Equals (Drake Doremus, 2015)

La Science-fiction au cinéma, en littérature, voire en BD : sagas futuristes, space opera, cyberpunk, dystopies, uchronies, récits post apocalyptiques ...
Aethelthryth
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Equals (Drake Doremus, 2015)

Messagepar Aethelthryth » sam. janv. 28, 2017 7:50 pm

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Dans un monde où les sentiments sont considérés comme une maladie à éradiquer, Nia et Silas tombent éperdument amoureux. Pour survivre, ils devront cacher leur amour et résister ensemble.


Dans cette société dystopique les maladies n'existent plus mais les sentiments humains ont également été éradiqués étant considérés comme une plaie, et les gens qui commencent à en développer sont aussitôt pris en charge afin d'être soignés. C'est justement ce qui arrive à Silas (Nicholas Hoult) qui tombe peu à peu amoureux de Nia (Kristen Stewart), elle aussi "infectée"...

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Le film ne plaira pas à tout le monde car il n'y a pas d'action et le rythme est très lent. Comme le résumé nous laisse l'imaginer, l'atmosphère du film est très froide et aseptisée, les personnages vivent leur vie de façon mécanique, et se comportent presque comme des robots, et il y a de quoi avoir des sueurs froides quand on se rend compte que les femmes sont inséminées lorsque la société le décide ou que les personnages parlent du suicide de leurs semblables (qui ont mis un terme à leur vie car "malades") dans l'indifférence complète allant même parfois jusqu'à encourager cela.
C'est donc une intrigue qui s'intéresse avant tout à la psychologie des personnages et dans un cadre pourtant glacial l'émotion arrive à ressortir et m'a prise aux tripes dans les 20 dernières minutes, la relation qui lie Silas et Nia est touchante et bien construite, le désir et les sentiments s'installant progressivement sans être rushés en mode "ta gueule, c'est magique, c'est le coup de foudre !" et donnant de très belles scènes où passion et peur se mélangent.

On peut regretter un petit manque de développement au niveau de l'univers (pourquoi les sentiments ont été interdits ? Et comment ?) mais l'histoire est prenante, Hoult et Stewart ont une bonne alchimie ensemble, et si on se prend au jeu il y a de quoi être remué.

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(Les gifs sont de moi alors si vous me les piquez je vous pète les genoux !)
Modifié en dernier par Aethelthryth le sam. janv. 28, 2017 9:46 pm, modifié 1 fois.

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Re: Equals (Drake Doremus, 2015)

Messagepar phoenlx » sam. janv. 28, 2017 8:38 pm

Dans un monde où les sentiments sont considérés comme une maladie à éradiquer, Nia et Silas tombent éperdument amoureux. Pour survivre, ils devront cacher leur amour et résister ensemble.


ça rappelle beaucoup Equilibrium :shock:
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Re: Equals (Drake Doremus, 2015)

Messagepar Aethelthryth » sam. janv. 28, 2017 8:41 pm

phoenlx a écrit :
ça rappelle beaucoup Equilibrium :shock:


Ah ? J'ai pas vu Equilibrium donc j'avoue que je peux pas confirmer là :mrgreen:

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Messagepar phoenlx » sam. janv. 28, 2017 8:47 pm

c'est exactement le même scénario de base, les sentiments sont interdits, ils doivent prendre une espèce de drogue qui les rend un peu comme des robots, ceux qui enfreignent la loi sont éliminés, c'est une société ultra aseptisée aussi. Moi j'aime ce film mais il divise, la différence avec le tien je pense que c'est le côté action, Equilibrium est aussi un film d'action et qui a sans doute beaucoup marqué pour ses scènes de combats (d'ailleurs il repompe un peu certaines gestuelles sur matrix) la fin du film est très moyenne mais toute la première moitié je la trouve excellente, et il y a aussi plein de moments calmes , contemplatifs, c'est avec Christian Bale et c'est dans ce film que j'avais d'ailleurs fais connaissance avec cet acteur (et à ce jour je crois que c'est le rôle que je préfère encore de lui) il y a aussi sean bean mais .. vais-je spoiler en disant qu'il ne fait pas long feu ? :lol:

Bon du coup tu m'as donné envie de voir ton film là
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Re: Equals (Drake Doremus, 2015)

Messagepar Aethelthryth » sam. janv. 28, 2017 8:50 pm

phoenlx a écrit :il y a aussi sean bean mais .. vais-je spoiler en disant qu'il ne fait pas long feu ? :lol:


SANS DÉCONNER ??? :shock: :mrgreen: :mrgreen:
De toute façon ce genre d'histoire n'est surement pas neuve je pense, après ce qui compte c'est le traitement !

