La Guerre des franchises

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Náin
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La Guerre des franchises

Messagepar Náin » dim. oct. 06, 2019 4:42 pm



Aujourd'hui nous allons nous intéresser à un phénomène relativement nouveau dans le paysage du cinéma de divertissement et de franchise, à savoir l'apparition des univers partagés. Parce que force est de constater qu'elle dicte aujourd'hui une bonne part de la production hollywoodienne des films à gros budget.
Cela dit, l'idée de franchise elle n'est pas nouvelle. L'idée d'univers partagé en lui-même n'est pas nouveau. Qu'est-ce qu'un univers partagé si ce n'est un univers réunissant différents films voir saga ? Aux titres et personnages différents (ce qui le différence de la simple saga comme James Bond ou Indiana Jones par exemple). S'assurer un certain succès au box-office en tablant sur une "marque" que le public connaît est quasiment aussi vieux que le cinéma et son industrie. Par ailleurs l'univers partagé lui-même est un phénomène assez connu et classique des grosses franchises populaires à partir des années 1990 et 1980. On peut ainsi considérer, toute estime de l'oeuvre mise à part, que l'univers d'Alien et celui de Predator forment un univers partagé, entre autres par les comics et les deux films les réunissant. Les Spin-off ont également beaucoup contribuer à cette constitution d'une franchise. Ils sont mêmes les principaux bâtisseurs des univers partagés pré années 2010. On pourrait citer Elektra visant à enrichir l'univers du film Daredevil, ou le Roi Scorpion pour l'univers de la trilogie de La Momie.
Le plus fourni de ces univers partagés avant l'heure est sans nul doute l'univers X-Men, puisqu'il passe rapidement au développement de plusieurs Spin-off développant eux-même leur propre franchise avec les films Wolverine notamment et la volonté, vite abandonnée par l'échec de X-Men Origins : Wolverine en 2009, de produire une série de films spin-off sur différentes personnages de la trilogie principale.



Alors qu'est-ce qui a changé dans les années 2010 ? Ce faux-suspens que j'installe conduit évidemment à la naissance du désormais incontournable Marvel Cinematic Universe. Mais elle se situe où cette naissance justement ? En 2008 à la sortie d'Iron Man ? Probablement, puisque son échec aurait probablement mit fin au projet. Reste que son succès ne fut pas non plus le véritable point de départ de tout ce phénomène. En 2008 donc sort Iron Man et surprend tout le monde avec un bonbon en scène post-générique annonçant le projet de Marvel Studios de monter plus tard un film Avengers. Tout ça n'est pas encore certain et il faudra attendre 2012 et le succès phénoménal du film en question pour témoigner de la réussite du procédé. De quel procédé parle-t-on ? D'une stratégie sur le long terme visant à fidéliser le spectateur de toute sorte, le profane en l'introduisant à un univers qu'il apprendra à connaître au quotidien et le fan que l'on titille à coup de teasings bien pensés pour faire monter son envie. Marvel Studios sous l'égide de Kevin Feige parvient ainsi petit à petit, film après film, à jouer sur l'envie de voir différents héros réunis en un seul film et réussit même au-delà des attentes. C'est un succès incontestable.
Ce qui a changer ici, ce n'est donc pas la constitution d'un univers après coup, sur un succès qui engendre suite et spin off, mais un projet monté dès le départ comme constitué de divers films aux titres différents. il n'y a pas de spin-offs dans le MCU. On introduit un personnage secondaire afin de le fidéliser pour son propre film, non l'inverse. Ce n'est pas après coup, en fonction de sa popularité autour du public, qu'on développe un film sur lui ensuite. On l'introduit d'abord en personnage secondaire pour introduire son film. Ce qui change c'est donc la constitution d'un univers partagé en amont, et non en conséquence.
Hors la réussite incontestable de cette recette va bien évidemment attirer l'attention des studios d'Hollywood car, on le sait bien, quand une recette marche, elle est copiée. Et chacun va ainsi vouloir développer son propre univers partagé et va commencer alors une véritable guerre entre les studios. Une guerre dont ressortira gagnant Disney.

