Devilman manga de Go Nagai

Sujets sur les dessins animés, films d'animation et les mangas (et diverses BD asiatiques)
Ici sont abordés la japanimation au sens large et les sujets reliés : musiques d'animes, mangakas, etc. Plusieurs univers (ci-dessous) sont mis à l'honneur avec des grosses sections dédiées :
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Devilman manga de Go Nagai

Messagepar Meleor » ven. janv. 18, 2019 12:39 am

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Devilman (デビルマン, Debiruman?) est un manga de Gō Nagai, prépublié entre 1972 et 1973 dans le magazine Weekly Shōnen Magazine et publié en cinq volumes reliés par Kōdansha. Il fut adapté en dessin animé, OAV ainsi qu'en film d'animation et en film live-action.
Confidentielle en France, c'est une œuvre très connue de l'auteur au Japon. Deux éditions sont sorties en France, une première édition de Dynamic Visions sortie à partir du 24 août 1999 et une réédition sortie depuis le 17 juin 2015 aux éditions Black Box.

Akira Fudô, jeune garçon timide, mène une vie tout ce qu'il y a de plus normale. Mais celle-ci va se retrouver chamboulée lorsqu'il découvre l'héritage du père de son meilleur ami, Ryô Asuka. Akira apprend grâce à lui que la Terre était à l'origine dominée par les Démons, et que ces derniers ont commencé à sortir du sommeil dans lequel ils étaient plongés depuis des milliers d'années, avec pour seul but de reconquérir la planète qui était la leur!
La seule solution pour contrer les plans diaboliques de ces Démons: devenir soi-même une créature mi-homme, mi-démon... DEVILMAN!!


https://fr.wikipedia.org/wiki/Devilman

Genèse:

La première œuvre du jeune créateur aura lieu dans une période assez particulière, 1968. La révolution des mœurs est en marche partout, en Europe ou aux États-Unis, mais aussi au Japon où les protestations des étudiants ou des intellectuels contre la guerre du Viêt Nam ou l'absence de respect de la nature se font particulièrement fortes.
C'est en cette période que naît un hebdomadaire qui connaîtra un succès sans cesse croissant : le Shōnen Jump. C'est Go Nagai qui lui apportera son premier grand succès, avec Harenchi Gakuen (en) (le lycée dévergondé), œuvre où professeurs exhibitionnistes et lycéens pervers se côtoient.
Œuvre nouvelle et particulièrement choquante pour l'époque, elle sera même considérée subversive par certains comme la PTA, association parentale pour la protection de la jeunesse qui accuse l'œuvre de pornographie, ou encore par certains professeurs qui n'apprécient pas du tout la critique très dure qui est faite du système scolaire. Mais les plaintes de la PTA ne pourront aboutir, car malgré la représentation de la nudité, la série est une œuvre comique et non érotique. Même certains de ses aînés mangakas apprécient très peu ses représentations d'une femme forte et non plus reléguée au rang de potiche. Ainsi, dès sa première œuvre, Go Nagai s'imposera comme un mangaka révolutionnaire assez mordant et cru qui provoque l'opprobre des biens-pensants. Alors que le public plébiscite l'œuvre, les plaintes incessantes troublent le jeune mangaka qui cauchemarde toutes les nuits.
« Alors je décidai que ma prochaine BD serait destinée à un public plus adulte, et qu'elle mettrait en évidence ce côté sombre de la société : l'intolérance, les idées reçues, les à priori. C'est comme ça qu'est né Devilman.[réf. nécessaire] »
— Gō Nagai




Une œuvre majeure:

D'après Nagai :
« Je suis l'auteur de Devilman malgré tout pendant sa création, je me suis senti comme poussé par une force invisible. Il n'y a pas de justice dans la guerre, aucune guerre, il n'y a non plus aucune justification à ce qu'un être humain en tue un autre. Devilman porte un message de mise en garde, tandis que nous marchons vers un futur radieux. »
Satan étant tombé amoureux de Akira, cela donnera lieu à un amour et un combat aux conséquences apocalyptiques. Déchiré entre ses pulsions et son humanité, son amour pour la race humaine et son nouveau côté démoniaque, quels seront les choix d'Akira ? Sauvera-t-il l'humanité ?
X, Parasite ou Berserk se sont bel et bien inspirés de la série. Il en est de même de la série de jeux vidéo Shin Megami Tensei.
Hideaki Anno, grand fan de l'œuvre de Nagai (il adaptera même Cutey Honey en film par la suite), avoue l'influence majeure qu'aura eu l'œuvre sur sa célèbre série Neon Genesis Evangelion, aussi bien pour l'ambiance apocalyptique que pour le savant mélange de références mythologiques et pour sa fin marquante.
Une œuvre culte qui a marqué des générations de japonais et posé les bases de l'horreur-fantastique dans les mangas. Elle offre une vision noire et pessimiste de la nature humaine mais a aussi apporté maturité au genre manga grâce à son traitement révolutionnaire de la sexualité et de la violence.





