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Climax (de Gaspar Noé)

Débats sur des films en particuliers (n'hésitez pas à utiliser l'index - sur ce lien pour vous y retrouver)
Scarabéaware
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Climax (de Gaspar Noé)

Messagepar Scarabéaware » mer. mai 16, 2018 7:52 pm



Attention, attention, nouveau film de Gaspar Noé, gare à ceux qui ont déjà eu du mal avec ses précédents films :mrgreen:. Le réalisateur polémique a d'ailleurs présenté son film à Cannes et nous devrions avoir droit à la sortie nationale le 19 septembre 2018 :mrgreen:. On notera qu'au casting figure la charmante Sofia Boutella.

Un petit synopsis ? Le voila, court et clairement bien succinct mais qui en dis déjà peut être pas mal avec le monsieur :mrgreen:

La naissance et la mort sont deux incroyables expériences. La vie est un plaisir furtif.2


Maintenant voila pour la bande annonce :



De quoi bien se demander ce que ça va nous réserver dans sa totalité :siffle:

Bon puis avec ça un petit article du monde : http://www.lemonde.fr/festival-de-canne ... 66360.html

Et un extrait d'interview du réalisateur :D : http://www.allocine.fr/article/ficheart ... 73029.html

Un extrait de notre interview avec le réalisateur, à lire en intégralité pour la sortie de Climax le 19 septembre prochain :

AlloCiné : Ce film est arrivé presque comme un happening. Il a été tourné en très peu de temps et, pour nous spectacteurs, il a surgi comme ça, nous n'en savions quasiment rien avant d'entrer dans la salle...

Gaspar Noé, réalisateur
: Avec la profusion des informations sur internet, on sait tout du film avant même qu'il soit sorti. Donc on essaie de brouiller les pistes. Je ne supporte pas de lire des articles avant de voir les films. Donc lorsqu'on me dit qu'un film est bon, je ne lis rien dessus. J'ai encore envie d'être surpris au cinéma.

Lorsque tu fais des rêves la nuit, tu ne sais pas ce qui va se passer la séquence d'après. Si avant d'aller te coucher, on te donnait le contenu des rêves que tu allais faire, il serait beaucoup moins drôle d'aller se coucher et de faire des rêves.

On peut voir le film est comme une montagne russe qui se transformerait en train fantôme. Il y a un côté jubilatoire dans la mise en scène, dans la façon dont ces gens arrivent à s'exprimer avec leurs bras et leurs jambes. Lorsque je les regarde danser, je suis fasciné, je suis envieux. Je ne sais pas ce que je donnerais pour savoir danser comme ces jeunes hommes et ces jeunes filles.

Il y a des choses angoissantes dans le film, mais c'est tellement matraquant que tout d'un coup, ça en devient drôle. Le film devient de l'humour drôle, comme les films de Bunuel. Bunuel, à chaque fois qu'il essaye de faire un drame psychologique, ça reste très drôle. Malheureusement pour moi, je ne pouvais pas faire un film comme Haneke ou comme Bergman. Je trouve qu'il y a des gens qui ont une perception douloureuse de la vie, et d'autres une perception joyeuse de la vie... Même si je faisais un film de guerre, je suis sûr que les gens vont rigoler.

C'était important pour vous d'avoir le film à Cannes ?

Oui, c'est la meilleure clinique d'accouchement du monde pour les films.

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Re: Climax (de Gaspar Noé, 2018)

Messagepar phoenlx » mer. mai 16, 2018 8:04 pm

quand je vois la bande annonce je reconnais bien le style du réalisateur, je pense voir ce film, qu'on aime ou pas ses films je trouve qu'il a vraiment le sens des images, de la musique, ses ambiances ne laissent jamais indifférent (je te conseille Enter the void scarabée si tu ne l'as pas encore vu)
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Re: Climax (de Gaspar Noé, 2018)

Messagepar Scarabéaware » mer. mai 16, 2018 8:23 pm

Oui c'est clair qu'il fait de quoi particulièrement marquer et je sens que là on va se prendre une expérience encore bien particulière menée par lui :mrgreen:. Pour ce qui est de Enter the Void, je compte bien le voir d'ici quelques temps, et toi faudrait que tu t'occupes de Irréversible il me semble :D.
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Re: Climax (de Gaspar Noé, 2018)

Messagepar Scarabéaware » mar. nov. 19, 2019 9:45 pm

Petit coup de débat du cercle de Canal + sur Climax. Je regarderai un peu plus tard, faudra que je m'occupe de le voir prochainement celui-là :mrgreen:

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Re: Climax (de Gaspar Noé, 2018)

Messagepar Chernabog » mar. nov. 19, 2019 11:53 pm

Plutôt bien aimé celui-là, alors que je n'avais pas du tout accroché à Love.