Le DCEU



Le premier de ces univers à apparaître c'est, en respect de la tradition, celui de la Distinguée Concurrence soutenu par le studio Warner. Il arrive un an après le raz-de-marrée Avengers en 2013 avec Man of Steel, qui là aussi, bien que moins explicitement, pose les jalons de l'univers cinématographique DC avec notamment des références à Bruce Wayne et Lex Luthor via leurs entreprises. Prenant bien plus son temps que son concurrent légendaire, le deuxième film ne sort qu'en 2016 avec Batman v Superman : L'Aube de la justice. Les deux films, pilotés par Zack Snyder, sont davantage tournés vers une ambiance sombre et ambitieuse. On voit aussi dans ce second film les premiers empressements de Warner à installer son univers avec l'introduction de personnages comme Wonder Woman, Flash ou Aquaman. Hors, déjà que Man of Steel était, bien que loin d'être un échec, une déception au box-office, le deuxième film ne manque pas de creuser davantage encore l'hésitation et le refus d'une bonne partie du public. Hors, quand on produit un film à 250 millions de dollars ce n'est pas pour être remboursé, mais au contraire pour faire tomber le jackpot, hors il n'atteint pas le milliard à l'international et se borne à 330 millions sur le sol américain en dépit d'un démarrage prometteur. De plus il est en plein duel face à Captain America : Civil War qui remporte clairement le combat au box-office. L'échec de ces deux films mène donc à un total remaniement chez Warner du ton et de la production de son univers, qui est là pour faire concurrence à Marvel et non pour ramasser les miettes. On le voit d'ailleurs très bien avec l'évolution de la communication autour de Suicide Squad, qui démarre sa campagne de promotion avec une bande annonce sombre et limite angoissante, pour évoluer et terminer sur un ton beaucoup plus décalé et ancré sur le divertissement. Malgré ses critiques assassines, Suicide Squad ne déçoit pas au Box-office avec un budget de 100 millions de moins que BvS et obtenant un résultat identique, et dicte ainsi le ton qui va suivre pour les prochaines productions. Si Wonder Woman n'en pâtit pas énormément, ou moins que d'autres, le blockbuster garde un grand coup de formaté que n'avaient pas les deux premiers films. Le pire est à venir avec le très attendu, autant par le public que par le studio, puisque son accueil témoignera de l'échec ou de la réussite de tout le projet, Justice League. Catastrophe critique comme financière, le film est un désastre, extrêmement formaté, charcuté, copiant un humour pas toujours très fin et introduit de manière très factice de son concurrent, il déçoit sur tous les plans. Le film par ailleurs, de part son formatage et ses innombrables remontages, a coûté 300 millions de dollars pour un résultat de 230 millions sur le territoire américain. L'échec du film est tel qu'il est suivi de nombreux licenciement au sein du studio notamment celui du PDG Kevin Tsujihara. De plus, la liste ridiculement longue de projets annoncés par Warner se voit ni annulée, ni confirmée, mais simplement mise en pause, comme le signe d'un déni et surtout du manque total de préparation de la part du studio. L'univers prévu par Warner s'écroule au point même que le studio se met à développer des films en dehors de l'univers, et se concentre non plus sur les ponts entre les films mais sur les films solo eux-même, sans toutefois les sortir du tronc commun. Bref, Warner ne sait pas sur quel pied danser, licencie à tour de rôle comme avec Zack Snyder après BvS puis Geoff Johns après Justice League et s'emmêle les pinceaux dans sa communication au point d'en être la risée du public. Si aujourd'hui il subsiste avec des films comme Aquaman ou Shazam!, qui chacun devient un succès engrangeant projets de suites, l'univers DC au cinéma est clairement désossé et ne parvient pas à assurer sur sa seule marque le succès de ses films, contrairement à son concurrent lequel, en 2019, fait de ses trois films de l'année des films milliardaires (Captain Marvel, Avengers : Endgame, Spider-Man : Far From Home). Ce sont maintenant les personnages eux-mêmes, dans une logique pareille à ce qui se faisait avant, qui assurent les suites et spin off. Harley Quinn avec le futur Birds of Prey, qui monte le film sur son seul nom au vu de la promo du film, Aquaman avec le projet de suite et le spin-off sur la Fausse, Shazam et son ton de comédie qui se voit être assuré d'une suite à son tour. Bref en annulant les films cherchant à développer le DCEU et en ne tablant que sur les suites et spin-off des titres qui marchent, Warner semble être revenu à la logique pré-Avengers.

