Les ailes du désir (de Wim Wenders)

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Les ailes du désir (de Wim Wenders)

Messagepar phoenlx » ven. févr. 22, 2019 10:43 am

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Mu par le conseil d'un membre du forum récemment, j'ai visionné ce film hier soir (dans lequel évolue l'acteur Bruno Ganz, malheureusement récemment décédé, RIP :( ) et je dois avouer que j'en suis sorti avec une très bonne impression. Les ailes du désir est un film très étrange, à l'esthétique visuelle poussée, un film qui peut aussi ennuyer (je ne le conseillerais pas à tous, d'ailleurs fidès, je te conseille de fuir ce film :lol: )

Le film sorti en 1987 est réalisé par le cinéaste allemand Wim Wenders, auteur également du Hammlet de 1982, de Paris, Texas, cinéaste qui est l'une des figures de proue du Nouveau cinéma allemand (influencé par la Nouvelle Vague en France)
Le titre en VO du film est : Der Himmel über Berlin

L'histoire est celle de deux anges qui observent l'humanité d'abord depuis le ciel - ce qui nous donne de belles scènes aériennes assez éthérées dans une ambiance assez troublantes, puis passé ces minutes introductives du film, ces deux anges se mélangent à l'humanité et l'observent "de l'intérieur". L'un de ces anges (habillé comme vous et moi malgré la présence d'ailes au-début du film, je rassure ceux qui se font une fausse idée :mrgreen: ) est appelé Damiel et est incarné par l'acteur Bruno Ganz justement et l'autre appelé Cassiel est incarné par Otto Sander)

Tous ceux observent les humains, leurs faits et gestes, leurs pensées, leur angoisse existentielle (l'action se passant dans le Berlin Ouest d'après guerre). Leur nature d'ange (immatériels) fait qu'ils sont incapables de sentir les corps, les choses matérielles terrestres, d'interagir, de communiquer avec les humains qu'ils rencontrent (même si .. en réalité, si !! ils le font parfois mais d'une manière subtile et mystérieuse) ; Ils peuvent ainsi écouter les pensées de chaque personne, ressentir les joies, les peines, les interrogations de chacun, et l'un d'eux (l'ange incarné par Gans justement) finit un jour par vouloir à son tour goutter à cette vie terrestre, ressentir le poids d'un corps avec tous les bienfaits et le aléas (souffrance, être soumis à la mortalité etc), sentir le gout des aliments, la force du sentiment amoureux, la puissance émotionnelle de l'interaction avec d'autres personnes, etc. Bon je n'en dirai pas plus pour ne pas trop spoiler le film. L'un des autres personnages principaux est une trapéziste nommée Marion et incarnée par l'actrice Solveig Dommartin, de laquelle l'ange Damiel (Bruno Ganz) va s'éprendre, et qui s'apprête avec un certain stress à livrer son dernier numéro avant la fermeture de son cirque.

Un film étrange donc, un scénario atypique, qui aurait pu virer dans le ridicule (ou le comique) mais le réalisateur nous livre ici une oeuvre d'une profonde poésie, contemplative à souhait, un film qui parle de tant de choses à la fois : la vie, la mort, la souffrance, la peine psychologique, le stress, l'amour, l'amitié, les relations humaines, l'angoisse existentielle, le Berlin d'après guerre, le mur, les Juifs, la Shoah et j'en passe. C'est un film qui valorise la puissance de vivre, l'acteur Bruno Ganz y est très émouvant (ceux parmi vous qui comme moi ont pu le voir plus récemment dans le film La Chute sur Adolf Hitler ont pu sans doute déjà mesurer à quel point cet acteur était incroyablement talentueux. Dans ce film plus ancien, il est également très marquant, d'une toute autre manière, à travers ce personnage d'ange parmi les humains exprimant la gentillesse, la bonté, la compassion, l'empathie. Il est d'ailleurs amusant de constater à quel point ces deux personnages sont totalement opposés (Hitler, et cet ange) , c'est bien là la marque des très grands acteurs.

