Selon Villentretenmerth ... l'histoire du monde et ses habitants

The Witcher, la fantasy à la polonaise !

Rubrique consacrée à l'univers d'Andrzej Sapkowski, internationalement connue depuis le succès de la trilogie de jeux vidéos mettant en scène le Sorceleur Geralt de Riv, un chasseur de monstre cynique et amateur de belles femmes, dans un monde ravagé par les guerres, les malédictions et des créatures abominables...
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Selon Villentretenmerth ... l'histoire du monde et ses habitants

Messagepar itikar » dim. août 18, 2019 4:36 pm

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"L'histoire de notre continent a été relatée dans bien des traités historiques volumineux. Plus que tout autre, le fameux Histoire du monde, que l'on doit au magnifique Roderick de Novembre, mérite d'être cité. Durant mon séjour à l'académie d'Oxenfurt, c'était le livre préféré des étudiants, peut-être simplement parce qu'il était facile de dissimuler une petite bonbonne de vodka derrière ce gros tome. Je me dois d'ajouter que, loin de me laisser courtiser par le savoir académique, j'ai toujours considéré que l'Atlas géographique, bien plus épais, convenait mieux à cet usage.

Quant au contenu de l'
Histoire du monde, il peut être considéré comme anachronique et sujet à controverse. On peut affirmer sans crainte que la façon dont il présente les faits n'est pas sans arrière-pensée. Je m'empresse d'ajouter que je n'ai pas la moindre animosité envers Roderick de Novembre car tout le monde, même le plus respecté des historiens, est le fruit de son époque, sa culture et sa nation. Il n'y a donc rien de surprenant à ce qu'un historique de la fondation des royaumes, des guerres et des conflits raciaux qui s'ensuivirent représente toujours le point de vue le plus répandu, c'est-à-dire celui des humains, surtout quand c'est un humain qui le présente.

En conséquence, je recommande fortement la lecture du chapitre suivant, qui contient la vision de notre histoire et de notre géographie d'un ressortissant d'une autre espèce.

Il fut rédigé par Villentretenmerth, un dragon doré, connu sous sa forme humaine en tant que chevalier Borch Trois Choucas.
Etant donné sa longévité et es dons de métamorphose, il eut tout le temps d'observer la société des humains et une bonne partie des événements qui l'ont façonnée. De plus, il témoigne d'un intérêt particulier pour notre espèce, ce qui est hautement inhabituel pour un dragon, les siens ayant plutôt l'habitude de voir en nous de simples casse-croûte. C'est ce qui en fait un observateur et un commentateur d'exception de ce monde et de notre espèce en particulier.
"

Jaskier.
Garçon.
"N'avez-vous donc point d'espoir ?" dit Finrod.
"Qu'est-ce que l'espoir ?" dit-elle. "Une attente du bien, qui, bien qu'incertaine, se fonde sur ce qui est connu ? Alors nous n'en avons pas."
"C'est là une chose que les Hommes appellent 'espoir'... "Amdir l'appelons-nous, 'expectation'. Mais il y a autre chose de plus profond. Estel l'appelons-nous.

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Re: Selon Villentretenmerth ... l'histoire du monde et ses habitants

Messagepar itikar » dim. août 18, 2019 4:46 pm

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LE MONDE ET SON HISTOIRE

Votre espèce aime célébrer l'Histoire avec un grand H, rédiger, commémorer, organiser, systématiser. Vous remplissez d'épais volumes à sa gloire, vous l'écrivez sur des parchemins, vous immortalisez les faits et gestes de la race humaine par des chants et des ballades. Les racines de cette passion sont à rechercher dans votre passé lointain, lorsque votre espèce était encore jeune. Peu importe l'époque, le lieu ou le groupe culturel, une fois que vous avez dépassé le stade où vous vous fracassiez mutuellement le crâne avec une mâchoire de cheval attachée à un bâton, vous avez commencé à examiner avidement les meilleurs moyens pour immortaliser ce fait, tant pour en tirer gloire que pour éviter que vos descendants ne l'oublient. Voilà qui explique peut-être pourquoi l'histoire de l'humanité est intimement liée à celle de ses guerres et de ses conquêtes.

Cette constatation n'a rien à voir avec un quelconque préjugé. Je suis un des rares membres de mon espèce qui ait vécu au milieu des vôtres, et même qui ait fini par se prendre d'affection pour vous. C'est donc avec un vif plaisir que j'ai suivi vos réussites, même si certaines entreprises de votre race sont indubitablement méprisables ou condamnables. J'irai jusqu'à dire que les entreprises en question peuvent être qualifiées de monstrueuses, épithète que vous attribuez souvent aux espèces différentes de la vôtre.

Mais revenons à l'histoire, ou plus précisément à celle de ce monde. Bien souvent, elle nous raconte surtout des récits de guerres et de conquêtes, mais des chroniques de celles-ci furent établies bien avant votre arrivée.

