Analyse de Grendizer

Mazinger est le nom donné à la trilogie de manga créée par Go Nagai : Mazinger Z, Great Mazinger et la célèbre série Goldorak qui a marqué toute une génération.
itikar
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Analyse de Grendizer

Messagepar itikar » dim. juil. 03, 2016 2:47 am



Les mangas en dessin animé ont pris la belle habitude de cristalliser leur sens dans la musique.
Tout le drame, l'espoir, et la finalité de Goldorak peuvent se retrouver dans cette mélodie.

Revenons un peu plus en détail sur ce qu'il se passe dans Goldorak, Grendizer au japon.

Go Nagai est né avec la bombe Hiroshima, et en a été traumatisé à vie. On la retrouve dans quasiment tous les épisodes de la série Goldorak que nous avons découvert en France dans les années 80.
Dans ces ranchs et ces campagnes qui sont pris impitoyablement pour cible par les soucoupes de Vega, dans cette zone industrielle portuaire qui explose sous les rafales de plutonium, et dans ces villes qui sont démolies par d'infâmes et d'implacables Golgoth.

Cette destruction, c'est la réalité de l'apocalypse, qui a donné au manga la force qu'il a toujours aujourd'hui, et aux mangakas l'énergie de la transmettre à ses lecteurs.

Sans Hiroshima, il n'y aurait pas eu Goldorak, ni de mangas, sans doute.

La fin n'en valait évidemment pas les moyens. On imagine bien que tous les amoureux de mangas d'aujourd'hui seraient prêts à faire une croix sur leur passion si cela pouvait faire en sorte que la bombe n'explose pas.

Quoi qu'il en soit, sa destruction fait désormais partie de notre histoire, et c'est parce qu'elle a osé massacrer tous ces innocents, comme jamais auparavant, qu'il est bien légitime de trouver dans de nombreux mangas le rappel sans cesse réitéré de ce drame.

Dès le départ de son intrigue, Goldorak nous rappelle cette histoire, et la tristesse qui en découle : Euphor, la planète natale d'Arctarus a été désintégrée comme en parallèle l'a été à l'autre bout du monde Aldérande ou bien avant Krypton et aujourd'hui à peu près tout ce qu'on peut imaginer pouvoir l'être, au cinéma. Cela fait d'Arctarus un orphelin qui doit se trouver une nouvelle famille, bien loin de chez lui.

Cette famille, c'est Procyon, un docte professeur, qui ne semblait pas l'être autant dans les premières planches de Go Nagai, au passage. Mais aussi une jeune fermière pleine de caractère, Vénusia, et un jeune homme empli d'idéaux et épris de justice, naïf et trop confiant la plupart du temps, bref un jeune homme, Alcor.

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Professeur Procyon, dessin animé.

Arctarus devient le fils adoptif de Procyon, un savant référent dans el domaine spatial, et le fait de vivre dans un monde en paix lui donne envie de tout faire pour défendre cette paix, cette planète : la Terre.

Inconsciemment, Go Nagai revit ainsi son traumatisme national d'enfance, en imaginant qu'un robot géant pourrait empêcher les morts et les destructions.

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Et Goldorak, c'est exactement ça.

Les forces de Vega, de Hydargos à Minos en passant par le grand Stratéguerre et cie, ne font pas la guerre par sadisme, mais par nécessité : s'ils ne parviennent pas à s'emparer de la Terre, ils sont condamnés à la destruction, car leur étoile est en passe d'imploser, faisant exploser avec elle tout leur univers.

Bien sûr, Vega aurait pu se la jouer "rencontre du troisième type spielbergienne" et tranquilement tenté de gagner le droit de s'établir discrètement quelque part, mais cette option ne leur traverse même pas l'esprit, tant ils sont effectivement sadiques et cruels, sans pitié et prêts à toutes les extrémités. Pour eux - et ça ne vous rappelle rien ? - il n'est pas possible d'imaginer que leur hôte involontaire accepte de perdre ainsi quelques bouts de territoires pour le leur confier. Tout bonnement car eux-mêmes ne l'accepteraient pas.

