour obéir à trois lois, sans aucun libre-arbitre ni sentiment. Quand on ne comprend pas leur attitude, il suffit de penser comme eux, et c'est le rôle de Susan Calvin de décrypter ce qui peut apparaître comme des étrangetés de comportement. Les robots apportent toujours une réponse logique à une situation, ne sont jamais irrationnels. Ensuite, le problème provient des hommes qui ne posent pas les bonnes questions, donnent des ordres contradictoires ou voudraient bien que le robot puisse déroger aux lois… car suivre la logique n'est pas toujours la meilleur façon d'agir…

( une page web complète sur ce livre et le film d'Alex Proyas :
http://www.esseclive.com/livres-littera ... asimov.htm )

J'aborderai ensuite les autres livres de ce premier cycle ..
Modifié en dernier par phoenlx le jeu. juil. 15, 2010 8:43 pm, modifié 5 fois.
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Messagepar phoenlx » mar. mai 29, 2007 4:52 pm

Un défilé de robots

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Un défilé de robots ( 1964) est le tome suivant du cycle ; On retrouve notre robot psychologue Susan Calvin et nos robots positroniques, encore une fois dans une série de petites nouvelles intitulées respectivement :
# Le robot AL-76 perd la boussole
# Victoire par inadvertance
# Première Loi
# Assemblons nous
# Satisfaction garantie
# Risque
# Lenny
# Le correcteur

Un robot peut-il être amené à nuire aux êtres humains en pensant les protéger ? (et donc violer la plus importante des lois de la robotique) ; Est-il concevable de risquer la vie d'un homme pour l'existence d'un robot ? ce sont quelques unes des questions qui se posent dans ce tome et auxquelles est confronté Susan Calvin. L'homme de la rue est toujours effrayé par ces créatures de métal et de nombreux problèmes surgissent. Ces premiers livres du cycle les robots sont l'occasion pour Asimov de brosser en parallèle une critique et analyse de notre société à travers les préjugés, les espoirs et les craintes des hommes..



Le robot qui rêvait
( écrit en 1986)


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Il s'agit encore d'un recueil de nouvelles. Mais contrairement à ce que le titre laisse penser toutes n'ont pas trait aux robots, et certaines (loin d'être inintéressantes bien au contraire) comportent des réflexions métaphysiques très riches, comme "la dernière question", "les yeux ne servent pas qu'à voir", avec notamment des réflexions profondes sur la destinée de l'Homme. C'est un véritable bijou , je vous renvoi sur ce lien qui en parle plus en détail, mais attention car cela contient des spoiler , à éviter de lire pour ceux qui veulent garder le suspense.


La suite plus tard :D


EDIT : Je viens de relire la nouvelle "La dernière question" c'est vraiment fascinant ( si certains la lisent j'aimerais qu'on en discute dans un topic métaphysique à part !!! )
Modifié en dernier par phoenlx le mar. mai 29, 2007 9:52 pm, modifié 2 fois.
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Messagepar phoenlx » mar. mai 29, 2007 5:27 pm

Les cavernes d'acier (1954)

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J'ai beaucoup aimé ce roman , peut-être mon préféré du cycle des robots. Il s'agit cette fois-ci d'un véritable roman, après les 3 tomes précédemment cités qui étaient en fait des recueils de nouvelles (chacune pouvant même souvent se lire indépendamment , et parfois dans un ordre aléatoire).

Entre en scène à l'intérieur de celui-ci un robot que l'on suivra pendant de nombreux livres et de nombreux siècles de l'histoire future (aussi bien dans le cycle les robots d'ailleurs que dans les autres mais je prend conscience qu'il ne faut pas que j'en dévoile trop pour les gens qui n'ont pas lu les bouquins. Un robot à l'importance capitale dans le scénario en tout cas, personnage souvent dans l'ombre mais .. majeur par son influence sur le déroulé des évènements ^^ )

Les cavernes d'acier fut écrit en fait en 1953 soit avant Un défilé de robot par exemple qui pourtant le précède chronologiquement dans le cycle. cette anecdote m'amène à rappeler qu'Asimov n'a pas toujours écrit ses bouquins dans l'ordre chronologique (par rapport au temps de son Histoire) , et certains livres écrits dans les années 80 racontent par exemple des évènements qui se déroulent AVANT ceux de livres écrits dans les années 50. Ca se ressent parfois un peu sur le style et même le contenu, la pensée de l'auteur ayant pu (c'est inévitable) évoluer au fil des décennies, notamment au vu des progrès technologiques réels de notre monde entre l'époque de sa jeunesse et l'époque où il était un vieux môssieur ^^

Passons au résumé des cavernes d'acier, véritable enquête policière , qui se dévore comme un thriller SF captivant :

L'inspecteur de police Elijah Baley est désigné pour mener une enquête très spéciale. Un humain vient en effet d'être assassiné et le seul suspect est un robot. Or, en application des trois lois de la robotique, il est impossible qu'un robot porte préjudice à un être humain.
Aidé d'un robot androïde et évoluant sur fond d'émeutes anti-robots, le détective devra résoudre ce mystère.

Voilà pour la trame j'en dis pas plus. Dans ce livre l'humanité s'est enfermé dans des villes souterraines protégées de l'air extérieur qu'elle craint et de la lumière naturelle. Dans les futurs romans de chaque cycles asimoviens l'on découvrira une humanité qui colonise progressivement l'espace, partant de notre banlieue proche (le système solaire) les hommes finissent finalement par coloniser la plupart des régions de notre Galaxie, jusqu'à en perdre le souvenir de la Terre , planète mère meurtrie que l'on redécouvrira tout à la fin de la saga.

Ce livre Les cavernes d'acier est l'occasion, en parallèle de l'enquête et de la découverte du robot R.Daneel Olivaw ou Daneel, personnage essentiel par la suite, d'aborder ainsi un peu les prémisses de ce futur extra-terrestre des humains à travers l'évocation des conditions très spéciales de vie sur la Terre de ce futur déjà lointain (pourtant on est encore au tout début de la saga, chronologiquement parlant). Les humains qui à cette époque ont commencé à coloniser l'espace sont appelés les Spaciens et le livre aborde aussi les relations (pas toujours cordiales ! ) entre terriens enterrés dans leurs cavernes d'aciers, et spaciens.

Outre cela, le livre est riche en thèmes finalement très intéressants pour notre propre monde et comme souvent dans les oeuvres SF, le docteur Asimov utilise ainsi son histoire futuriste comme prétexte pour aborder des notions comme les peurs de l'homme, le racisme (dénoncé en substance) mais surtout ses mécanismes d'apparition. Le résumé wikipédia saisit très bien l'essence du bouquin et ses thématiques : Dans ce livre, comme dans certaines de ses autres œuvres appartenant au cycle des robots, Isaac Asimov nous décrit une peur des robots quasi-mystique. Des scènes d'émeute, de destruction de robots jalonnent le récit. L'idéologie conservatrice de l'Homme est ici dénoncée. Le robot, comme avant lui l'étranger ou la femme, est accusé de tous les maux. La peur des avancées technologiques, des changements sociétaux et d'autres facteurs (religion ...) permettent d'expliquer cette fureur anti-robots. Les échanges entre Elijah Baley, enquêteur humain et R. Daneel Olivaw, un androïde super-développé, permettent de mieux comprendre cette peur que ressentent les hommes envers ces êtres qu'ils ont pourtant créés.

( Pour ceux qui connaissent un peu les petits films préquels à l'univers de Matrix : Animatrix, et notamment Second renaissance, on retrouve certains thèmes et atmosphères qui y ressemblent je trouve ... ) et comme je l'ai indiqué, le film récent i,robot avec Will Smith s'en inspire aussi.

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Modifié en dernier par phoenlx le mer. mai 30, 2007 10:43 pm, modifié 1 fois.
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Messagepar Doctor Jones » mar. mai 29, 2007 11:34 pm

Les createurs de Matrix se sont-ils inspirés du cycle des robots ? Car dans Matrix l'homme créer les machines ensuite ces dernières se rebelles, dans I Robot c'est à peu près le même cas de figure !

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Messagepar phoenlx » mer. mai 30, 2007 12:49 am

ouaip ben en même temps c'est un truc qu'on voit couramment dans la SF (et je pense en effet que de manière globale Asimov a du inspirer beaucoup d'histoires SF, pas seulement pour les robots mais par exemple , concernant l'épopée de l'Empire, des saga comme Star Wars par exemple .. )
[je vais évoquer l'Empire peu après .. ]

Concernant i,robot la toute première fois que j'avais vu la bande annonce du film avec Will Smith moi ça m'avait surpris car d'une part il y avait ce titre (et scénario brièvement évoqué ) qui bien sûr évoquait le bouquin d'Asimov, mais en plus les images ressemblaient un peu à certaines scènes d'Animatrix, et je crois qu'ils avaient mis la musique de matrix dans la BA pour couronner le tout !! C'était encore plus troublant ainsi !
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Messagepar Doctor Jones » mer. mai 30, 2007 11:36 am

phoenlx a écrit :Concernant i,robot la toute première fois que j'avais vu la bande annonce du film avec Will Smith moi ça m'avait surpris car d'une part il y avait ce titre (et scénario brièvement évoqué ) qui bien sûr évoquait le bouquin d'Asimov, mais en plus les images ressemblaient un peu à certaines scènes d'Animatrix, et je crois qu'ils avaient mis la musique de matrix dans la BA pour couronner le tout !! C'était encore plus troublant ainsi !


Voilà c'est ce que je voulais dire :wink:

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Messagepar phoenlx » mer. mai 30, 2007 10:16 pm

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Scène du roman The naked Sun (par l'illustrateur Stephen Youll)


J'enchaîne avec les derniers bouquins de la saga des Robots :D

Face aux feux du soleil
( titre anglais : The Naked Sun )
1956

ImageImage

Littéralement le titre de ce bouquin est "le soleil nu" ; le soleil en question ici n'est pas notre Soleil à nous (système solaire de la Terre) mais celui de la planète Solaria, où se déroule l'action et on aborde enfin de plein pied ces humains ayant commencé à coloniser l'espace que j'évoquais auparavant : les spaciens. la planète Solaria est confrontée au premier meurtre de son histoire.

