
Ce roman montre l'édification de la civilisation ainsi que l'instauration d'une religion monothéiste préfigurant le christianisme. L'établissement de la chevalerie et la religion unique du « Dieu Souverain » sont deux moteurs essentiels du texte. Ce roman tardif se veut une genèse des romans arthuriens puisqu'il nous donne à voir les ancêtres supposés du Roi Arthur et de ses chevaliers. Roman fleuve, il est composé d'environ 531 chapitres.

édition en anglais en 2011 par Nigel Bryant
Le Premier Livre se présente comme une description géographique et chronologique de la Grande-Bretagne s'inspirant des textes de Wace, Geoffroy de Monmouth, Orose ou Bède. S'ensuit l'arrivée d'Alexandre et de Bétis, son général, qui est couronné Roi d'Angleterre. Commencent l'institution de tournois ainsi qu'une marche progressive vers la civilisation et la culture. C'est en défiant l'enchanteur Darnant que Bétis obtiendra son nom de « Perceforest ». Commence également la quête du roi Perceforest et celle de ses hommes au nom de la civilisation, de la chevalerie et de la religion. Couronnements et mariages terminent le livre I.
Le Deuxième Livre continue le récit de la civilisation. Alexandre meurt et Perceforest sombre dans une longue maladie de dix-huit ans. Perceforest fondera un ordre chevaleresque, l'ordre du Franc-Palais qui n'est pas sans rappeler la cour du Roi Arthur, descendant supposé de Perceforest et d'Alexandre. Lydoire, épouse de Gadiffer, s'occupe de son époux, blessé par un sanglier. Elle prendra une importance capitale dans la suite du roman, devenant la « Reine-Fée ». Le deuxième livre se clôt sur les aventures des chevaliers de la seconde génération.
Le Troisième Livre a pour sujet principal le tournoi du "Chastel aux Pucelles" organisé par l'ermite Pergamon pour marier ses douze petites-filles. Douze tournois donc et douze mariages pour douze jeunes filles. Au récit de ces douze tournois s'entremêlent des récits d'aventures dont celui de Toïlus et Zellandine, Néronès et le Chevalier Doré ou encore celui de Gadiffer et Aroès, enchanteur de la « Roide Montagne ».
Le Quatrième Livre est celui de la catastrophe et de la destruction prophétisées par la Reine Fée. Les Romains envahissent la Grande-Bretagne. La bataille a lieu aux environs du Franc-Palais. Tous les chevaliers meurent laissant seules les femmes ainsi que les enfants de la troisième génération. La reine Fée transporte Perceforest dans l'Isle de Vie (Avalon) où se trouve déjà Gadiffer. C'est là qu'il attendra la venue du "vrai Dieu" et son baptême. Une longue phase de reconstruction menée par la nouvelle génération débute.
Le Cinquième Livre continue le récit de cette reconstruction en mettant en avant le personnage d'Ourseau, petit-fils de Gadiffer Ier. Ce livre se veut aussi un pendant au livre III en ce qu'il se structure autour de douze tournois, le "Tournoi du Chastel aux Pucelles" organisé par la reine Blanche afin de perfectionner les nouveaux chevaliers dans l'art de la chevalerie, mais aussi pour trouver un époux à sa fille, Blanchette. Exilié, chevalier anonyme, remporte le tournoi. Sa mère, Genièvre, n'est autre que l'une des douze Pucelles du livre III.
Le Sixième Livre insiste sur les aventures de Gallafur, descendant de Perceforest qui épouse Alexandre-Fin-de-Liesse, elle-même descendante d'Alexandre. Cependant, une nouvelle destruction du royaume a lieu, sous le commandement de Scapiol qui se fait couronner roi de toute la Grande-Bretagne. Gallafur est transporté dans l'Isle de Vie. Olofer, fils de Gallafur, tue le sanglier qui avait blessé Gadiffer I et se rend dans l'Ile de Vie pour le guérir. Gallafur II, fils de Gallafur, est baptisé (Arfasen) et entreprend la tâche de convertir son pays au christianisme. En effet, la fin de Perceforest rapporte la mort du Christ et la christianisation de la Grande-Bretagne. Gallafur-Arfasen se rend dans l'Ile de Vie pour baptiser ses ancêtres accompagné du prêtre Nathanaël. Tous les anciens rois peuvent quitter l'Ile de Vie pour mourir.
Si le Perceforest tombe peu à peu dans l'oubli et ne sera redécouvert pleinement qu'au XXe siècle, l'on peut remarquer sa présence dans quelques textes : ainsi, certains récits du Perceforest seront des inspirations pour les auteurs de contes européens. On y retrouve ainsi des éléments de la trame de contes populaires tels que La Belle au bois dormant. Mais on trouve aussi des allusions à ce roman dans Pantagruel de Rabelais.

