Batman Begins (2005, de Christopher Nolan)

Les personnages de DC ont été les premiers à être adaptés au cinéma. D'abord Batman en 1966 et Superman en 1978, qui ont d'ailleurs tous les deux eu droit à une saga (ou plusieurs) avant que DC ne tente de faire comme Marvel Studios et ne lance son DCEU.... ils sera donc ici question des films adaptant des personnages de DC, dans ou hors DCEU...

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phoenlx
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Re: Batman Begins (2005, de Christopher Nolan)

Messagepar phoenlx » mer. janv. 23, 2019 10:08 pm

non mais au début quand j'ai vu le film on le connaissait même pas lui :lol: c'est surtout depuis 2012 qu'on le connait mais bizarre j'ai du revoir la trilogie une fois il me semble depuis cette époque, j'ai pas du faire gaffe :lol:
Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains (Albert Einstein)
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Re: Batman Begins (2005, de Christopher Nolan)

Messagepar Kryptonian » dim. mars 31, 2019 11:29 am

Rétro-Critique: BATMAN BEGINS. (Spoilers... duh!)

Nolan offre une belle adaptation de l'univers et du personnage de Batman avec une histoire bien racontée et intéressante. La base de l'origin story moderne à l'instar d'un "Spiderman", "Iron Man" ou "Man of Steel".
L'antagoniste est bien écrit avec un véritable impact sur l'histoire et le protagoniste. Ra's Al Ghûl l'aide à transformer sa culpabilité en force et à trouver un sens à sa vie.
Nolan met en scène une Gotham au style urbain vieillot mais sophistiqué, parfaitement rythmée par Hans Zimmer. Un ton sérieux mais pas sombre pour autant.
Pour l'écriture de sa trilogie, on va de "Batman: Year One" à "The Dark Knight Returns", en passant par "The Killing Joke", "Dark Victory" ou encore "Knightfall".
Dans Begins, on note le parti prit d'une adaptation parfois trop légère du personnage principal.
La personnalité troublée de Bruce Wayne est un peu mise de côté. Je ne mets pas en doute la compréhension évidente du personnage par le réalisateur libre dans l'adaptation mais je regrette un manque d'intensité dans sa psychologie. Evidemment Bruce Wayne n'a pas toujours été froid, distant et obsessionnel mais c'est surtout ces traits de caractère et son ambiguïté qui le différencient de ses collègues fictifs et qui sont logiquement devenus plus récurrents depuis la publication de ses origines dramatiques.

Comme il l'explique à Alfred dès leurs retrouvailles, son vigilantisme semble d'abord être suite à l'impunité de la criminalité et la nécessité de l'arrêter, avant d'être un exutoire pour gérer son trauma, sa culpabilité et son désir de vengeance.
Il s'agit d'une adaptation et le manque d'appui sur la mentalité obscure de Batman s'explique dans l'analyse du film.
En effet, le Bruce Wayne de Nolan est soft et semble apaisé.
Cet apaisement paraît sensé dans l'histoire car, plus jeune, Bruce Wayne se muni d'une arme à feu pour tuer l'assassin de ses parents. Heureusement, il est devancé par un employé à durée déterminée de Falcone, ce qui lui permet d'éviter la prison à vie pour meurtre devant plusieurs témoins.
Ici, notre héros éprouve un soulagement pervers devant un homme sauvagement abattu sous ses yeux. Il goutte à la vengeance par procuration et semble s'en satisfaire légèrement. En tout cas, il apprécie le spectacle.
C'est donc compréhensible d'avoir un Batman/Bruce Wayne moins troublé par le désir de vengeance et la mélancolie puisqu'il assiste et se délecte de l'assassinat brutal du meurtrier de ses parents.
Après avoir senti l'odeur du sang, Bruce en redemande en provoquant Falcone. Il se fait bousculer et comprend qu'il faut réfléchir avant d'agir. Son amie Rachel le convainc à deux reprises de la main droite, de laisser tomber les armes à feux.
Il s'en va mener une vie de malfrat pour appendre le métier de criminel et connaître son ennemi.
Le héros doit vivre une chose pour considérer sa valeur. Bruce Wayne se créé sciemment une vie de criminel qui finit par le mener droit en prison.
Nolan montre le réalisme de son écriture en mettant en scène un Batman ex-membre du crime organisé, ex-taulard, voleur et contrebandier.
C'est là qu'il rencontre Ra's Al Ghûl, son maître, et se laisse convaincre de rejoindre une secte d'assassins mercenaires, fabricants et consommateurs de drogues hallucinogènes.