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Garçon.
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Re: Selon Villentretenmerth ... l'histoire du monde et ses habitants

Messagepar itikar » dim. août 18, 2019 5:01 pm

Les premiers peuples habitants ces terres -

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Si on en croit les récits des nains, les gnomes furent les premiers occupants de ce monde. D'autres créatures se basent sur des preuves douteuses pour prétendre que des races presque éteintes telles que les vrans ou les marmotins remontent à des milliers d'années. Comme vous pourrez le déduire, cher lecteur, il est difficile de dire si les gnomes furent les premiers habitants de ces terres. Néanmoins, il est clair qu'ils avaient de petites colonies dans les montagnes de Mahakam et de Tir Tochair bien avant l'arrivée des nains il y a trois ou quatre milles ans de cela.

Au risque de vous étonner, la rencontre entre les gnomes et les nains se firent de façon pacifique. A vrai dire, ce fut sans doute la première fois que de nouveaux arrivants ne commencèrent pas par déclarer la guerre à ceux qui les avaient précédés. Ce qui est moins surprenant si l'on prend en compte le fait que ces deux races ont des préférences et des habitudes similaires et donc, peuvent coexister dans une seule société sans trop de tensions ou d'affrontements. Leurs bonnes relations sont d'ailleurs toujours effectives à l'heure actuelle.

Ensuite vint l'arrivée des elfes. Il est probable que, comme vous, ils débarquèrent d'un autre monde, sans doute en passant des portails magiques. Ils apparurent dans leurs bâteaux blancs il y a deux mille cinq cents ans environ. Ils s'empressèrent de coloniser peu à peu cette région en un processus qui s'étendit sur dix siècles. Une expansion relativement pacifique, à l'exception de quelques conflits. Quiconque a jamais rencontré un elfe sait qu'ils ne sont pas particulièrement aimables de nature, et, donc, qu'on peut en conclure qu'ils entraient facilement en conflit avec les autres races, les vrans, les marmotins et les nains. Néanmoins, ces querelles ne débouchèrent jamais sur de véritables guerres ou sur une tentative d'éliminer leurs voisins. Peut-être parce, malgré leurs différences culturelles et leurs conflits passés, les relations entre les elfes et les nains restèrent plutôt amicales.

(Extrait choisi, selon un écrit Anonyme)"En prenant en compte toutes les preuves à sa disposition, tout homme éclairé doit rester ouvert à la possibilité de l'existence d'autres univers. La théorie postulant que les étoiles piquetant le ciel sont des mondes séparés du nôtre par le temps et le continuum spatial est de plus en plus reconnue par nos sorciers, nos lettrés et nos astrologues. Bien que de telles opinions soient mal vues par la plupart des membres du clergé, les protestations des prêtres ne doivent pas entraver nos savants dans leur quête de la vérité. Car comme la véritable forme de notre Sphera mundi fut démontrée sans l'ombre d'un doute malgré les pressions des prêtres, les bonnes réponses méritent d'être cherchées non dans la religion, mais dans l'éducation, pure et sans détours."
Garçon.
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Re: Selon Villentretenmerth ... l'histoire du monde et ses habitants

Messagepar itikar » dim. août 18, 2019 5:12 pm

L'arrivée des humains -

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Tout le monde sait que votre race arriva en ce monde durant la Conjonction des Sphères,le grand cataclysme magique qui, encore aujourd'hui, reste majoritairement inexpliqué. D'après les estimations des humains, cet événement se produisit il y a mille cinq cents ans. Il est difficile de déterminer combien de temps dura ce processus, mais à sa suite apparurent de nombreuses créatures, des êtres dont il est évident qu'ils n'étaient pas originaires de notre monde.
La Conjonction des Sphères donna également le jour à un autre phénomène, la magie, qui afflua en notre monde jusqu'à en devenir un composant intégral.

Bien que, comme je l'ai noté, quinze siècles se soient écoulés depuis cet événement, l'expansion humaine dans la région connue sous le nom de "Royaumes du Nord" commença relativement récemment, soit il y a environ cinq siècles. C'est alors que se produisit ce qu'on appela l'"arrivée des exilés", lorsque des bâteaux chargés des humains qui fonderaient les Royaumes du Nord débarquèrent au delta de Pontar, dans l'embouchure du fleuve Yaruga.

Il est difficile de dire d'où venaient exactement ces "exilés", car la légende est étrangement muette sur ce détail pourtant crucial. S'ils furent effectivement exilés, j'oserais dire que ce ne fut pas en raison de leur nature bonne et généreuse. Après tout, au fil des siècles, leurs descendants ont démontré qu'ils étaient un peuple déterminé, belliqueux et intolérant.

On ignore également comment ce premier débarquement eut lieu et qui furent les premiers à recevoir les nouveaux arrivants. Si les exilés trouvèrent d'autres tribus humaines, elles durent être vite assimilées par les conquérants, car les chroniques n'en font pas la moindre mention. Mais ils ont certainement rencontré des elfes, qui purent vite découvrir de la plus pénible des façons les intentions des colons.