Cela dit, je pense que c'est le genre de film qui s'apprécie surtout au cinéma, avec le son à fond et tout (je pense notamment à la première séquence de danse assez époustouflante dans son genre), c'est clairement pas le truc à regarder en qualité pourrie sur son ordi portable en tout tant, encore une fois, Noé joue la carte "expérience sensorielle".

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Re: Climax (de Gaspar Noé, 2018)

Messagepar phoenlx » mer. nov. 20, 2019 9:45 am

il faudrait peut-être que je me refasse un petit Gaspar Noé dans pas longtemps moi. c'est vrai que Love était assez spécial, j'avais préféré son Enter The void pour ma part (même s'il faut une bonne dose d'ouverture d'esprit pour voir ce genre de film, je doute qu'il plaise à tous) Mais rien que pour la manière de filmer par dessus, et les jeux de couleurs nocturnes il m'avait marqué. Il faudrait que je vois Climax
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Re: Climax (de Gaspar Noé, 2018)

Messagepar Scarabéaware » mer. nov. 20, 2019 5:35 pm

Ah c'est sur que Love faut pas être réticent à ce que ça propose :lol:.

Au fait Pho, t'avais vu son tout premier film, Seul contre tous ?
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Re: Climax (de Gaspar Noé, 2018)

Messagepar Scarabéaware » mer. janv. 08, 2020 10:59 pm

Je viens de le voir, encore une fois c'est pas vraiment un film qui a de quoi s'aimer comme d'autres, c'est du Gaspar Noé qui nous donne de son bon petit cru à sa manière :mrgreen-noel:.

Y a de quoi apprécier pour l'expérience qui ne laisse là encore point indifférent ainsi que l'esthétique majoritairement rougeoyante comme la sangria mais aussi le sang qui bouillonne, c'est très bien fait la dessus, on a du bon soin d'apporté. Le film nous est introduit avec un plan particulier en plein dans la neige avant de se porter sur les protagonistes qui auront fait un petit témoignage devant la caméra et c'est plutôt pas mal de voir comme c'est entouré de référence :mrgreen:.

vlcsnap-2020-01-08-20h52m23s081.jpg
vlcsnap-2020-01-08-20h52m23s081.jpg (197.84 Kio) Vu 462 fois
Un bon gros plein de fait avant de se lancer dans cette histoire et on notera aussi que la télévision est de marque Schneider. Je sais pas si c'est une allusion à Romy Schneider mais bon on prend ça et Possession, y a de quoi songer à une petite note de Zulawski à la vision de certaines scènes :mrgreen:. Bon puis ma foi ça donne envie de découvrir certains comme Schizophrenia s'ils ont pu être source d'inspiration pour lui, ça titille un peu. Bref, du coup après ça nous voila dans la danse et ça donne une bonne petite chorégraphie d'abord avec tout une sélection musicale que nous découvrons en plus tout du long avec entre autre du Daft Punk.

Ainsi nous plongeons complètement par ce biais au sein de ce groupe où nous retrouvons Sofia Boutella, de quoi donner lieu à une bonne petite part de subversif avec ce qui se produit. Par ailleurs contrairement à ses précédents films on précisera qu'il y a très peu de nudité, et quand à ce qu'il y a je trouve dommage qu'on ait pas pu profiter de Sofia Boutella dans le plus simple appareil, c'est plutôt elle dont j'aurais bien aimé contempler un peu plus les charmes :rire:. La concernant en plus c'est pas la où je la trouve le mieux mis en valeur pour le coup du point de vue de son charme. Mais c'est pas forcément le but, y a plutôt gêner un peu dans l'ensemble, chercher à choquer et on a d'ailleurs un petit point d'orgue je dirais dans tout ça mais qui est largement de circonstance en même temps. Donc voila disons qu'elle est bien à s'intégrer à tout ce monde là et que ça donne une ambiance bien particulière...Ceci étant dit à ce qu'il ait cherché à choquer j'aurais d'autant plus apprécier qu'il aille vraiment à fond dans la démarche, vraiment choquer les mœurs de tout le monde, je ferai remarquer un petit manque de courage mais bon dans l'ensemble c'est bien comme ça.
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Re: Climax (de Gaspar Noé, 2018)