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Re: Equals (Drake Doremus, 2015)

Messagepar Scarabéaware » sam. janv. 28, 2017 8:54 pm

Ah très bien que tu nous fasses le topic du coup :super:
Bon pis faudra que je vois aussi Equilibrium, mais en matière de société qui vise une certaine perfection qui peut finalement être de manière imparfaite avec l'"anomalie" qui se présente pour aller à l'encontre et se sortir d'un cadre lissé on peut aussi songer à Bienvenue à Gattaca. C'est différent mais d'une certaine façon on a un petit rapprochement d'un certain point de vue.
Enfin bref, pour en rester sur Equals je pense que ça devrait bien m'intéresser là, j'en prend bonne note ;).

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Re: Equals (Drake Doremus, 2015)

Messagepar Aethelthryth » sam. janv. 28, 2017 8:57 pm

Bon va falloir que je revois Gattaca pour faire la comparaison alors :mrgreen:

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Re: Equals (Drake Doremus, 2015)

Messagepar Scarabéaware » lun. févr. 06, 2017 12:06 am

Je viens d'en faire le visionnage, c'est effectivement un film assez lent, on contemple cette société aseptisée mais surtout on observe bien tout le changement qui se produit pour Silas interprété par Nicholas Hoult, commençant à ressentir des sentiments, doucement mais surement se retrouvant à être tel un pestiféré au sein de cette société où les sentiments sont interdits. Du moment que c'est su qu'il est à certain stade de suite on voit très bien comme il est mis à l'écart, le plaçant dans une certaine forme de solitude. Et puis bien sur nous avons aussi Nia (Kristen Stewart) qui est "infectée" elle aussi pour cette société mais cache très bien ce fait, faisant d'elle une clandestine. Une sacré nomination mais ça reflète bien le fait d'être passé à travers les mailles du filet. Tous deux se rapprochent, de façon assez subtile, c'est vraiment amené petit à petit sans que ça soit trop rapide et on peut apprécier ça, que le temps soit pris pour le tissage de leur relation s'amenant vraiment par une certaine progression qui viens à nous donner des moments plus roses au milieu du bleu de la froideur. J'aime bien le léger changement de teinte qu'on peut avoir, discret mais bien présent lorsqu'on en viens au véritable instant de création concrète de lien entre les deux.
En voyant ça c'est sur qu'on peut se demander comment on en est venu là effectivement mais justement on a de quoi le comprendre avec l'histoire de Grande Guerre dont nous entendons parler au début :mrgreen:. Grande Guerre qui semble t'il aura été particulièrement dévastatrice et venant à amorcer un profond changement dans la société. Une façon de totalement pacifier l'humanité afin d'empêcher tout sentiment destructeur pouvant mener à de terribles affrontements par le biais d'action d’extrémistes à même de déclencher par leurs actions perfides et meurtrières tout un emballement menant à de l'apocalyptique :siffle:. D'ailleurs même si on a l'impression que ça va on peut considérer qu'on est dans du post-apocalyptique.
Après c'est sur qu'il en ressort véritablement des impressions d'une société totalement déshumanisée, avec chacun agissant à la manière d'un individu n'ayant plus vraiment de conscience et se fichant du devenir des autres, étant complètement dans sa bulle de travail. Une robotisation morale de l'humanité sans les avantages de la cybernétisation laissant par ailleurs la possibilité d'introspection sur soit même du moment que la possibilité d'exprimer des sentiments est permise :mrgreen:. On est dans une évolution pacificatrice sans qu'elle en soit vraiment une de par ce qu'elle aura supprimé.
Enfin bref, concernant donc le couple formé par Silas et Nia on ne peut qu'être touché par la façon dont ils bravent tous deux l'interdiction et plongent dans une redécouverte de sentiments bénéfiques à l'un et l'autre. De là on en a du poignant surtout dans les derniers moments du film assez terrible pour les deux. Malgré tout je me demande si je n'aurais pas préféré une autre fin qui aurait pu être fortement triste et encore plus dramatique, réunissant bien sur les deux mais d'une autre façon :mrgreen:
Dans tous les cas, ça aura été bien prenant et le duo formé par Nicholas Hoult et Kristen Stewart est plutôt intéressant. Pensée également pour Guy Pearce que je n'aurai pas reconnu de suite, il manquait un peu de cheveux pour ça :rire:. Toujours est il que son personnage est d'une aide assez précieuse pour notre duo et on pourrait se dire que c'est assez cocasse le groupe dont il fait partie qu'on pourrait qualifier de sentimentaux anonymes :mrgreen:.