Bruce Wayne bénéficie d'un entraînement rigoureux dans l'art de la tromperie et de la violence physique.
Mais une fois sur le terrain, il ne semble se souvenir que d'une seule technique martiale: le Keysi, technique qu'il exécute d'ailleurs avec une grande pénibilité. Il a aussi quelques bases de Karate pour le peu qu'on arrive à distinguer. Il donne plus l'impression d'être un street fighter couillu et solide qu'un artiste martial accompli. Mais encore une fois, il s'agit d'une adaptation libre.
C'est le réalisme de Nolan qui met dans ce costume, un homme comme les autres. N'importe qui aurait des difficultés à bouger convenablement avec un costume si peu travaillé. Bale disait que c'était insupportable à porter. Au détriment de l'intensité des scènes de combat.
La paresse de Nolan rend difficile de témoigner des compétences de Batman: combats trop cutés, plans trop rapprochés, mouvements de caméra illisibles, chorégraphies pauvres, lentes et lourdes.
Nolan voulait donner au spectateur le même sentiment qu'ont les proies de la chauve-souris, le sentiment de ne rien comprendre à ce qu'il se passe. C'est réussi.

Pour revenir sur le portrait du Batman de Nolan, il compense son manque de développement psychologique par un développement comportemental plus poussé. En effet, on note un goût prononcé pour l'extrême violence, ce qui est une facette indéniable du personnage. Par exemple, il commet toute sortes de méfaits d'une agressivité rare dans son combat pour la justice et ne semble jamais avoir à s'en justifier ni même à l'évoquer:
- Il écrase un véhicule de police avec son "tank", broyant totalement le côté conducteur dans lequel se trouve deux policiers alors qu'il pouvait rouler à côté en cognant légèrement le véhicule. Cet acte plaît étrangement au pieux Jim Gordon (qui plus tard, jubile dans la destruction massive de bien matériel par lance-roquette).
Gordon, un allié de poids dans ce film. La relation entre le futur commissaire et le héros est ici plus travaillée que jamais auparavant sur grand écran, on ressent ce respect mutuel et un lien spontané dans la nécessité d'agir. Un flic désabusé qui voit en Batman, une lueur d'espoir dans les ténèbres de Gotham.
- Il lance des mines anti-personnelles sous les véhicules des Gardiens de la Paix qui le poursuivent à juste titre. Provoquant explosions et accidents dans le seul et unique but de donner un antidote à temps à Rachel Dawes.
Il n'hésite pas à diriger l'arme à feu d'un brigand vers la jambe d'un autre et d'y coller un pruneau pendant les corps à corps.
Nolan nous montre ici une détermination sans faille qu'aucune "règle d'or" ne saurait arrêter. Aucun compromis, même face à la police. Il a jeté le 6 coups dans le fleuve et l'a remplacé par un véhicule blindé, équipé de missiles et de grenades.
- Il organise un assassinat par déraillement en disant à sa victime, Ra's Al Ghûl, qu'il peut la sauver mais qu'il n'a pas l'intention de le faire. Une scène marquante.
Ce choix du meurtre n'est pas anodin car il fait écho à une scène du début: le moment ou Batman sauve Ra's d'un incendie qu'il a déclenché volontairement et grâce auquel il purifia par le feu, plusieurs adeptes du Ninjutsu.
Ce feu n'était pas inutile car, en plus d'éliminer la vermine, il avait un but noble: sauver la vie d'un paysan que Bruce devait décapiter pour monter en grade. Malheureusement, ce paysan est mort calciné dans l'incendie ou carbonisé par l'explosion qui s'en est suivi. Notons que ça ne changeait pas grand chose, il était condamné de toutes façons.
Bruce Wayne ne manqua donc pas d'être un héros en sauvant le Maître Jedi des flammes. Mais ce dernier revint pour faire d'une pierre deux coups: se venger et détruire Babylon. Très bon twist narratif au passage, quand on apprend que Qui-Gon Jin est en fait Ra's Al Ghûl.
Par conséquent, lorsque se présente l'occasion de le sauver une deuxième fois, Batman renonce et opte pour le meurtre par voie ferroviaire. Une sorte de Punition.