Messagepar phoenlx » jeu. janv. 09, 2020 12:00 am

ça fait longtemps que je n'ai pas vu un Gaspar Noé, il faudrait que je m'en refasse un
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Re: Climax (de Gaspar Noé, 2018)

Messagepar phoenlx » mar. oct. 06, 2020 10:36 am

Je l'ai vu hier soir . ..

ouah !!! J'en reste coi !!
Un pur film de Gaspar Noé ! je me demande si ce n'est pas mon préféré (avec Enter The Void peut-être)
et en même temps, mais c'est voulu, comme dans d'autres de ses films que j'ai pu voir, c'est un film à la fois hallucinogène, et .. déprimant, sombre, avec ce mélange d'ambiances propres au cinéaste j'ai l'impression (je le découvre peu à peu, c'est mon troisième film de Noé, mais je dois dire que chaque expérience pour le moment m'a marqué, à sa manière)

Rien que dans sa construction narrative, le film donne le ton, avec cette fin annoncée dès le début (on se doute que quelque chose va tourner au drame, et j'avoue que je m'interrogeais quand au pourquoi du comment, mais la manière dont ça se déroule, je m'y attendais assez peu, avec cette sangria dans les verres qui fait tout déraper !) la scène d'introduction qui d'ailleurs est très marquante, avec ce personnage féminin qui rampe agonisante dans la neige (le rouge se mélangeant au blanc symbole de pureté) ça rappelle bien d'autres films de morts dans la neige (notamment japonais, les nippons aimant souvent jouer avec cette symbolique)
D'emblée le film nous prend aux tripes par cette scène, puis ce ... générique de fin !! mis carrément en intro .. c'est très étrange

On passe ainsi d'une ambiance positive totalement euphorique avec ce groupe de jeunes aux origines multi-ethniques (et multi-sexuelles) à ces scènes dramatiques mêlant le sang, les larmes, et des séquences complètement barrées (mais toujours filmées de manière très stylisées comme dans d'autres de ses films, avec notamment des jeux de lumière rouges, vertes étranges, ça rappelle sur ce point Into the Void je trouve, j'aime beaucoup le travail des chef op dans ses films)

A noter aussi une belle bande son qui mélange pas mal de références, dont du Daft Punk (je ne les connaissais pas toutes, et je dois dire que j'ai été pris dans le vertige !) Rien que la scène de danse initiale, ça donne le ton d'un film hors norme qui va nous embarquer dans un véritable tourbillon, un tourbillon vertigineux de vie, et au final, de mort. Eros et thanatos .. Pulsion de vie, pulsion de mort, il y a un côté assez freudien je trouve. Tous les paradoxes de la nature humaine, et notamment d'une certaine jeunesse dans un contexte ici assez précis, banlieue française apparemment, résumée dans un film

Il faut aimer ! je pense que ce film ne plaira pas à tous, mais j'ai apprécié être embarqué dans ce trip, ce réalisateur est décidément hors norme, mais ce film est sacrément sombre, déprimant au final :cry: A l'image de la nature humaine pourrait-on dire. De ses paradoxes, de son côté tragique, comme si l'homme était au final, incapable de s'entendre, de cohabiter dans l'harmonie, comme si inéluctablement, les choses même les plus positives et euphorisantes étaient condamnées à finir en drame, en sang, en pleurs, en larmes, en horreur (il y a presque un côté film d'horreur dans la deuxième partie, et d'ailleurs, pas mal d'inspirations semblent transparaître à travers le film)

