
Comme promis hier soir je vais tenter un commentaire de ce film, que j'ai vu hier en soirée, sur le bon conseil de notre ami Bombur du forum ^^
Je n'ai pas voulu le faire hier à chaud car deux sentiments se mêlaient un peu en moi, le film comportant une profonde beauté qui m'a rappelé un autre film de ce célèbre réalisateur asiatique que j'avais déjà vu ( 2046 ) et qui n'a pas manqué de me charmer, mais parallèlement, un je ne sais quoi me gênait, qui était probablement lié à la narration très complexe. Le film est très alambiqué, multipliant les flashbacks ( pas toujours très distincts au début je trouve, et pour ma part , il nécéssitera sans doute une seconde vision ) multipliant aussi les histoires croisées, à plusieurs reprises, il a manqué de me perdre, mais je me suis accroché, et c'est surtout avec le recul et après qu'il se referme, je trouve, qu'on l'apprécie mieux dans son ensemble.
Impossible cependant alors qu'on le visionne de ne pas être pris par sa beauté, sa poésie, son atmosphère lente, typique du réalisateur pour ceux qui le connaissent, et on comprend vite pourquoi ce titre et ce rapport au temps, c'est avant tout un film mélancolique, emprunt de tristesse, d'une profonde beauté graphique, et qui utilise le genre du wuxia pian ( film de sabre asiatique ) pour aborder en réalité d'autres thématiques chères à Wong Kar Wai comme les relations amoureuses.
Difficile de vous parler du scénario, je vous engage plutôt à le regarder, car je ne pourrai qu'être simplificateur, et je risque même de m'emmêler un peu les pinceaux, mais en gros, le film raconte l'histoire de Ouyang Feng, un épéiste qui vit seul dans le désert, réputé pour " résoudre les problèmes des gens" ; En bref, son boulot consiste à accorder ses services aux personnes qui en ont besoin ( en tuant des personnes sur demande par exemple ) mais ce à la condition évidemment qu'il soit payé comme il se doit ^^ Il est d'un tempérament assez cynique et froid, et au fil du récit on apprend que celà découle d'une histoire de femmes, la sienne l'ayant quitté pour son frère après qu'il ait priviligié son activité de sabreur et ses combats à son épouse. Il vit reclu dans un désert et tente d'oublier ce passé et cette femme ; Avec le temps, il a monté une petite auberge et s'est mis à engager d'autres sabreurs pour effectuer les missions de ses clients ( il ne les effectue plus lui-même ) ; Ceci l'amène à faire de nombreuses rencontres et c'est là qu'on apprend tous les destins croisés de la galerie de personnages du film, où s'entremêlent toujours des histoires de femmes, qui vont ramer notre Ouyang Feng à son propre passé. Je n'en dirai pas plus car ça gâcherait un peu la surprise, mais ça vous donne une idée du genre ^^
Ne vous attendez pas trop à un pur film de combat avec plein de scènes d'action, des combats au sabre, même s'il y en a ( ils sont d'ailleurs très stylisés ) ça reste un Wong Kar Wai avant tout ! Un film lent, contemplatif, avec une narration souvent présente, les voix sont mélancoliques, tristes, à l'image des thèmes du film, et notamment d'un thème qui semble souvent présent chez ce réalisateur : le poids du passé dans les relations amoureuses, les difficultés à oublier.
Je vais vous parler brièvement des acteurs car on a une belle brochette, que ceux qui sont habitués aux films chinois des années 90 ( le film est sorti en 1994 ) doivent connaître. Tout d'abord la belle Maggie Cheung, très bonne actrice qui incarne ici la fameuse femme de Feng ( qui a épousé son frère )
Ouyang Feng est incarné par Leslie Cheung et on trouve aussi au casting des acteurs chinois renommés comme Tony Leung ( qui a joué notamment dans Les trois royaumes et beaucoup d'autres films ) , ou encore Carina Lau ..
Il faut savoir aussi que ce film a une histoire un peu maudite. Le tournage a été pénible, il n'a pas été très bien reçu à sa sortie mais il a rencontré par la suite un succès d'estime à l'international ; D'après ce que j'ai cru comprendre en lisant quelques sites sur la toile depuis hier, le film a failli se détériorer et Wong Kar wai a sauvé les bandes in extremis mais ça se ressent sur la qualité actuelle ; il a été cependant remasterisé et est ressorti dans une version récente ( appelée version Redux ) mais il y a une saturation assez forte sur certaines couleurs, notamment le jaune pour certaines séquences du désert, que j'avoue, j'ai moi-même ressenti, sans forcément que ça me gêne je trouve que ça donne une esthétique intéressante, un côté vieux film et en même temps, parfois ça rappèle un peu la peinture, mais je doute que tout le monde adhère. J'essairai de vous poster quelques captures dans la suite du topic. Par moment je trouve que le film est proche de l'oeuvre d'art, mais je comprendrais que certains puissent être gênés par sa réalisation assez spéciale ( si vous avez déjà vu des films de Wong Kar Wai vous comprendrez de toute façon ce que je veux dire ^^ ) A noter aussi que dans la version redux certaines musiques ont été changées, avec l'ajout de très beaux thèmes mais aussi la disparition d'autres, apparemment ( moi j'ai vu la version redux )
Le cinéaste est connu entre autre aussi pour In the mood for love ( que je n'ai pour l'instant pas encore vu ) .. Certains reprochent apparemment au film le fait qu'il ait justement voulu mélanger son style caractéristique à celui du wu xia pian ( film de sabre chinois ) et le mariage des deux peut plaire ou déplaire.








!







.