(extrait choisi des sermons de Sigebert, prêtre durant la chasse aux sorcières (1272-1276)) "L'opinion couramment répandue chez les elfes voulant que les humains soient apparus en ce monde au moment de la Conjonction des Sphères est une nouvelle preuve de la vile perfidie de cette race sournoise maudite des dieux ! Car que nous a apporté ce terrible événement, cette monstrueuse catastrophe qui scella la perte de l'humanité ? Elle fit apparaître cette chose fétide qu'est la magie et, donc, les sorciers, qui osèrent s'emparer du pouvoir et des facultés qui sont l'apanage des dieux ! Elle donna naissance à des créatures répugnantes menaçant tous les hommes justes ! Croire que nous sommes venus au monde en cette heure maudite relève du blasphème ! C'est un complot fomenté par la prétendue race des Anciens dans le dessein de dissimuler la vérité et d'usurper ce monde qui, par décret divin, est l'héritage des humains !"
Garçon.
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Re: Selon Villentretenmerth ... l'histoire du monde et ses habitants

Messagepar itikar » dim. août 18, 2019 5:35 pm

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La formation des Royaumes du Nord et les guerres contre les non-humains -

Au départ, les elfes avaient un avantage certain sur les nouveaux venus, mais ils négligèrent la menace présentée par les humains. Lorsque les premières frictions apparurent, ils préférèrent ne pas prendre les armes, évitant ainsi un bain de sang risquant de faire des milliers de morts. A la place, ils choisirent de s'éloigner des humains, sans doute dans l'idée qu'un jour ou l'autre ceux-ci interrompraient leur marche impitoyable vers l'Est. Une présomption qu'ils devraient payer cher plus tard.

Les elfes allèrent jusqu'à abandonner certaines de leurs villes. Les envahisseurs ne tardèrent pas à s'en emparer pour construire leurs propres édifices sur les fondations elfiques. C'est ainsi que les elfes ratèrent l'occasion de "renvoyer les humains à la mer", selon leurs propres termes, comme ils le regrettent amèrement aujourd'hui, avec environ un demi-millénaire de retard.

Comme je l'ai déjà expliqué, l'histoire des humains est riche en conflits quasi permanents. Alors qu'ils se lançaient à la conquête des terres des autres races, les premiers colons humains commencèrent à se chamailler entre eux. Cette époque fut résumée par cette anecdote satirique : chaque fois que quatre bateaux débarquaient, trois nouveaux royaumes naissaient, puisque tout le monde voulait non seulement être son propre maître, mais aussi celui des autres.

Voilà pourquoi les chroniques de l'histoire humaine des premiers âges contiennent surtout la description de querelles intestines et de guerres qu'on justifia par des déclarations ronflantes telles que "former un état" ou "renforcer le pouvoir royal". Typiquement à l'époque, les individus les plus forts, les plus ambitieux et les plus rusés - que, dans un soucis de simplicité, nous appellerons rois (bien qu'une liste des titres qu'ils s'attribuèrent puisse remplir des pages entières) - travaillèrent sans relâche pour annexer ou asservir les terres de leurs voisins. Ce qui, bien sûr, fut accompli à l'aide de la kyrielle habituelle de conquêtes, de traités, de mariages, de pots-de-vin, de chantages et d'assassinats. Les royaumes les plus forts dévorèrent les plus faibles, les unifiant sous l'égide de leurs dynasties. Les royaumes et les hommes s'étendirent, faisant la guerre aux races non-humaines lorsqu'ils ne s'affrontaient pas entre eux. Peu à peu, les vrans furent repoussés vers les montagnes Bleues. Les marmotins connurent le même sort, les survivants trouvant refuge dans les régions les plus reculées de Mahakam et des monts Amell.

En plusieurs occasions, on aurait pu croire que les humain se contenteraient des terres qu'ils avaient déjà conquises. A chaque fois, ces espoirs furent vite douchés. On signa des traités et des pactes de non-agression, on fit des déclarations officielles qui, toutes, furent dénoncées lorsque les humains n'en eurent plus l'utilité. L'exemple le plus caractéristique est le traité de paix signé avec les elfes, rompu quelques années plus tard par l'attaque en traître des Redaniens, qui déboucha sur le massacre de Loc Muinne. Ainsi commença la Deuxième Guerre entre les humains et les elfes, où ces derniers furent face à un ennemi largement supérieur en nombre, avec le courage et la ténacité de vrais héros. Mais ils en payèrent le prix, la fleur de la jeunesse elfique périssant dans ce terrible conflit, un coup dont leur race ne s'est jamais vraiment relevée.

Ainsi, quelque quatre siècles après leur arrivée, les hommes des bateaux ayant jeté l'ancre à l'embouchure de la Yaruga s'étaient approprié toutes les terres entre la Grande Mer à l'ouest et les montagnes Bleues à l'est, entre les monts du Dragon au nord et les monts Amell au sud.

Ainsi naquirent les Royaumes du Nord.

(extrait choisi des écrits d'Annanias Uldvikel, selon "Les Anciennes Cultures humaines et leurs reliques" - "LES WOZGORS ET LES DAUKS - Selon la classification d'Arnélius Grock, les Wozgors et les Dauk comptent parmi les cultures humaines les plus anciennes à être arrivées juste après la Conjonction des Sphères. Ils s'installèrent dans les terres entre les monts du Dragon et le golfe de Praxeda, terres qui aujourd'hui forment le territoire du royaume de Kovir et Poviss (plus précisément les duchés de Narok, Velhad et Talgar) et les principautés de la ligue des Hengfors les pays de Caingorn, Malleore, Ceyden et Holopole), ainsi que le nord de Redania (la région de Gelibol et la vallée de Nimnar). Les informations fragmentaires qui nous sont parvenues sur ces peuples sont basées sur ce qui reste de leur culture en termes matériels.
Les écrits trouvés sur les menhirs dauks et les pierres tombales des nécropoles wozgors forment les bases de plusieurs prophéties et divinations (voir "la prophétie du soleil noir") qui restent contestables de nos jours (voir "la manie d'Eltibald le Fou"). Certains lettrés ont postulé que les croyances des Wozgors et des Dauks ont perduré sous la forme de la religion de Melitele et de cultures mineurs (voir Coram Agh Tera, Veyopatis). Les événements qui menèrent à l'extinction des deux peuples font l'objet de vives querelles entre les historiens."