Pour avoir lu des articles de presse à l'instant (que je vous partagerai par la suite), certains parlent de Zulawski (au niveau des inspiration) notamment le film avec Adjani (que je n'ai pas encore vu mais je dois le faire prochainement :mrgreen: d'où d'ailleurs le DVD de possession dans la scène que tu as capturé scarabéaware je pense) sans oublier De Palma, et d'autres.

c'est un film à sensations .. J'ai du mal à en parler, j'ai du mal à l'analyser, il m'a à la fois mis profondément mal à l'aise (lors de certaines séquences) et en même temps (scène de danse au début) il m'a plongé dans un trip cool, je me souviens avoir parfois ressenti ceci avec Enter The Void.
Si on compare à ce film d'ailleurs, on y retrouve aussi les plans aériens sur les personnages (omniprésents dans l'autre film, et qui ici concernent une partie des scènes seulement) ; on y retrouve le jeu de couleurs, rouges, verts ..
La manière dont les personnages sous drogue déambulent dans les couloirs entre le dortoir et la scène de danse rappellent presque une démarche zombiaque (référence à certains films d'horreur de zombi ici sans doute)

Au-delà de ça, j'étais littéralement halluciné par la manière dont certains personnages bougent, se déforment dans tous les sens (scène de danse :mrgreen: ) c'est pas moi qui ferait ça ! :PTDR:
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Re: Climax (de Gaspar Noé, 2018)

Messagepar Scarabéaware » mar. oct. 06, 2020 1:34 pm

phoenlx a écrit :je me souviens avoir parfois ressenti ceci avec Enter The Void.


Et la troisième fois fut la bonne après être passé par un Inter puis un Into :lol:.

Bref, trêve de taquinerie lol, c'est effectivement un film qui a de quoi s'aimer sans pour autant l'apprécier comme d'autres avec ce qu'il a de dérangeant et qui a de quoi mettre mal à l'aise. En tout cas comme tu viens bien à le dire il nous fait une bonne évocation de la nature humaine dans ce qu'elle a de sombre à ne pas pouvoir forcément toujours s'entendre, il existera toujours des tensions d'ailleurs quoi que l'on fasse même entre grands amis. Après on a le plus rassurant avec de bons cercles d'amis bien sur, mais bon voila, il fait ressortir la crasse, c'est une plongée dans une descente aux enfers qu'il nous propose là. C'est triste mais réaliste quand à l'image que ça renvoie, avec ceux qui peuvent gâcher une fête, gâcher des vies en injectant un véritable poison qui va provoquer un véritable chaos :siffle:. Ah ça fait penser à bien des choses quand à cet effet papillon hein. Et puis bon bien sur c'est aussi tout bonnement cette jeunesse qui au cours d'un amusement sympathiquement festif peut salement dériver, on sait les drames qui peuvent survenir et ça en est aussi l'expression.

Mais au delà de ça c'est plaisant pour l'expérience particulière que ça confère avec cette esthétique, tout ce rougeoiement, rouge comme la sangria, rouge comme le sang, rouge comme la passion qui peut envoyer vers la folie.

C'est un marasme, une folie, une dinguerie, une part de l'humanité avec cette vague que ça nous fait à être emportés dans cette spirale, on passe de la beauté de la danse à une beauté de l'horreur malsaine.

Autrement tu évoques pour Zulawski que j'avais évoqué aussi, y a de ça avec lui qui nous a fait du haut perché et je peux te garantir qu'avec Possession tu vas être bien servi :lol:.

Enfin voila, c'est de la bonne et grande expérience à la Gaspar Noé qui nous témoigne en même bien de ses influences :mrgreen:.
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Re: Climax (de Gaspar Noé, 2018)

Messagepar phoenlx » mar. oct. 06, 2020 3:11 pm

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Re: Climax (de Gaspar Noé, 2018)