Pour élucider ce dernier, on retrouve ainsi notre détective du roman précédent : Elijah Baley , assisté toujours de son robot à apparence humaine : R.Daneel Olivaw (cf les cavernes d'acier, livre précédent)

Or sur Solaria les contacts entre habitants sont quasiment impossibles et un robot semble impliqué, chose surprenante puisque les trois lois de la robotiques interdisent aux robots de faire du mal aux êtres humains. Baley devra résoudre ce mystère mais également lutter contre ses propres démons tel que la phobie de la vie à l'air libre, lui qui est trop habitué à l'atmosphère souterraine des cavernes d'acier.

Thème central de ce bouquin : la peur de l'autre

Si dans Les Cavernes d'acier l'action se déroulait sur Terre, dans cette suite les aventures d'Elijah Baley, Face aux feux du Soleil, se déroulent sur la planète Solaria. Solaria est l'une des nombreuses colonies terriennes, mais, à la différence de la Terre, la population y est en sous-nombre, ce qui fait que chaque habitant possède des domaines immenses. En conséquence ce sont de véritables armées de robots qui ont la charge de s'occuper de l'entretien des domaines et de leurs habitants. Mais le fait le plus marquant est l'éloignement entre les habitants que provoque cette sous-population. De ce fait, les contacts physiques sont quasi-inexistants, y compris entre mari et femme, et la façon habituelle de se "rencontrer" est de passer par un système de communication holographique. L'idée de rencontrer une personne en chair et en os provoque une véritable peur-panique chez les habitants de Solaria, peur provoquée par la crainte des infections microbiennes, mais surtout par un facteur psychologique : ayant vécu toute leur vie isolés, ils n'ont aucune expérience et ne sont pas prêts à affronter un contact réel avec un autre individu.

Les peurs incontrôlables
Outre la peur des contacts des habitants de Solaria évoqués ci-dessus, Face aux feux du Soleil nous expose les peurs d'Elijah Baley. Peur des grands espaces : lui qui est habitué à évoluer dans des espaces clos, souterrains, se retrouve à l'air libre et a du mal à le gérer ; peur de la lumière naturelle : habitué aux lumières artificielles, il ira jusqu'à faire un malaise à cause du soleil de Solaria ; peur enfin de retourner sur Terre après avoir goûté de telles expériences. Isaac Asimov arrive bien à nous montrer à quel point les humains sont des êtres dépendants de leurs conditions de vie. Tout, de leur apparence physique jusqu'aux méandres de leur psychologie, dépend des facteurs qui ont forgé leur vie depuis leur enfance.

Asimov nous montre aussi à quel point les choix de civilisation sous-tendant ces phobies mènent à un échec : les terriens ne peuvent rien entreprendre dans l’Espace et les spatiens ne peuvent rien entreprendre tout court car ils tiennent trop à leur longue vie précieuse.

Le remède viendra donc d’une troisième voie qu’Asimov enclenche dans ce roman : les coloniens.

L’enquête et l’intrigue proprement dite est à nouveau l’occasion pour Asimov de jouer des préjugés et de toucher les limites de ses trois lois de la robotique. Ici le meurtre a été commis en impliquant un robot, ce qui parait rigoureusement impossible... et pourtant.


Pour la petite anecdote un peu concon pendant longtemps ce bouquin en format poche était vendu avec une couverture un peu "hot" en France aux éditions j'ai lu :lol: Ils ont apparemment changé je trouve que c'est pas plus mal ...

Image


Allez zoo on redevient sérieux et on passe au roman suivant du cycle.


Les robots de l'aube
(Robots of Dawn)
Bouquin écrit en 1983

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Les robots de l'aube est un roman dense et riche de 350 pages , parfois décomposé éditorialement en deux tomes.

Elijah Baley, enquêteur terrien (dont la première enquête est narrée dans Les Cavernes d'acier et la seconde dans Face aux feux du soleil) est chargé d'une enquête difficile. Il est envoyé cette fois-ci sur Aurora, capitale des mondes spaciens, où les moeurs sont bien différentes de celles qui règnent dans les cavernes d'acier terriennes ou sur Solaria.
Eos (Aube ou Aurore en latin) est le nom de cette fameuse planète lieu principal du récit ; il s'agit d'une planète peuplée par des extrémistes qui se refusent à autoriser la reprise de la colonisation galactique par les Terriens.

L but de Bailey est cette fois-ci d'élucider le "roboticide" d'un des deux seuls robots humaniformes (androïdes à l'apparence humaine), R. Jander Panell (l'autre étant Daneel qui l'accompagne dans l'enquête .. )

Le robot a visiblement été "tué" par "gel mental", l'induction dans ses circuits logiques d'une contradiction insoluble, ce qui provoque irrémédiablement l'arrêt d'un robot positronique. Or la seule personne capable de provoquer ce gel mental, n'est autre que le concepteur de Jander : le Docteur Fastolfe (peut-être une allégorie de Docteur Faust .. ) , qui admet être le seul a pouvoir le faire, mais qui nie l'avoir mis en application.

Aidé de l'unique robot humaniforme restant, R. Daneel Olivaw et de vieilles connaissances, Baley devra résoudre ce mystère pour sauver sa réputation mais aussi la Terre... On retrouve aussi dans ce roman Gladïa, la solarienne du roman précédent, qui est un soutien de plus en plus important à la cause terrienne ainsi qu'un autre robot, R. Giskard Reventlov (primaire en apparence mais doté d'étranges dons télépathiques). Giskard est un robot en apparence dépassé, désuet, qui est non-humanoïde mais télépathe à la suite d'une expérience dont personne n'a saisi les conséquences; R. Giskard devient la pierre angulaire de l'évolution politique auroraine et va jouer un rôle capital dans la reprise de la colonisation galactique par les Terriens, avec l'appui indispensable de Daneel.
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Messagepar phoenlx » mer. mai 30, 2007 10:38 pm

On enchaîne avec le dernier roman du cycle des robots, qui fait charnière avec le cycle suivant (l'Empire) :

Les robots et l'Empire
(écrit en 1985)

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L'histoire se déroule plusieurs décennies après Les robots de l'aube. Les deux robots "héros" de ce livre sont : R.Daneel Olivaw bien sûr toujours, le robot androïde humanoïde (et seul restant si vous avez bien lu mon résumé précédent ^^) et R. Giskard Reventlov dont on a fait la connaissance dans le livre précédent. On retrouve également l'héroïne Gladia (assistée désormais des deux robots précédemment cités).

Arrive alors, d'un monde lointain, un aventurier, et Gladia, conquise, accepte le voyage intergalactique qu'il lui propose. Ses deux robots l'accompagneront. Dans ce livre le détective Elijah Bailey des romans précédents est mort depuis longtemps mais l'un de ses descendants : D.G.Bailey [ D(aneel).G(iskard).Bailey ^^ ] reprend le flambeau de la cause terrienne et de la colonisation de l'espace.

Parmi les autres protagonistes : le Dr Amadiro qui aspire à dominer la Galaxie et à détruire la Terre, planète rebelle. Dans ce livre on suit ainsi la machination qui fera de la Terre une planète radioactive condamnée.

Dans ce roman les Terriens se trouvent sur le point de dominer la Galaxie par leur implantation un peu partout. Les mondes spaciens semblent dépassés, d'autant qu'ils se sont refusés à reprendre la conquête de l'espace parallèlement aux Terriens. Solaria s'est même complètement dépeuplée, ses habitants ne laissant derrière eux que des milliers de robots dont certains, humanoïdes ou presque, ont été programmés de telle manière qu'ils se considèrent comme humains et donc en droit d'attaquer d'autres humains pour se protéger, au mépris de la première Loi de la Robotique.

Sur Terre, où Aladiro a devancé Gladia et son groupe, le robot Giskard tentera de faire échec à ce dernier et à son plan diabolique, mais devra pour cela transgresser la première loi de la robotique, au prix de sa propre vie. Par rapport à l'histoire des 3 lois de la robotique, Asimov nous surprend ainsi car une 4ème loi apparaît dans ce livre (appelée "loi zéro")
Cette dernière stipule qu'un robot ne peut porter atteinte à l'humanité dans son ensemble, même pour protéger un être humain : Un robot ne peut ni nuire à l'humanité ni, restant passif, permettre que l'humanité souffre d'un mal.

Mourant, Giskard transmettra ses pouvoirs à son ami Daneel. Mais que peut encore ce dernier pour sauver notre planète ?

Voilà pour le scénario. Comme vous le "sentez" sans doute un peu rien qu'à la lecture du résumé Daneel aura un grand rôle par la suite (ce sera le cas notamment dans le troisième cycle, Fondation , et ces facultés nouvelles n'y seront pas pour rien. Ah oui il faut que je vous avoue un truc avant de continuer, je crois que si je devais retenir un et un seul "personnage" des histoires d'Asimov qui me fascine, je retiendrais Daneel, notamment pour son rôle d'influenceur du destin dans l'ombre (il disparaîtra de l'histoire en fait ! mais pour mieux tenir les manettes en coulisse, j'aime beaucoup ce genre de persos, on a un peu ça dans Saint Seiya quelque part avec Mitsumasa Kido et c'est d'ailleurs pour ça que j'évoquais aussi un peu l'influence possible de Fondation, les romans d'Asimov que nous aborderons plus tard, sur saint seiya avec la fondation Graad ^^ )

Revenons à nos moutons et Les robots et l'Empire. Formellement l'intrigue est un peu convenue et prévisible lorsqu'on connait déjà les bouquins d'Asimov et qu'on a lu les précédents, par contre en le lisant indépendamment des autres c'est du très bon. Et puis quoiqu'il en soit il est bon de l'avoir lu pour ne pas manquer une miette de la saga globale, ce qui serait dommage , inutile donc d'ajouter que pour moi chacun des bouquins que je suis en train de décrire doivent absolument être lus !! Chacun apportant sa petite pierre à l'édifice.
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Messagepar phoenlx » ven. juin 01, 2007 1:56 pm

Je continue ma plongée dans l'univers d'Asimov , nous voici cette fois-ci au coeur du deuxième gros cycle :

Deuxième partie :
LE CYCLE DE L'EMPIRE


Si le premier cycle, les robots, le plus proche de notre époque temporellement, se concentre sur les robots positroniques et les trois lois de la robotiques, à travers les enquêtes du détective Bailey et de son compère le robot Daneel, et si ce premier cycle se passait essentiellement sur Terre dans un futur finalement assez proche (et dans l'espace sur les planètes des premiers spaciens pour les derniers livres du cycle .. ) le cycle de l'empire quand à lui se déroule la plupart du temps sur des planètes extraterrestres.

