Afin d'introduire le topic pour parler de Pharao tout de même, qui est l'allusion la plus évidente, je reprend un post de
mon topic sur les allusions dans le chapitre Hadès à son propos.
PHARAO DU SPHINX ET LA DEUXIEME PRISON DU MEIKAI
Les prisons du Meikai dans Saint Seiya sont le pendant des cercles des enfers dans la divine comédie de Dante et la prison de Pharao correspondrait au troisième cercle de la divine comédie. Cette prison ressemble à un monument égyptien très célèbre puisqu'il s'agit du temple de Ramsès II à
Abou Simbel.
(pour vous en convaincre voici une petite photo ! Il semble flagrant que Masami Kurumada s'en soit inspiré.

Pour le plaisir des yeux, voici une magnifique vue aérienne du site :

En l'occurrence il s'agit du grand temple de
Meha. Les colosses, creusés dans la falaise de grès nubien sous les ordres du pharaon, font 20 mètres de hauteur des pieds à la tête. Ramsès, grand pharaon bien connu de la 19ème dynastie, est représenté avec les membres de sa familles, filles, fils, mère et épouse. Ce site historique très connu est situé sur les bords du nil, et fut menacé un temps par les eaux du fleuve malheureusement, à cause du grand barrage d'Assouan tout proche. Il fut sauvé par l'UNESCO.

En parcourant des textes et sites sur la divine comédie de Dante je me suis aperçu que l'une des personnalités "contenues" dans ce cercle des enfers selon le poète italien est
Cléopâtre, reine d'Egypte, détail qui n'est peut-être pas anodin, il a pu aussi inspirer Kurumada pour faire de cette prison un lieu aux allures égyptiennes (avec Pharao comme gardien).
Petit extrait de la divine comédie :
"
La première de celles dont tu t’enquiers, me dit-il alors, fut reine de beaucoup de langues 1 ; dans le vice de luxure elle fut si plongée, que, par sa loi, ce qui plaît elle le fit licite, pour échapper à l’infamie où elle était conduite. C’est Sémiramis, de qui on lit qu’elle fut épouse de Ninus et lui succéda ; elle possédait la terre que régit le Soudan. L’autre est celle qui, infidèle aux cendres de Sichée, se tua par amour 2 ; puis vient la lascive Cléopâtre. » Je vis Hélène, cause de tant de maux, et je vis le grand Achille qui par l’amour enfin périt. Je vis Pâris, Tristan 3 ; et plus de mille ombres il me nomma et me montra du doigt, qu’amour fit sortir de notre vie. Lorsque j’eus ouï mon Maître nommer les femmes antiques et les cavaliers, je fus pris de pitié et comme éperdu "
Cette prison et les événements qui s'y déroulent constitue pour moi l'un des aspects les plus caractéristiques de l'oeuvre de Kurumada car elle illustre bien le syncrétisme incroyable au niveau des inspirations ! On a là en effet des références à l'Egypte ancienne, à la divine comédie de Dante (oeuvre poétique célèbre) à la mythologie grecque (Cerbère et Orphée qui apparaissent à ce stade de l'histoire dans cette prison), ainsi qu'à la peinture (l'une des oeuvres de Gustave Doré semble avoir fortement inspiré la vision de Cerbère dans le manga), et peut être même un clin d'oeil à Hayao Miyazaki (nausicaa de la vallée du vent , pour ce qui est du nom de la vallée située en amont de la prison de Pharao :
la vallée du vent noir )
Il s'agit d'un procédé très courant chez Kurumada qui ne fait pas que du repompage de références comme aiment à le résumer ses détracteurs mais qui les mélange pour en faire quelque chose de très intéressant et qui prend sens, l'oeuvre n'est pas qu'un patchwork de références, tout le monde je pense ressent dans le chapitre des enfers de Saint Seiya le côté bien particulier et propre à l'oeuvre, assimilant toutes ces références pour le combiner à son atmosphère propre.
Ci-dessous : une image du spectre
Pharao du sphinx lorsqu'il utilise sa fameuse attaque de la malédiction du Pharaon.

Les allusions à l'Egypte sont rares dans Saint Seiya, au contraire de la mythologie grecque qui est omniprésente, ou de la mythologie nordique dans le chapitre Asgard... Le surplis (armure) de Pharao représente un sphinx egyptien et il possède un instrument qui rappelle un peu les baïnit (ou
bint) ces harpes cintrées qu'on utilisait dans l'Egypte ancienne.
ci-dessous : une image issue du site
bubastis.be 
Dans le manga Saint Seiya, le son que Pharao fait sortir de cet instrument est lugubre et déprimant, c'est en fait une attaque qui lui permet de venir à bout de ses adversaires, contrairement à la harpe d'Orphée son adversaire dont les sons sont harmonieux ... Lorsqu'il utilise cette attaque on peut voir le coeur des adversaires de Pharao sortir de la poitrine et être posé sur une balance dite balance sacrée de Mâât. Ceci permet au spectre de juger leur âme afin de décider ensuite du sort des morts.
Cette technique est inspirée de la
déesse Mâât de l'Egypte ancienne (ci-dessous). Le coeur des morts était en effet aussi pesé un peu de la même manière ..
Clin d'oeil : La plume de MââtMaât est, dans la mythologie égyptienne était la déesse de l'ordre, de l'équilibre du monde, de l'équité, de la paix, de la vérité et de la justice. Elle est l'antithèse de l'isfet (le chaos, l'injustice, le désordre social, …).
Maât est une entité symbolisant la norme universelle : l'équilibre établi par le Créateur, la justice qui permet d'agir selon le droit, l'ordre qui fait conformer les actes de chacun aux lois, la vérité, la droiture et la confiance.
Maât est toujours anthropomorphe, comme la plupart des concepts abstraits personnifiés : c'est une femme, en général assise sur ses talons, ou debout. Elle est la plupart du temps vêtue de la longue robe collante des déesses et porte leurs bijoux habituels. Maât confère aux autres dieux certaines de ses qualités, mais ne leur prête pas son aspect et ne prend pas non plus l'apparence d'autres divinités. Son attribut est la plume-nom (la même est portée par Shou). Elle tient souvent le signe de vie. L'élément de Maât est l'air et la couleur de sa peau est ocre jaune.
Au-delà de cette première approche, le concept est un peu plus complexe. Maât est d'abord de dimension divine : elle est la mère de Rê dont elle est aussi la fille et l'épouse, elle est aussi la sœur mystique de pharaon, elle assure l'équilibre cosmique et c'est donc grâce à elle que le monde fonctionne de façon harmonieuse. Elle est également la lumière que Rê apporte au monde.
De ce fait, elle est fondamentalement liée à l'institution pharaonique, le premier devoir de pharaon étant de faire respecter la loi de Maât dans toute l'Égypte. C’est pourquoi, sur les murs des temples, pharaon est représenté faisant l'offrande de Maât à une divinité : c’est dire que, dans ses actes, il se conforme aux exigences de la déesse. Ainsi, lorsque Séthi Ier, dans le temple d'Abydos, offre Maât aux dieux principaux, sous forme d'une statuette de la déesse, il leur démontre sa compétence ; en retour, les dieux lui procurent vie et domination (Osiris) et force victorieuse (Horus).
( plus de détails sur wikipédia et ailleurs ! :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%A2t )