Phantom of the Paradise (de Brian de Palma)

Nous trouverons ici les films, parodiques ou non, de fantômes, de poltergeist et autres créatures éthérées se manifestant souvent en agissant sur des meubles ou des objets, usant de pouvoirs extra sensoriels, ou adoptant des formes de spectre intangible terrorisant. C'est là aussi où nous trouverons les films d'enquêtes paranormales.
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Phantom of the Paradise (de Brian de Palma)

Messagepar Somewhere » sam. févr. 13, 2016 6:14 pm



Phantom of the Paradise est un film d'épouvante fantastique musical écrit et réalisé par Brian de Palma. Il est sorti le 31 octobre 1974 aux Etats-Unis et le 25 février 1975 en France. Le film est une transposition très personnelle du célèbre roman Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux, dans lequel l'Opéra Garnier est hanté par un être cachant son visage repoussant derrière un masque et transi d'amour pour l'une des chanteuses dont il aspire à faire une grande célébrité. De Palma mélangea dans son scénario cette histoire avec le mythe de Faust, un médecin qui décide de vendre son âme au Diable en contrepartie de pouvoirs hors du commun. Ici c'est le gérant de l'Opéra qui pactise avec le Diable et le Fantôme tentera de mettre fin à ce pacte. Cette idée de mix de ces deux histoires vient à de Palma du fait que dans le roman Le Fantôme de l'Opéra, il est donné une représentation du Faust de Charles Gounod.

Synopsis

Winslow Leach, un jeune compositeur inconnu, tente désespérément de faire connaître l'Opéra qu'il a composé. Swan, producteur et patron du label Death Records, est à la recherche de nouveaux talents pour l'inauguration du Paradise, le palais du rock qu'il veut lancer. Lorsqu'il découvre la partition de Leach, il lui vole puis le fait enfermer pour trafic de drogue lorsque celui-ci tenta de récupérer son bien. En prison, sa dentition sera arrachée pour les besoins d'une expérience. Ayant perdu sa voix, le malheureux compositeur parvient à s'évader et devenu fou, il s'attaque au Paradise de Swan. Mais il est victime d'un accident qui lui défigure cette fois-ci le visage. Mutilé, sa vengeance n'en devient que plus terrible...



Le film fut boudé à sa sortie par le public, mis à part au Canada où il resta plusieurs mois à l'affiche. Le film n'a acquis son statut de film culte que bien plus tard et est aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs films de Brian de Palma pour sa mise en scène virtuose, son montage, sa photographie, les split screens, sa musique et toutes ses références artistiques.

Références littéraires

- La trame du récit, ainsi que le titre du film, s'inspire grandement du roman Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux dans lequel l'Opéra Garnier est hanté par un être cachant son visage repoussant derrière un masque et transi d'amour pour l'une des chanteuses dont il aspire à faire une grande cantatrice.
- L'histoire reprend également le mythe de Faust, médecin qui décide de vendre son âme au Diable en contrepartie de pouvoirs hors du commun (voir aussi Références cinématographiques). Ici c'est le compositeur Winslow Leach qui pactise avec le maléfique Swan. Par ailleurs, il est à noter que la cantate écrite par Winslow a pour sujet l'histoire de Faust et que dans le roman Le Fantôme de l'Opéra, il est donné une représentation du Faust de Charles Gounod.
- Le Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde dans lequel Dorian Gray reste éternellement jeune grâce à un portrait de lui qui vieillit à sa place. Dans le film de Brian de Palma, le personnage de Swan ne vieillit pas mais c'est son image sur les archives de vidéosurveillance qu'il est obligé de regarder tous les jours qui subit les affres du temps.
- Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley : le numéro musical dans lequel une mise en scène fait croire à la création, sous les yeux des spectateurs, de Beef, un être dont le corps résulte de l'assemblage de celui de plusieurs personnes dans le public. À l'instar de la créature de Frankenstein qui échappe à son créateur, Beef qui aurait dû être le symbole de la perfection s'avère être une créature du Diable.
- Dans la scène où Winslow Leach est surpris par la police devant la maison de Swan, un des officiers lui demande ce qu'il fait « du côté de chez Swan » (dans la version française et dans les sous-titres français). La référence à Marcel Proust et à son roman Du côté de chez Swann semble volontaire de la part des traducteurs. En revanche dans la version originale le policier dit “What are you doing outside Swanage?”, et le titre anglais du roman de Proust “Swann's way” n'est prononcé à aucun moment dans le film.