La colonisation de l'espace par les humains a bien progressé et une planète , Trantor , va elle-même progressivement se constituer un petit empire en colonisant d'autres mondes. A l'époque du premier roman du cycle (les courants de l'espace) Trantor règne sur la moitié de la Galaxie et elle sera plus tard la capitale de l'Empire galactique. c'est pourquoi le Cycle de l'Empire est parfois aussi appelé "Cycle de Trantor" ..

Passons en revue les différents tomes.

Les courants de l'espace
( écrit par Isaac Asimov en 1952)

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Le récit parle cette fois de deux planètes proches qui coexistent, mais où l'une des deux a pris l'ascendant sur l'autre : En effet, sur la planète Florina existe une ressource rare : le Kyrt. Cette ressource est très courue et essentielle à l'économie galactique c'est pourquoi la planète Florina est l'enjeu de bien des manoeuvres politiciennes, la grosse planète Trantor et le mini empire galactique en germe sur lequel elle règne la suit par exemple de près. Mais depuis des années au moment du récit, Florina est sous la coupe de la planète Sark. Les sarkites exploitent le Kyrt et ont réduit les floriniens en esclavage. Tout ceci est l'occasion pour Asimov d'aborder de nouveaux thèmes comme la colonisation et l'exploitation des ressources des autres et donc de parler encore une fois en substance de thèmes de notre monde ( à placer aussi dans le contexte de la décolonisation à l'époque de son écriture : 1952 ^^ )

Le personnage principal du récit est en fait un héros amnésique : Rik. Ce dernier est un spatio-analyste, et il découvre un jour que la planète Florina courre un grave danger mais il se fait capturer et mystérieusement psychosonder (sa mémoire est effacée) puis est abandonné sur Florina où il erre comme une âme en peine, avant d'être secouru par une paysane, Lona, et le chef d'un village.

Au bout d'un an alors que l'univers est toujours à sa recherche il retrouve petit à petit la mémoire. Sans entrer dans les détails le bouquin évoque aussi la Terre et son triste destin, la planète mère de l'Humanité étant désormais un peu rejetée dans la légende , et non connue de beaucoup d'habitants de la Galaxie, tendance qui va s'accentuer à travers les siècles. Rik sait ce qui est arrivé à la Terre et pourquoi c'est aujourd'hui une planète morte ...

Grosso modo toute l'Histoire futuriste des humains décrits dans les livres d'Asimov se déroule en plusieurs phases d'expansions galactiques : Ses livres commencent à la fin du 20ème siècles et peu après (début des robots) et l'humanité est alors confinée sur Terre, puis une première vague d'expansion colonise cinquante mondes extraterrestres (les fameux spaciens).

La deuxième vague de colonisation ( qui commence à être évoquée comme solution pour remédier à l'immobilisme des spaciens dans Les robots et l'Empire) , est celle qui permet à l'humanité d'occuper ensuite toute la galaxie, en fondant un Empire Galactique. Aucun race intelligente, ni même aucune vie aussi diversifiée que sur Terre n'est rencontrée. La Terre, elle, devient radioactive et sombre alors dans l'oubli, plus personne ne sait alors qu'elle est le berceau de l'humanité.

Les courants de l'espace se déroule dans ce contexte.


J'ai constitué ce petit résumé en m'aidant un peu du web et de ma mémoire mais je garde un souvenir assez vif de ce bouquin que j'ai lu pourtant il y a plus d'une 12 aine d'année .. Ce n'est sans doute pas le meilleur de la saga (peut être même l'un des moins bons à y réfléchir, pour ma part je suis surtout très fan des cavernes d'acier et du cycle Fondation en général .. ) et le rebondissement intéressant se situe surtout vers la fin, si bien que le livre peut donner une impression de longueur contrairement à d'autres de l'auteur ; mais les personnages sont plus attachants et développés qu'en général chez Asimov (on reproche souvent à cet auteur ses persos un peu plat et sans profondeur. la richesse de ses bouquins étant ailleurs, le scénario global, les thèmes abordés en substance , la subtilité générale de ses récits, un peu les mêmes reproches qu'on fait parfois à Tolkien aussi finalement .. cf des débats houleux sur le forum ^^ )

Les courants de l'espace est un malgré tout un livre sympathique qui peut se lire à part et indépendamment du cycle global, on peut même commencer Asimov par lui. Et en tant que brique de la saga globale il est intéressant à mon sens car il pose aussi le décor et le background du cycle de Trantor que nous allons suivre sur plusieurs siècles jusqu'à la chute de l'Empire.

Au niveau des comparaisons certains comparent la dépendance économique de Florina (et du Kyrt) à ce qu'on trouve dans Dune (de Franck Herbert) avec l'Epice. Je rappelle au passage que Dune a été écrit après alors .. ^^



Tyrann
( ou The stars like Dust,
ou poussières d'étoiles
écrit en 1951)

ImageImage

Je dois avouer un truc celui-ci je ne l'ai pas lu :( Mais il est décrit par certains comme l'un des meilleurs romans du maître, où le lecteur est promené d'un bout à l'autre de la Galaxie, plusieurs trames se chevauchant . D'autres à l'inverse le décrivant comme le plus décevant , évoquant beaucoup d'action inutile (chose rare chez Asimov .. ) ce serait sans doute le plus proche des codes du "space opéra" .. peut-être pour ça qu'il m'avait refroidi avant l'achat d'ailleurs .. Les avis sont divers et opposés en tout cas et il mérite sans doute attention justement pour ça parmi tous les autres.

C'est un prélude à l'empire galactique de Trantor, je fais un petit copier colle du résumé amazone :

Ce roman appartient au cycle de Trantor. Dans l'Empire galactique déclinant, les despotes de la planète Tyrann contrôlent de nombreux mondes, dont la Terre. Biron Farrill, le fils d'un de leurs principaux opposants qu'ils ont assassiné, échappe de peu à un attentat et réussit à quitter la Terre. Il y est aidé par son vieux maître Sander Jonti et, en compagnie de la jolie Artémisia, gagne alors Lingane, une planète où s'organise la résistance contre Tyrann. Là, il découvre que le chef des opposants et l'auteur de l'attentat qui faillit lui coûter la vie sont un seul et même homme : Sander Jonti. Comment parviendra-t-il à reconnaître ses amis ? Lui reste-t-il une chance de sauver sa vie et d'anéantir les maîtres de Tyrann pour venger son père ?

Voici ce qu'en dit un lecteur :
Dans ce roman Isaac Asimov essaye de refaire l’histoire de la démocratie au niveau galactique. Les planètes assujetties se rebellent et cherchent un mode de gouvernement qui ne soit pas dictatorial.

Isaac Asimov, l’immigré russe aux Etats-Unis fait ici acte d’allégeance envers sa nouvelle patrie : l’histoire de la nation colonisée qui se rebelle rappelle en effet largement la révolution américaine. Il pousse même jusqu’à élever la constitution américaine au rang d’arme suprême que les belligérants recherchent en tant que telle !

Le début du roman est un peu pollué par le caractère initiatique de l’aventure du jeune héros, à qui Asimov attribue des réactions parfaitement immatures avant de le transformer en super-héros omniscient.


Et histoire de pondérer la dernière remarque de ce lecteur , une autre critique , qui explique cet aspect du héros, et qui revient sur l'une des thématiques principales de ce roman : la manipulation :

Tyrann, c'est tout d'abord la politique de Machiavel, on ne peut faire confiance en personne, on ne sait pas vraiment quel est la personnalité réelle de chacun, le double jeu est partout. Il n'est pas facile d'être un simple pion, de se faire sacrifier pour le besoin de l'ambitieux, pourtant, c'est ce qui arrive dans cee royaume nouvellement constitué. Cette oeuvre devrait nous faire réfléchir sur des personnages politiques qui semblent avoir une façade trop simpliste, on arrive pas à la tête d'un gouvernement par hasard, malgré ce que l'on pourrait penser de certains. Nous ne sommes pas les seuls à être intelligents. Et par ailleurs, peut-on facilement éviter de se faire manipuler ? Même si on s'aperçoit que l'on est manipulé, peut-on éviter l'objectif qui nous a été assigné ? Y-a-t-il une réelle différence entre les objets inanimés et nous, les uns obéissent à des lois physiques inviolables, mais les derniers, ont-ils vraiment un libre arbitre pour pouvoir décider de leur vie ? Les tribulations du personnage principal ressemblent étrangement à l'épopée de Fondation, la dernière partie semblant être là pour dépeindre un personnage plus positif, le manipulé devenant manipulateur. Mais combien de fois est-ce réellement le cas ? Le retournement de situation est trop beau pour être vraiment la finalité de l'histoire.

Après être une fresque politique, Tyrann est une aventure. Biron Farill ne saurait avoir un moment à lui, de nombreuses péripéties viennent changer la donne à chaque instant. À certains moments, on se met à douter de la vraisemblance de tous ces évènements, les ficelles scénaristiques semblent être grosses à certains moments, mais n'oublions pas qu'Asimov est maître de tout ceci. En effet, il faut douter de ces grossiers évènements qui interviennent, tout n'est que complot, intervention de politique supérieur. Et finalement, la solution est devant nos yeux depuis le début. Les personnages se révèlent totalement différents dans les dernières pages, ce qui change totalement une deuxième lecture. Les perspectives ainsi révélées sont effrayantes, de tels personnages sont à plaindre.

