alors, ce film on n'y entre pas, on y plonge avec ce début qui est déjà in medias res, comme qui dirait.

et sensation de nostalgie, dés le départ, de se retrouver comme ça face à Jeanne Moreau.

surtout ce film est magnifique du point de vue technique : la BO surtout le thème de Jazz, les autres sont un peu quelconques, à vrai dire; la photographie est sublime dans ce noir et blanc avec des jeux de lumières que j'aime beaucoup notamment dans les scènes où le personnage principal est bloqué dans l'ascenseur (ce qui ne veut pas dire que ce sont les seules scènes où j'aime la photographie, loin de là. en fait, en termes de photographie, je crois bien que les plus belles sont celles de ce Paris nocturne avec une Jeanne Moreau qui erre dans les rues de la capitale). d'ailleurs, sur les scènes extérieures avec les perspectives, ce noir et blanc donne une sensation étrange proche de la couleur avec cette impression de non pas se trouver devant l'écran mais dans l'écran. en ce qui concerne le scénario, je dirais que ce sont essentiellement les scènes où Maurice Ronet se retrouve bloqué dans l'ascenseur qui captive l'attention, les autres paraissant quelque peu banales en comparaison, avec des exceptions heureusement. (certaines qui pourraient ennuyantes gagnent quelque chose avec l'aura de Jeanne Moreau). il reste quoi que appréciant cette atmosphère hitchcockienne, on a comme un petit raté en ce que je trouve que le personnage de Ronet se fait prendre un peu trop simplement rendant la résolution un peu trop facile, quand même Louis Malle a su distiller du suspens très prenant avec ses plans où la corde est l'élément incriminant (petite pensée pour un film d'Hitchcock, d'ailleurs.

). bon pis, cette fin qui ne laisse pas sur sa faim mais ouvre admirablement avec une sublime confrontation Jeanne Moreau/Lino Ventura accompagnée du grand morceau de Miles Davis qui me restera toujours en tête quoi qu'il arrive, j'en redemande bien volontiers tant elle nous laisse piéger de ce film, au final, comme Ronet l'était dans cet ascenseur. Pour du premier film, je crois rarement avoir vu de cette qualité.

sinon, c'est surtout l'intrigue secondaire avec les deux jeunes qui m'agace un peu principalement parce qu'elle ne sert pas beaucoup le film et que je la trouve trop présente pour une intrigue sensée être secondaire... justement

un film qui bien sur le métaphorique surtout dans le titre ; dans le genre Nouvelle Vague, que j'aimerai bien aller explorer plus en profondeur, d'ailleurs. et cette façon qu'a le scénariste de jouer avec le destin, la fatalité, il ne manquait plus que cela pour me faire encore plus aimer ce film. Excellente découverte grâce une BO qui me reste en tête...et un hommage émouvant pour ce film à la réalisation et au montage tout aussi poétiques l'un que l'autre.
bon, alors, on va sans douter tabler dans les 18,5 voire 19/20.