(extrait choisi du Fragment d'une dissertation de seconde année à la faculté d'histoire de l'académie d'Oxenfurt) - "Pas moins de deux douzaines de villes des Royaumes du Nord sont localisées sur les emplacements d'anciens sites elfiques. Parmi celles-ci, Oxenfurt la studieuse et la ville libre de Novigrad, ainsi que Wyzima, la capitale de Temeria, et les cités de Maribor, Tretogor, et Cidaris. Comme on le déduira facilement de son nom, les ruines de l'elfique Xin'trea sont également le site de la Cintra moderne."


(extrait choisi d'une note de Cuannah Aep Finavall, camarade d'Iorveth, membre des Scoia'tael) - SHAERRAWEDD - "Aelirenn, la Rose blanche de Shaerrawedd, nous a menés au combat durant cet ultime assaut désespéré il y a deux cents printemps de cela. Après que la traitrise des humains eut éclaboussé les rues blanches de nos villes du sang des nôtres, nous savions déjà que nous n'avions pas le moindre espoir de gagner cette guerre. Nos chefs ne pensaient qu'à protéger le peuple. Ils donnèrent l'ordre de ne plus rien laisser aux envahisseurs. Nous étions censés fracasser nos demeures, briser les palais de marbre, détruire les fontaines luisantes et abattre les tours élancées, y compris notre plus grande fierté, Shaerrawedd la belle. Nous avions l'ordre de fuir, de nous retrancher dans les montagnes, d'y construire des nouvelles demeures et d'attendre le départ des humains, comme on fait passer une rude nuit d'hiver en attendant le printemps.
Mais Aelirenn refusa de s'enfuir sans combattre, de détruire nos oeuvres et tout ce qui nous était cher. Nous l'avons suivie, malgré les illusions de victoire qu'elle nous promettait, alors qu'en vérité elle nous offrait surtout une chance de périr honorablement. Et nous avons péri en effet, avec son nom aux lèvres. Pour elle. Pour le marbre et els pierres blanches. Et pour notre symbole, pour Shaerrawedd."
Garçon.
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Re: Selon Villentretenmerth ... l'histoire du monde et ses habitants

Messagepar itikar » dim. août 18, 2019 6:42 pm

Le Sud lointain -

Les territoires du sud des monts Amell se développèrent indépendamment de leurs équivalents du nord. On ignore si les hommes qui ont formé les Royaumes du Sud étaient membres d'une ethnie différente ou s'ils avaient des ancêtres communs avec les soit-disant "exilés".

Pour appréhender la vérité, il convient d'examiner leurs légendes, les chroniques de leurs royaumes et les généalogies de leurs rois. Mais pour cela, il faudrait voyager au plus profond du sud pour chercher les volumes qu'on ne peut trouver qu'à l'Académie impériale, car c'est là que furent déposés la plupart des écrits de cette époque après la conquête de ces terres par Nilfgaard. Les peuples soumis à l'empire ont dû également adopter sa langue officielle et des éléments de la culture des vainqueurs. Il est donc difficile de définir ce que les gens du Sud ont en commun avec leurs parents du Nord.

Néanmoins, on peut affirmer qu'au moins un royaume, qui deviendra plus tard l'empire de Nilfgaard, fut créé par un peuple tout à fait différent, présent en ces terres jusqu'à cinq siècles plus tôt. Une assertion que corroborent leurs différents langages, basés sur les Discours des Anciens, mais aussi leurs croyances, coutumes et culture nettement plus développées et clairement distinctes.

L'histoire du Sud confirme la théorie selon laquelle l'histoire des humains se réduit à celle de leurs conquêtes. Dans ce cas précis, les dirigeants de Nilfgaard ont surclassé toute compétition en soumettant leurs voisins à l'aide de, si je puis me permettre, la doctrine de la "diplomatie de l'acier". Durant plusieurs siècles, Nilfgaard, au départ un simple royaume, ne cessa de s'agrandir jusqu'à devenir un véritable empire dont le pouvoir s'étendait jusqu'aux pieds des monts Amell, qui, il y avait quelques décennies, le séparaient des Royaumes du Nord.

