Les grandes épopées japonaises sur la guerre des Genpei

Culture asiatique au sens large, littérature et Histoire japonaise, chinoise, Histoire des pays d'extrême Orient, arts asiatiques, calligraphie, univers des samouraï, etc.
phoenlx
Maître de l'Olympe
Maître de l'Olympe
Avatar du membre
Messages : 299149
Enregistré le : ven. mars 12, 2004 11:41 pm
Localisation : région parisienne
Gender :
Contact :

Les grandes épopées japonaises sur la guerre des Genpei

Messagepar phoenlx » ven. août 20, 2010 11:38 pm

Je lance un topic sur les grandes épopées japonaises se déroulant durant la fameuse guerre des Genpei, au 12ème siècle, et qui racontent la lutte pour le pouvoir entre les clans Minamoto et Taira
( Merci au livre Le crépuscule des samouraï de Julien Peltier qui m'a titillé sur cette période, en fait si j'en parle c'est avant tout parceque ce sont parmi les oeuvres les plus connues et magistrales de la littérature épique japonaise , c'est un peu comparable à l'Iliade et l'Odyssée la-bas, et parceque j'ai envie d'entreprendre prochainement la lecture de ces récits ( Si j'en crois mes pérégrinations dans les FNAC - où les oeuvres sont difficiles à trouver et parfois incomplètes - le nombre de volumes est énorme et la lecture se chiffre en plusieurs milliers de pages, je lance donc un petit topic à l'aide de copiers collers pour faire découvrir à ceux qui les ignoraient ces oeuvres capitales pour la culture asiatique, et aussi en fait parcequ'après j'aurais justement une question cruciale à poser à ceux qui les auraient éventuellement lu ^^ )

Parmi ces oeuvres on a notamment le dit de Hôgen, le dit de Heiji et le dit des Heike

Image

Image

Quatrième de couverture pour le dit des Heike :
C'est dans les années cinquante du XIIe siècle que commence cette histoire. Le japon vient de connaître la période la plus brillante de sa civilisation, et deux groupes mènent le jeu politique: la Cour, dominée par les Fujiwara, et les clans que l'on dira militaires, les Taïra et les Minamoto à leur tête, rivaux mais pas encore ennemis déclarés. Ces récits épiques relatent une véritable révolution, à savoir l'éviction des Fujiwara, l'intrusion de la force brutale dans la dévolution du pouvoir, l'irruption de la province dans les affaires de la Ville, la naissance enfin d'une classe féodale qui va contester le pouvoir central pendant des siècles. Le Dit de Heiji s'achève par la prise de pouvoir des Taïra dont la grandeur et la chute sont narrées dans le Dit des Heiké où on les verra après vingt ans de pouvoir sans partage, vaincus à leur tour et supplantés par les Minamoto. Ces récits, réunis dans la trilogie dont voici en deux volumes le texte intégral, seront la source à laquelle puiseront, pendant des siècles, les romanciers et les dramaturges. Ils étaient colportés par des aveugles, les « moines au biwa », qui les racontaient partout, village ou château, à travers l'archipel tout entier. Et ces thèmes sont restés si vivants, que ceux qui ont pris la place des diseurs ambulants y puisent aujourd'hui encore la matière d'interminables feuilletons télévisés. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.


Voici ce que nous raconte wikipédia sur le dit des Heike avec une petite analyse rapide des thèmes qui s'y inscrivent :

Heike Monogatari (平家物語, heike monogatari?), c’est-à-dire « le Dit des Heike », est une épopée qui raconte la lutte entre les clans Minamoto et Taira au XIIe siècle pour le contrôle du Japon, dont le point culminant est la bataille de Dan-no-ura. Recueillis de la tradition orale en 1371 et considérée comme l'un des grands classiques de la littérature japonaise médiévale, elle est un produit de la tradition des Biwa hōshi, bonzes aveugles qui sillonnaient le pays et gagnaient leur vie en récitant des poèmes épiques tout en s'accompagnant au biwa (luth).