Je verrai aussi Equilibrium prochainement et je pense que je reverrai ce film dans la mesure où à un moment la synchronisation du son avec l'image était un peu défaillante :siffle:. En attendant je met un bon 16 avec possibilité que la note soit revue à la hausse :mrgreen:

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Re: Equals (Drake Doremus, 2015)

Messagepar Aethelthryth » mar. févr. 07, 2017 6:10 pm

Scarabéaware a écrit :Malgré tout je me demande si je n'aurais pas préféré une autre fin qui aurait pu être fortement triste et encore plus dramatique


Tu n'es qu'un monstre :tire-langue: :lol:

Perso j'adore cette fin parce que :
Ce n'est ni tout blanc ni tout noir, Silas semble perdu mais en même temps il y a un espoir, si ça n'avait pas été aussi nuancé j'aurais surement mis une note moins haute !


Sinon belle critique mon chou, par contre t'es gentil mais dans ce genre de phrase :
Une façon de totalement pacifier l'humanité afin d'empêcher tout sentiment destructeur pouvant mener à de terribles affrontements par le biais d'action d’extrémistes à même de déclencher par leurs actions perfides et meurtrières tout un emballement menant à de l'apocalyptique


met des virgules, parce que j'ai failli m'asphyxier en la lisant :| :mrgreen: :lol:

Et faut aussi que je vois Equilibrium parce que ça m'énerve de ne pas pouvoir comparer :mrgreen:

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Re: Equals (Drake Doremus, 2015)

Messagepar Scarabéaware » mar. févr. 07, 2017 6:40 pm

Enfin bon, il aurait pas non plus fallu que ça en soit trop déprimant non plus, c'est bien pour la petite pointe que ça donne :mrgreen:
C'est effectivement une fin bien nuancée, ils parviennent à avoir une petite once de victoire sur cette société trop aseptisée sans véritablement être complétement vainqueurs mais ça donne juste ce qu'il faut de petite lumière d'espoir. Au moins ils sont réunis malgré tout.


Ah ah pis oui, c'est vrai que j'ai certaines phrases à rallonge qui mériteraient bien un peu plus de ponctuation des fois :lol:

Equilibrium je vais me le voir demain soir :mrgreen:

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Re: Equals (Drake Doremus, 2015)

Messagepar phoenlx » dim. févr. 02, 2020 11:58 am

J'ai enfin vu ce film hier

Dans l'ensemble ce fut une très belle expérience, même si je signale d'emblée deux bémols (mais je ne sais pas si ce sont vraiment des bémols, ça pourrait être aussi des points forts) :
1. comme je m'y attendais, il y a un gros côté "équilibrium" (sauf que je pense préférer l'autre film car l'univers est plus développé et en plus il y a un bon mélange de scènes d'action, et de scènes calmes, c'est assez différent, tout en étant semblable.
2. rien à ajouter à part ce que j'ai dis dans le point 1 : l'univers de Equals aurait peut-être pu être un poil plus développé, c'est un peu dommage.

Autrement, ce qui fait que j'avais adoré Equilibrium se retrouve un peu dans ce film avec ces individus à qui on a éliminé toute forme d'humanité, de sentimentalisme, d'émotions (on a vraiment un gros parallèle entre les deux films) et dans les deux cas avec cette espèce de drogue qui annihile leurs émotions. Dans les deux cas aussi on a des personnages qui vont se mettre à ressentir (ce qui est jugé pathologique et dangereux par la société) et vont finalement décider de ne plus se plier à ce que la société leur dicte, mais à leurs risques et périls.

