La Captive aux yeux clairs est un western d'Howard Hawks sorti en 1952, avec Kirk Douglas. Il raconte l'histoire d'un groupe de trappeurs qui, en 1832, tentent de remonter le fleuve Missouri jusqu'au territoire des Pieds-Noirs, pour pouvoir traiter avec eux le commerce de peaux. Ils se heurtent alors à plusieurs obstacles. Outre la compagnie qui dirige le commerce du territoire, ils devront également faire en sorte que leur "otage", Gazelle -fille du chef des Pieds-Noirs que le groupe de trappeurs souhaite ramener chez elle pour faciliter les négociations- ne s'enfuit pas et affronter les autres tribus indiennes.

Après La Rivière Rouge avec John Wayne, Howard Hawks réalise son meilleur western avec Rio Bravo. Même si le film contient quelques défauts notamment niveau interprétation (j'ai pour ma part beaucoup de mal avec le duo principal composé de Kirk Douglas et Dewey Martin), cette traversée est véritablement passionnante et l'on saluera notamment la performance d'Arthur Hunnicutt dans le rôle du vieux trappeur à la Davy Crockett et qu'on reverra notamment tourner avec Hawks pour El Dorado. Le personnage de Dewey Martin quant à lui est beaucoup trop détestable pour que son évolution à la fin du film efface ce qu'il était au début quant à Kirk Douglas, avec lequel j'ai toujours eu du mal dans les westerns, Hawks disait lui-même qu'il s'agissait d'une erreur de casting : "Quand Kirk Douglas veut être trop gentil, montrer de l'amitié, ça ne passe pas. J'ai eu tort de le prendre pour le film."

Il est vrai que l'amitié entre Deakins et Caudill est au centre du film. A travers cette traversée du Missouri c'est une amitié naissante et forte qui se transforme en rivalité que Hawks voulait raconter. Peut-être qu'en ce sens le film peut paraître un échec. Car clairement, ce n'est pas ce que l'on retient. Mais ce western de Hawks recèle d'autres grandes qualités, qui se retrouvent elles tout simplement dans le contexte historique dans lequel il prend place, et l'histoire de ces trappeurs qui remontent peu à peu le fleuve. Force est de constater que Douglas et Martin ne tiennent pas la mesure face au personnage campé par Arthur Hunnicut. Le vieux trappeur est à la fois touchant, complexe, intéressant et charismatique à la fois. C'est quelque part son histoire à lui qui est la plus intéressante, la découverte d'un pays encore vierge, où la nature règne et dont Calloway est tombé amoureux.

A ce titre il faut savoir qu'il existe une version longue. En effet le film, alors qu'il marchait plutôt bien à sa sortie en salle, fut finalement amputé d'une dizaine de minutes, les producteurs voulant placer alors plus de séances, ce qui contribua à son échec financier. Parmi ses scènes coupés disponibles à présent dans la version longue, on a notamment cette jolie scène où Calloway, le meilleur personnage du film donc, raconte à la troisième personne le tort qu'il a eu de ne pas rester avec l'indienne qu'il avait épousé, dans ce pays magnifique. A noter que l'on retrouve dans le doublage de ses scènes redoublées pour l'occasion Bruno Choël et Guillaume Orsat.

C'est donc davantage par son côté film d'aventures et découverte d'un nouveau pays, par ses trappeurs et sa remontée du fleuve, que le film est une vraie pépite, plus que par l'amitié et la rivalité entre le duo Douglas/Martin.