Références cinématographiques

- La scène où Swan regarde des auditions derrière un miroir est directement inspirée de celle du film Les Chaussons rouges de Michael Powell où Anton Walbrook assiste au spectacle depuis sa loge.
- Faust, une légende allemande : non content d'emprunter une grande part du mythe de Faust dans la trame du récit, Brian De Palma cite également le film de Friedrich Wilhelm Murnau grâce à des clins d'œils tels que la phrase que Swan prononce lorsqu'il fait signer de son propre sang Winslow Leach « L'encre n'a aucune valeur pour moi ». L'aspect visuel du contrat, écrit en caractères gothiques, est également une référence au film de Murnau.
- Dracula de Tod Browning : lors d'une scène, Swan est censé revenir de Transylvanie et arbore un costume rappelant celui que portait Bela Lugosi lorsqu'il interprétait Dracula.
- Le Cabinet du docteur Caligari : la scène où Beef se réveille est très ressemblante à l'éveil de Cesare dans le film de Robert Wiene : les deux personnages ont le même genre de maquillage et sortent d'un cercueil. De plus, les décors apparaissant lors de la chanson "Somebody super like you" sont très inspirés de ceux présents dans le cabinet du Docteur Caligari, symbole de l'expressionnisme allemand.
- Psychose d'Alfred Hitchcock : la célèbre scène de la douche est ici reprise de façon parodique dans la scène11.
- La Soif du mal : la scène en split screen de la bombe à retardement dans le coffre du véhicule des Juicy Fruits est un clin d’œil au plan-séquence qui ouvre le film d'Orson Welles.
- Sueurs froides d'Alfred Hitchcock : le générique d'ouverture où apparait le logo de Death Record dans des couleurs « psychées » rappelle celui du film de Hitchcock, dont De Palma s'inspire beaucoup.
- Le nom de Philbin, le bras droit de Swan est un clin d'œil à Mary Philbin, l'actrice qui interpréta le rôle de Christine dans la première adaptation cinématographique du Fantôme de l'Opéra en 1925 : Le Fantôme de l'Opéra.
- L'Homme qui en savait trop d'Alfred Hitchcock : la célèbre scène où le tireur caché s'apprête à exécuter Phoenix en plein concert ; Winslow Leach se précipite pour détourner in extremis le coup qui va tuer Philbin déguisé en prêtre pour unir Swan et Phoenix.

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Re: Phantom of the Paradise

Messagepar Scarabéaware » sam. févr. 13, 2016 7:42 pm

Punaise, en le voyant j'ai tout de suite pensé à Berserk avec le personnage de Griffith et effectivement c’est ça le film a servi d'inspiration :mrgreen:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Phantom_of_the_Paradise#Autour_du_film

Berserk et aussi Star Wars pour Vador :siffle:

Autour du film

En visite sur le plateau du film, George Lucas, ami de De Palma, fut très impressionné par les décors et les accessoires du film. À cette époque, Lucas a réalisé American Graffiti et est à la recherche de nouvelles idées, pour son scénario de Star Wars. Ainsi, il s'inspirera du masque lumineux, du personnage parlant et respirant grâce à un appareil et de la voix rauque de Winslow pour son personnage de Dark Vador. George Lucas reprend également l'idée du texte défilant pour le générique d'entrée6.
Dans le plan où la secrétaire de Death Records regarde le dossier de Winslow Leach, tous les autres noms de dossier sont ceux de personnalités du show-biz (on peut notamment voir Alice Cooper et Peter Fonda). Une exception toutefois : la présence de l'homme politique George McGovern.
Dans la scène où Swan se félicite des modifications de la voix de Winslow après lui avoir ajouté des filtres audio, c'est en réalité Paul Williams que l'on entend chanter.
Les fiches de Monsieur Cinéma, vendues dans les années 1970, donnent quelques infos intéressantes sur les déboires légaux qu’a connus Brian De Palma en 1974. D’abord intitulé Phantom, le titre du film est rapidement modifié avec l’extension que l’on connaît, à la suite de pressions du studio Universal et du King Feature Syndicate. Ensuite le label d’origine de Swan, Swan Song (« le chant du cygne ») doit lui aussi être modifié, il devient Death Records, pour des raisons de droits car Swan Song Records était un véritable label, appartenant à Atlantic Records. Le logo Swan Song sera alors effacé de la pellicule déjà impressionnée.
Le groupe du film the Juicy Fruits est un hommage au groupe Juicy Lucy qui fut celui de Paul Williams en 1970
Dans le manga de dark-fantasy Berserk de Kentaro Miura, le casque de Griffith et le visage de Femto semblent avoir été directement inspirés par le masque de Winslow Leach
Le groupe français de musique électronique Daft Punk se serait (selon Paul Williams) grandement inspiré du film dans leur décision de se cacher derrière des masques7,8.
Le personnage principal du film doit son nom à Wilford Leach, professeur d'art dramatique dont De Palma a été l'élève9.


Faudra que je vois :mrgreen:

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Re: Phantom of the Paradise (de Brian de Palma)

Messagepar Scarabéaware » lun. déc. 11, 2017 11:25 pm

J'ai enfin vu ce fameux film :mrgreen-noel:, bonne découverte de cette petite étrangeté, après il y a encore plus étrange mais c'est quand même vraiment pas mal du tout en soit déjà, une bonne réalisation de Brian de Palma :D. Le film est dans une ambiance très musicale et déjantée, je m'attendais pas spécialement à ça et sur ce point j'ai de la grande préférence pour les moments de chants avec la charmante Jessica Harper dont c'était là le premier rôle et qu'on retrouvera plus tard dans Suspiria :D. Après l'ensemble forme un bon grand show sur le point musical.

Toujours est il que nous avons le personnage de Winslow avec sa cantate sur Faust, qui annonce déjà une certaine couleur et qui bien que génial compositeur va se retrouver largement bafoué, défiguré et devenir le Phantom qui pactisera avec un producteur on ne peut plus diabolique. Et là on admire la source d'inspiration pour Kentaro Miura, l'auteur de Berserk qui s'en sera servi pour le personnage de Griffith.



J'apprécie pas mal pour ça mais pas que, on a une esthétique qui fait également, et l'on peut dire que le grand désarroi du Phantom a de quoi ne pas laisser insensible avec lui qui perd beaucoup de choses et aura également bien inspiré George Lucas pour Dark Vador également.
Ce film, au delà du rapport avec le mythe de Faust et d'une forme d'adaptation du Fantôme de l'Opéra, c'est aussi une illustration de la face diabolique du système dans le domaine artistique où l'on peut se retrouver face à du producteur sans aucun scrupule qui fait largement ce qu'il veut avec ce qu'il a sous la main.

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Re: Phantom of the Paradise (de Brian de Palma)

Messagepar Chernabog » jeu. juin 07, 2018 7:44 pm

Vu hier. Le film m'intriguait, de part ce qu'il a inspiré à Berserk et plus généralement pour sa réputation de film culte.

Et il ne l'a pas volé, j'ai adoré !


De Palma assume son délire à 200% (il y a beaucoup de second degré, en tout cas de distance, durant tout le film) et a donné un ton très particulier à cette histoire qui mixe plusieurs récits légendaires dans un opéra rock complètement allumé. Le film est superbe esthétiquement (costumes, lumières, etc), la BO de Paul Williams est excellente et les acteurs sont tous géniaux (Paul Williams encore une fois mais aussi ses partenaires et notamment William Finley).