On notera aussi qu'un des motifs récurrents du film est un poème de l'autrichien Peter Handke : La Chanson de ce que c'est qu'être un enfant (Lied vom Kindsein)

Je ne connais pas les autres films du réalisateurs, mais celui-ci est une vraie expérience cinéphile ! A noter aussi la présence de Peter Falk (qui joue l'inspecteur Colombo par ailleurs :mrgreen: Il y a d'ailleurs des petites allusions à Colombo lui-même dans le film, et pour avoir vu le film en VF sachez qu'il est bien évidemment doublé par son comédien de doublage habituel chez nous, Serge Sauvion , son personnage est d'ailleurs très ressemblant, dans son look, dans sa gestuelle, dans ses attitudes, bien qu'il incarne ici .. son propre rôle !! celui de Peter Falk, un cinéaste tournant un film .. Tout ça est assez troublant je dois dire, et une révélation est faite sur lui que je ne spoilerai pas ici en fin de film 8-)

Au niveau de l'esthétique (le film est pour l'essentiel en noir et blanc de type sépia, mais passe par moment à la couleur ; je ne vous dis pas quand car cela fait suite à certains évènements internes au film et changements de situation) il m'a beaucoup rappelé pour ma part le film plus récent du japonais Mamoru Oshii Avalon à tel point que je me demande si Les Ailes du Désir n'aurait pas constitué pour ce dernier une petite source d'inspiration parmi d'autres (notamment pour les scènes hors du jeu)

Je vais cesser ici ma critique, Les ailes du désir est un film qui se ressent avant tout ! Je le conseille à tous les cinéphiles, mais je vous met aussi en garde, le film peut fortement déplaire, par son aspect contemplatif, son côté très atypique, amateurs de cinéma bourrin, d'explosions, de cascades et de retournement scénaristiques toutes les secondes, abstenez-vous ! C'est un film qui se vit d'abord et avant tout comme une expérience visuelle et sensitive (à signaler aussi l'intéressant travail sur le son) un peu comme certains films de Terrence Malick, dont d'ailleurs le côté léché des images l'en rapproche.

très charmante trouvaille, merci itikar pour la découverte :super:

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Re: Les ailes du désir (de Wim Wenders)

Messagepar Scarabéaware » ven. févr. 22, 2019 12:31 pm

Faudra que je m'occupe de le voir aussi d'ici quelques temps celui là et de Win Wenders faudra que je vois son Paris, Texas qui aura fait prendre un bon gros tournant à la carrière de Harry Dean Stanton :D.
En attendant pour les Ailes du désir ça semble avoir un bon parfum dans le contemplatif et tout, pis c'est pas mal aussi qu'on ai tout ce jeu avec la couleur qui a de quoi rappeler Avalon. On sait que Element of crime est source d'inspiration mais peut être que celui là aussi après tout.
Sinon concernant Peter Falk, il est pas accompagné d'un Basset Hound dans le film ? :lol:

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Re: Les ailes du désir (de Wim Wenders)

Messagepar phoenlx » ven. févr. 22, 2019 1:33 pm

non non :lol: Mais sa présence est plutôt cool, on a un vrai petit côté Columbo, j'aime beaucoup notamment une scène où il essaye plein de chapeaux :lol:
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Re: Les ailes du désir (de Wim Wenders)

Messagepar Scarabéaware » ven. févr. 22, 2019 1:41 pm

Ah ça doit être pas mal à voir ces essais :mdr:

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Re: Les ailes du désir (de Wim Wenders)

Messagepar phoenlx » ven. févr. 22, 2019 1:43 pm

Je suis curieux d'avoir ton avis ! Ce n'est pas le genre de film que je regarderais tous les jours non plus, mais je ne m'attendais pas à ce style contemplatif
d'ailleurs ça m'inspire un topic (qui va arriver dans l'après midi :mrgreen: )
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Re: Les ailes du désir (de Wim Wenders)

Messagepar Náin » ven. févr. 22, 2019 2:08 pm

Ah je connais ça !! Un film étrange oui c'est sa réputation.
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Re: Les ailes du désir (de Wim Wenders)

