En 1981 la chaîne ABC lance Dynastie (Dynasty en VO) pour concurrencer Dallas, le « prime time soap opera » qui bat tous les records sur CBS. La première saison de Dynastie suit en parallèle deux familles dans le business du pétrole : les richissimes Carrington et les modestes Blaisdel, mais les audiences ne sont pas terribles. Le public préférant suivre la fastueuse vie de la famille Carrington, les « américains moyens » Blaisdel sont abandonnés en saison 2 (seule rescapée, Claudia).
Dynastie va donc miser crescendo sur son aspect déjà outrageusement luxueux, démesuré et « camp ». Quant aux intrigues, « tout peut arriver ». Dynastie se veut aussi être une série de femmes, glamour et puissantes... qui n’hésitent pas à régler leurs différents dans des « catfights » légendaires !
Le tournant pour Dynastie vient avec un personnage introduit en fin de saison 1, une femme dont on va découvrir le visage en début de saison 2 : Alexis Morell Carrington. Incarnée magistralement par Joan Collins, Alexis va devenir iconique. La série a trouvé en Alexis, une charismatique méchante qui peut rivaliser avec l’ignoble J.R. Ewing ; les audiences décollent enfin !
Rien n’est « too much » pour Dynastie, dont la devise est « toujours plus loin ». Tout est vrai : caviar, champagne, fleurs, fourrures, bijoux. Les décors sont somptueux (à côté de l’immense villa des Carrington, le ranch des Ewing fait cabane de jardin), les guests stars de prestige (Helmut Berger, Ali MacGraw, Rock Hudson, etc. jusqu’à l'ex-président Gerald Ford !).
Le « too much » est aussi dans les costumes, extravagants et dignes de la Haute Couture (avec un budget « no limit »). Les créations (récompensées par un Emmy) du costumier Nolan Miller lance un style ; Krystle et Alexis sont les influenceuses mode des années 80.
Dynastie se distingue aussi avec des représentations novatrices pour son époque : Steven, le fils gay de Blake Carrington; Dominique, la demi-sœur de Blake, jouée par l’actrice et chanteuse afro-américaine Diahann Carroll. Toutefois, avec le succès, les sujets dits sensibles et l’aspect « drame très sérieux » des débuts seront édulcorés dans les saisons suivantes.
En 1985, une série spin off sera lancée, Dynastie II : Les Colby, mais ne durera que deux saisons. Après neuf saisons, Dynastie reviendra en 1991 pour une mini-série de conclusion, Dynastie : La Réunion. En 2017, le reboot (cinq saisons) va conserver le bling-bling et les personnages originels mais tout dépoussiérer.
Comme Dallas, Dynastie aura atteint des sommets (le final dantesque de la saison 5 !) puis partira en sucette (au fil d’incohérences scénaristiques et d’histoires farfelues) mais reste une série culte des années fric (« Greed is good »), avec son esthétique marquante et une des meilleures antagonistes de l’histoire de la télévision.
Il semble que Dynastie n’a pas eu le même impact en France que Dallas... Le public français prenait peut-être plus au sérieux Dallas que Dynastie ? En cause aussi, la diffusion française de Dynastie assez chaotique ?
Pour moi, Dynastie, est une série « guilty pleasure », tout est tellement exagéré, second degré, je me suis bien amusée en la regardant et Alexis/Dame Joan Collins est absolument fabuleuse.
Blake Carrington (John Forsythe : ayant notamment tourné pour Hitchcock, voix de Charlie de la série Drôles de Dames) : Big boss de la compagnie pétrolière Denver Carrington, patriarche autoritaire d’une famille dysfonctionnelle (George Peppard fut initialement choisi pour le rôle de Blake, il commença même à tourner le pilote).
Krystle Jennings Carrington (Linda Evans : sur petit écran, vedette de la série western La Grande Vallée ; à la ville, idéal féminin n°2 pour son mari John Derek) : Ex-secrétaire de Blake Carrington, elle devient sa seconde épouse dans la saison 1. Malgré son image de « gentille » et de « femme parfaite » Krystle n’hésite pas à se battre (toutes griffes manucurées dehors) avec sa meilleure ennemie, Alexis (qui en perd son brushing XXL).
Alexis Morell Carrington Colby Dexter Rowan (Joan Collins, britannique aux débuts prometteurs à Londres ; sous contrat à Hollywood vers la fin de son âge d’or ; surnommée « la Elizabeth Taylor du pauvre » ; Dynastie fera d’elle une star internationale « Joan Collins, c’est la « nasty », la garce, dans le mot Dynasty ! ») : Première épouse de Blake Carrington, elle se marie (dans la saison 2) avec Cecil Colby (alors qu’il est mourant !), autre magnat du pétrole, pour se venger de Blake et le détruire (des actrices d’envergure comme Raquel Welch puis Sophia Loren furent d’abord approchées pour le rôle d’Alexis).
Musique du générique de début, composée par Bill Conti (Nord & Sud, Rocky, Les Maîtres de l'Univers, etc.)
Sous spoiler, la première vidéo d'une liste : Dynasty Chronicles

Rédigé par mes soins, avec l’aide d’articles, de vidéos provenant du net +


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