Le "MonsterVerse"



En 2014 sort le film Godzilla de Gareth Edwards, qui pose à son tour, cette fois pour Legendary, la première pierre d'un univers partagé, cette fois exploitant l'univers des Kaiju japonais, issus de la saga Godzilla au japon et des films de Kaiju comme Mothra, Rodan, etc... Sur le même principe que les deux précédents, Legendary annonce alors développer sa franchise afin d'aboutir à un film "réunion" qui serait Godzilla VS Kong. Si le film obtient un succès certain, il est malgré tout pas mal critiqué pour le relatif manque des monstres à l'écran. Promesse d'un univers entièrement centré sur le combat de monstres géants, les retours du film sont donc en demi-teinte. Malgré tout Legendary garde confiance en raison notamment des très bons résultats financiers du film. Ainsi en 2017 sort Kong: Skull Island visant ainsi à introduire le futur grand adversaire du roi des monstres, à savoir King Kong. C'est également dans la scène post-générique du film que l'étendue de l'univers est explicitement montrée à l'écran, avec la mention d'un monde entièrement peuplé de "Titans" qui sont là depuis des temps immémoriaux. Le résultat du film est à peu près égal à Godzillaet garde un succès financier certain. Le vrai problème va intervenir avec la sortir du troisième film de la franchise, Godzilla II : Roi des monstres, sorti en 2019. Pour un budget de 200 millions, soit supérieur aux deux précédents films, il n'engrange que 380 millions à l'international là où Godzilla et Kong : Skull Island avaient réussi à collecter plus de 500 millions chacun, alors que c'est le film, des trois, le plus représentatif de l'idée et du ton que doit être l'univers développé par Legendary. Est-ce que le film doit ce faible succès à sa qualité ? Quand on voit le succès de films pourtant très moyens voir médiocre obtenir des sommes astronomiques on est en droit d'en douter. Il est tout à fait probable que Legendary ait tout simplement surestimé l'engouement du public américain et international pour un genre et un univers qui ne lui est pas si familier que ça. Godzilla est une figure mythique tout comme King Kong, mais ce n'est pas le cas de Ghidorah, Mothra, Rodan et les autres Kaiju de la saga Godzilla qui ne sont surtout connus que des japonais et des fans de la saga. Hors pour un blockbuster de cette envergure, il es évident que la seule base des fans en suffit pas. L'univers des Kaiju réunit un public beaucoup plus restreint que celui des super-héros par exemple. Autre point, le film de combat de gros monstres géants n'est également peut-être pas si populaire qu'on pourrait le croire. Il suffit de voir les résultats de Pacific Rim premier du nom. Cloverfield ne voit pas de duel de monstres et se singularise par sa mise en scène Found footage, qui, de qualité médiocre ou reconnue, est souvent appréciée du public. Quant à King Kong de Peter Jackson il était surtout un remake d'un film mythique du cinéma américain. Il est donc fort possible qu'en plus d'exploiter un univers imaginaire jusque là réservé à un public restreint (là où celui des super-héros, en plus d'être déjà bien ancrée dans la culture populaire, a mis dix vingt ans à s'immiscer dans le paysage cinématographique), la promesse de voir des combats de monstres gigantesque atteigne ses limites en terme de public et que ce dernier ne soit pas si friand que ça de ce genre de divertissements. Legendary a en tout cas perçu la même menace avec les résultats décevants du film puisque la sortir prévue en mars 2020 de Godzilla vs Kong se voit être repoussée. Hors, comme on l'a vu avec Justice League, cela n'augure rien de bon. Si pour ma part j'espère malgré tout la continuation de cet univers qui permet de voir des combats des monstres mythique de la culture japonaise enfin modernisés l'avenir de cet univers se voit à son tour fortement compromis. Il est par ailleurs tout à fait probable que, ne se sentant, contrairement à Warner, nullement tenue par un défoulement d'annonces en tout genre, Legendary arrête sa franchise après ce quatrième film, n'en ayant encore annoncé aucun autre.