Ci-dessous : Une illustration relative à ce roman par Stephen Youll
Image
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Messagepar phoenlx » ven. juin 01, 2007 2:11 pm

Je n'ai pas lu Tyrann, certains l'ont lu ?
Les compte-rendu du web me font envie, je sais plus pourquoi j'avais zappé ce roman du cycle :shock:
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Messagepar phoenlx » dim. juin 03, 2007 10:41 am

On continue et on entre cette fois-ci "de plein pied" (si j'ose dire, clin d'oeil à une scène du bouquin ^^ ) dans le Cycle de Trantor , avec le roman suivant du cycle asimovien :

Cailloux dans le Ciel
( Peebles in the sky )


Image Image

ce livre souffre sans doute d'un défaut , son postulat de départ est capillotracté : il s'agit d'un voyage dans le temps, mais en contrepartie il a le mérite de lier le passé et l'avenir de l'Humanité à travers un vieil homme : Joseph Schwartz :

Pour Joseph Schwartz, la chose arriva à l'instant où il avait un pied en l'air. Il se trouvait dans la banlieue de Chicago et s'apprêtait à enjamber une poupée de chiffon. Lorsqu'il reposa le pied après avoir éprouvé une fugitive impression de vertige, sa chaussure s'enfonça dans l'herbe. Il était alors dans une forêt. Ce qu'il ignorait, c'est qu'il ne s'était pas déplacé dans l'espace, mais qu'il avait effectué un gigantesque bond dans le temps. Désormais, la Terre n'était plus qu'une petite planète d'intérêt stratégique secondaire dans l'immense Empire galactique dirigé depuis Trantor. La présence d'un homme venu du passé va-t-elle modifier les rapports de force entre les Terriens et la garnison de soldats impériaux ?


Le vieux voyageur nocturne de la Terre du 20ème siècle se retrouve donc projeté dans un futur lointain, et ce futur (dans 25000 ans), c'est l'Empire Galactique désormais gouverné non plus par les Tyraniens (bouquin précédent) mais par la planète Trantor. Le prétexte du voyage dans le temps est sans doute moyen , en revanche le livre est très intéressant pour poser une nouvelle pierre à cette immense Histoire Galactique qui s'étale sur des millénaires. Voici ce qu'en dit le site culture-sf.com :

Egaré, devenu exilé temporel bien malgré lui, le vieil homme va découvrir une Terre souillée par un antique conflit, radioactive, habitée par une population éparse ayant coutume de se débarrasser de ses vieillards faute de ressources suffisantes. Ce monde en déchéance fait désormais partie de la banlieue de seconde zone d'un immense empire galactique dirigé depuis Trantor, qui le traite avec mépris et virulence, réprimant systématiquement toute forme de rébellion et lui imposant une lourde tutelle. Mais le mécontentement y gronde de plus en plus... L'arrivée de Schwartz peut-elle changer la donne ? L'invention du professeur Schekt, permettant de décupler les facultés mentales et télépathiques, pourrait-elle y contribuer ? Car Joseph Schwartz, vite considéré comme un arriéré, deviendra le sujet idéal pour quelques expérimentations...

"l'un des thèmes favoris d'Asimov est celui du contact de deux mondes, l'un généralement puissant et tourné vers l'avenir, l'autre décadent et fermé sur son passé quoique assez riche encore pour apporter au premier un approfondissement nécessaire"
Ainsi parle gérard Klein à propos d'Asimov.

«Cailloux dans le ciel» en est un exemple flagrant, puisqu'il oppose notre vieille Terre, que l'archéologue et citoyen de l'Empire Bel Arvardan soupçonne d'être le berceau de l'humanité, au reste de l'Empire. Une belle histoire, secondaire dans l'Oeuvre du géant Asimov, mais qui demeure d'une lecture intéressante malgré un postulat de départ et une progression du récit un peu invraisemblables.

Il y a aussi derrière ce bouquin une satyre de la science et de ses limites, à travers l'archéologue Bel Arvardan de ce futur lointain, qui fait des recherches sur la Terre et son passé oublié, et selon les théories en vogue à son époque.


Pour compléter je signale une page coécrite par Richard Chomet et Gérard Klein à propos d'Isaac Asimov et de son oeuvre en général :
http://www.quarante-deux.org/archives/k ... simov.html
http://www.quarante-deux.org/archives.html
Modifié en dernier par phoenlx le jeu. juil. 15, 2010 9:01 pm, modifié 3 fois.
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Messagepar phoenlx » lun. juin 04, 2007 11:10 am

Arrivé à ce stade et avant d'attaquer les romans suivants du cycle Asimovien (en l'occurrence ceux qui ont fait sa plus grande renommée : le cycle de Fondation .. ) je vais faire un petit retour en arrière dans l'Histoire Future en évoquant un roman qui se passerait plutôt en parallèle des histoires du cycle des robots, alors que l'Humanité commençait à essaimer en dehors du système solaire :

Némésis

Image

Ce roman ne fait pas vraiment partie du cycle Robots / Empire / Fondation mais il semblerait qu'Asimov souhaitait le rattacher au reste , et plusieurs indices le laissent penser : On trouve ainsi des références aux robots positroniques , ainsi qu'à un mystérieux pouvoir mental possédé par certains humains (en l'occurrence la petite fille héroïne du livre) qui reviendra dans Fondation et qui sera même essentiel. Est également évoquée une intelligence collective qui n'est pas sans rappeler Gaïa (j'y reviens plus loin et j'y reviendrai en décrivant le cycle fondation .. )

C'est le premier bouquin d'Asimov que j'ai lu ^^ Et je dois dire que c'est celui que j'ai préféré parmi ses romans "hors cycle" , je l'ai même préféré à pas mal de romans du cycle, et j'ai d'ailleurs du mal à le considérer comme externe à cause des multiples clin d'oeil , c'est pourquoi j'en parle ici. Chronologiquement il se passerait donc bien avant Tyrann et Cailloux dans le ciel (si vous avez bien suivi ^^ ) puisque relatant des évênements se déroulant à l'aube de la conquête spatiale extrasolaire, mais on peut sans problème avec un peu d'imagination le rattacher au reste. Asimov voulait le faire mais est mort en 1992, avant d'y parvenir complètement malheureusement.

L'Histoire de Némésis.
A l'aube des explorations spatiales, une des colonies en orbite terrestre a décidé de quitter la planète-mère et de s'élancer vers les étoiles, à une vitesse proche de celle de la lumière, sans aucun moyen de garder le contact avec la Terre. C'est ainsi que, cachée derrière un nuage de poussière, ils découvrent une mystérieuse étoile jusque-là inconnue : Némésis. Sa trajectoire inexorable l'amènera à frôler la Terre dans environ cinq mille ans, rayant toute vie de la surface de notre planète. Et nul sur Terre ne peut la voir arriver !

Peut-on encore sauver la Terre ? Et ces Coloniens le veulent-ils vraiment, eux qui se sont installés sur Erythro, une planète du système de Némésis ? Et d'où vient cette étrange maladie qui touche ceux qui vivent sur Erythro ?

Description sommaire du système de l'étoile Némésis :
En arrivant près de Némésis, les Colons découvrent une géante rouge vieille de dix milliards d'années, et située à environ deux années-lumières de la Terre. Sa magnitude apparente depuis la Terre est réduite à dix-neuf à cause du nuage de poussière, très dense, qui la dissimule.

Autour de Némésis tourne Mégas, une naine brune, planète gazeuse cinq fois plus grosse que Jupiter, dont la masse est trop faible pour que s'y développent des températures et pressions nécessaires à la fusion, mais générant néanmoins une forte chaleur interne. Mégas présente toujours la même face à Némésis, dont la masse est trente fois supérieure.

Mégas possède un satellite à peine plus petit que la Terre : douze mille kilomètres de diamètre. Nommé Erythro à cause de sa couleur rougeâtre provenant de la lumière du soleil géant, son orbite par rapport à l'équateur de Mégas est inclinée, ce qui provoque sur Erythro une alternance de jour et de nuit d'environ douze heures terrestres chacun.

Des océans et des continents alternent sur Erythro, générant une atmosphère composée à seize pourcent d'oxygène et le reste d'azote : pleinement respirable pour des humains. C'est dans cette atmosphère que s'est developpé un étrange organisme, qui semble particulièrement attiré par la jeune Marlène.
( source : http://perso.orange.fr/monot.jc/fiches/nemesis.htm )


Némésis était la déesse grecque de la vengeance, ou plutôt de la Colère Juste. Elle était fille de Nyx et Erèbe, et soeur d'autres entités comme Thanatos (la mort) ou Eris (la discorde) ; et était souvent sollicitée par les dieux voire les humains pour assouvir leur vengeance comme dans le fameux mythe de Narcisse piégé par son propre reflet dans l'eau à cause de la déesse.
Image
La déesse grecque Némésis


Quelques mots sur les clin d'oeil à Gaïa :

En science le terme Gaïa fait référence à un ensemble d'hypothèses et de théories selon lesquelles :
* les êtres vivants ont une influence sur la totalité de la planète sur laquelle ils se trouvent
* l'écosphère a développé une autorégulation (point non contesté même hors hypothèse Gaïa); l'existence de chaque être vivant est alors supposée régulée au profit de l'ensemble de l'écosphère (hypothèse proprement Gaïa)
* le système auto-régulé constitué par la totalité des êtres vivants (biomasse) et des constituants non vivants composant la masse totale de la Terre, et sans doute aussi le rayonnement solaire extérieur, possède des mécanismes internes pouvant le faire considérer comme un être vivant, conformément au paradigme cybernétique.



Gaïa est un concept qui m'a toujours un peu fasciné ( étant perso assez proche du courant panthéiste philosophiquement parlant, c'est un concept qui personnellement me parle beaucoup ^^ ) et tous les amoureux de mythologie grecque auront noté que son nom provient de la déesse mère de la Terre chez les grecs .. )

Il y aurait beaucoup à en dire , je vous renvois vers cette page de l'Encyclopédie Wikipédia qui en parle en détail.