Messagepar itikar » ven. févr. 22, 2019 2:51 pm

Jolie critique. Pour le pouvoir des anges, celui qui m'a le plus impressionné, et je dirais même le plus inspiré car c'est un de ces rares films qui peut métamorphoser le spectateur, n'est pas ceux qu'a listé Phoenix, mais leur pouvoir je dirais d'apaiser. Ainsi, dans une des scènes les plus célèbres du film, on suit un tout nouveau accidenté de la route qui égrène à cent à l'heure ses pensées du moment, qui sont aussi parmi les dernières de sa vie. Il est paniqué, constate qu'il va y passer et fait défiler en quelque sorte les regrets et remords de sa vie à toute vitesse dans sa tête. Des "ah, si j'avais su...", de la terreur pure, et même des inquiétudes vis à vis d'autrui , de proches. Tout ce qu'on peut imaginer devoir passer dans notre tête lorsqu'on vit ce genre d'instant. Damiel - je crois, faudrait que je le revoir, je le prévois - arrive alors à côté de lui, constate qu'il est effectivement en train d'agoniser, que tout est fini, et pose juste sa main sur son front je crois. alors, l'égrénation désespéré de l'accidenté cesse d'un coup, et avant d'expirer, un large sourire nait sur son visage juste avant paniqué. On comprend que grâce à l'ange, il trouve la paix et le plaisir, la détermination et le courage aussi. Bref, l'apaisement et la confiance en cet au-delà qui déjà l'aspire.Puis, simplement, il meurt.

Dans un genre qui diffère à peine, on a aussi cette scène de l'homme ayant décidé de se jeter dans le vide, terrible car elle montre aussi les limites de leur pouvoir angélique :



Ce sont des scènes très importantes car elle montre le rôle des anges, selon Wim Wanders, qui est avant l'espionnage de la condition humaine, leur accompagnement vers le divin, mais aussi vers leur et donc nos propres forces intérieures, en quelque sorte.

C'est ce genre de scène dans ce film, avec aussi le coup de théâtre de la désangelication, et un extraordinaire monologue final sur sa condition de femme esseulée de la part de Marion, le personnage féminin, qui nous transforme et nous transporte, je trouve, aidé en cela par des images ensorcelantes vibrant d'une maîtrise totale de la mise en scène cinématographique, ce qui a fait de Wim Wanders un des plus grands.
Modifié en dernier par itikar le ven. févr. 22, 2019 2:59 pm, modifié 3 fois.
Garçon.
"N'avez-vous donc point d'espoir ?" dit Finrod.
"Qu'est-ce que l'espoir ?" dit-elle. "Une attente du bien, qui, bien qu'incertaine, se fonde sur ce qui est connu ? Alors nous n'en avons pas."
"C'est là une chose que les Hommes appellent 'espoir'... "Amdir l'appelons-nous, 'expectation'. Mais il y a autre chose de plus profond. Estel l'appelons-nous.

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Re: Les ailes du désir (de Wim Wenders)

Messagepar phoenlx » ven. févr. 22, 2019 2:54 pm

Ainsi, dans une des scènes les plus célèbres du film, on suit un tout nouveau accidenté de la route qui égrène à cent à l'heure ses pensées du moment, qui sont aussi parmi les dernières de sa vie. Il est paniqué, constate qu'il va y passer et fait défiler en quelque sorte les regrets et remords de sa vie à toute vitesse dans sa tête. Des "ah, si j'avais su...", de la terreur pure, et même des inquiétudes vis à vis d'autrui , de proches. Tout ce qu'on peut imaginer devoir passer dans notre tête lorsqu'on vit ce genre d'instant. Damiel - je crois, faudrait que je le revoir, je le prévois - arrive alors à côté de lui, constate qu'il est effectivement en train d'agoniser, que tout est fini, et pose juste sa main sur son front je crois. alors, l'égrénation désespéré de l'accidenté cesse d'un coup, et avant d'expirer, un large sourire nait sur son visage juste avant paniqué. On comprend que grâce à l'ange, il trouve la paix et le plaisir, la détermination et le courage aussi. Bref, l'apaisement et la confiance en cet au-delà qui déjà l'aspire.Puis, simplement, il meurt.