Le Dark Universe



En octobre 2014 sort Dracula Untold. Nouvelle itération du mythique personnage, il s'agit ici surtout d'une origine, d'un préquel à la célèbre histoire écrite par Bram Stocker. Le projet du film est notamment de terminer sur l'ère moderne afin de raconter l'histoire dans un contexte réunissant les autres films prévus par Universal. En effet le studio a quant à lui choisi d'exploiter le catalogue des monstres de la littérature britannique classique tel Mr Hyde, l'Homme Invisible, Frankenstein etc... Mais, premier obstacle, le film, malgré un succès financier incontestable (il obtient le triple de son budget) le film essuie une vague de critiques négatives et, soucieux de partir sur de bonnes bases pour développer une saga longue de plusieurs films, le studio choisit d'annuler ce faux-départ et remet le lancement de leur projet à 2017 et la sortie du film La Momie avec Tom Cruise. Le studio joue d'ailleurs la carte du gros forcing en balançant clairement ses intentions dans le film. Universal avait d'ailleurs annoncé au même moment plusieurs films ainsi que les différentes stars des projets comme Johnny Depp ou encore Javier Bardem. le film introduit ainsi l'organisation Prodigium, dont la fonction est clairement d'établir des ponts entre les futurs films de la franchise. Malheureusement pour Universal, le film cette fois non seulement essuie de très mauvaise critiques, mais se paye un échec financier retentissant, La Momie récoltant 80 millions sur le territoire américain pour un budget de 120 millions. Suite à l'échec cuisant du film, Universal, qui avait déjà prévu la production de La Fiancée de Frankenstein avec Javier Bardem, repousse le film à une date indéterminée et repense sa stratégie. Finalement le projet d'univers partagé est abandonné au début de l'année 2019 quand Universal annonce le projet l'Homme Invisible en collaboration avec Blumhouse Productions et n'ayant rien à voir avec l'univers du Dark Universe. Bref c'est ici plus qu'un résultat en demi-teinte un échec total et retentissant.