Ce qu'il faut dire c'est qu'Asimov exploite cette notion de Gaïa non seulement dans le cycle de Fondation où on a un phénomène similaire qui est décrit ( on verra ça plus bas dans le topic) mais déjà , bien avant , dans Némésis à travers la relation entre la petite fille Marlène et la planète Erythro, qui semble "vivante".

C'est assez fascinant et en même temps très beau et sympa à lire. C'est assurément en tout cas un concept qui confère un lien très fort entre ce roman et le cycle global de l'Histoire future et surtout la partie Fondation. Asimov évoque d'ailleurs textuellement dans l'Aube de Fondation (roman que j'aborde un peu après) une lointaine légende faisant référence à une petite fille capable de communiquer avec une planète entière, qui tournait autour d'une étoile nommée Némésis.


Astronomie : l'hypothèse Némésis comme étoile-compagnon du Soleil
( voir aussi ce topic de la rubrique astronomique )

Selon l'hypothèse de Némésis, le Soleil aurait comme compagnon une naine brune (une naine brune n'est ni une planète, ni une étoile, c'est en quelque sorte une étoile ratée) orbitant à grande distance. Tous les vingt-quatre millions d'années environ, son orbite traverserait une région plus dense du nuage de Oort, perturbant l'orbite de comètes qui entreraient alors en collision avec la Terre et les autres planètes.

Les naines brunes ne sont pas facilement observables, puisqu'elles n'émettent qu'un faible rayonnement dans l'infrarouge. C'est seulement depuis le milieu des années 1990 qu'on a pu établir leur existence.

Cette hypothèse a été proposée en 1983 par Richard Muller pour expliquer les grandes extinctions d'espèces, après que les deux paléontologistes David Raup et John Sepkoski aient découvert un intervalle régulier à ces extinctions.

Elle s'appuie également sur un article de 1979 par le prix Nobel de physique Luis Walter Alvarez, expliquant l'extinction des dinosaures il y a 65 millions d'années par l'impact d'un astéroïde. La remise en cause du caractère périodique des extinctions de masse rend aujourd'hui l'hypothèse de Némésis plus contestée, mais la théorie sur les grandes extinctions d'espèces l'est aussi...
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Messagepar Doctor Jones » mar. juin 12, 2007 12:47 pm

Ce matin je me suis acheté Nemesis :)

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Messagepar phoenlx » mar. juin 12, 2007 12:58 pm

Ah cool !

Oui celui la comme j'ai dis ne fait pas à proprement parler partie du cycle bien qu'il puisse s'y rattacher (on a des allusions à lui et à la petite fille dans Fondation notamment et ça rejoint certains thèmes évoqués dans le reste de l'oeuvre) j'avais bien aimé en tout cas ! Après si le style Asimov te plait je te conseille les cavernes d'acier pour le cycle des robots et pour commencer pourquoi pas faire le même cheminement que moi !
J'avais commencé par Prélude à Fondation puis l'aube de fondation (des romans que je vais décrire un peu après dans le topic ) puis Fondation et tous ceux qui suivent et j'avais lu le cycle des robots et l'empire après en fait
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Messagepar phoenlx » lun. juin 18, 2007 7:22 pm

Je reprend mon topic sur Asimov avec (enfin) la dernière partie de la saga futuriste , et la plus emblématique de l'auteur, celle en tout cas que j'ai préféré d'entre tous ses bouquins :

le CYCLE DE FONDATION

Les différents romans du cycle que nous allons aborder :

* Prélude à Fondation
* L'aube de Fondation
* Fondation
* Fondation et empire
* Seconde Fondation
* Fondation foudroyée
* terre et Fondation



On commence avec le premier bouquin :

Prelude à fondation
(le premier à lire chronologiquement mais l'un des derniers écrits, il date de 1988)

Image

Si Némésis a été le premier bouquin d'Asimov que j'ai lu , et celui qui m'a fait découvrir l'auteur, son style, que j'ai d'emblée plutôt aimé, je dirais que mon choc Asimov est venu avec ce bouquin-ci et avec l'introduction de la psycho-histoire.

Prelude à Fondation et l'aube de Fondation ont été écrits par Isaac Asimov dans les années 80 peu de temps avant sa mort, soit 37 ans après Fondation qui a fait sa renommée, or ils en sont pourtant des préquelles , que l'auteur concocta afin de relier le cycle de Fondaiton au cycle de l'Empire bien sûr. C'est un peu comme Star Wars en fait, le début a été écrit avant la fin ^^

Prelude à fondation : L'histoire :
Loin, très loin dans la Galaxie, très loin dans le temps futur ... Un futur si lointain que le seul fait d'imaginer l'humanité provenant originellement d'une planète unique relève du conte pour enfants. Hari Seldon, mathématicien originaire de la planète Helicon, a inventé la psychohistoire, il ne s'agit que d'un concept mathématique, inapplicable pour le moment et qui reste au stade de la théorie, mais qui permettrait de « calculer » l'évolution de la civilisation humaine.

Il vient donc sur la capitale de l'Empire Galactique, Trantor, pour faire part de sa découverte lors d'un congrès de mathématiques, qui a lieu tous les dix ans.

Aidé par un mystérieux ami, Chetter Hummin, qui le pousse à trouver un moyen d'appliquer cette nouvelle science, il doit fuir et se cacher sur Trantor car l'Empereur veut mettre la main sur lui, dans le but d'utiliser la psychohistoire à des fins politiques et Eto Demerzel, le fidèle et dangereux conseiller de l'Empereur , doit retrouver coûte que coûte le mathématicien avant que d'autres ne s'emparent de lui et de ses outils.

Durant sa fuite, Hari va alors parcourir plusieurs secteurs de Trantor et y faire des découvertes surprenantes...


A noter qu'on a dans ce bouquin un personnage féminin intéressant (Dors Venabili) mais j'enchaîne directement avec le bouquin suivant car à ce stade tout est vraiment lié ...


L'aube de fondation
Image

Dans ce livre, Asimov raconte le développement de la psychohistoire, mené par Hari Seldon.

Aidé par son ami Eto Demerzel, Hari travaille à l'université de Streeling sur Trantor. Subventionné par l'Empire il travaille au développement de la psychohistoire. Les progrès sont plutôt lents au début, mais Hari a bon espoir qu'un jour la psychohistoire soit applicable.


Alors à ce stade il m'est assez difficile de parler de l'histoire sans révéler ce qui en fait l'aspect jouissif (et autant je me suis permis des spoiler dans les résumés des bouquins précédents, autant je rechigne plus à le faire maintenant) Une surprise attend en tout cas le lecteur à la fin des deux bouquins, et on retrouve un personnage bien connu du cycle des robots (j'en dis pas plus ^^ )

Ces bouquins et de manière générale tout le cycle de Fondation qui forme un tout sont vraiment intéressants à lire pour le concept de la psycho histoire, cette théorie qui permet de prévoir l'avenir mais sur la base de probabilités !!! Dans ces deux romans, Hari Seldon prépare l'avenir et peaufine sa théorie et sa connaissance des hommes , qui vont lui permettre après sa mort ni plus ni moins d'engendrer une nouvelle naissance pour l'Empire galactique qui est à son apogée au moment de sa vie mais qui montre des signes de déclins !!!

Sa théorie prévoit tout , avec un certain pourcentage d'erreur qui augmente avec le temps, elle prévoit notamment la chute de l'Empire (qui commencera par les planètes de la zone extérieure de la galaxie) elle prévoit une période de chaos qui durera 30 000 ans, mais qui peut être réduite à mille ans seulement si Seldon parvient à appliquer son plan. Elle prévoit la renaissance future de l'Empire mais pour celà il convient de suivre un chemin précis afin de faire accoucher l'avenir et ce futur prédit dans des circonstances optimum pour éviter l'échec.

L'enjeu est révélé petit à petit et lorsqu'il meurt Hari Seldon a posé les jalons qui vont ainsi permettre à l'Humanité de suivre son cours dans la direction prédite par sa théorie, mais il ne verra jamais ce fameux futur pas plus qu'il ne pourra vérifier s'il s'est trompé ou pas. Il ne saura donc pas si son rêve s'est concrétisé et s'il a pu aider l'Humanité.

Nous autres lecteurs seront ainsi (à la lecture des livres suivants du cycle) confrontés sans cesse à une espèce de crainte de dérive par rapport à la théorie , notamment lors de chacune des fameuses crises évoquées dans Fondation.

C'est ce qui est assez émouvant dans ces livres en plus de la réflexion sur le destin, et chez ce personnage de Hari Seldon qui détient l'avenir de l'Univers entre ses mains de mortels à l'existence courte. Responsabilité écrasante s'il en est, nous ne saurons s'il a réussi ou pas qu'en lisant les livres futurs qui se déroulent des siècles après sa mort.

A l'époque ces bouquins m'avaient beaucoup fait gamberger, sur des questions comme : Que se passerait-il si un jour un scientifique inventait une telle théorie capable de prévoir l'avenir de l'Humanité à partir de conditions initiales , un peu comme dans d'autres sciences comme la Physique ... C'est assez vertigineux d'y penser. Que se passerait-il si des individus s'en emparaient à des fins personelles et non dans un but de Bien commun. Ma description paraît assez simpliste comme ça mais il faut lire les bouquins pour se rendre compte de leur profondeur, et je ne peux pas résister à l'envie d'avouer que mon personnage préféré du cycle de Fondation est LE déus ex machina dont j'ai vaguement parlé précédement si vous avez bien suivi !!! ^^

(une sorte de Mitsumasa Kido à la sauce asimovienne en somme , cf Saint Seiya ^^ )

C'est clairement pour ma part ces deux bouquins qui m'ont fait tomber amoureux de l'ensemble du cycle et qui m'ont donné envie d'aller voir plus loin dans l'oeuvre d'Asimov (qui ne contient d'ailleurs à mon sens pas que du génial, il y a certaines oeuvres plus ennuyeuses que d'autres ...) Ce sont eux en tout cas dont je garde les souvenirs les plus vifs !!