Messagepar Scarabéaware » mar. oct. 06, 2020 6:55 pm

Pauvre petit chou :lol:. Bon évidemment comme on a de quoi le dire ça a de quoi ne pas convenir à tout le monde est particulièrement pas aux intoxiqués de l'optimisme qui font des cacas papillons et crachent des arcs-en-ciel, ça a de quoi les égratigner sérieusement :mdr:. Bon puis lui en plus il comprends rien à certains éléments glissés par là, ça n'arrange rien. Il évoque par exemple la dédicace "A tous ceux qui nous ont fait et ne sont plus". Bon sang, ça parle pas forcément des parents, nos parents ils sont pas forcément morts, ceux qui nous on fait, ceux qui l'ont fait lui c'est des réalisateurs comme Zulawski, Bunuel et d'autres désormais mort ou des réalisateurs encore vivant mais qui ne font plus de films marquants comme à leur grande époque. A mon avis c'est plutôt à ça qu'il faut penser, y a l'hommage à ceux qui ont exploré la folie. Hum par contre y a de quoi se poser une question s'il est fan de Lynch, qu'aura t'il pensé de la saison 3 de Twin Peaks ? :lol: Après tout on voit Eraserhead dans la capture que j'avais faite (renommé Labyrinth Man).

Bref...le Durendal non de toute façon c'est le parfait exemple des gens pour qui ce n'est pas fait. Faut pouvoir endurer la réalité de ce qui ressort, c'est récurrent et malheureusement d'autant plus fortement de nos jours où ça caractérise parfaitement un "Vivre est une impossibilité collective" :siffle:. On va pas trop s'étendre pour pas faire trop bobo aux partisans du vivre ensemble, de la vie en communauté mais euh...vala, vala quoi. Tout va bien ? Euh bah...NON :siffle:. Après en même temps que ça nous montre et faire ressortir énormément de choses sur l'humanité, ça fait une dénonciation, et c'est à prendre mais faut avoir une capacité de recul et ne pas en rester au fait d'être complètement égratigné.

Puis tiens, à la place de ce qu'on a ici on pourrait très bien imaginer aussi une orgie avec un type qui a le SIDA et fait exprès de le refiler à tout le monde, ou alors autre chose à laquelle on va pas faire référence ici, on se comprend :siffle:.
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Re: Climax (de Gaspar Noé, 2018)

Messagepar phoenlx » mar. oct. 06, 2020 7:03 pm

oui , bon sinon j'ai écouté un peu "The Film Talker" (autre youtubeur célèbre, ex cousin) et il a beaucoup aimé
Critique masqué semble avoir aimé aussi :mrgreen:

Un petit article du site a-voir-a-lire.com (je le poste car il évoque notamment certains points de convergences, et inspirations venant d'autres films et réalisateurs, comme Zulawski)

Danse Macabre

Et si Climax était le film à la fois le plus accessible et le plus radical de Gaspar Noé ? Avec ses chorégraphies et plans-séquences inouïs, cet hymne à la vie tourné comme un documentaire d’épouvante laisse pantois.

Résumé : Naître et mourir sont des expériences extraordinaires. Vivre est un plaisir fugitif. Une troupe de danseurs décide de célébrer le dernier jour de répétition avant d’entamer une tournée en France et aux États-Unis. La fête vire au cauchemar.

Notre avis : Dans un espace en huis clos ramassé entre une salle de danse et un dortoir, le tout relié par un long couloir lugubre, Gaspar Noé passe en revue toutes les composantes de son œuvre. Au gré de danses frénétiques le plus souvent cadrées comme des trips psychédéliques, s’enchevêtrent par petites touches pointillistes les obsessions du réalisateur, de Carne (le rêve français, le vivre-ensemble et son envers) à Love (vie vécue, sentiments et pulsions sexuelles) en passant par Irréversible (sauvagerie, coupe-gorge, bas-fonds) et Enter the Void (mort, métaphysique et expérimentations). À cet effet, sa nouvelle intrigue se veut paradoxalement lacunaire, et c’est tant mieux. De jeunes danseurs professionnels fraîchement sélectionnés pour constituer une troupe viennent d’achever une semaine de répétition en prévision d’un spectacle outre-Atlantique. Une fête s’organise aussitôt pour célébrer leur prochain départ, que Noé met en scène dans un premier temps comme un documentaire étrange, puis comme un film d’horreur sous acide. C’est que quelqu’un a versé quelque chose dans la sangria, et ce quelque chose pourrait bien gâcher les festivités. Il serait aisé de reléguer ce cinquième film au rang d’énième provocation, celle d’un sale gosse devant l’éternel, d’un vaurien en mal d’adolescence usant des seules passions pour susciter le trouble. Pourtant, sa nouvelle esquisse conduit le spectateur bien plus loin que ne le laisse transparaître sa seule forme minimaliste. À voir ces séquences de danses dantesques exaltées à la fois par une mise en scène inventive et par des nappes de musique étourdissantes (Giorgio Moroder, Daft Punk, Aphex Twin…), s’installe une transe façon Spring Breakers - lequel partage d’ailleurs le même chef opérateur.