(extrait choisi des écrits d'Effenberg et Talbot, dans l'Encyclopediae Maxima Mundi, tome III) - " La Langue Commune est le langage que parlent les peuples du Nord, à l'exception des iles Skellig (voir "La Langue Ancienne, le dialecte des insulaires skellige"). Sa grammaire simplifiée et ses accents rauques témoignent sans ambiguïté de ses origines barbares. Il s'agit vraisemblablement d'un amalgame de langues parlées par les ancêtres des gens du Nord dans leurs pays de jadis, et qui, après leur arrivée dans le Nord, s'enrichit de phrases et de concepts des tribus indigènes. La Langue Commune dans sa forme finale vit le jour après la première installation des gens du Nord à l'embouchure du fleuve Yaruga."
Garçon.
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Re: Selon Villentretenmerth ... l'histoire du monde et ses habitants

Messagepar SauronGorthaur » dim. août 18, 2019 7:01 pm

tu te bases sur quoi pour tout ça? :shock:
(En travaux)

Somewhere
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Re: Selon Villentretenmerth ... l'histoire du monde et ses habitants

Messagepar Somewhere » dim. août 18, 2019 7:02 pm

Ah itikar tu es train de refaire ce que j'ai commencé dans l'autre topic. :lol:

viewtopic.php?f=738&t=24038#p1387225

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Re: Selon Villentretenmerth ... l'histoire du monde et ses habitants

Messagepar itikar » dim. août 18, 2019 7:09 pm

Le conflit avec Nilfgaard et les guerres du Nord -

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En ce temps-là, on aurait pu croire que l'empire avait atteint ses limites naturelles. Bien des lettrés et des spécialistes postulèrent que, pour des raisons à la fois économiques et militaires, poursuivre son expansion vers le nord serait absurde. C'est pourquoi les historiens continuent de débattre sur ce qui a causé les guerres du Nord. Nilfgaard n'avait aucun intérêt à déclencher un nouveau conflit. Les hommes du Nord étaient des combattants aguerris, et il était bine plus profitable de commercer avec eux, puisque l'empire avait besoin de débouchés extérieurs pour ses produits. C'est pourquoi une éventuelle attaque des monts Amell et du fleuve Yaruga était extrêmement complexe en termes logistiques et ne promettait guère de bénéfices. Néanmoins, l'empereur Emhyr var Emreis, monarque de Nilfgaard, donna l'ordre de partir à l'assaut.

Sa première victime fut le royaume de Cintra. Il y a un peu plus d'une douzaine d'années, l'armée nilfgaardienne traversait les Marches de Marnadal pour écraser l'armée cintrane à l'orée du col montagneux. Puis les légions impériales s'abattirent sur les vallées et prirent au passage la capitale fortifiée du royaume durant ce qu'on devait appeler plus tard le "massacre de Cintra".

Ensuite, les Nilfgaardiens se tournèrent vers le royaume de Sodden. Après voir écrasé son armée lors d'une première bataille, les Noirs conquirent le sud du pays, appelé Haut-Sodden, avant de traverser le fleuve Yaruga et d'attaquer le Nord. C'est là que les Nilfgaardiens trouvèrent enfin un adversaire digne de ce nom, lorsque l'empire se vit confronté aux armées de Redania, de Temeria, d'Aedirn et de Kaedwen, unies sous la férule de Vizimir, le roi de Redania ainsi que des sorciers des royaumes du Nord. Durant la célèbre seconde bataille de Sodden, la marche irrépréssible de l'empire se vit arrêtée et l'armée nilfgaardienne repoussée de l'autre côté de la Yaruga. C'est ainsi que la première guerre de Nilfgaard se termina sur une impasse pendant que les deux forces en présence se surveillaient attentivement d'une rive à l'autre du vaste fleuve.

Extrait choisi, un récit de la chute de Cintra - "La bataille de Marnadale Dale dura un jour et une nuit. L'armée cintrane ne céda jamais un pouce de terrain et lutta courageusement, même lorsqu'il fut évident qu'elle fut surpassée. Lorsque el roi Eist Tuirseach tomba, la reine Calanthe prit personnellement la tête de ses hommes pour les empêcher de se débander. Rassemblant sous sa bannière les régiments cintrans éparpillés, elle rompit l'étau de l'ennemi pour se diriger vers la ville. Car un cœur farouche battait sous la poitrine de la Lionne de Cintra, qui durant cette bataille témoigna d'une bravoure supérieure à celle de bien des hommes. La reine couvrit en personne la retraite, chevauchant à la tête des chevaliers cintrans dans une charge désespérée contre l'infanterie nilfgaardienne lancée à leur poursuite. Au final, il fallut que les fidèles la portent en ville, car les épieux de l'ennemi l'avaient gravement blessée.
Les Noirs prirent alors d'assaut la ville sans grande difficulté, car il ne restait plus assez de soldats cintrans pour garder les murailles. En l'espace de plusieurs jours, la capitale fut pillée, et ses habitants massacrés. Néanmoins, le château royal lui-même tint bon encore quelques temps, et lorsque les envahisseurs abattirent ses portes, ils n'y trouvèrent personne de vivant. Car ses défenseurs - une poignée de chevaliers, de magnats et de leurs familles - avaient préféré mourir plutôt que connaître l'esclavage et le déshonneur.
La reine Calanthe elle-même demanda à ce qu'on vienne mettre un terme à ses souffrances, mais personne ne se révéla capable de lever la main sur sa monarque bien-aimée. Dans ses derniers instants, malgré ses blessures, elle traîna sur les remparts pour se jeter du haut des murailles. Ainsi mourut Calanthe Fiona Rianmon, la Lionne de cintra.
"