A noter qu'ils ne se trompe guère, comme notre histoire l'a démontré systématiquement. Et même maintenant avec le débat sur les réfugiés. OU vont-ils vivre ? Ailleurs, pas chez nous.

Finalement, Grendizer donne aux envahisseurs de jadis, américains, un nouveau visage : Vega et Goldorak, cette entité improbable, se dresse pour les empêcher de ré envahir le japon.

C'est donc presque un manifeste guerrier patriote, et sachant cela, il nest guère étonnant que cela ait trouvé son public.

Mais on aurait tort d'arrêter là l'analyse, se bornant à dire que Go Nagai est animé d'une volonté de défense stérile et désespérée.

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Car Arctarus ne se contente pas de défendre, tel un héros solitaire et romantique - un prince de l'espace qui, comme Zorro avant lui, a fait rêver bien des futures jeunes filles par sa prestance, sa délicatesse et sa force généreuse et tranquile - , la planète bleue. Il va par sa leçon de courage fédérer, lui l'étranger sans enjeu, l'humanité, et en particulier sa jeunesse : Alcor et Procyon bien sur, un modèle de père moral très particulier, mais bientôt Vénusia du côté de l'humanité, et Phénicia du côté stellaire.

La "patrouille des aigles" est un pacte de protection pris par tout ceux qui s'opposent aux enjeux guerriers : dans le générique, Arctarus a une rose dans sa bouche, lorsqu'il n'est pas dans le costume de son alter ego. Il joue de sombres mais sublimes mélodies - comme celle plus haut - avec sa guitare, et a une vie humble et âpre de garçon de ferme. Phénicia d'Euphor veut comme lui se battre pour que jamais ce qui est arrivé à Euphor se reproduise, et Vénusia de même, hormis qu'elle veut sauver la Terre d'un sort comparable.

Goldorak, c'est le rappel de l'importance de la paix, au point où cela justifie même dans certains cas de partir en guerre pour la défendre, paradoxe ultime.

D'ailleurs, une analyse plus fine du manga d'origine, récemment publié en France par Black Box, chemin qui n'a pas été pris par le dessin animé, montre que Goldorak est plus qu'un simple robot sophistiqué. C'est carrément un dieu de la galaxie, et une entité capable de penser par elle-même. On comprend mieux alors les nombreux coups de chances de son pilote, au cours de leur saga.

Go Nagai a rêvé pour les jeunes de l'humanité, d'un dieu surpuissant qui saura les inspirer, et leur donner force et courage de se battre pour un monde vraiment meilleur.

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source - image pour illustrer une collecte de fond pour aider les victimes d'un tremblement de terre

Mais même cette belle mélodie se voit non pas affaiblie mais mise à mal par toutes les injustices qui vont malgré tout se produire : certains des épisodes du dessin animé ont été chez nous censurés, comme celui où une petite fille paralysée découvre toute sa famille assassinée par les forces du mal. Ou ceux, également censurés, où on voit des "figurants" se faire lasériser un peu comme dans Mars Attacks.

Go Nagai, comme tant d'autres, n'a jamais vraiment fini de digérer l'ignoble héritage que leur a laissé l'Occident, soit disant pour la paix.

Est-ce pour cela que tous ces jeunes gens épris de paix passent leur temps à faire la guerre ?

Sans doute.

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Pour écouter une playlist des musiques du dessin animé Goldorak
Garçon.
"N'avez-vous donc point d'espoir ?" dit Finrod.
"Qu'est-ce que l'espoir ?" dit-elle. "Une attente du bien, qui, bien qu'incertaine, se fonde sur ce qui est connu ? Alors nous n'en avons pas."
"C'est là une chose que les Hommes appellent 'espoir'... "Amdir l'appelons-nous, 'expectation'. Mais il y a autre chose de plus profond. Estel l'appelons-nous.

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