Ces bouquins sont fascinants à plus d'un titre, pas seulement parceque ça parle de destin, de théories scientifiques (et de manière intelligente, Asimov est lui-même un scientifique de métier, et ça se sent à chaque ligne contrairement à d'autres auteurs SF qui font un peu parfois de la Science fiction de pacotille avec des termes pseudo scientifiques destinés surtout à en mettre plein les mirettes mais derrière, pas grand chose parfois... Enfin je trouve mais il est vrai qu'il existe d'autres très très bons auteurs.

Il est fascinant aussi parcequ'il y a de l'action, ça parle de rencontres de civilisations (Seldon dans Prelude à Fondation visite Trantor qui est un véritable microcosme résumant un peu les mondes de la Galaxie, et va se servir de ces recherches pour peaufiner ses modèles .. ) Mais c'est décidément la fin à tomber par terre qui est fascinante , on est vraiment étonné par les dernièrs passages , un peu comme dans Saint Seiya quand on voit le pope ou Kanon enlever leur casque, la surprise est du même acabit , jouissive, mais j'en ai malheureusement déjà trop dit et pour ceux qui m'ont bien suivi j'ai peur de leur avoir gaché un peu !!

J'enchaînerai plus tard avec les autres romans du cycle , et les derniers mais un conseil LISEZ LE CYCLE DE FONDATION si vous ne connaissez pas et si vous ne devez lire que certains des bouquins d'Asimov , priviligiez ceux-ci ^^
Modifié en dernier par phoenlx le mer. juil. 11, 2007 6:51 pm, modifié 1 fois.
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Messagepar phoenlx » sam. juin 23, 2007 1:28 pm

Je fais une petite pause image dans le topic avec quelques illustrations sympatiques de Stephen Youll

Un robot du roman i,robot
Image

Ici un dessin représentant Elijah Bailay et Daneel (scène du roman Les cavernes d'acier)

Image


Un dessin à propos de l'aube de Fondation (ceux qui ont lu ou liront le livre verront à quoi ça correspond ! )
Image




Image
Hari Seldon

Davantage sur ce site : http://www.stephenyoull.com/home.html

Illustration pour Terre et Fondation ( par Michael Whelan)
Image

Tu as commencé Némésis Fabien ? il te plait ?
Modifié en dernier par phoenlx le jeu. juil. 15, 2010 9:50 pm, modifié 4 fois.
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Messagepar phoenlx » mer. juil. 11, 2007 7:27 pm

J'enchaîne avec Fondation
Le roman qui suit Prelude à Fondation, et L'aube de Fondation et qui fut le premier de ce troisième sous-cycle écrit par Asimov, bien avant les deux précédement cités. Fondation fut en effet écrit dans les années 50.

Image Image

Attention pour la suite je spoile à gogo !!!!! ( La richesse des bouquins étant difficilement explicables sans révéler des éléments de scénario)

Fondation : rappel du contexte :

Très loin dans le futur futur , l'action se situe 13 à 15 siècles après la perte de la planète berceau de l'Humanité : la Terre, dont les Hommes auraient perdu avec le temps l'emplacement dans la Galaxie de la Voie Lactée. Un empire galactique s'est formé qui englobe une bonne partie de la galaxie et regroupe des millions de mondes habités. Sa capitale, Trantor, est une ville unique couvrant une planète entière de dômes en métal ; seul le palais impérial de l'histoire n'a qu'un toit découvert, près du centre de la galaxie. Au cours du 13e millénaire de l'ère impériale, un homme, Hari Seldon, prédit au moyen d'une science dont il est l'inventeur - la psychohistoire - la chute inéluctable de cet empire et les trente mille ans de barbarie qui lui succèderont. Après cette période, un nouvel empire galactique naîtra. Seldon annonce également la création de deux fondations.

----> La première est créée sur une petite planète à l'extrémité de la galaxie, Terminus.

----> L'autre se trouve à l'autre bout de la galaxie, à Finistelle ("Star's end" en anglais).

Celles-ci permettront de réduire la durée de l'interrègne entre les deux empires à mille ans.

Là je viens de résumer surtout ce qu'on savait en gros à la lecture des deux précédents bouquins. Dans Fondation , on SUIT l'Histoire futur et une partie de la période de Chute de l'Empire galactique annoncée. Seldon est mort depuis des années mais le lecteur est entraîné sur la planète Terminus (qui comme son nom l'indique est située près des frontières du vaste empire) et est entraîné au milieu de ces protagonistes de la Fondation première du nom que le savant a créé et qui est censée sauver l'Humanité.

Avant sa mort , Hari Seldon fut jugé et exilé lui-même sur Terminus avec son équipe. Le but de cette expédition est la rédaction d'une Encyclopedia Galactica qui regrouperait toutes les connaissances de l'humanité afin de préserver son savoir lorsque commencera l'ère de barbarie.

Lorsque les provinces autour de Terminus commencent à se proclamer royaumes indépendants les unes après les autres, la Fondation se sent bien isolée malgré son statut de protectorat de l'Empire. Salvor Hardin, maire de Terminus, entre en action pour préserver l'indépendance de sa planète, tandis que l'influence de l'Empire se fait de moins en moins sentir. Au plus fort de la crise, le jour anniversaire de la Fondation, un hologramme d'Hari Seldon, mort depuis des lustres, apparaît dans le caveau. Il apprend alors à ses auditeurs que l'Encyclopédie n'était qu'un prétexte pour permettre la création de la première fondation sans éveiller les soupçons. Il annonce également qu'il réapparaîtra lors de chaque nouvelle crise future, lorsque, selon les lois de la psychohistoire, les hommes de la Fondation seront confrontés à une solution unique pour sortir de la crise.

Le décor est planté , j'en dis pas plus, le bouquin décrit justement plusieurs de ces crises. Cinq en l'occurrence, ce qui donne lieu à 5 histoires espacées chacunes de plusieurs siècles.


Fondation et empire
(écrit en 1952, un an après Fondation)
Image

Synopsis :

Nous sommes maintenant à l'aube du XIVème Millénaire ; L'Empire est en plein déclin et les tentatives de Bel Riose, un général en mal de gloire n'y changeront rien. La Fondation - Terminus I quant à elle devient de plus en plus puissante. Mais aveuglée par ses victoires et la certitude, que lui a donnée Seldon, de son invincibilité, elle est non seulement mal gouvernée et infestée d'espions et de résistants, mais aussi en pleine décadence.
C'est alors que surgit un nouveau, qu'on appelle Le Mulet, mais que personne n'a jamais vu et dont on ne sait rien. Les prédictions de Seldon n'ont pas pu prendre en compte ce dernier.

Celui-ci s'est emparé d'importantes planètes. D'abord méprisant, le gouvernement de Terminus commence à redouter le pire, car on vient de découvrir que ce Mulet est un Mutant qui a le pouvoir de modifier à son avantage les émotions des hommes. C'est ainsi que, peu à peu, toutes les planètes -y compris Terminus- se laissent vaincre sans résistance.
Cependant, quatre " opposants " vont échapper à cette passivité et parcourir la galaxie à la recherche d'une nouvelle terre. Mais leurs chances de réussir semblent minces car le pouvoir du Mulet s'étend partout...

Leur voyage les conduira jusqu'à la Bibliothèque Impériale de Trantor où ils découvriront qu'une seconde Fondation aurait été mise en place comme roue de secours... Cette seconde Fondation sera l'objet central du roman suivant du cycle.



Seconde Fondation
( écrit par Asimov en 1953)

Image

La première Fondation est définitivement tombée. Le Mulet veut maintenant étendre son pouvoir aux vestiges de l'Empire, mais les rumeurs concernant l'existence d'une Seconde Fondation lui font peur. Cette dernière existe bel et bien, et tente de le contrer ou de le contrôler pour éviter des déviations irréversibles dans le Plan Seldon. En effet, ce plan ne vise pas à assurer la suprématie des élites de Terminus mais bel et bien de cette Seconde Fondation, qui pourra ainsi hériter d'une vaste institution et fonder une société vouée au mentalisme. En cela, l'ignorance de la Première Fondation sur leur infériorité et leur destin devient capitale.

Les mentalistes sont des êtres spéciaux ayant des pouvoirs psychiques. Dans son roman Némésis (que j'ai décrit plus haut , et qui est à part du cycle global d'Asimov mais en même temps un peu lié comme je l'avais expliqué) on trouvait déjà un exemple de ces personnes capables de communiquer entre elles mentalement et parfois de communiquer avec des planètes (en l'occurrence la petite fille héroïne de Némésis) Les habitants de la Seconde Fondation possèdent tous ce pouvoir.

Pour contrer cette dernière, le Mulet prend donc contact avec un espion de la Seconde Fondation, Bail Chanis et tente de lui soutirer des informations pour enfin connaitre le nom de la planète qui abrite cette mystérieuse Seconde Fondation et l'anéantir.

Même si maintenant les habitants de la Première Fondation savent qu'une Seconde (plus portée sur les sciences mentales) veille sur eux, la peur et le doute sont toujours présents.
L'avenir de la Seconde Fondation et donc de l'humanité serait peut-être entre les mains d'une enfant de 14 ans : Arcadia Darell.



Voilà pour le décor. Ce roman marque vraiment une étape charnière dans le cycle d'Asimov avec l'apparition des mentalistes. On peut dire que pour la première fois l'aspect très Science fiction , très rationnel et logique, est mêlé de fantastique. Au début personnellement ça m'avait surpris, même un peu choqué, mais avec le recul j'aime beaucoup.

Les mentalistes ont le pouvoir de détecter les émotions humaines et de les modifier sensiblement. Cependant ils répugnent à recourir à ces méthodes, préférant interférer le moins possible. Cette Fondation est également constituée de mathématiciens. Son but est de préserver le plan Seldon à l'insu de la Première Fondation. Contrairement à cette dernière, elle a hérité de TOUTES les connaissances d'Hari Seldon sur la psychohistoire. Le nombre de ses membres, conformément aux principes de la psychohistoire, est le plus petit possible.