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(extrait choisi des écrits de Marcus Marcellinus, dans le recueil Magiciennes et magiciens) - "... et vingt-deux sorciers se dressèrent sur le mont Sodden et jurèrent de se servir de leurs pouvoirs pour arrêter l'assaut des Nilfgaardiens ou de mourir sur place. Ce fut une terrible bataille immortalisée par bien des ballades. Il plut des flammes, des éclairs strièrent le ciel, et la terre elle-même gronda comme si elle était tourmentée par les crépitements d'énergie qui la sillonnaient alors que les sorciers héroïques tissaient leurs sorts contre ceux des mages nilfgaardiens. Treize d'entre eux sacrifièrent leur vie pour saper les forces des Noirs, et à la fin de la journée, il ne resta plus que neuf survivants las, ensanglantés mais triomphants. L'endroit où ils tinrent bon, jadis connu sous le nom de mont des Cerfs-volants, est désormais appelé le mont des Sorciers ou mont des Quatorze. Quatorze parce que, pendant un temps, personne ne fut capable de compter les morts ou seulement reconnaitre les cadavres. On crut alors que la sorcière Triss Merigold faisait également partie des victimes, alors qu'en réalité elle survécut à ses nombreuses blessures. Voilà pourquoi son nom est gravé à côté des treize autres sur l'obélisque placé sur el mont, et Merigold elle-même fut surnommée "la Quatorzième du mont".
Garçon.
"N'avez-vous donc point d'espoir ?" dit Finrod.
"Qu'est-ce que l'espoir ?" dit-elle. "Une attente du bien, qui, bien qu'incertaine, se fonde sur ce qui est connu ? Alors nous n'en avons pas."
"C'est là une chose que les Hommes appellent 'espoir'... "Amdir l'appelons-nous, 'expectation'. Mais il y a autre chose de plus profond. Estel l'appelons-nous.

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Re: Selon Villentretenmerth ... l'histoire du monde et ses habitants

Messagepar itikar » dim. août 18, 2019 7:13 pm

SauronGorthaur a écrit :tu te bases sur quoi pour tout ça? :shock:


Sur ça :

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http://www.kissmygeek.com/51-jeux-video ... die-du-jeu




Je pense que cela complète bien ce qu'a commencé Somewhere, en fait, bien que j'évoque surtout ici l'histoire (le dragon passe ensuite à la géographie, je recopierais peut-être cette partie par la suite également sauf si ça fait inutilement redondance avec ce qu'aura publié Somewhere dans le topic sur l'univers ...) ... et ce qui est le plus intéressant, c'est que c'est le point de vue d'un dragon - celui que rencontre Geralt dans une nouvelle et un épisode de la série polonaise dont j'ai récupéré une capture plus haut, émaillé don d'extraits qu’il aurait pu choisir pour donner d'autres point de vue que le sien, preuve de sa sagesse s'il en est ;) :super:
L'auteur de ces écrits que je réécrie ici s'appelle Marcin Batylda, traduit en anglais par Travis Currit, ici en français par Thomas Bauduret et je ne saurais trop conseiller de se procurer ce livre publié chez Panini Books et édité par CD Projekt Red)
Garçon.
"N'avez-vous donc point d'espoir ?" dit Finrod.
"Qu'est-ce que l'espoir ?" dit-elle. "Une attente du bien, qui, bien qu'incertaine, se fonde sur ce qui est connu ? Alors nous n'en avons pas."
"C'est là une chose que les Hommes appellent 'espoir'... "Amdir l'appelons-nous, 'expectation'. Mais il y a autre chose de plus profond. Estel l'appelons-nous.

itikar
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Re: Selon Villentretenmerth ... l'histoire du monde et ses habitants

Messagepar itikar » dim. août 18, 2019 8:00 pm

L'escalade des conflits et la seconde guerre -

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Emhyr var Emreis

Une paix si tumultueuse ne pouvait pas durer, et les deux côtés se préparèrent à l'inévitable reprise des hostilités. Galvanisés par leur victoire, les meneurs de la précédente coalition - les rois de Redania, de Temeria, de Kaerdwen et d'Aedirn, rejoints par la reine de Lyria - cherchèrent à prendre l'initiative. Ils préparèrent une attaque surprise qui leur permettait de libérer le Haut-Sodden et Cintra et de repousser Nilfgaard de l'autre côté de Marnadal. Ils firent même des préparatifs en vue de mener à bien cette opération, mais l'empereur Emhyr var Emreis les prit de vitesse, ayant mis au point en secret ses propres mesures avant de partir en guerre.

Les préparations en question impliquaient au préalable de se débarrasser des responsables de la défaite parmi les propres commandants de Nilfgaard et leurs ennemis au nord. Les premiers firent vite connaissance avec la lame du bourreau et furent remplacés par de jeunes officiers ambitieux défenseurs de la stratégie consistant à frapper le plus vite possible. Mais ceux-ci furent eux-mêmes pris dans une toile d'araignée méticuleusement tissée, à base d'intrigues et de complots. Vizimir, le roi de Redania et chef de la colation du Nord, mourut sous le poignard d'un assassin, ce qui plongea son royaume dans le chaos.

Entretemps, Emhyr entretint les querelles internes entre sorciers qui devaient contribué à sa défaite. Aux avides ou aux aigris, il promit la puissance, la richesse et un poste important, ravivant leurs ambitions et semant la discorde dans leurs rangs.

