Le film s’attache à la vie et à l’œuvre d’Elvis Presley (Austin Butler), à travers le prisme de ses rapports complexes avec son mystérieux manager, le colonel Tom Parker (Tom Hanks). En une vingtaine d’années, tandis que l’Amérique est traversée par des bouleversements socioculturels majeurs et perd son innocence, Elvis devient une star planétaire. Dans son ascension fulgurante, un être tient une place prépondérante : Priscilla Presley (Olivia DeJonge).
ELVIS - Bande-annonce 2 (VOST)
La bande-annonce 1 en montre trop à mon avis

Autant j’adore Moulin Rouge (Roméo + Juliette aussi), autant j’ai eu du mal avec cet ELVIS parce qu’il est encore pire que Gatsby le Magnifique ! L’histoire et les protagonistes sont beaucoup trop noyés sous un déluge d’images chatoyantes : le fond est survolé, la forme survoltée... Mais j’adore les années 50 et sans être hyper fan d’Elvis Presley, j'aime sa musique alors j’avais envie de voir ce film.
Ce biopic à quand même l’originalité de se concentrer sur la relation entre Elvis Presley et son manager, le colonel (titre honorifique) Parker. Par contre pour moi, c’est plus un clip vidéo (de 152 minutes !) qu’un long métrage à cause de la réalisation virevoltante et des effets visuels en tous genres (split screen, etc.) ... ELVIS a été présenté pendant le festival de Cannes 2022, hors compétition.
Tom Parker est interprété par Tom Hanks, difficilement supportable sous son maquillage de prothèses, qui en rajoute une couche avec une voix off, comme si on était idiot et qu’on n’allait pas comprendre les images ... Images pourtant assez explicites (en mode "gros sabots") ... Alors certes, le tourbillon d’images + la B.O. tonitruante = immersion totale dans la musique d’Elvis Presley mais sur la longueur du film, visuellement ça devient usant et épuisant ! (et horreur ! il y a du RAP !)
Ceci étant dit, le film met en avant la passion (la fascination, la transe) d’Elvis Presley pour le blues et le gospel et pour ses idoles (BB King, Big Mama Thornton, etc.), la bête de scène qu’il était (sa ferveur, sa gestuelle) et l’impact qu’il avait sur son public (surtout jeune et féminin : voir la scène où Parker découvre Presley pour la première fois en live !) ... Je retiens aussi les réactions d’un autre public (les politiques, les médias, surtout des adultes en fait !) : Elvis était vu à ses débuts (les états du Sud de l'Amérique étaient ségrégationnistes) comme un énergumène au look excentrique et efféminé qui allait pervertir la jeunesse blanche avec sa "musique noire" et sa façon de bouger beaucoup trop suggestive ... On avait jamais vu ni entendu un artiste comme lui
Quand au colonel Parker (qui a débuté sa carrière dans les fêtes foraines et les cirques), il est montré comme un manipulateur, un escroc, un joueur (avec d’énormes dettes), doué pour l'esbroufe et les magouilles ... Il fera d’Elvis une star mondiale et aura sur lui une énorme influence. Il sera son manager exclusif et touchera 50% des bénéfices du King ! Presley un temps se rebelle mais retombera dans les griffes du redoutable colonel ... La famille, les amis d’Elvis sont montrés comme des profiteurs (sauf sa mère et Priscilla) qui encouragent tous les moyens pour que la star continue à rapporter de l’argent ... Le film de Baz Luhrmann est à l’avantage d’Elvis, je suis curieuse de voir ce que cela donne du côté de Sofia Coppola
At last but not least : Austin Butler ! Alors lui est totalement supportable ! Vraiment bluffant et hyper convaincant !
(j’ai vu le film en VOST). Il se donne à fond dans le rôle d’Elvis Presley ! Il a obtenu le Golden Globe + le BAFTA du meilleur acteur (il méritait l’Oscar !) Pour la partie du film avant les sixties, c’est même la voix de l’acteur mêlée à celle du King qu’on entend ! Baz Luhrmann y va à fond dans son style visuel (jusqu’à l’écœurement pour moi) mais son film est regardable et tolérable grâce à son acteur principal, Austin Butler, tout à fait crédible et charismatique dans le rôle du King ! (à l’affiche actuellement dans The Bikeriders, il a également retrouvé Tom Hanks pour la mini-série Masters of the Air et fait partie du cast de DUNE 2e partie)
Sébastian Danchin, spécialiste des musiques afro-américaines, revient sur les débuts de celui qui a « révolutionné la musique moderne », en s'inspirant notamment du blues.
Le 5 juillet 1954, quand Sam Phillips auditionne Elvis Presley au Sun Studio, « on dit que c’est le jour qui a révolutionné la musique moderne » déclare Sébastian Danchin, spécialiste des musiques afro-américaines. Pourtant Elvis est « loin d’être un révolutionnaire », c’était plutôt « quelqu’un qui était là au bon endroit et au bon moment ». C'est sa proximité avec les cultures et musiques afro-américaines, la manière dont il s'en inspire, qui va provoquer une révolution musicale.




. En tout cas même si t'as eu du mal avec ce film ça semble au moins pas mal pour se concentrer sur sa relation avec son manager.