L'ambiance de tout le film Equals est contemplative, aseptisé au maximum et rappelle un peu aussi certains films comme Bienvenue à gattaca. les décors, les costumes sont souvent blancs, d'un blanc immaculé. Les personnages sont habillés avec netteté, coiffés net aussi. On sent que rien ne doit dépasser dans ce monde. Gare à ceux qui se baladent un peu mal fringués, avec la chemise trop ouverte, qui transpirent un peu, ils pourraient vite être catalogués de "malades", de cette maladie liée aux émotions ressentis mais qui n'est évidemment pas une vraie maladie (mais l'état naturel de l'être humain, qu'on cherche à cacher à la population)

comment en est-on arrivé là ? ça restera mystérieux. L'action semble se dérouler dans l'espace et plus sur Terre.
Un truc qui m'a un peu déplu par contre (en parlant de ça) c'est justement l'espèce de message qui semble derrière : Le réalisateur ne semble pas aimer la conquête spatiale, l'idée de partir dans l'espace en quête d'une vérité profonde sur la nature humaine, sur l'univers.
Vous le savez, je suis un grand défenseur de la conquête spatiale (et j'ai souvent argumenté avec des arguments lourds en ce sens, je ne vais pas le faire ici) ; il est clair qu'ici le propos du film c'est plutôt : n'allons pas ailleurs, puisque tout est ici chez nous, notre nature, notre moi profond, on peut le trouver sur Terre, vouloir nous extirmer de notre planète mère est contre nature. Je ne suis pas d'accord, et rien n'est contradictoire avec le fait par exemple de protéger notre planète, de la rendre plus saine (ce qu'elle n'est plus au passage car on est de plus en plus surpeuplée et qui pourrait éventuellement changer avec une colonisation d'autres planètes) tout en développant la conquête spatiale. sans compter que développer la conquête spatiale c'est pousser nos technologies dans leurs derniers retranchement, dans leurs limites, c'est évoluer, innover, c'est faire progresser la science, donc potentiellement le bonheur humain s'il n'en découle pas en parallèle des applications ou utilisations négatives évidemment (mais là il faut évidemment aborder les questions éthiques problèmes par problèmes, utilisation par utilisation) et on en revient à ce sempiternel débat, si galvaudé de nos jours notamment à cause de certains courants de pensée antiscientistes, ce débat sur la science, le progrès etc. Je ne vais pas m'étendre ici, car ça pourrait nous mener très loin et d'autres topics du forum l'abordent.

Mais au-delà de ça et d'un point de vue plus trivial je n'aime pas cette démarche du réalisateur qui est de relier quelque chose qui est clairement MAL dans le film (à savoir : brider les émotions humaines, obliger les humains à oublier leur vraie nature, les obliger à prendre une drogue pour ne plus ressentir les émotions, l'amour, voire les pousser au suicide, les interner etc, tout ceci est évidemment fortement condamnable, ce sont des méthodes dignes des pires dictatures évidemment et pour moi les dirigeants de cette société ne méritent rien d'autre que la guillotine :lol: )
et (mis en parallèle) cette critique de la conquête et colonisation spatiale (que j'évoque juste avant et dont l'auteur finalement ne nous dit pas exactement pourquoi il la déteste, il n'argumente pas. Il met deux choses en parallèle, mais je ne vois pas trop pourquoi. Pourquoi placer par exemple cette société (qui pourrait très bien être une société dystopique futuriste mais SUR TERRE), pourquoi la placer dans l'espace, et s'en servir à travers un propos anti conquête spatial ? Je trouve cette démarche, clairement orientée idologiquement, un peu tordue (mais bon, tout film est politique et idéologique donc j'accepte évidemment, et ça n'empêche pas que c'est une belle oeuvre, bien réalisée, bien jouée) mais je voulais souligner ce paradoxe et cet espèce de côté un peu retors dans le film, qui crée une espèce d'association de pensée, une association de deux idées que l'auteur connecte alors qu'il n'y a pas forcément lieu de les connecter.

On peut évidemment très bien imaginer par exemple que le monde futur soit basé sur la conquête spatiale, la colonisation d'autres planètes, et que les sociétés qui en découleront soient très différentes de celles-ci (sans tomber dans la naïveté non plus, on connait tous le penchant de l'humain pour foutre la merde partout où il passe, se faire la guerre, retomber dans la violence, et d'ailleurs moi quitte à imaginer des dérives j'imaginerais plus facilement d'autres dérives qu'arriver sur une planète et créer une dystopie anti émotionnelle .. Mais bon après tout pourquoi pas, c'est une possibilité comme une autre, mais l'auteur se sert clairement de cette idée (qui va loin) pour son message anti spatial, ça m'a un peu titillé voire gêné.

Pour reprendre la comparaison avec le film Equilibrium dans l'autre film la société dystopique est sur terre, aucun lien avec la conquête spatiale.
BREF.