Au moment précis où l'armée nilfgaardienne surgissait soudain pour traverser la Yaruga, les unités des Scoia'tael, courtisés par les promesses de l'empereur d'accorder leur liberté aux elfes, s'abattirent sur les arrières-postes du Nord. Les envahisseurs concentrèrent leurs forces sur les éléments les plus faibles de la coalition, écrasant sans peine les armées de Lyria et d'Aedirn. Les combats faisaient encore rage lorsque Kaedwen changea soudain d'allégeance, rompant tous ses précédents traités et conventions. Ses armées traversèrent le Pontar, annexant une partie de ses voisins du Sud et scellant ainsi le sort d'Aedirn.

Ainsi, les armées de Temeria restèrent seules sur le champ de bataille. Le roi Foltest dut se résoudre à signer un traité de paix séparé avec l'empire, surtout après que son flanc droit eut été menacé par le roi Ervyll de Verden, qui changea également d'allégeance pour se soumettre à Emhyr. Mais comme bien d'autres traités dans l'histoire de la guerre, celui-ci valait à peine le papier sur lequel il fut rédigé. Seize jours à peine après sa signature, les armées nilfgaardiennes, assistés par les volontaires verdans et des unités de Scoia'tael, attaquèrent la Temeria et ses protectorats, Brugge et le Bas-Sodden. Les résultats furent résumés par une expression populaire pitoresque, qui apparut chez les gueux :"Emhyr prit Foltest de force, et sans vaseline."

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(extrait choisi, témoignage de Hardaal Ygvenn, bûcheron temerien) - "... des écureuils, ou Scoia'tael en langue elfique. Ce surnom est censé venir des queues d'écureuil qu'ils accrochent à leurs coiffes en guise d'insignes. D'autres prétendent que, comme ils vivent dans les bois, ils se nourrissent de noix, comme les écureuils ... Ils se disent résistants, et je comprends qu'ils veulent regagner leur liberté, mais moins qu'ils s'en servent comme excuse pour massacrer tous les humains qu'ils rencontrent. Ils apparurent juste après la première guerre de Nilfgaard, profitant du fait que nos soldats marchaient vers le sud pour lutter contre les Noirs... La plupart d'entre eux sont des elfes, mais bien des nains se trouvent dans leurs rangs, et même des demi-sangs.
Les Scoia'tael rôdent en forêt, préparant des embuscades aussi bien contre les colons des caravanes marchandes, les messagers de l'armée ou les détachements plus petits. Ils sont vicieux, cruels et se soucient peu de prendre des prisonniers, puisqu'ils ne s'attendent pas à ce qu'on fasse preuve de clémence envers eux. Leurs chefs sont impitoyables et, lorsque les mères veulent faire peur à leurs enfants, elles évoquent encore les noms de Faoiltiarna, Iorveth ou Yaevinn."
Garçon.
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Re: Selon Villentretenmerth ... l'histoire du monde et ses habitants

Messagepar itikar » dim. août 18, 2019 9:15 pm

Un empire immobilisé -

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John Natalis

Ce viol fut heureusement interrompu par la venue de l'hiver, et une tentative de reprendre la campagne dès le retour du printemps ne se passa pas aussi bien que l'empereur le désirait. Des opposants à l'intérieur même de l'empire, qui ne voulait pas que Emhyr gagne cette guerre, complotèrent pour que l'armée impériale progresse avec maladresse, la laissant vulnérable au harcèlement de la guérilla issue des royaumes vaincus. Meve, la reine de Lyria, rallia quelques troupes pour attaquer et confondre les occupants, et l'Etat vassal de Verden ne tarda pas à connaître sa propre insurrection anti-impériale. Des alliés plus petits des Quatre Royaumes se joignirent à leurs efforts. Les insulaires de l'archipel de Skellige lancèrent des attaques pirates sur les provinces côtières de Nilfgaard et, de concert avec la flotte d'Ethain de Cidaris, perturbèrent les lignes de transport maritime.

Tous ces revers mirent à mal le mythe de l'empire invincible. Des volontaires affluèrent pour s'engager dans l'armée temerienne pendant que Redania, surmontant enfin le choix d'avoir perdu son roi, envoya à la hâte un corps expéditionnaire pour venir en aide à ses voisins du Sud. officiellement, les royaumes de Kovir et Poviss restèrent neutres, mais certains notables mis dans la confidence affirmèrent qu'ils fourniraient une aide financière importante à la coalition. Il est certain que les condottières koviris de la Libre Compagnie luttèrent du côté des Royaumes du Nord.