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Re: Devilman manga de Go Nagai

Messagepar Meleor » ven. janv. 18, 2019 1:02 am




Pour cette édition collector,
DEVILMAN ÉDITION 2018
- Nouvelle traduction pour une lecture plus fluide, et plus fidèle à l'originale
- Nouveau papier pour éviter la transparence et augmenter la durée de vie de votre livre (papier blanc 90gr)
- Nouvelles couvertures avec rabats, vernis, et augmentation du grammage.
- Acquisition de nouvelles illustrations
- Imprimé en France
Devilman : Un des plus grands classiques du manga qui aura fait de Gô Nagai une légende vivante de la bande dessinée mondiale (5 volumes)

Devilman - 5 volumes
Format : 14,5 x 21 cm
Pages: 280
Pages couleurs incluses
Le volume 3 contient les histoires de Devilman à travers les âges, absentes de l'édition précédente en France !
Chaque volume contient des pages couleurs.

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Re: Devilman manga de Go Nagai

Messagepar Meleor » ven. janv. 18, 2019 1:06 am

critique de Manga-News:

https://www.manga-news.com/index.php/se ... e/Devilman


Publiée le Mardi, 16 Février 2016

Gô Nagai n’est pas que le papa de Goldorak, il est aussi à l’origine d’une des séries les plus bouleversantes du manga, un titre d’une grande noirceur et d’une profondeur qu’on ne devinerait pas de prime abord, mais qui a grandement marqué la fiction japonaise, devenant ainsi un classique et une source de création pour bien des artistes, Hideaki Anno pour ne citer que lui. A l’origine, Devilman est un manga que Gô Nagai a dessiné entre 1972 et 1973, dans les pages du Shônen Magazine de l’éditeur Kôdansha. Il est devenu culte à plus d’un titre et a notamment bénéficié de nombreuses adaptations, allant de la série d’animation au film live. En 1999, Dybex propose une première édition du manga qui tombera ensuite dans l’oubli… jusqu’à ce que Black Box en fasse un titre phare de son catalogue à travers la collection Gô Nagai. Rendons à César ce qui appartient à César, cette édition en grand format et de qualité permettant de découvrir ou de redécouvrir un monstre sacré du manga qui ne saurait laisser son lecteur insensible.

Dans le Japon des années 70, Akira Fudô est un adolescent très peureux, protégé par son amie d’enfance Miki. Au cours d’une altercation avec quelques racailles, Akira est finalement sauvé par Ryô, son meilleur ami qui a bien changé en peu de temps. En effet, ce dernier est troublé par la découverte de son père avant son décès : la Terre fut autrefois peuplée par des démons avides de guerre et de combats, et ces derniers se réveillent prêts à reprendre la place qui leur est due sur la planète. Le seul moyen pour les arrêter est que l’un d’eux devienne lui-même une de ces créatures. Pour cela, Ryô organise la cérémonie du sabbat pour que son amie, au milieu d’un déluge de sang, ouvre son esprit et devienne un démon. Le résultat est surprenant et Akira attire en lui le démon Amon, l’un des plus puissants et les plus craints d’entre eux. Mais Akira est devenu mi-homme mi-démon, un Devilman, conservant alors son humanité et lui permettant d’affronter ceux de son espèce démoniaque pour le salut de l’humanité…