Ce sentiment d’abstraction qui s’immisce petit à petit sert à Noé de catalyseur. L’idée est pour lui d’introduire par contamination un point de non-retour, ce moment fatidique où il pourra entre autres rendre hommage à quelques-unes de ses principales influences cinématographiques, citées comme à son habitude dès l’ouverture (Salo, Querelle, Zulawski, notamment). À noter que le jeu halluciné de Sofia Boutella dans la seconde partie tient pour beaucoup de celui d’Isabelle Adjani dans Possession. Mais le point culminant, le "climax" – si tant est qu’il soit possible de l’identifier car ce dernier est perpétuel dans Climax –, c’est aussi l’allégorie du rêve de la France multiculturelle des années 90 (le récit se déroule en 1996). Ici, tous les protagonistes ont en commun la danse, s’accordent mais se distinguent par leurs origines, leur couleur de peau ou leurs orientations sexuelles et culturelles. De ce choix, découle sans doute le drapeau français à paillettes au centre de la fête ou le carton facétieux en amorce : "film français et fier de l’être". Point outre mesure de regard angélique à l’égard du vivre-ensemble dans Climax sinon au contraire une critique ostensible de ce qu’en a fait notre société. Et pour cause : soit la trajectoire des personnages au sein du lieu de répétition se lit comme la métaphore d’une existence avec ses fluctuations de la vie à la mort – le temps anéantit tout jusqu’aux liens les plus chers –, soit l’espace en vase clos isolé au milieu de la neige (le blanc symbolique façon Les 8 Salopards) renvoie à la discrimination et à la ségrégation – disons à la manière dont nos sociétés ont sédimenté en conscience les banlieues. À l’aune de cette équation, le drapeau pailleté sonne plus comme une belle promesse, mais une promesse trompeuse dissimulant un horizon claustro. Alors vite, dardent convulsivement les scènes de Climax, il faut danser sa vie avec fièvre et virulence, tourner sur soi-même jusqu’à l’épuisement pour atteindre une fois, rien qu’une fois, l’extase à en devenir fou.

De tous les films de Noé, Climax apparaît comme le plus resserré, tant en matière d’écriture que de dispositifs et procédés scéniques. Plus encore qu’avec Irréversible, le scénario ne s’embarrasse d’aucune fioriture pour surtout privilégier l’intensité. Afin de donner corps à cette fête hors-du-commun arrosée d’une sangria pas comme les autres, le cinéaste italo-argentin a choisi d’improviser l’essentiel de l’intrigue au fil du tournage. Les caméras, dont il a opéré cette fois en personne les déplacements avec son directeur de la photographie fétiche Benoît Debie, se contentent ainsi d’accompagner avec verve les chorégraphies et trajectoires des danseurs. Où le plan-séquence constitue, dans son acception la plus baroque, une pierre de touche fondamentale. Alors que les membres de la troupe rivalisent de prouesses techniques pour dessiner des motifs voguing, crump ou hip hop hardcore, les prises de vue défient en retour l’apesanteur pour en retranscrire toute l’effervescence. Il importe peu alors qu’émerge ou non une authentique histoire tant le vertigineux ballet parvient à lui seul à hypnotiser. À travers ces circonvolutions et mouvements d’appareil sans limite, affleure en creux une faconde héritée de Brian De Palma - garder en mémoire les performances sans cut apparent issues du Bûcher des vanités, de L’Impasse ou de Snake Eyes. À la différence près ici que l’on substitue au caractère systématique, académique et résolument emphatique de l’Américain, une velléité expérimentale anarchique et jusqu’au-boutiste. Pas un hasard : dans Climax, le cinéma de Noé adopte une logique de dérèglement précisément par opposition/réaction au contrôle – le confinement, le rythme. Parce que la coordination du groupe et la conjonction des corps, bien qu’un temps admirablement synchrones dans leur tempo, se veulent chaotiques par essence au-delà des apparences, la caméra cherche à figurer ce débordement intérieur.