La bataille décisive se déroula à brenna, où les forces combinées de Redania et de Temeria furent mises sous le commandement de John Natalis, constable de Temeria, et soutenues par des troupes de mercenaires et des volontaires nains venus de Mahakam. Après un jour entier de combats acharnés, les forces alliées du Nord finirent par écraser l'armée du maréchal nilfgaardien Menno coehoorn, démontrant une fois de plus à quel point les Nordistes pouvaient être efficaces lorsqu'ils cessaient de se quereller entre eux. Après Brenna, le vent se mit à tourner, et les royaumes en guerre d'Aedirn et de Kaedwen convinrent d'une trêve pour repousser ensemble les Nilfgaardiens jusqu'à Aldesberg, mettant ainsi fin à la deuxième guerre du Nord.
Garçon.
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Re: Selon Villentretenmerth ... l'histoire du monde et ses habitants

Messagepar itikar » dim. août 18, 2019 9:46 pm

Le calme avant une nouvelle tempête -

Nilfgaard connut donc la défaite, pour la dernière fois semblait-il. L'empereur se consacra alors à venir à bout de ses opposants à l'intérieur du pays pendant que les Royaumes du Nord reprenaient leurs querelles. Henselt de Kaedwen et Demavend d'Aedirn recommencèrent presque immédiatement à se disputer Lomark, ou peut-être le Haut-Aedirn, puisque chaque bord avait un nom différent pour désigner les terres en question. En Redania, après le règne du conseil de régence, le jeune roi Radovid V prit le pouvoir, et ses actes lui valurent bien vite le surnom de "le Sévère".

Foltest avait également quelques problèmes domestiques, à commencer par la révolte des Scoia'tael et de Jacques d'Aldersberg, grand maître de l'ordre de la Rose-Ardente, lui-même assoiffé de pouvoir, et enfin diverses rébellions de nobles additionnées à des problèmes de succession.

Lorsque ces crises semblèrent enfin résolues, les rois se mirent à mourir les uns après les autres.

Le premier à succomber sous la lame d'un assassin fut Demavend, roi d'Aedirn. Sa mort entraina une vague de chaos menaçant de submerger les royaumes alors que els bourgeois, les chevaliers et les paysans se dressaient les uns contre les autres en une guerre civile meurtrière. Peu après, Foltest de Temeria connut le me^me sort alors qu'il était sur le point de remporter la victoire sur la rébellion des nobles de la maison La Valette. Les problèmes non résolus entourant la succession du roi devinrent, si vous me permettez d'employer une expression idiomatique typiquement humaine, un véritable casse-tête, qui mit à genoux un royaume pourtant puissant et prospère.

Évidemment, tout le monde soupçonna l'empire nilfgaardien d'avoir orchestré ces deux événements; et au final, il se trouva qu'ils avaient raison, du moins en partie. L'empereur Emhyr var Emreis avait dupé et manipulé la Loge des magiciennes, une organisation très secrète, puis, tout en prétendant agir sous ses ordres, avait fait assassiner Demavend et foltest. Durant le sommet des rois de Loc Muinne, l'empereur rusé révéla soudain le prétendu rôle de la Loge, fournissant un bouc émissaire bine pratique tout en empêchant les monarques et les sorciers d'établir le genre de collaboration qui lui avait coûté si cher durant la première guerre du Nord. Ainsi, Nilfgaard put partir à nouveau en guerre. Peu après, les armées nilfgaardiennes traversaient une fois de plus le fleuve Yaruga pour s'enfoncer profondément dans le territoire de l'ennemi.

Ainsi commença la troisième guerre du Nord.

(extrait choisi d'un Fragment d'une dissertation de maîtrise de la faculté d'histoire de l'académie impériale de Castel Graupian) - "avec le recul, il est clair que la façon désastreuse dont le prince Joachim de Wett mena ses troupes sur el front temerien n'était pas uniquement due à son incompétence, mais surtotu à sa mauvaise volonté. Car le prince Joachim était membre d'un complot formé par plusieurs notables nilfgaardiens qui avaient mal pris le refus de l'empereur d'épouser une de leurs filles. A l'époque, Emhyr var emreis cherchait à consolider son pouvoir sur les territoires nouvellement conquis en faisant rechercher la princesse Cirilla, l'héritière perdue du trône de cintra et la petite-fille de la reine Calanthe.
Les comploteurs avaient pour but de renverser l'empereur, de faire monter sur le trône Morvran Vorhis, qui n'était alors qu'un enfant, et de former un Conseil de régence chargé de gouverner à sa place. Malgré son réseau d'espions, Emhyr var Emreis savait juste que certains factieux avaient une dent contre lui. Il décida donc d'envoyer ses affidés et les troupes qui lui restaient loyales loin du trône et de la capitale, puis il donna des postes de commandement au prince Joachim et au duc Ardal pour prendre la tête des armées partant en guerre.
Ce gambit ne marcha qu'en partie, puisque l'empereur ne pouvait concevoir la haine que ces deux aristocrates lui portaient, si brûlante qu'ils étaient prêts à compromettre le succès de la campagne de Nilfgaard dans le simple but de saper son pouvoir. Ils espéraient qu'en l'absence de victoires le peuple et l'armée se retourneraient contre Emhyr var Emreis et soutiendraient leur révolte au moment voulu. Néanmoins, ni l'un ni l'autre ne survécurent assez longtemps pour voir leur plan porter ses fruits. Son incompétence valut au prince Joachim de finir décapité, et le dur Ardal mourut d'une maladie subite juste avant la défaite de son armée à Aldersberg. Nombreux sont ceux qui croient qu'il ne succomba pas à un simple virus, mais qu'il prit du poison pour éviter d'être dégradé et de subir le châtiment des traîtres. D'autres murmurent que l'empereur lui-même est responsable de la mort d'Ardal, préférant, pour des raisons qui lui étaient personnelles, éviter de dévoiler l'étendue de la trahison du duc, ce qu'un procès public aurait certainement révélé."


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