oui j'ai beaucoup aimé ce genre de scènes d'apaisements qui reviennent à plusieurs reprises dans le film. celle de l'accidenté de la route est particulièrement poignante. Il y en a une autre aussi (avec un homme qui veut se suicider, et dans ce cas précis l'autre ange qui tente de l'apaiser n'y parvient pas, et ressent ensuite lui-même une profonde douleur d'avoir échoué, c'est émouvant .. )
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Re: Les ailes du désir (de Wim Wenders)

Messagepar itikar » ven. févr. 22, 2019 2:58 pm

Oui, j'ai édité en ajoutant la fameuse scène du suicide, terrible, là pour montrer leur limite, mais aussi leur profond amour.
Garçon.
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Re: Les ailes du désir (de Wim Wenders)

Messagepar itikar » ven. févr. 22, 2019 3:21 pm

Lorsque l'enfant était enfant, il marchait les bras ballants...
Il voulait que le ruisseau soit une rivière un fleuve et
que cette flaque d'eau soit la mer...
Lorsque l'enfant était enfant, il ne savait pas qu'il était enfant.
Pour lui tout avait une âme,
Et toutes les âmes n'en faisaient qu'une.
Lorsque l'enfant était enfant, il n'avait d'opinion sur rien, il n'avait pas d'habitudes...
Souvent il s'asseyait en tailleur, partait en courant...
Il avait une mèche rebelle
Et ne faisait pas de mines quand on le photographiait...
Lorsque l'enfant était enfant
Vint le temps des questions comme celle ci :
Pourquoi est-ce que je suis moi?
Et pourquoi est-ce que je ne suis pas toi?
Pourquoi est-ce que je suis ici?
Et pourquoi est-ce que je ne suis pas ailleurs?
Quand a commencé le temps?
Et où finit l'espace?
La vie sur le soleil n'est-elle rien d'autre qu'un rêve?
Ce que je vois, ce que j'entends
Ce que je sens
N'est-ce pas simplement l'apparence d'un monde devant le monde?
Est-ce que le mal existe véritablement?
Est-ce qu'il y a des gens qui sont vraiment mauvais?
Comment se fait-il que moi qui suis-moi,
Avant que je devienne, je n'étais pas
Et qu'un jour moi qui suis moi
Je ne serais plus ce moi que je suis...

Peter Handke

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Re: Les ailes du désir (de Wim Wenders)

Messagepar phoenlx » ven. févr. 22, 2019 5:45 pm

oui je l'avais recopié ce matin dans la rubrique poésie du forum ce poème ! je le découvre à travers le film, il est très beau :super:
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Re: Les ailes du désir (de Wim Wenders)

Messagepar Scarabéaware » sam. nov. 30, 2019 11:55 pm

Quelques mois plus tard voila que je viens de le voir à mon tour :mrgreen:.

C'est effectivement un film qui a de quoi ne pas plaire à tout le monde tellement il est très contemplatif, pour ma part je l'aurai bien aimé à prendre part à cette observation de l'humanité en plein Berlin encore coupé en deux par le mur à cette époque où l'on approchait de sa chute. Wim Wenders nous livre ainsi un beau film très empreint de toute une poésie avec l'observation de ces deux anges et Bruno Ganz est vraiment impeccable dans ce rôle tout en douceur, tout en empathie accompagné de Otto Sander.

Du point de vue esthétique nous avons un très beau noir et blanc puis il y a de quoi apprécier aussi le côté aérien, prendre de la hauteur avant de se retrouver au milieu de tout ce monde dont on entend les pensées, les anges pouvant les lire, certaines sont d'ailleurs pas très compréhensibles mais après tout on a bien des difficultés à comprendre certaines personnes et c'est tellement embrouillé chez eux que c'est réaliste :lol:. Nous avons divers individus plus ou moins nets, c'est aussi marqué par de la solitude et qu'on ait bien des évocations. Par ailleurs nous avons pas mal de déclamations dans les paroles en fait. C'est une déambulation qui nous est proposée là à croiser bien des personnes et s'intéresser plus particulièrement à d'autres comme la charmante trapéziste dont l'ange joué par Bruno Ganz tombe amoureux :D, et puis nous avons aussi le pauvre vieux à la recherche de son passé, de quoi plus amplement nous évoquer la seconde guerre mondiale avec lui...Bon puis on ne peut pas ne pas parler de Peter Falk dans son propre rôle avec plusieurs allusions à Columbo :super:. Ah j'aime bien là avec lui et ce qu'on découvre, c'est assez marrant avec lui d'une certaine façon :mrgreen:.