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Sur la forme et sur les premiers tomes, Devilman se présente d’une certaine manière comme un récit de super-héros, une histoire où un adolescent qui s’est doté de pouvoirs lutte contre des hordes d’entités démoniaques dans un seul but : faire régner la Justice, pour le bien des hommes. Exception faite que la série de Gô Nagai se dote d’une atmosphère bien plus sombre et ne saurait en aucun cas se limiter à une basique recette du gentil contre les méchants. Devilman est une œuvre sombre sur bien des points et le combat d’Akira n’aura rien de manichéen ni d’édulcoré, bien au contraire. Au cours des premiers chapitres, ceux qui sont regroupés dans les trois premiers tomes, les adversaires se succèdent pour notre héros, mais ses combats sont rarement positifs. Devilman lutte pour la sauvegarde de l’humanité, oui, mais ses combats s’ancrent systématiquement dans une certaine violence très déroutante. Gô Nagai pousse à son paroxysme une noirceur qu’on avait déjà pu voir dans l’œuvre du mangaka, par exemple dans son one-shot Goldorak, sauf que cette tonalité est permanence dans Devilman. Alors, le combat du héros se fait toujours dans la souffrance : ce dernier n’a d’ailleurs pas l’allure du super-héros classe en toutes circonstances, ses traits sont démoniaques à partir du moment où s’éveille l’entité Amon, et sa lutte contre ses adversaires se fait dans un bain de sang, aussi bien pour les ennemis que pour les alliés ou les innocents. Car rapidement, le manga se montre sans scrupule, capable d’être impitoyable avec une fillette qui perdrait la vie dans des circonstances atroces. Devilman est un shônen de héros, oui, mais une œuvre particulière qui ne fait pas dans le tabou, bien au contraire. Reste qu’à ce stade de la série, le message n’est pas encore très clair. Les humains ont beau avoir leurs mauvais côtés, ils se dotent de la protection de Devilman qui combat des démons sans scrupules bien qu’il leur arrive d’avoir une certaine sensibilité par moments.



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Viennent ensuite les deux derniers volets de la série, les tomes quatre et cinq qui sont véritablement à part puisqu’ils construisent l’arc le plus long de la série et certifient une ambiance, mais aussi un discours pessimiste pour des événements qui le sont tout autant. Dès lors, Gô Nagai a rendu explicite sa thématique principale visant à construire un côté peu gratifiant de l’humanité, une manière de dénoncer nos pires atrocités pour nous inciter à agir dans la paix, pour des lendemains meilleurs, afin que nous ne causions pas notre propre perte. De fil en aiguille, les profils des démons et des humains changent petit à petit et l’intrigue ne s’intéresse plus forcément à la lutte de Devilman contre ses ennemis pour protéger les Hommes. A la plage, c’est un dilemme pour le héros qui s’installe et les deux derniers tomes opèrent une montée en puissance imprévisible jusqu’à un final grandiose qu’il aurait été impossible de deviner sur les premières pages de l’œuvre. Les combats gagnent en ampleur et de nombreux rebondissements ont lieu, faisant basiquement de cette fin une conclusion pleine de rythme et de surprises. Mais l’auteur ne s’est pas contenté de ça et va encore plus loin dans la noirceur afin de prendre son lecteur aux tripes, noyer son histoire dans un pessimisme auquel même à l’heure actuelle nous ne sommes pas habitués, aboutissant à un épilogue à la fois beau, mais terriblement tragique. Plus que la fin d’une histoire, Gô Nagai nous livre ici l’achèvement de ses réflexions sur une humanité qui ne saurait rien comparer aux démons, sur le plan de la cruauté, dès lors que ses intérêts personnels et sa survie sont mis en jeu. L’individualisme, la peur, la haine de son prochain… Nos pires facettes sont mises à nues, plongeant Akira et le lecteur dans une horreur sans limites, si bien qu’on en vient à se questionner sur la fin et à culpabiliser à son sujet : Et si le choix de Gô Nagai pour achever son récit n’était-il pas le plus rationnel, le plus sensé lorsque l’on sait de quelles atrocités le genre humain est capable ? Pourtant, notre propre humanité est marquée par quelques pages horrifiantes du cinquième volume dans lequel le peu d’espoir qu’il nous restait vole en éclat, et que de notre foi en les quelques qualités représentées de l’Homme il ne reste plus que le néant le plus total.