Star Wars



Ah ba oui c'était inévitable d'en parler surtout avec la gloutonnerie de Disney en la matière. En effet après le rachat de Lucasfilm par Disney, le studio s'est empressé dans une avarice incroyable et stupide digne d'un roman manichéen, de lancer la production de films notamment le milliardaire Le Réveil de la Force, sorti en 2015, dont Disney fixe une date de sortie très serrée, laissant fort peu de temps à la production et à l'écriture d'un scénario solide. De ce fait bien que fort divertissant et assez époustouflant, le film se contente d'être une simple redite de son aîné de 1977. Il reste un énorme succès dépassant la barre des deux milliards de dollars de recette, record uniquement détenu jusqu'ici par Titanic et Avatar, avant Avengers : Endgame. Malgré une qualité toute relative, le lancement de cette nouvelle franchise par Disney est donc extrêmement bien partie. Disney ne s'arrête pas là et compte bien exploiter au maximum son univers en établissant un tout nouveau canon, faisant table rase du passé (ce qui est ironique quand on voit al ligne directrice de la postlogie) tout en piochant allègrement dedans. Il est ainsi annoncé que des spin-off seront également développés. Rogue One sort ainsi en 2016 et à nouveau, bien que moindre que le précédent, est un succès commercial avec le cape du milliards de recettes franchit. Sont ainsi évoqués différentes suites et spin-off, des rumeurs faisant notamment état d'un film sur Han Solo, sur Boba Fett, Obi-Wan Kenobi, ainsi que d'autres trilogies avec l'annonce de Disney de sortir un film Star Wars par an. Le merchandizing atteint à son tour des proportions gargantuesques. Star Wars est décliné partout et en tout domaine. Disney a vu trop gros. Enhardis par la réussite totale de son autre grande franchise, le MCU, le studio pense que la quantité ne fera que grossir les bénéfices. Hors Star Wars n'est pas le MCU. Ce dernier est jeune, et a commencé dès le départ à prendre un rythme de sortie quotidienne. Aussi populaire qu'il soit, il n'a pas cette aura de mythe qu'est Star Wars. Hors un mythe doit être entretenu certes, mais avec précaution et surtout, avec parcimonie. Disney a agit comme un enfant trop gourmand et à force d'en vouloir toujours plus, a rendu malade sa licence pourtant si lucrative. De plus, toujours pressée de recevoir les résultats de ses films, la production, trop rapide, de ses films les rend incohérents et vides finalement, puisque les scénaristes eux-même travaillent au cas par cas et n'ont aucun vision sur le long terme. C'est ce qui amène au cas alors tant décrypté de l'épisode 8, Les Derniers Jedi, qui sort en 2017. Le studio, après avoir vu le film, n'attends même pas les résultats pour annoncer une trilogie entière pilotée par le réalisateur de ce huitième opus, Rian Johnson. Hors, aveuglé par son empressement, Disney n'avait nullement prévu les réactions. Malgré un résultat loin d'être décevant, devenant à son tour milliardaire, le film engendre de vives réactions et crée un faussé encore plus grand que celui qui fut creusé à la sortie de la prélogie. En effet la colère des fans se déchaîne plus que jamais, se sentant trahis à tel point qu'une pétition parvient à réunir un grand nombre de signature non seulement pour la sortie du canon de cet opus, mais également de son remplacement par un autre film. Il y a là un véritable clivage et désaveu d'une part non négligeable des fans. La sortie de Solo, second spin-off de la saga Star Wars Disney, ne rassure également pas. Désavoué par Disney lui-même, il sort en mai 2019 et non en décembre, séparant ainsi de cinq mois la sortie de deux Star Wars !
C'est trop. Solo: A Star Wars Story n'engrange que 210 millions sur le sol américain pour un budget de 250, et ne termine sa course"" que sur 390 millions de dollars sur la recette mondiale. Suite à ces deux mauvaises réceptions, Disney revoit sa stratégie; Les spin-off sont annulés, tandis que le studio annonce une plus longue pause entre les sorties. Par ailleurs, côté merchandizing, le public est écœuré. Les ventes de jouets Star Wars, qui dominaient le marché depuis des années, baissent et parviennent même à être dépassés. Bref, Disney a réussi l'impensable, à savoir arrêter de faire pondre sa poule aux œufs d'or. Elle continue les erreurs en annonçant une nouvelle trilogie par les scénaristes de la série Game of Thrones, n'attendant même de voir les réactions de la saison 8 qui, comme pour l'épisode VIII, furent très mal reçus par les fan et Weiss et Benioff, à l'instar de Rian Johnson, haïs par les fans. Aujourd'hui pour lancer sa plateforme Disney+ et gagner la guerre du streaming, Disney a renouvelé ses nombreuses annonce sen lançant la série Mandalorian et préparant une autre sur le personnage d'Obi-Wan. Quant à l'épisode IX, les attentes des fans ont bien baissé et, bien qu'il soit surveillé de près, n'engrange finalement que très peu d'attentes. Parvenir à rendre le phénomène Star Wars non plus extraordinaire mais bien ordinaire relève à n'en pas douter de l'exploit, auquel Disney aurait bien garde de se vanter d'être parvenu. L'univers Star Wars a donc engrangé une baisse significative de l'intérêt qu'il nouait auprès du public. En dehors de quelques œuvres assez attendues comme Mandalorian, la principale franchise avec l'épisode IX elle ne semble qu'être devenue secondaire.



