Hélios
Dans la mythologie grecque,
Hélios (en grec ancien
Ἥλιος / Hếlios) est le fils du
Titan Hypérion et de sa sœur
Théia, également connue sous le nom d'
Euryphaessa (selon l’Hymne homérique qui lui est consacré). Il est le frère de
Séléné et d'
Éos.
Personnification du
Soleil,
Hélios est progressivement assimilé à
Apollon, dieu de la musique et des arts. Dans la mythologie romaine, il correspond à
Sol.

Ses deux rôles principaux sont de mener le char du soleil — auquel cas il est parfois confondu avec
Apollon, qui représente pourtant plus la lumière que le soleil —, et de révéler tout ce qui se passe sur
Terre. Dans l’
Odyssée, c'est lui qui révèle à
Héphaïstos les amours coupables d'
Arès et
Aphrodite. Selon l'Hymne homérique dédié à
Déméter, c'est également lui qui apprend à la déesse qu'
Hadès a enlevé sa fille
Perséphone. L'hymne le qualifie d'« observateur divin des Dieux et des hommes », tandis qu'
Homère le nomme « celui qui voit et entend toutes choses » . Le compositeur crétois
Mésomède de
Crète lui a dédié un hymne au
IIe siècle.
L’
Odyssée raconte également qu'il possède des troupeaux de bœufs et de moutons dans l'île de
Trinacrie (
Sicile).
Ulysse y accoste lors de son retour vers
Ithaque. Dûment chapitré à ce sujet au chant
XI par le devin
Tirésias, il interdit à ses hommes de toucher aux troupeaux sacrés. Alors qu'il dort pourtant, ces derniers, affamés, abattent des vaches.
Hélios réclame vengeance auprès de
Zeus qui foudroie le navire d'
Ulysse, l'épargnant seul au passage.
Sa descendance est nombreuse.
Homère cite
Lampétie et
Phaéthuse, conçues avec la nymphe
Néère : ce sont elles qui gardent les troupeaux de leur père. De l'
Hespéride Églé, il a aussi les
Charites. De l'
Océanide Persé, il a
Éétès, roi de
Colchide,
Persès, roi de
Tauride,
Augias, roi d'
Élide,
Circé et
Pasiphaé. De l'
Océanide Clymène, il a
Phaéton et les
Héliades. Quand les dieux se sont partagés les différents pays de la terre, l'île de
Rhodes se trouvait encore sous les vagues de la mer. Or ce jour-là,
Hélios était absent et personne n'avait pensé à lui. Il ne reçut donc aucune part du partage de la terre. Mais à ce moment, l'île de
Rhodes émergea de la mer, et avec le consentement de
Zeus, il en prit possession, ainsi que de la nymphe de l'île,
Rhodé. Il devint alors le père de sept fils, héros de l'île.
Clytie était une nymphe grecque, fille d'
Océan et de
Téthys. Elle fut aimée d'
Hélios, mais fut supplantée par
Leucothoé. Elle en référa alors au père de cette dernière,
Orchamos, qui punit sa fille pour l'avoir déshonorée en l'enfouissant dans le sable. Mais au lieu de permettre à
Clytia de regagner l'amour d'
Hélios, la mort de
Leucothoé ne lui rapporta que le ressentiment de celui-ci. Désespérée, elle s'assit nue sur les rochers et y demeura durant neuf jours, sans eau ni nourriture, tournée vers le soleil,
Hélios. Jaunie et brunie par son éclat, elle fut métamorphosée en tournesol.

Les Grecs portent un grand respect à
Hélios, qui pourrait selon eux cesser de se lever s'il n'est pas justement honoré. De plus, parce que le
Soleil voit tout ce qui se passe sur la
Terre, il est fréquemment invoqué dans les serments solennels :
« J'en jure par Hélios » signifie :
« c'est vrai, le Soleil peut en témoigner ». Malgré tout, le culte d'
Hélios est peu répandu aux époques archaïque et classique, à l'exception de
Rhodes, dont il est le fondateur mythique et la principale divinité. Les monnaies de
Rhodes le représentent, ses prêtres sont éponymes et son temple abrite les archives de la cité. Une statue colossale est érigée en son honneur en 292 av. J.-C. : le colosse de
Rhodes.
Son culte se développe véritablement à partir de l'époque hellénistique, principalement en
Égypte où il est assimilé au dieu solaire
Rê et où les
Ptolémées encouragent le culte syncrétique d'
Hélios-Sérapis. À l'époque romaine,
Hélios devient une divinité universelle sous le nom de
Sol, tout en conservant un fort ancrage égyptien.
En littérature,
Hélios est progressivement confondu avec
Apollon-Phébus, dieu de la lumière solaire, de la divination, de la musique et de la poésie. Bien que
Phaéton soit le fils d’
Hélios,
Ovide utilise le nom Phébus quand il parle de ce dernier, ce nom signifiant
« le Brillant ».
Hélios est souvent représenté le visage rond, encadré par une abondante chevelure dont les mèches sont censées figurer les rayons du soleil, par exemple sur les monnaies de
Rhodes frappées au Ve siècle av. J.-C., ou encore sur une hydrie attique de
Karlsruhe qui le montre assistant au jugement de
Pâris. À partir du IVe siècle av. J.-C., le dieu arbore souvent, mais pas toujours, un diadème dont émanent des rayons solaires. À l'époque archaïque, il est figuré avec une barbe ; les représentations ultérieures le montrent imberbe. Il est fréquemment représenté sur son quadrige, comme à
Delphes, sur le pilier que les
Rhodiens érigèrent en face du temple au IVe siècle av. J.-C..
Sa représentation antique la plus célèbre est le colosse de
Rhodes, l'une des sept merveilles du monde.
Rhodes abrite également d'autres statues fameuses, dont une par
Charès de
Lindos et une autre par
Lysippe, son élève.

A noter que chez les auteurs grecs
Hygin et
Pausanias,
Hélios est souvent appelé sous le nom de
Titan.