C'est judicieux dans l'écriture car le héros apprend de son erreur passée: "Ne sauve pas la vie de l'assassin professionnel que tu as trahi en cramant sa maison et ses amis. Forcement, ça va te revenir dans la gueule."
Ici encore, Nolan montre qu'il faut connaître une situation pour comprendre son importance. Ce meurtre de Ra's Al Ghûl est significatif car il vient d'un vécu. Sauver Ra's encore une fois c'est lui donner la chance de redevenir un danger pour Gotham.
Il est préférable de l'éliminer sans problème de conscience. On l'élimine et on en parle plus.
On en parle jamais sur les trois films, à vrai dire...
Nous sommes ici dans le réalisme de Nolan, tout n'est pas rose et parfois il faut se salir les mains pour accomplir ce qui est juste. Que ce soit dans le feu de l'action ou quand on a le choix.
On peut se dire qu'une prison de haute sécurité aurait pu enfermer Ra's (puisqu'il n'est pas immortel finalement) comme tout autre criminel dont le plan a échoué, mais ce serait chipoter. L'abattre était la seule et unique solution. Nolan nous rappelle une vérité dont tout le monde se souvenait encore à l'époque de Batman Begins: oui, Batman tue.

Malgré ce déchaînement de violence souvent dirigée contre des innocents, Christopher Nolan propose une très bonne réécriture du Batman dans son univers. Une histoire concrète, crédible et cohérente. Une bonne narration qui compense la négligence des scènes de combat et la pauvreté de la mise en scène. Les musiques sont entraînantes et le thème principal est épique.
C'est aussi un plaisir nostalgique de revoir ce film. Sorti il y a 14 ans et toujours d'actualité même si il a pris quelques rides bien méritées.
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Re: Batman Begins (2005, de Christopher Nolan)

Messagepar phoenlx » dim. mars 31, 2019 2:10 pm

Très bonne critique, je suis assez d'accord avec ton analyse, points forts, points faibles, même si je n'ai finalement pas trop de problèmes avec les scènes de combat et leur lisibilité moi (je trouve que dans d'autres blockbusters modernes, y compris certains orientés comics, les scènes sont beaucoup moins lisibles que dans les films de Nolan)

J'ai bien aimé à l'époque le traitement à la fois sombre et réaliste de Nolan, qui tranchait avec le traitement plus fantaisiste de Tim Burton qu'on avait connu précédemment en film, ou certaines loufoqueries des films burtoniens ou de Shumacher. L'un de mes seuls regret est finalement qu'ils aient opté pour cette Batmobile de type tank (même si elle peut se concevoir dans le contexte)
j'ai revu le film récemment de même que toute la trilogie et c'est vraiment un bon film de super héros, perso c'est l'un de mes préférés de toute cette double décennie.
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Re: Batman Begins (2005, de Christopher Nolan)

Messagepar Kryptonian » dim. mars 31, 2019 3:29 pm

:jap: Clairement un de mes préférés aussi, le meilleur de la trilogie pour moi!
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Re: Batman Begins (2005, de Christopher Nolan)

Messagepar phoenlx » dim. mars 31, 2019 7:41 pm

c'est un peu ce que je pensais à l'époque et pour les avoir revu les 3, je ne suis pas loin de penser la même chose, encore maintenant
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