Le Wizarding World



En 2016 sort au cinéma Les Animaux Fantastiques, un film se passant dans le même univers que celui de la saga Harry Potter. A cette occasion et celle de la sortie littéraire de la pièce de théâtre "Harry Potter et l'enfant maudit" est officiellement désigné sous la nomination de "Wizarding World" le monde développé par J.K Rowling depuis vingt-cinq ans autour de la saga Harry Potter. Cet univers fictif se voit ainsi continué au cinéma avec donc la sortie de ce nouveau film, prévu comme étant le premier d'une pentalogie. Si le premier film de cette nouvelle saga est une réussite financière, il s'appuie donc sur une saga déjà bien connues du grand public et n'inaugure pas de nouvel univers. La franchise, la troisième plus lucrative au cinéma, est produite par Warner. Si tout se passe bien dans un premier temps, le deuxième opus de cette nouvelle saga refroidit les ardeurs. Sorti en 2018, Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald récolte 160 millions sur le territoire américain, Canada compris, pour un budget de 200 millions. Outre ça le film provoque une première césure entre la saga, J.K Rowling (puisqu'elle est scénariste du film) et son public. Nombreux sont ceux en effet à non seulement avoir été déçus mais aussi à se sentir "trahis" par ce nouveau film. Si Les Reliques de la Mort avait notamment énervés certains fans de part les libertés prises et les manquements au livre en dépit d'un développement en deux films, J.K Rowling restait en dehors des accusations tandis que là, elle est elle-même vue comme responsable par une partie non négligeable de ses fans. Il est également le film obtenant le moins bon score de toute la saga. Par ailleurs, suite aux résultats décevants de ce deuxième opus, J.K Rowling se met à revoir le scénario du troisième, censé se passer à Rio de Janeiro, retardant ainsi le tournage de ce dernier et sa date de sortie, finalement repoussée d'un an. Les réaction du public mènent ainsi le studio Warner à retarder et repenser la direction de leur saga, au bout du deuxième film.

Autres univers

Dans cette multiplication d'univers cinématographiques certains restent de la vieille école et continuent à développer petit à petit leurs propres franchises, franchissant un pas à la fois. Les saga Transformers, Fast and Furious ou plus récemment Kingsman, qui se décline aujourd'hui en spin-off et préquels, se construisent ainsi pas à pas un succès après l'autre. Transformer au bout de cinq films se décline ainsi en spin-offs avec récemment la sortie de Bumblebee tandis que Fast and Furious, au succès retentissant mais aux coulisses dangereux (avec la haine que Vin Diesel et the Rock se portent réciproquement) s'est également décliné en spin-offs dont le récent Hobbs and Shaw qui pense ici avoir trouvé la solution en montant un film sans être obligé de faire appel à Vin Diesel.