Ce que Noé semble dès lors illustrer, c’est l’impossibilité pour chaque membre du groupe de faire corps avec les autres, simplement car pareille transmutation revient à nier toute individualité et tous désirs particuliers. En cela, Climax revient au principe fondateur de la filmographie de son auteur : celui de Seul contre tous, où chacun ne traverse jamais, de la naissance à la mort en passant par la baise et l’ivresse, qu’un long tunnel hermétique à autrui. Sous cet angle, a priori, rien de plus misanthrope et pessimiste. Sauf que Noé trouve à présent toujours un moyen dans cette matière sordide de renverser la dialectique - ce qui fait probablement de Climax son film le plus accessible, sans pour autant lésiner sur la radicalité. Parmi ses contrepoints les plus virtuoses brisant sans cesse la course des événements : l’oscillation continue, kubrickienne et imprévisible de sa caméra, l’humour omniprésent ou encore ces éclairages variant en temps réel et modifiant parfois d’une seconde à l’autre la couleur psychologique d’une scène. Toute cette gestuelle fantastique fait achopper la morale et advenir des personnages splendides – parmi lesquels tous, excepté Sofia Boutella, sont des inconnus –, des protagonistes éblouissants car sans retenue. C’est en cet entrelacs d’absence de tempérance que se situe le "climax" : la liberté jusqu’à la jouissance – fut-elle fragile et éphémère.



(source de l'article : https://www.avoir-alire.com/climax-la-c ... gaspar-noe )

autre article (de Telerama, signé Guillemette Odicino)

“Climax” : peut-être le meilleur film de Gaspar Noé

Extase puis carnage sur la piste de danse. Fasciné par les pulsions juvéniles de vie et de mort, le cinéaste signe un ovni romantico-gore stupéfiant.
Un climax est un point ultime, culminant, et, de fait, ce huis clos aussi ébouriffant que traumatisant pourrait bien être le meilleur film de Gaspar Noé. Une ­acmé dans la quête cinématographique de ce cinéaste qui tente d’attraper le meilleur et le pire d’une époque, le plus vital comme le plus ­létal. Dès la première séquence, qui montre une femme ensanglantée dans la neige, Noé joue avec la structure narrative : il nous balance la fin du film, générique compris ! Et il ­annonce la couleur : Climax est un film d’horreur. Mais patience… Une troupe de danseurs se retrouve pour une fête de fin de répétitions. Dans un hangar, un petit buffet avec de la sangria, et une platine au-dessus de ­laquelle est tendue une énorme banderole tricolore, comme un drôle de cocorico candide et provocant à la fois. Ils sont une poignée de jeunes de toutes couleurs à exulter, avec leurs ­talents de performeurs, au son de Super­nature, le tube disco de Cerrone.
Personne, aujourd’hui, dans le cinéma français, ne filme la danse comme Gaspard Noé, dont la caméra semble transpercer le plancher, planer, puis redescendre en piqué. La transe est totale, la pulsation maximale. Mais les meilleurs « trips » ont une face B : quelqu’un a mis « quelque chose dans la sangria ». La soirée déraille, mettant au jour les failles de ce collectif de jeunes, et menant à toutes les violences. Au point qu’une des danseu­ses enferme son fils, le seul enfant présent, dans un local électrique, pour le protéger…
Un film (à sa manière) romanti­que

Des images de film de zombies se succèdent au gré de plans-séquences vertigineux : une blonde titube, sans fin, dans un couloir à l’éclairage vert de fin du monde, façon jeu vidéo. Une autre fille frappe au ventre sa collègue enceinte. Des corps sous emprise d’une drogue ravageuse se mêlent, nus, à même le sol, pour disparaître dans des lumières rouges aveuglan­tes. Quand, au petit matin, la porte de cet enfer s’ouvrira, enfin, on tentera de compter les morts, les blessés, ou ceux qui ont survécu en s’accouplant dans cette orgie. Climax est, à sa manière, un film radicalement romanti­que, où la pulsion de vie de la ­jeunesse semble tragiquement réversible.

(source : https://www.telerama.fr/cinema/climax-p ... 813764.php )
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