Le thème central de l'histoire est le récit de la chute des puissants Taira, le clan de samouraïs, qui, après avoir défait les Minamoto en 1161, étaient si consumés par la haine qu'ils semèrent les graines de leur propre destruction et furent finalement vaincus par des Minamoto revitalisés en 1185. Ce thème est très bouddhique - c'est une leçon de morale au sujet de l'attachement aux désirs temporels. En dépit de la nature complexe et sanglante de la majeure partie de cette épopée, le thème primordial laisse à penser que le but du travail était l'expiation des âmes de ceux qui sont morts dans les grandes batailles décrites.

Ce récit est découpé en épisodes destinés à être récités au cours d'une séries de veillées nocturnes. C'est principalement une épopée samouraï, centrée sur le code d'éthique du bushido, mais inclut également un certain nombre d'histoires d'amour qui renvoie à la littérature plus ancienne de l'ère Heian.

Le Dit est globalement divisé en trois sections. La figure centrale de la première est Taira no Kiyomori, décrit comme arrogant, maléfique, sans pitié et tellement consumé par les feux de la haine que son corps fiévreux ne refroidit pas une fois immergé dans l'eau. Le personnage principal de la seconde section est le général Minamoto no Yoshinaka. Après sa mort le troisième et dernier personnage principal est le grand samouraï Minamoto no Yoshitsune, génie militaire qui est faussement accusé par son frère aîné, le rusé politicien Minamoto no Yoritomo.

Le Dit des Heike a fourni le matériau de base pour nombre de travaux artistiques ultérieurs, surtout des pièces de théâtre nô, de kabuki, et des ukiyo-e.





Le Shin Heike Monogatari
( La chronique des Heike)


En fait je voulais enchainer ce post d'intro du topic avec la présentation d'un autre livre (qui me tente beaucoup aussi) : La chronique des Heike ; un livre écrit à l'époque moderne dans les années 70 par le célèbre romancier japonais Eiji Yoshikawa ( c'est lui qui est entre autre aussi l'auteur du fameux roman fleuve Musashi ( La pierre et le sabre et la parfaite lumière ) livre sur le fameux samouraï , inspirateur entre autre du manga Vagabond et tant d'autres oeuvres ; L'ayant lu et adoré, le livre qui suit , qui s'inscrit aussi dans le cadre de la guerre des Genpei et qui s'inspire du dit des Heike me tente aussi beaucoup, vous vous en doutez ! et comme c'est le même contexte une petite présentation s'impose

Image

présentation du site du clan Takeda :

Récit d'une vie riche en émotions, la chronique des Heike relate les faits et gestes de Heita Kiyomori, jeune guerrier du clan Heike, que Eiji Yoshikawa nous conte telle une romance avec une fidélité historique. Tout d'abord document officiel, puis roman public, la Chronique des Heike est le récit d'une grande aventure dans laquelle Kiyomori est à la fois acteur et victime. D'origine noble, ce jeune homme est confronté à la dureté, la froideur et la lâcheté de la cour de Kyoto, capitale du Japon en ces temps et doit s'armer de courage face aux nombreuses épreuves qui l'attendent sur la voie de la gloire. Ce roman, difficile à résumer tant il est dense, créé un décor tragique, presque théâtral, où se mêlent guerre et passions, honneur et lâcheté.

La dame de Gion — résumé de l'histoire

La chronique des Heike raconte la vie d'un jeune homme de dix-huit ans, Heita Kiyomori, vivant dans un foyer avec un père effacé, nostalgique et dominé par une femme expansive et capricieuse, ex-courtisane de l'empereur, qui ne cesse de regretter les temps passés. Portant le fardeau de ses origines, il apprend de son ami puis d'un de ses serviteurs, qu'il n'avait apparemment pas été conçu par son père officiel, Tadamori, mais par un vieux prêtre…