Les deux Fondations sont supposées être complémentaires et indispensables à la mise en œuvre du plan, mais elles finissent par s'affronter, la première s'estimant assez forte pour fonder le Second Empire sans l'aide de la seconde.
Modifié en dernier par phoenlx le jeu. juil. 15, 2010 9:26 pm, modifié 5 fois.
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Messagepar phoenlx » lun. janv. 14, 2008 12:15 pm

Tiens j'avais pas terminé mon topic en présentant les derniers bouquins du cycle (Fondation foudroyée et Terre et fondation) avant celà et parceque c'est un élément qui devient central à mesure que la fin approche j'en profite pour rappeler les trois lois de la robotique ultra célèbres (et connues de tous les fans d'Asimov dès les premiers bouquins du sous-cycle : Les robots) :


3eme loi: un robot se doit de protéger son existence sauf si cela va a l'encontre de la seconde ou première loi
2eme loi: un robot se doit d'obéir a tout ordre d'un humain sauf si cela va a l'encontre de la première loi
1ere loi: un robot ne fera jamais de mal a un être humain ni quoi que ce soit pouvant lui porter préjudice


En fait, il apparaît dans le Cycle Fondation une Quatrième loi !

loi zéro: un robot a le droit de faire du mal a un être humain si cela aide a la préservation de l'espèce humaine en général

Quatrième Loi mise en place par le robot R.Daneel Olivaw lui-même, le dernier des robots (qui accompagnait déjà Elijah Bailay lors de ses enquêtes dans les premiers romans assimoviens, et qui se révèle être le ministre de Trantor qui influence Hari Seldon (et donc tous les évènements à venir du Cycle Fondation ) dans les passages du troisième cycle.

En réalité, à cause d'une erreur de fabrication, Daneel a développé la faculté d'apprendre des choses des comportements humains, il peut parfois même lire dans les pensées voire d'influencer subtilement les actions des hommes (c'est ce qu'il fera avec Seldon en l'influençant)

Un robot psychologue en quelque sorte. Et grâce à cette faculté il est parvenu à se "reprogrammer" en ajoutant la Quatrième loi (la loi zéro ! ), en tenant compte de tous ses acquis. Bien sûr il a tenu compte de sa très longue expérience (n'oublions pas qu'il a vu défiler des millénaires d'Histoire de l'Empire Galactique sous ses yeux !! )

Image

Image


Je suis content on m'a prêté le film I,robot hier, qui correspond à l'adaptation d'un des premiers tomes du cycle des robots, je vais pouvoir me le remater ^^ J'avais été déçu par le film par rapport au bouquin (et des nombreuses libertés prises sur le scénario) mais ça fait toujours plaisir de retâter un peu du Asimov !! J'aimerais bien qu'ils poursuivent la Saga cinématographique ! Personne a des news?
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Messagepar doudou1982 » dim. févr. 24, 2008 4:45 pm

J'ai tellement aimé I Robot que je vais me faire le livre plus tard ! Je sais je fais toujours tout dans le désordre :D

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Messagepar phoenlx » dim. févr. 24, 2008 5:35 pm

Ah oui je pense que tu aimeras (pour moi le livre dépasse vraiment le film, mais en fait il est pas vraiment pareil. Ne t'attend pas trop à retrouver le film. c'est à double tranchant si tu as aimé.

En fait j'ai trouvé que le film (tout en étant un divertissement sympatique) était une mauvaise adaptation, le film était assez peu assimovien par essence. Je pense que tu comprendras ce que je veux dire quand tu l'auras lu.
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Messagepar doudou1982 » dim. févr. 24, 2008 5:48 pm

J'ai déjà eu la surprise avec Je suis une légende donc je m'attends plus ou moins à la même chose avec celui là lol

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Messagepar phoenlx » dim. févr. 24, 2008 5:54 pm

Asimov en fait c'est toute une saga, l'intérêt c'est surtout de lire tous les livres de la série des Robots, de l'Empire , et de Fondation (moi mes préférés sont Fondation) + certains romans extérieurs au méga cycle mais qui peuvent presque s'y rattacher (Némésis)

Si tu aimes bien je te conseille d'enchaîner avec les autres, c'est bien aussi d'embrasser l'histoire globalement et d'appréhender toute l'histoire future jusqu'au dernier roman (Terre et Fondation) moi ya un robot que j'adore dans son cycle c'est R Daneel Olivaw ; et il est présent dès les tous premiers bouquins dans le cycle des robots, jusqu'aux tout derniers (le cycle de fondation) ou il fait d'ailleurs un come back assez intéressant alors qu'on le croyait disparu. Et puis son rôle s'avère en fait être centrale (c'est un peu ce genre de personnages qui tire les ficelles, à la Kanon ou Mitsumasa Kido dans Saint Seiya , qui est un peu derrière toute la trâme ! Mais j'en dis pas plus pour pas trop dévoiler (mes résumés ci-dessus le font d'ailleurs !!! )
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Messagepar doudou1982 » dim. févr. 24, 2008 5:58 pm

Oui je pense que je fairais ca, d'abord je vais me faire les 2 autres de Matheson et apres je pense ce sera au tour d'Asimov 8)

J'ai pas vu de smiley qui bounce ca me manque ca en tant que floodeur :roll:

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Messagepar phoenlx » dim. févr. 24, 2008 6:03 pm

qui bounce ?
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Messagepar phoenlx » dim. août 31, 2008 3:30 pm

Mince je suis en train de voir que j'avais laissé en plan mon topic asimovien, j'en profite histoire de faire complet au moins avec le cycle Fondation pour décrire les deux derniers romans du cycle (et parler de Gaïa car c'est très intéressant)

je résume ce qu'on a déjà vu dans le topic : On a vu les 5 premiers romans du cycle ( Prélude à fondation, l'aube de fondation, Fondation, Fondation et empire, seconde fondation)
Le cycle Fondation faisant lui-même suite au cycle des robots et au cycle de l'empire (avec certains romans du maître parfois réputés "indépendants" comme Némésis pouvant parfaitement s'intercaler et être considérés comme faisant partie de l'ensemble.

Il nous reste à voir les deux derniers tomes de Fondation :
* Fondation foudroyée
* Terre et Fondation

Fondation foudroyée

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Celui-ci a été écrit en 1982 ; A l'instar du suivant (Terre et Fondation) il arrive donc à la fin de la vie d'Asimov, bien après les trois premiers romans du cycle qu'il a écrit dans les années 50 , et après qu'il se soit pas mal consacré à d'autres écrits. Ils sont d'ailleurs beaucoup plus volumineux et Asimov les a rajouté un peu pour contenter les fans qui le pressaient de faire une suite à Fondation au départ (il est vrai que le trio des premiers livres était jusque là considéré un peu comme une trilogie avec une cohérence propre) mais personnellement, je trouve que sans ces deux derniers (et malgré peut-être des défauts) le cycle et même peut-être toute l'oeuvre d'Asimov perd de sa saveur. Fondation foudroyée a d'ailleurs obtenu en 83 le prix Hugo du meilleur roman de SF.

Voyons le scénario (évidement comme souvent bourré de spoilers) :

Comme on a pu le voir si on a lu les romans précédents, le Mulet a fini par être contré et désormais l'avenir du Second Empire galactique en germe semble assuré grâce à la préservation de la Première Fondation (celle basée sur Terminus) et l'existence de la Seconde, qui veille sur elle ( mais plus en secret, les évènements du Mulet l'ont malheureusement révélé à ceux de la première .. )

Officiellement, à la fin du tome précédent, la Seconde Fondation est censée avoir été détruite. mais un conseiller de Terminus ( Golan Trevize) sorte d'aventurier de l'espace qui va devenir le héros de l'histoire, soupçonne le contraire. Pour l'empêcher de répandre cette rumeur en apparence infondée et qui pourrait s'avérer dangereuse, mais aussi en vue d'obtenir la vérité, la maire de Terminus l'exile donc dans la galaxie avec un scientifique : Janov Pelorat, un chercheur en quête de la mystérieuse planète des origines (la Terre , que l'Humanité a presque totalement oublié et qui ne fait l'objet que de légendes chez certains)

Le roman concerne donc essentiellement cette quête alors que de son côté, la mystérieuse Seconde Fondation lance un de ses agents aux trousses de cet indiscret enquêteur. Alors commence une course-poursuite effrénée qui va déboucher sur une surprise : les Robots .. mais pas seulement : on apprend aussi et surtout à travers lui l'existence d'une troisième entité qui semble gouverner en secret le destin des deux Fondations : cette entité se nomme Gaïa et on en apprend plus sur eux dans le roman suivant. Dans ce roman, encore une fois très riche en rebondissements, les mentalistes se révèlent enfin et sont assez fascinants. A la fin du roman, Golan Trevize devra opérer un choix cornélien ; Avant d'en dire plus et de décrire plus en détail Gaïa, j'évoque brièvement le dernier roman du cycle : Terre et Fondation.


Terre et fondation

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Scénario :

La Terre. Tout porte à croire que le légendaire berceau de l'humanité se trouve au coeur d'un vaste plan à l'échelle galactique, destiné à garantir en coulisses la pérennité de la civilisation: une synthèse parfaite entre le matérialisme de la Première Fondation et le mentalisme de la Seconde, mise en oeuvre par une mystérieuse puissance. Mais comment trouver une planète que beaucoup croient mythique, et dont toute trace a inexplicablement disparu des archives galactiques?



Pour bien saisir l'intrigue et l'aspect métaphysique sous-jacent de ces deux derniers romans, il convient quitte à spoiler de décrire un peu Gaïa. Bon wikipédia décrivant très bien les choses je fais du copie coller brut :

Gaïa est une planète colonisée très tôt dans l'histoire de la formation de l'empire Galactique. On sait qu'elle a été peuplée de Spaciens, les habitants de la première vague de colonisation (voir le cycle des robots). Ce sont justement les robots qui les ont « éduqués » : ils leur ont appris à se servir de pouvoirs mentaux. Ainsi, les habitants, livrés à eux mêmes une fois les robots disparus, ont développé leurs nouveaux pouvoirs. Ils ont étendus leur champ d'application aux animaux, aux plantes, aux roches, et finalement à la planète toute entière.