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Tout cet état d’esprit passe par la présentation et l’évolution de personnages qui ne sont pas le fruit du hasard. Akira, personnage au départ peureux, devient un être empli d’assurance, presque cruel parfois, mais qui est davantage victime du désastre qui se présente sous ses yeux plus qu’un antihéros ordinaire. Ryô, son ami d’enfance, est très intéressant par les mystères qui l’entourent et son ambiguïté, devenant vers la fin un personnage en demi-teinte, un être que l’on veut détester, mais qui apporte une certaine poésie à la conclusion. Les personnages secondaires, eux, semblent assez basiques et vont des loubards devenant alliés aux héros à la famille d’adoption d’Akira qui sont un enjeu clef dans la protection qu’ils imposent moralement au protagoniste, sans compter qu’ils sont son seul point d’affection dans un récit où l’horreur monte crescendo, chapitres après chapitres. Le récit se concentre alors essentiellement sur des personnages positifs, jamais foncièrement mauvais même quand ils montrent qu’ils sont capables de méfaits, apporte une certaine lumière d’espoir dès lors que le quatrième opus démarre, une volonté de la part de Gô Nagai qui met ces mêmes personnages attachants au cœur d’une barbarie innommable.

La force du récit vient aussi du dessin du mangaka qui derrière un design vieillot des personnages se cache une véritable patte artistique marquée par une mise en scène pensée en permanence pour apporter du sens aux événements qui se déroulent sous nos yeux. On peut d’abord très bien savourer les simples combats contre les démons pour l’aspect chimérique de ces derniers, les rendants alors très effrayants, et le dynamisme des séquences de combat qui aboutissent alors à un divertissement violent, mais efficace. Mais bien souvent, et on le ressent plus que jamais sur les deux derniers opus, la mise en scène de Gô Nagai prend souvent aux tripes tant l’auteur apporte de l’ampleur à ses planches. On le remarque souvent sur le cadrage de l’action qui présente les décors en gros plan pour accentuer le désarroi que l’on ressentait déjà, et l’utilisation du noir et d’un trait parfois crayonné vient saisir l’horreur et la mettre sur les devants de scène. La représentation de l’Apocalypse a quelque chose de très biblique visuellement, tout est dans le grandiloquent voire le grandiose, donnant à quelques dernières pages une certaine beauté malgré le tragique qui s’est offert à nous. Cela n’est pas anodin puisque l’auteur dépeint le combat de Devilman d’après des thématiques très religieuses, puisant dans l’ésotérisme pour raconter notamment la chute de Satan et la création du monde par Dieu. Nous parlions dans notre introduction de Hideaki Anno, et ce point précis s’est révélé puissant pour le réalisateur qui l’a réutilisé à sa manière pour en faire un certain Evangelion qui s’est grandement inspiré du schéma de Devilman pour conter la chute d’une humanité en proie à sa propre facette obscure.



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L’édition que nous propose Black Box est similaire à ses autres titres : grand format, sans jaquette, mais une impression de très bonne facture sur un papier de qualité qui aurait peut-être gagné à être un tout petit peu plus épais. La traduction est sans fausse note et mis à part quelques légères coquilles, rien n’est à redire sur la qualité générale.

Devilman est une œuvre réellement à part, un titre profond et bouleversant si bien qu’on comprend aisément qu’il ait marqué en son temps. D’ailleurs, le lire aujourd’hui reste une expérience inoubliable tant le propos est pessimiste, inhabituel pour un manga, et traite son sujet sans aucun tabou. C’est donc un récit violent, original et émotionnellement puissant qu’a entamé Gô Nagai en 1972, un récit de combat qui procure des sensations et des réflexions comme un shônen actuel ne serait pas en mesure de le faire. Devilman est un de ces chefs d’œuvres qui transcende les générations, un must que tout lecteur acharné de manga se doit d’avoir lu.

Chroniqueur: Takato

Note de la rédaction
17.29/20
Note des lecteurs
19.59/20

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Re: Devilman manga de Go Nagai

Messagepar Meleor » ven. janv. 18, 2019 7:27 am


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Re: Devilman manga de Go Nagai

Messagepar Scarabéaware » ven. janv. 18, 2019 11:47 am

Bon moi faudra que je me procure le manga pour voir toute la base de l’œuvre avec la manière dont il présentait les choses à l'époque, dans tous les cas voila Devilman c'est une exploration des tréfonds de l'humanité qui a de quoi se faire intéressante autrement. En tout cas ce qu'il aura vécu avec l'école impudique aura fait la sacré contribution à ce qu'il aille vers la constitution de Devilman.
Et j'ai pas encore regardé pour les vidéos mais je ferai un peu plus par la suite.


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