Le grand gagnant de toute cette histoire semble donc être Disney qui, si il a réussi à faire de Star Wars un phénomène beaucoup moins lucratif que par avant, garde les deux premières place du podium avec Star Wars et surtout le MCU, qui aujourd'hui assure presque du milliard à chaque sortie de ses films. Si l'on compare aux autres univers partagés développés, qui se sont tous plus ou moins écroulés, c'est encore plus flagrant. Parmi les 23 films que comporte actuellement le MCU, 9 ont passé la barre du milliard du dollars au box-office, et deux on passé les 2 milliards. Le DCEU lui, sur ses 7 films, n'en comporte qu'un seul à l'avoir passé (Aquaman). Le Wizarding World lui ne peut compter que sur Les Reliques de la Mort partie 2, sorti avant tout cet essor des univers partagés. Le Monsterverse et le Dark Universe quant à eux, qui n'ont même pas eu le temps d'ancrer pleinement leur univers, n'ont évidemment nullement franchi cette barre mythique par aucun de leurs films. Cela dit le MCU compte 23 films, contre 7 pour le DCEU, 3 pour le MonsterVerse... Si on s'intéresse ainsi aux bénéfices seulement : Le MCU engrange, pour un budget de 4 milliards, 8 milliards sur le seul sol américain et 22 milliards à l'international. Le DCEU lui pour un budget de 1 milliard 359 millions engrange 5 milliards. 273 millions. Le MonsterVerse quant à lui pour un budget de 515 millions engrange 1 milliard 479 millions. Soit 1 milliard sur 3 films là où le MCU aujourd'hui engrange autant en un seul film ! Mais il faut noter que justement, la différence étant que le MCU s'est installé depuis dix ans sur les écrans de cinéma, forgeant ainsi un lien quotidien avec son public qui est aujourd'hui fidélisé à cette saga.



Pour conclure donc, il semble que cette mode des univers partagés, du moins sur le modèle du MCU, ne touche à sa fin, en raison de l'échec de la totalité d'entre eux, ayant copié mais non égaler comme on dit, le MCU, qui reste le seul univers cinématographique à remplir pleinement ses objectifs financiers. Il semble donc que ce dernier se soit imposé en maître incontesté certes du box-office, mais aussi de la constitution de ce modèle de saga dont il reste aujourd'hui l'unique exemple qui marche. Le DCEU, le MonsterVerse et le Dark Universe s'étant cassé les dents les uns après les autres. Les franchises qui parviennent à s'ne sortir semblent donc être celles qui aient choisis de garder la vieille technique, celle qui marche, à savoir d'attendre le succès d'un film pour sortir sa suite et le succès d'un personnage pour lancer son spin-off. Ce n'est pas illogique quand on voit comment s'est construit le MCU. Il fut d'abord lancé sur deux essais, Iron Man et L'Incroyable Hulk, tous deux d'un ton différents, sans que l'univers développé ne prenne le pas sur les histoire. Que l'on pense ce qu'on veut de ces deux premiers films, ils ne sont pas là pour dire au spectateur qu'il va pouvoir (devoir) revenir pour un tas d'autres films se passant dans l'univers. Certes les ponts entre ces deux films sont établis mais soit de manière subtile (le nom de Star Industries dans L'Incroyable Hulk) soit dans les cènes post-génériques. Le but de ces films étaient avant tout de raconter une histoire et non de développer un univers. Hors c'est le contraire que l'on peut observer déjà sur le Dark Universe, qui arrive avec ses grands sabots et qui livre ainsi un premier film totalement dénué de sens et d'histoire. Le DCEU lui aussi la joue guère finement en étant trop pressé, balançant le film de réunion avec de présenter les différentes héros. Le seul à bien installer les choses est le MonsterVerse. Cependant, il n'échappe pas au défaut commun avec les deux autres. En effet, outre les annonces diffusés dans le scénario des films, il y a les annonces des studios faites en amont. Universal donc qui toujours le moins subtile balance photos de promo mettant en scène les stars de ses futurs films qui n'arriveront jamais, mais aussi Warner et le DCEU qui annonce pléthore de projets, ainsi que le MonsterVerse donc qui annonce dès le départ un film Kong vs Godzilla, là où Avengers n'était annoncé, ou plutôt prévu (ce n'était là pas une promesse, juste l'énoncé d'une possibilité) que dans la scène post-générique d'Iron Man.
BREF. Que l'on soit d'accord ou non avec le fait que par la suite, certains films du MCU ne servent que de pont à un univers commun est une chose, mais l'on ne peut dire que ce fut le cas à ses débuts. En tout les cas, que ce soit pour ces raisons ou d'autres auxquelles nous n'aurions pas pensé, le fit qu'il a malgré tout fait les choses bien puisque aujourd'hui, il parvient à assurer à chacun de ses film le milliard de dollars au box-office. Reste à savoir si le développement de séries pour la plateforme Disney+ vont participer à la baisse d'intérêt pour cet univers ou au contraire l'agrandir.
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Re: La Guerre des franchises