Coup de cœur pour ma part !

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Re: Phantom of the Paradise (de Brian de Palma)

Messagepar Scarabéaware » jeu. juin 07, 2018 7:56 pm

Oui à se faire attirer par rapport à Berserk, on a de quoi s'en voir un film assez fameux avec son étrangeté et y avait une belle esthétique ainsi qu'un personnage haut en couleur avec Wislaw qui se retrouve pris dans une belle diablerie :mrgreen:. On s'en laisse bien prendre, une bonne réalisation de Brian de Palma.

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Re: Phantom of the Paradise (de Brian de Palma)

Messagepar phoenlx » jeu. août 08, 2019 9:17 am

Je l'ai vu hier soir :mrgreen:

Un peu comme vous deux, Chernabog et scarabéaware, je dois dire que ce qui m'a titillé c'est l'inspiration à ce film qu'on retrouve (entre plein d'autres) dans le manga Berserk et du coup je m'attendais à quelque chose d'assez différent niveau ambiance (je m'attendais à quelque chose de bien plus sombre et moins déjanté en fait)

mais c'est néanmoins très très bon, je crois que j'ai beaucoup aimé. Superbe BO, on se laisse entrainer par la musique, les chants (notamment avec Jessica Harper, et j'adore cette actrice depuis Suspiria :super: ) et bien sûr par cette histoire de vengeance pour le moins loufoque mais assez tragique et terrible. Le film nous entraine par sa galerie de personnage, son atmosphère, et son jeu de références à plein de choses notamment le célèbre fantôme de l'opéra
(je viens par ailleurs de relire l'introduction du topic du coup, car je me demandais si le "du côté de chez Swan" (clin d'oeil à Proust) était présent dans la VO, or je vois que non ; j'ai visionné le film en VF hier et cette réplique m'a titillé. Le film constitue aussi une satire intéressante des coulisses du monde du show biz avec les producteurs sans scrupules, bref, entre le pur niveau de lecture esthétique et le visionnage plus thématique, c'est un bon film.

Du grand De Palma encore une fois .
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Re: Phantom of the Paradise (de Brian de Palma)

Messagepar Scarabéaware » jeu. août 08, 2019 12:03 pm

Impeccable, t'auras pu voir cette bonne petite source d'inspiration pour Miura :mrgreen:. Après oui on pouvait toujours s'attendre à quelque chose de plus sombre mais au fond malgré le côté déjanté ça l'est derrière cette apparence avec un compositeur qui aurait pu se retrouver au sommet mais finalement tombe très bas et se fait bafouer à ce que ça le mène à pactiser avec un vrai diable de producteur. Non seulement on retrouve chez Griffith pour le masque mais en même temps la chute qui mène à ce que l'on sait avec l'Eclipse. Sauf qu'auparavant on aura eu un Apollon qui aura pu resplendir comme il faut avant d'être bafoué. Ce que le compositeur est très loin d'être :lol:.

Sinon musicalement c'est bien plaisant là aussi et puis pour Jessica Harper on a de quoi apprécier la voir là :mrgreen:. On est plus dans une étrangeté avec son côté loufoque mais néanmoins la mayonnaise prend bien et puis sa forme en même temps sa petite critique du système avec les producteurs se la jouant véritables démons, ça fait effet miroir la dessus.

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Re: Phantom of the Paradise (de Brian de Palma)

Messagepar phoenlx » jeu. août 08, 2019 12:50 pm

oui dans berserk l'auteur a repris beaucoup plus que le masque, on retrouve aussi toute cette idée de déchéance fatale et tragique et (même si c'est par une transposition de personnage vers le producteur) l'idée du pacte avec le diable et la scène de la coucherie à la fin m'a fait penser (là encore avec une transposition de personnage) celle de Berserk avant qu'il ne soit arrêté
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