Fonctionnement de Gaïa

L'ensemble de la planète est vivante, et communique entre tous ses membres. L'individualité a diparu, et tous ses membres se présentent sous la forme : « Je/Nous/Gaïa ». De même, les décisions sont prises par toute la planète sans que l'on puisse trouver qui en est à l'origine. Il n'y a évidemment pas de conflit possible sur une telle planète. Toutes les informations de Gaïa depuis son développpement sont conservées dans la mémoire collective, de sorte qu'aucune donnée n'est perdue. Les roches sont souvent mises à contribution pour ce travail, malgré le contact plus délicat à obtenir. Enfin, le climat de la planète est auto-régulé : chacun sait qu'il va pleuvoir à tel endroit à tel heure, car il y a besoin d'eau. On rejoint ici la conception finaliste des causes d'Aristote.

Politique de Gaïa

On sait que Gaïa s'est tenue isolée de toute association, groupe. La planète n'a jamais signé aucun traité, et ne fit pas partie de l'empire. Pour autant, personne n'a jamais pris contact avec les Gaïens, ceux-ci créant une atmosphère mentale d'étrangeté et d'insolite aux planètes voisines. Les histoires de personnes qui sont parties à la recherche de cette planète pour la visiter sont nombreuses et s'accordent sur le même point : les explorateurs ne sont jamais revenus.

Gaïa et Fondation

Gaïa a pris connaissance du Plan Seldon, et du nouvel empire qui se développerait. La planète sait en outre où se trouvent les membres de la seconde Fondation, car ils détectent leurs ondes mentales croissantes, relatives au développement des pouvoirs mentaux de ses membres. Gaïa a alors pris la décision de s'immiscer dans le Plan Seldon. La planète possède une connaissance élévée de la psychoshistoire, et ses pouvoirs sont beaucoup plus importants que ceux des membres de la seconde Fondation. Chaque Gaïen sert de relais à un tel pouvoir, et toute la puissance mentale de la planète se concentre en un seul individu. De plus, les modifications effectuées sur les esprits sont beaucoup trop ténues et indécelables pour être remarquées sans un examen attentif par un membre de la première et de la seconde Fondation.

Gaïa décide donc d'orienter le futur empire : la planète réduit les interférences du plan, causées en outre par le Mulet. Mais elle se demande quelle galaxie sera la plus apte à voir prospérer les êtres humains ? Celle de la Fondation, technologique et démocratique (donc potentiellement instable politiquement) ; le monde froid des psychohistoriens, qui se plaçent en maîtres de la galaxie, tirant les ficelles du pouvoir derrière la première Fondation ; ou une galaxie entière sur le modèle de Gaïa, vivante, reliée et unie. Pour répondre à cette question, la planète provoque une rencontre : par d'infimes ajustements, l'orateur membre de la seconde Fondation Stor Gendibal, le maire Branno de la première Fondation et Golan Trevize. C'est sur ce dernier que Gaïa fait porter son espoir : Trevize est doué d'une capacité d'intuition hors du commun et peut ainsi prendre des décisions en l'absence d'éléments significatifs.

Gaïa demande donc l'arbitrage de la question à Trevize. Les trois parties (Première et Seconde Fondation, Gaïa) s'exprimant chacune à leur tour pour tenter de convaincre Trevize. Celui-ci fait finalement porter son choix sur le monde selon Gaïa, sans qu'il puisse l'expliquer. Cependant, Trevize se demande pourquoi il a fait ce choix. La recherche de la réponse est l'objet de tout le dernier tome du Cycle de Fondation. Trevize part pour cela à la recherche de la Terre. À la fin du livre, il comprend son choix : si un jour la galaxie était en contact avec des membres d'une autre galaxie, alors il y aurait sans doute des combats. Et si ces « hommes » étaient plus forts que nous ? Alors seule une cohésion de toute la population comme peut le proposer Gaïa nous permettrait de survivre et de lutter.

Galaxia

Galaxia est le système galactique choisi par Golan Trevize dans Fondation Foudroyée, d'Isaac Asimov. Ce système a été opposé aux deux versions du Second Empire Galactique. Celui de la première Fondation reposait sur les armes et la domination technologique, à l'image du Premier Empire. Celui de la Seconde Fondation aurait été gouverné par les Seconds Fondateurs et la mentalique.

Galaxia est un tout unique, une conscience globale à l'échelle de la galaxie, où l'individu n'est rien de plus qu'une partie de cet ensemble, qui partage une conscience et des connaissances accessibles à n'importe quel individu ou être.

Ce système est celui choisi par Gaïa.



Maintenant qu'on a évoqué tout ça on va revenir un peu plus en détail sur le scénario de Terre et Fondation (que j'ai juste survolé de très haut jusque là ) :

Golan Trevize est tourmenté par son choix, car il juge que l’appartenance à un super-organisme constitue la perte de l’intimité et la disparition de l’indépendance des individus (comme Hari Seldon en son temps). Il ne voit cependant aucune meilleure solution à son choix.

Dom, un Gaïen, lui assure que celui-ci peut être modifié, mais il sent que la Terre a quelque chose à voir avec cette incertitude puisque les données concernant la Terre ont été effacées. Il repart alors avec Janov Pelorat et Joie pour la trouver, mais l’atmosphère est tendue entre lui, qui s’indigne contre les désavantages de Gaïa, et Joie, qui en vante les mérites.

Ils décident donc de commencer leurs recherches en visitant le secteur de Comporellon, un des plus vieux secteur de la galaxie. Compor, ancien ami de Golan Trevize, leur avait dit qu’ils pourraient y trouver la planète des origines (Voir Fondation foudroyée). Cependant, une légende provenant de ce secteur affirme que la Terre est maintenant inhabitable à cause de la radioactivité.

Arrivé à Comporellon, les héros se font arrêter par le gouvernement local car Harlan Branno, Maire de la Fondation est à la recherche du vaisseau gravitique, à la fine pointe de la technologie, que la Fondation avait offert à Golan Trevize pour compléter sa mission. Avec l’aide de Joie, qui inhibera certains tabous du Ministre du Transport de Comporellon Mitza Lizalor, Golan Trevize se servira de son charme pour assouvir ses instincts ainsi que ceux de Mitza Lizalor pour l’amadouer et poursuivre sa quête avec son vaisseau.

Mais avant de repartir, les trois héros rencontreront un chercheur de Comporellon du nom de Vasil Deniador, qui leur donnera les coordonnées des trois planètes colonisées par les « Spatiaux ».

Les trois héros explorent les trois planètes colonisées par les « Spatiaux », descendants de la première vague de colons à avoir quitté la Terre. Sur le deuxième monde, ils rencontrent Sarton Bender, un Solarien. Ils échappent de justesse à la mort grâce à Gaïa/Joie et emmènent avec eux Fallom. Sur le troisième monde, déserté, ils retrouvent notamment les coordonnées des cinquante mondes spatiaux. Après un détour par une planète nommée Alpha orbitant autour de l'étoile Alpha du Centaure, les protagonistes trouvent enfin la Terre, malheureusement réduite à l’état de désert radioactif. Suivant son intuition, Golan Trevize décide de chercher la réponse à ses questions sous la surface de la Lune : ils y découvrent le robot anthropomorphe R. Daneel Olivaw, qui révèle avoir orchestré la suppression des informations relatives à l’existence de la Terre ainsi qu’avoir organisé en sous-main la création de Gaïa, qui est en fait constituée d’habitants à qui l’on a inculqué les trois lois de la robotique.

Le robot explique avoir attiré le groupe à cet endroit car il souhaite assurer sa survie pour encore quelques siècles afin de mettre en place Galaxia. Il a besoin pour cela de faire fusionner son cerveau avec celui de l’enfant récupéré sur un des mondes spatiaux (Fallom). Celle-ci accepte, et Golan Trevize comprend alors que la psychohistoire et le Plan Seldon reposent, en plus des deux conditions déjà énoncées (nombre assez important d’individus et absence d’informations sur l’étude pour ceux-ci), sur l’évidente troisième hypothèse affirmant que l’homme est la seule espèce influente. Il prend conscience que sa galaxie n’est pas la seule, qu’elle est accessible par l’hyperespace, et qu’une union sans crise interne est nécessaire pour assurer son éventuelle défense contre des envahisseurs extra-galactiques. Il termine sur une interrogation sur leur présence peut-être déjà effective ou imminente dans la Galaxie.
Modifié en dernier par phoenlx le jeu. juil. 15, 2010 9:21 pm, modifié 2 fois.
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Messagepar phoenlx » dim. janv. 04, 2009 12:25 pm

Je suis en train de me lire Tyrann ( le seul roman d'Asimov que j'avais jamais lu) pour l'instant je trouve que c'est assez sympa
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Messagepar phoenlx » lun. juin 08, 2009 3:19 pm

Avec pas mal de mois de retard je découvre le scoop catastrophique tombé apparemment en Janvier dernier

Ce serait Roland Emmerich qui va adapter Fondation (Pourquoi personne me l'avait dit ? )

ceci dit, valait mieux que je le sache pas, je suis dépité ça sent l'énorme daube je suis déçu, dire que c'était ma deuxième grosse attente pour la prochaine décennie :roll:

Fondation, le livre de science-fiction culte d'Isaac Asimov pourrait bien devenir un film très prochainement. En effet, selon Variety Sony Columbia aurait acquis les droits d'adaptation de ce livre phare de la SF. Et à peine signé le film aurait déjà un réalisateur en la personne de Roland Emmerich. On doit à ce dernier des films comme Le jour d'après, Godzilla ou Independence Day. Autant dire que ce metteur en scène est capable du meilleur comme du pire et l'on attend déjà avec impatience son prochain film intitulé 2012.




ce réalisateur est souvent consternant, ça va être le big navet je sens :roll:
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Messagepar Doctor Jones » ven. févr. 12, 2010 5:18 pm



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