On se laisse bien prendre dans l'atmosphère que ça donne, on se promène à Berlin avec eux dans un rythme lent à brasser pas mal de choses de la sorte, les voir écouter, regarder, gouter à ces instants qu'ils conservent en mémoire eux qui sont intemporels et immortels et qui auront ainsi vu tant de choses au cours des siècles et des millénaires, ils en parlent d'ailleurs de ça. Nous leur voyons une forme de communication avec l'humanité, effleurant tels le vent tout un chacun et on peut voir de la subtilité en ceci mais en fait c'est tout le fait des personnes qui peuvent parfois ressentir comme une présence, ça le fait très bien là ou alors simplement avoir comme une étrange sensation, dans tous les cas il y a un ressenti particulier qui nait. Dans l'ensemble c'est très bien fait et qu'on ait de bonnes petites alternances qui se glissent par là entre ce noir et blanc pour passer parfois à la couleur un petit moment symbolisant une autre vision.

C'est vraiment de quoi procurer une belle expérience, nous en avons une belle petite fibre complétée aussi par la présence du poème qui nous est proposée tout au long avec un petit côté chanté, c'est vraiment du beau petit poème. Après on a de quoi penser à Terrence Malick mais on a de quoi le préférer dans la mesure où il sait emporter d'autant plus joignant à la contemplation une OST qui souligne à merveille les moments qu'il propose. Ici sa pourrait être encore mieux avec une partition un peu plus présente mais bon somme toute c'est quand même très bien et avec une patte quelque peu différente, on profite bien de pouvoir observer de la sorte, voir ce que devient notre cher ange joué Bruno Ganz, de quoi nous former comme un véritable conte en fait. Y a de quoi être touché par ceci, par contre sur la fin waow le monologue auquel nous avons droit :lol:.

Enfin voila c'est beau à voir de la sorte et puis aussi on peut parler d'ange gardien, ce qu'ils sont également pour l'humanité à ne pas simplement observer mais aussi veiller sur tout un chacun. Je cherchais le terme durant le visionnage avec le côté protecteur, voila du coup on peut dire que ça ressort bien aussi ça, et pour tout ange gardien il est un véritable drame quand il y a échec. Là on peut bien sur penser au type qui se suicide, provoquant la douleur de l'ange qui veillait alors sur lui, mais je pense qu'on peux penser aussi au fait que le suicide est censé conduire en enfer d'où une douleur qui a de quoi être d'autant plus forte que c'est perdre une âme qui va droit dans les ténèbres pour ne plus les quitter au lieu de conserver une lumière...d'espoir et attendre que la mort l'étreigne naturellement un jour. On peut prendre cet aspect là puisque nous avons des anges, sinon dans tous les cas pointer la douleur que ça exerce de commettre un acte aussi terrible que celui là.

Bref, du coup voila d'ensemble c'est assez impeccable quand à cette mise en scène, c'est un film bien à ressentir, c'est tout à fait appréciable :D.

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Re: Les ailes du désir (de Wim Wenders)

Messagepar phoenlx » dim. déc. 01, 2019 2:34 pm

oui il est très beau, très émouvant ce film
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Re: Les ailes du désir (de Wim Wenders)

Messagepar phoenlx » dim. déc. 01, 2019 2:35 pm

Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains (Albert Einstein)
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Messagepar Aries Phoenix » dim. déc. 01, 2019 2:39 pm

Il se pose beaucoup de questions existentielles, son enfant :mrgreen:
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Le bonheur ne se poursuit pas, il se trouve

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Re: Les ailes du désir (de Wim Wenders)

Messagepar Scarabéaware » dim. déc. 01, 2019 6:26 pm

Eh oui voila un enfant qui philosophe beaucoup, mais après tout cet enfant qui aura été enfant, n'est ce pas l'enfant de dieu grand créateur de réflexions multiples qui quittant son doux nid d'innocence s'élève vers de l'existentialisme entre autre ? :mrgreen:


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