Messagepar phoenlx » mar. oct. 08, 2019 9:54 pm

Excellent topic !!

Moi j'adore le concept d'univers partagé. Mais pour être honnête, je n'en aime ... aucun au cinéma !! J'aimerais qu'un jour, un univers partagé émerge qui soit pleinement à mon goût, mais si je regarde concrètement : le MCU, je n'aime pas pour le côté trop formaté et humoristique des films, le DCEU m'emballait mieux quand il est parti mais il s'est vautré suite à leurs mauvais choix (et aussi à une réaction d'une partie du public qui a impacté la suite), le Monsterverse, ça m'emballe, et j'attends de voir King of Monsters mais les rumeurs de suite ne semblent pas très bonnes, c'est dommage. Alien et Predator, les crossovers sont moyens (et même certains films de la franchise Alien elle-même peinent à s'inscrire dans une cohérence. J'aime beaucoup Prométhéus et Alien : Covenant contrairement à d'autres, mais les incohérences entre les films posent problème pour qu'on voit l'ensemble comme un tout avec les predator en plus ..)
Tant quà Star Wars, la franchise a bien perdu de sa superbe depuis les films Disney.

C'est dommage il y aurait pourtant d'excellentes choses à faire ; J'ai l'impression que les univers partagés c'est la grande mode actuelle, mais une mode qu'ils ne savent pas exploiter (si on excepte le MCU mais qui vise un public très précis, le "grand public", parmi lequel je ne me compte décidément pas, et je ne le dis pas par snobisme :lol: ces films me saoulent vite, ça va deux secondes)

Je rêve d'une immense saga à la "silmarillion" un jour (mais ce ne serait pas vraiment un univers partagé dans ce cas, encore que si on veut faire une bonne douzaine de films, je suis sûr qu'il y aurait de quoi s'inspirer des univers partagés existant déjà au cinéma, en commençant par un film, puis un autre dans le futur ou le passé puis un autre, et développant de plus en plus l'univers jusqu'à la globalité.
Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains (Albert Einstein)
Qu'importe la destination c'est le voyage qui compte
Notre histoire deviendra légende
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Re: La Guerre des franchises

Messagepar Náin » mer. oct. 09, 2019 12:02 am

phoenlx a écrit :
Moi j'adore le concept d'univers partagé.


moi aussi.
phoenlx a écrit :le Monsterverse, ça m'emballe, et j'attends de voir King of Monsters mais les rumeurs de suite ne semblent pas très bonnes


Oui mais du coup tu l'aime bien quand même celui-là :lol:

phoenlx a écrit :J'ai l'impression que les univers partagés c'est la grande mode actuelle

C'est l'objet de ma conclusion. Je pense que cette mode tend déjà à disparaître, en raison de l'échec de chacun d'entre eux (même ceux qui ont reçu un bon score n'ont pas atteint les objectifs de leurs studios)


phoenlx a écrit :Je rêve d'une immense saga à la "silmarillion" un jour

je pense qu'il vaut mieux que ça reste au stade de rêve ça en vrai. L'entreprise serait tellement ambitieuse, tellement inatteignable surtout, on serait forcément déçus.
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Re: La Guerre des franchises

Messagepar phoenlx » mer. oct. 09, 2019 12:02 am

oui, probable
Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l'ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains (Albert Einstein)
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