A part cela, sinon, le film est très intéressant. Belle réalisation. Une musique un peu planante qui quant à elle m'a rappelé un peu l'ambiance du film Solaris (de Steven Soderbergh, avec Clooney)
Les scènes de rapprochement entre le personnage joué par Nicolas Hoult et Kristen Stewart sont .. délicates. comme l'a dit Aethelthryth, on a ici un mélange d'envie de s'aimer, de se rapprocher et une peur, et ceci se retrouve dans les échanges cachés entre les deux personnages dans une pièce munie d'une lumière très ramisée et bleutée. On voit presque leurs ombres. On est loin de certains films hollywoodiens avec les scènes de baise peu subtiles, ici l'ensemble du film est plutôt délicat, les personnages jouent très bien leur rôle, et ça fait vraiment froid dans le dos, un peu comme dans Equilibrium, j'y vois vraiment et décidément des points communs. A tel point qu'on pourrait facilement parler de repompage d'ailleurs, mais bon, Equals a aussi sa personnalité propre.
j'ai plutôt bien aimé le personnage incarné par Guy Ritchie aussi.

Parmi mes étonnements, je pensais qu'on verrais davantage le monde extérieur à la fin (et les personnes - car il semble y en avoir d'autres - qui vivent en dehors de cette société , à l'état apparemment plus primitif, mais le film coupe avant (ce qui n'est peut-être pas plus mal et nous laisse imaginer en bien ou en mal ce qu'ils vont pouvoir trouver, chacun pourra se faire son avis)

Un beau film de Science-fiction (comme j'aimerais en voir plus souvent)
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Re: Equals (Drake Doremus, 2015)

Messagepar Scarabéaware » dim. févr. 02, 2020 1:13 pm

C'est vrai qu'on peut penser à Equilibrium mais voila, là où celui-ci est plus tourné vers l'action avec un côté Matrix dans les mouvements lol, avec Equals c'est un peu différent sur ce point et on pousse dans l'aseptisation à ce que tout soit blanc.

Par contre en voyant ton commentaire, je me dis qu'il faudrait vraiment que je revois, parce que moi il m'a pas semblé qu'on indiquait être sur une autre planète :shock:. T'as vu ça où ? Il me semble qu'on doit être sur Terre. Et cette société s'est constituée suite à une Grande Guerre, tu dis qu'on sait pas vraiment comment on est arrivés là mais on a une petite indication tout de même, de quoi se faire une idée.

Et sinon je me souviens encore moins du propos anti-conquête spatial, pourtant j'aurais du en être gêné aussi ou alors je l'ai pas mal pris comme toi par rapport au contexte de cette société où l'on a supprimé les émotions en produisant une véritable bulle parfaitement aseptisée où chacun à de quoi vivre mécaniquement en vaquant aux occupations qui leurs sont confiées. Rien ne doit dépasser et dans ça je suppose qu'on peut intégrer la conquête spatiale, qui a de quoi être dangereuse tout comme peut l'être l'art dans Equilibrium. Après c'est sur qu'il est aussi possible de bien tiquer sur l'intention du réalisateur et là évidemment ça a de quoi trop rejoindre un certain esprit profondément dérangeant, c'est plus gênant dans cette mesure mais bon il faudrait que je revois bien comme il faut. Parce que quand ça concerne l'art, là c'est tout le monde qui a de quoi pouvoir être choqué par l'idée de sa destruction mais pour la conquête spatiale là c'est une autre affaire, on est d'accord :siffle:. Ceci étant dit, là dessus pour un espèce de propos anti-conquête spatiale j'en aurai plus été dérangé en voyant les Ailes d'Honnéamise par contre.

Enfin bref, sinon comme tu dis autrement ça nous donne un beau film, dans le rapprochement entre les deux personnages joués par Kristen Stewart et Nicholas Hoult on a un peu de subtilité. Autrement c'est pas Guy Ritchie qu'on a mais Guy Pearce :mrgreen:.

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Re: Equals (Drake Doremus, 2015)

Messagepar phoenlx » lun. févr. 03, 2020 10:13 pm

oui lapsus e pensais évidemment à Guy Pearce :lol:

il faut que je le vois les Ailes d'Honnéamise
ben pour les allusions anti conquête spatiale c'est net, ça revient dans pas mal de répliques (je vais essayer de te retrouver ça) et pour le fait que ça se passe sur une autre planète moi j'ai clairement compris ça d'une des répliques dans le film (j'ai peut-être mal interprété je vais essayer de la retrouver)
Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains (Albert Einstein)
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