Au départ de sa mère, Tadamori et son fils sont appelés par l'ex empereur retiré, Toba, pour assurer sa garde. Un tournant se joue alors dans la vie de Kiyomori, dans Kyoto, ville étrange où se mêlent quartiers populaires et haute bourgeoisie…


Eaux troubles dans les vieux marécages — critique du livre

La chronique des Heike illustre à la perfection la vie quotidienne du Japon, les tourments de la bourgeoisie et du petit peuple, les disparités sociales, les guerres et amours de la cour. Dans un contexte politique tendu, les inégalités dans les classes sociales se creusent… vient alors le moment des révoltes, la peur du lendemain, la lutte pour la survie. De l'autre côté du gouffre, la bourgeoisie se laisse aller aux intrigues de cour et aux rumeurs les plus grotesques, car la séparation entre les dirigeants des régions et les régions elles-mêmes empêchait ceux-ci d'exercer convenablement leurs fonctions, créant une sorte de bulle d'où émergent tous les excès et toutes les dérives : gouvernement composé de guerriers craignant les combats et de responsables déléguant leurs fonctions pour devenir de simples privilégiés . Ce qui, de plus, ne tarde pas à attiser la jalousie du petit peuple, tel un rameau de fleurs de cerisiers coupé de sa branche.
Un autre aspect développé par cet ouvrage, lié aux événements cités plus haut, est celui de la complexité, de la froideur et de la brutalité des relations entre gens de la cour de Kyoto, qui utilisent le moindre prétexte pour laisser libre cours à leur colère et leur ennui sur un quelconque seigneur infortuné. Ainsi naît un climat de haine extrême où tous les moyens sont bons pour gagner du pouvoir et mieux asseoir ses positions dans le but de préparer une guerre que tous les seigneurs et gens de la cour savent imminente.

Dans une « agitation immobile » où tous les bourgeois sont acteurs, victimes et coupables, le climat d'extrême tension pèse sur l'archipel nippon, tel un sabre prêt à s'abattre sur le Japon à la moindre discordance. Un très grand classique de la littérature japonaise.

Japonforever

paru aussi aux éditions Albin Michel avec cette couverture

Image

La question que je me pose tout bêtement avant d'aborder ces oeuvres très denses c'est : quel ordre est préférable ? :shock:
je suis bien tenté par le livre de Yoshikawa surtout pour connaitre le style de l'auteur depuis Musashi qui est très prenant, mais en même temps il est peut-être préférable de lire l'épopée "classique" , celle qui inspire yoshikawa vous en pensez quoi ( si certains ont lu ces oeuvres ? )
Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains (Albert Einstein)
Qu'importe la destination c'est le voyage qui compte
Notre histoire deviendra légende
Force et honneur !

phoenlx
Maître de l'Olympe
Maître de l'Olympe
Avatar du membre
Messages : 299149
Enregistré le : ven. mars 12, 2004 11:41 pm
Localisation : région parisienne
Gender :
Contact :

Re: Les grandes épopées japonaises sur la guerre des Genpei

Messagepar phoenlx » mer. août 23, 2017 5:50 pm

Une petite vidéo qui présente la légende des crabes Heikegani (considérés comme surnaturels)
ceux parmi vous qui connaissent le Heike Monogatari doivent connaitre :mrgreen:

Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains (Albert Einstein)
Qu'importe la destination c'est le voyage qui compte
Notre histoire deviendra légende
Force et honneur !

phoenlx
Maître de l'Olympe
Maître de l'Olympe
Avatar du membre
Messages : 299149
Enregistré le : ven. mars 12, 2004 11:41 pm
Localisation : région parisienne
Gender :
Contact :

Re: Les grandes épopées japonaises sur la guerre des Genpei

Messagepar phoenlx » jeu. oct. 05, 2017 1:40 am

une brillante critique du dit des Heiké par le youtubeur nebalia !

Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains (Albert Einstein)
Qu'importe la destination c'est le voyage qui compte
Notre histoire deviendra légende
Force et honneur !


Retourner vers « Culture et cinéma asiatiques »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité